Monique aime « les coups d’un soir », l’autre fait de la zumba. Bichette a 70 ans et veut s’éclater, elle vit en couple avec une dame. « Je suis très tournée vers moi-même. » Elle fait de l’apnée du sommeil. Et « à chaque fois que quelque chose m’ennuie, je dors ». Le féminisme a vraiment libéré les femmes.
Marie-Do(minique) dit que « faut pas qu’on m’chatouille ». Qu’elle se rassure, on n’en a pas l’intention. Elle ajoute : « Faut pas qu’on m’énerve, c’est-à-dire que j’aime pas être contrariée. » Plus loin, et plus gracieuse encore : « Autrement j’ai rencontré mon mari y a 18 ans, pis j’l’ai toujours encore sur l’dos. » « Que sur le dos ? », demande la blonde en riant, montrant par là qu’elle a un drôle d’humour.
Marido fait bien de préciser : « Mais il m’aime beaucoup plus que moi. » « Finalement, je crois que t’as bon caractère », ajoute la bourgeoise. « Oui, mais moi j’me supporterais pas », lâche Marido. « Mais c’est pas grave, il te supporte... Oui, voilà. Il est gentil », conclut la bourgeoise.
Ça parle enfants, et soudain la bourgeoise envoie : « Alors si vous voulez parler de vos enfants, vos petits-enfants, vous ferez sans moi, hein, pasque moi, pas de mari, pas d’enfants, pas de crédit, pas de souci. »
Quand ça parle chiens, la bourgeoise intervient : « Moi chuis allergique aux poils de chats, j’aurai jamais de chat chez moi. » Ni d’homme ni d’affection, visiblement.
Sur les chiens, la vieille lesbienne précise : « Moi chuis du genre égoïste, j’préfère piquer le chien avec moi. » On passe à la « zumba ».
La zumba est cette activité artistique et sportive qui plaît aux femmes, car elles maigrissent en dansant. La zumba brûle de 500 à 800 calories par séance, selon l’intensité et le poids de la personne, précise Google. Les femmes veulent à la fois le prince charmant (qui préfère les putes), et le régime amaigrissant, mais sans effort, si possible. Le problème, c’est qu’aucun des deux n’est accessible.
Vers la quinzième minute, ça parle voyance, le truc de celles qui pensent voir des trucs derrière les choses. On apprend que grâce à sa médiumnité – elle voit tout de suite qui est « faux jeton », qui ne l’est pas –, Marido s’est fait payer ses rideaux par une voisine qui voulait un « jeu », c’est-à-dire des cartes, voir son avenir dans un jeu de tarot. C’est fascinant. La même, qui parle du taux de change avantageux entre la Suisse et la France – « 200 francs suisses c’était mille francs » – parle aussi de ses trois cancers, « sein droit, bas du dos et sein gauche », ce qui l’a paralysée un temps. Heureusement, son mari, ce plouc qui l’aime plus qu’elle ne l’aime, était là pour l’aider.
« Les coups d’un soir, je trouve ça génial »
Le niveau est si époustouflant qu’on se demande qui a fait le casting, et pourquoi. Serait-ce un incel masculiniste vicelard ?
Au bout de huit minutes, on n’a pas avancé d’un iota mental, c’est très en dessous de la discussion de bistrot entre mecs, qui ne parlent pas que de leur nombril ou de leur cul, mais de foot, de politique, de bagnoles, la base, quoi.
De ce désastre collectif, on se demande où est la responsabilité : Mai 68 ? Parce qu’elles ont l’âge de l’avoir vécu. Le féminisme ? Probablement, à plus de 50 %. Le manque d’imagination ? Forcément, tant ça ne décolle pas. Heureusement, il y a des grands-mères ou des femmes de 60 ans pas débiles. On ne sait pas qui a chopé ces cocottes, mais ça donne pas envie de faire des filles. Ah, c’est sûrement de la faute des mecs. Les maris !
Les coms sous la vidéo sont au niveau :
« Exceptionnel ça fait moins peur de vieillir grâce à elles. »
« J’adore ces femmes qui se livrent sans jugement ! Plus de pipelettes dans nos vie. »
« Enfin des témoignages de femmes, ça fait du bien. Habituellement ce sont les hommes qui prennent toute la place, il faut que cela change. »
« Vous avez bien raison mesdames, il y a tellement d’hommes qui se croient tout permis avec les femmes, que nous les femmes avons le droit de faire pareil, il n’y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui décident et qui commandent. »
La bourgeoise se « souhaite une mort rapide, violente, tant pis mais rapide, c’est mon souhait le plus sincère ». Si cet article vous semble décousu, c’est parce qu’il n’y a pas de structure dans ce qu’on entend, uniquement de l’enfilade de clichés de vie.
C’est à 21’35 que Triple Cancer demande si « vous draguez encore, vous deux ? » La blonde sort que sur les sites de rencontres il n’y a « que des bras cassés ». La paille et la poutre...


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