Cet article fait preuve d’un angélisme un peu déconcertant.
L’auteur n’est manifestement pas au courant du contournement systématique des lois de l’islam par les capitaux des pays du golfe et du monde musulman.
En effet, les obligations islamiques (sukuks) donnent l’impression d’une participation aux fruits des bénéfices tirés du "prêt".
Dans la réalité, 90 % des sukuks sont structurés de façon à ce que les flux financiers reproduisent exactement ceux d’une obligation classique.
Une façon classique de structurer les sukuks consiste à avoir le "prêteur" qui acquiert en fait des actifs de l’entreprise "emprunteuse" et les revend à terme avec une plus value (certaine, en réalité) qui correspond, finalement, à des intérêts.
Les clauses sont très obscures mais pour simplifier, j’exposerai simplement que si une entreprise généralement emprunteuse sur le marché des sukuks invoquait le fait qu’elle n’a pas eu de succès dans le cadre de son projet, elle n’aurait plus jamais accès à ce type d’emprunts.
En ce qui concerne la distinction entre usure et participation aux fruits d’un investissement, si l’on reprend l’exemple du potager, on voit qu’il ne s’agit en fait que d’un sophisme.
En effet, s’ il semble bon enfant de donner au voisin quelques choux, tomates et concombres pour le remercier, la réalité est que le producteur aurait tout aussi bien pu vendre ce qu’il destinait à son voisin au marché du village et lui verser la somme. (ou bien , le voisin le fera lui même, ou encore, si le voisin les garde, cela lui évitera de dépenser de l’argent pour les acheter, argent qui correspond en fait à des intérêts virtuels).
Enfin, s’il est vrai que la création monétaire est maintenant liée à l’augmentation du crédit (système pervers, je le concède qui a mené aux abus que l’on sait), l’alternative est compliquée. Ce qui a sorti l’homme de l’état de troqueur individualiste et a augmenté le niveau de vie de façon fulgurante est, d’une part, la spécialisation des tâches : le chasseur chasse, le paysan laboure, le cordonnier fait des sabots...(au lieu que chacun doive tout faire de façon imparfaite, et l’apparition des monnaies pour favoriser cet échange de service.
Dès l’appariton de monnaies scripturales ou même métalliques, un marché de l’argent est né entre ceux qui en avaient et ceux qui en voulaient : les intérêts.
A moins de l’interdire de force, ce type d’échange est inhérent à l nature de l’entreprenariat.
Je résume rapidement des concepts compliqués.
Alain Soral et E&R
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