Ce débat est passionnant parce qu’il oppose deux mondes totalement différents : d’un côté un israélien qui vit dans une réalité NATIONALE ; et de l’autre deux diasporiques qui vivent dans une mythologie TRIBALE.
Et ce ne sont pas seulement 2 mondes physiques différents, parce qu’ils n’habitent pas le même pays. Ce sont 2 mondes mentaux opposés : l’un cherche à bâtir une NATION, où pourraient vivre sur un même territoire des gens différents. Les 2 autres cherchent à préserver une TRIBU, qui où qu’elle soit, ne se mélange surtout pas aux voisins.
Les deux "français" sont avant tout juifs, tandis que Shlomo Sand est avant tout israélien. Ca peut faire réfléchir à qui sont finalement les vrais ennemis...
Quant à la chute finale de Finkelkraut, c’est un exemple hilarant de mauvaise foi spontanée : il espère bien qu’Israël pourrait être un refuge pour les juifs français menacés par Marine Le Pen (parce qu’elle veut interdire la kippa dans les lieux publics).
Aveuglé par son délire de persécution, aurait-il oublié que bien au contraire, ceux qui ont vraiment persécuté les juifs ont justement fait l’inverse : dans l’espace public, ils les ont obligé à porter un signe distinctif !
Mais Finky a en réalité raison : certes les persécutions menacent parfois les juifs, mais une fois un certain nombre sacrifiés, elles aboutissent au renforcement du pouvoir de la communauté survivante.
En revanche, ce qui menacerait réellement celle-ci de disparition, non pas physiquement mais en tant que communauté autonome, ce serait l’assimilation dans chaque pays. C’est donc une mesure préventive de toujours bien se distinguer du reste de la population, dans le privé comme dans l’espace public. Pour les juifs, la vraie menace n’est pas la persécution mais l’assimilation. Et c’est pour ça que Finky déteste Marine...
Alain Soral et E&R
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