Pour ceux qui n’ont pas suivi l’affaire, le commerce de détail français assiste en tremblant à l’offensive Shein, cette plateforme de vente chinoise qui rafle une partie du marché dans un pays en proie à une chute sans précédent du pouvoir d’achat.
« Si le gouvernement n’interdit pas Shein, c’est qu’ils sont complices avec eux. » (David Belliard, écolo pro-Hidalgo)
La marque chinoise est entrée au BHV avec ses produits textiles. Le patron de l’historique enseigne française se défend de vendre de la merde, il déclare s’être assuré lui-même de la qualité et de la provenance des produits. Mais ça reste du pas cher. On dirait que le standard de vie chinois, en pleine ascension, recoupe le standard de vie français, en pleine descente !
Devant cette concurrence déloyale, d’autres enseignes râlent ; d’ailleurs, au même moment, les Galeries Lafayette, cette marque française prestigieuse, est en train de disparaître, avalée par le même BHV de Frédéric Merlin, qui se retrouve au milieu de plusieurs feux croisés. Pour lui, à travers sa stratégie, les concurrents s’en prennent à la consommation populaire.
En outre, ce qui lui est indirectement reproché, c’est d’abord que Shein vende des armes de catégorie A, sur sa plateforme, pas au BHV : poings américains, couteaux, haches et machettes à lame fixe. Des députés (LR) sont aussitôt montés au créneau pour dénoncer cette préparation à la guerre civile ou au terrorisme, allez savoir, alors qu’on trouve déjà tout sur Amazon, si on cherche bien. Et chez le quincailler du coin.
Second reproche, et c’est celui qui nous intéresse (d’un pur point de vue sociologique) : la vente de poupées grandeur nature représentant des fillettes. Il y a clairement un marché pédophile, et les Chinois ne s’embarrassent pas de notre morale catholique : du moment que ça se vend, c’est que c’est bon.
Ici, deux pistes se présentent : soit ces poupées font du bien aux pédos et les empêchent de passer à l’acte, soit elles stimulent l’appétit de pédocriminels en puissance et créent, ex nihilo, un nouveau marché avec une nouvelle clientèle.
Ce dilemme nous rappelle le débat autour de la dépénalisation des drogues dures (principalement héroïne) aux Pays-Bas et des drogues douces en Espagne (shit, herbe) : les mille toxicos néerlandais d’Amsterdam ont été fichés, nourris en came d’État et circonscrits dans un quartier. La délinquance tox a chuté, mais ces « guichets » à héro ont attiré des héroïnomanes de toute l’Europe, notamment d’Allemagne.
De la même façon, en Espagne, une digue morale, dans un pays très catholique, a cédé devant une consommation de fait, qui s’est rapidement développée ensuite.
Darmanin réaliste, pour une fois : « Ensuite nous sommes un pays d’impôts, nous mettrons une taxation, y a aucune raison que la drogue soit taxée moins que le tabac, par exemple, 80 % de taxation... »
Dépénaliser la consommation fait dans un premier temps baisser la délinquance, tout en élargissant le marché. Peut-on appliquer cette loi à la consommation sexuelle ? Dieu seul le sait. Une chose est sûre : si des poupées peuvent en calmer certains, elles pourront donner à d’autres le goût de la transgression, c’est-à-dire passer du factice au réel.
Notre question : Les pédophiles se rendent-ils compte du subterfuge ? Vous avez quatre heures.


et
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