Répondre à un commentaire
« Tout est nivelé au même niveau. On a sur toute chose et sur chacune une croyance qui s’est formé d’après une même façon de croire. Chaque journal, chaque magazine illustré, chaque programme de radiodiffusion, offre tout aujourd’hui de la même façon à l’uniformité de la croyance. Les objets des sciences et la chose de la pensée sont traités avec la même uniformité.
Nous serions pourtant victimes d’une erreur funeste si nous allions croire que cette référence à de tels phénomènes servît seulement de caractéristique ou même de critique de l’époque actuelle. Nous risquerions de nous tromper nous-mêmes d’une façon funeste si nous allions croire qu’une dépréciation hautaine suffit pour échapper à la discrète puissance de la croyance uniforme et bornée. Il convient en revanche de voir ce qu’il y a d’effrayant qui ne fait ici que se préparer. La croyance bornée qui nulle part ne fait plus attention à l’essence de la chose s’est donnée un air d’universalité, et celle-ci a revêtu les apparences d’un naturel inoffensif. Mais cette croyance universelle qui traite tout d’une façon uniforme et uniformément dénuée de scrupule n’est encore que l’annonce de ce qui se passe véritablement. Car ce n’est qu’au niveau de la croyance bornée et uniforme que s’introduit la pensée à voie unique. Par là tout est réduit à une unicité de signification dans les concepts et les désignations, dont la précision non seulement répond à celle de la méthode technique, mais partage la même origine essentielle. »
Qu’appelle-t-on penser ?