L’introduction va être rapide : le jeune mâle occidental, déboussolé par la montée du féminisme qui interdit aux hommes d’être des hommes pour mieux leur prendre le pouvoir, est logiquement en recherche de virilité ou de revirilisation. Ceux qui baissent les bras ont le choix entre devenir des hommes-soja, des homosexuels ou des féministo-friendly.
Le problème, c’est que la virilité est un concept fort flou, qui est à l’appréciation de chacun. Pour les uns, c’est la puissance sociale ; pour d’autres la puissance physique ; pour d’autres encore la puissance sexuelle ; et enfin certains misent sur la puissance cérébrale. L’invariant, c’est la puissance. Or, le jeune homme (disons le 15-25) dans la France de 2025 n’a accès concrètement qu’à une seule de ces puissances potentielles : la puissance physique.
La puissance sociale c’est quand tu as un job, du fric ou une position supérieure dans l’échelle hiérarchique ; la puissance sexuelle ne vaut en général que si on a une situation sociale acquise : enfin, pour la puissance intellectuelle, faut attendre au moins la fin des études, si études il y a (on met de côté ceux qui se font tout seuls).
Depuis qu’il a découvert la salle, après le feu et la roue, le jeune homme se muscle ou se remuscle. Chacun peut constater l’éclosion d’une myriade de salles de muscu en France depuis une petite dizaine d’années, date à laquelle le féministo-LGBTisme est clairement au pouvoir avec Macron et sa clique.
L’équation « virilité égale muscles » ou « muscles égale virilité » est donc le fondement sur lequel des centaines de milliers de jeunes mecs se font suer, que ce soit en salle ou au dehors. Le problème, comme l’a dit un jeune bodybuilder qui se demandait pourquoi, après deux ans d’efforts intensifs, ses bras ne gonflaient toujours pas comme ceux de Rambo ou de Schwarzie, c’est que ça ne gonfle pas naturellement : il faut des stéroïdes.
Jusque-là, rien de nouveau, tout le monde est au courant. La stat officielle, tirée d’une enquête de L’Équipe, évalue entre 20 et 30 % le nombre de clients (on ne parle que de mecs, les femmes hypermusclées sont rares, elles ne sont pas folles) qui se piquent dans la fesse ou l’épaule, pour prendre de la viande.
On dit viande, parce que c’est du muscle factice, du grossissement accéléré. En effet, le produit dopant le plus utilisé par les candidats au rambolisme, c’est la trenbolone, cinq fois plus forte et efficace que la testostérone. On écoute ce spécialiste et on passe à la suite.
Donc on s’injecte ce qui sert à faire grossir les vaches plus vite. Les effets secondaires sont redoutables, mais ce qui compte, c’est le résultat, pour beaucoup. On a trouvé un spécimen qui n’a pas caché être son propre cobaye. Il s’est shooté à la trenbo pendant 55 jours, et à l’arrivée, il est devenu un vrai mâle, un dur tatoué aux veines saillantes.
La question : va-t-il avoir du succès (puisqu’au fond c’est ce que cherche la virilité) avec les femmes ou avec les gays ? Grande question, à laquelle on ne peut pas répondre (on ne sait pas tout). Les piquouzés en mal de virilité doivent faire attention à une chose : les stéroïdes stimulent l’instinct de prédation. Le viol ou l’agression sexuelle ne sont pas le meilleur moyen de draguer.
Il y a une autre définition de la virilité qui inclut le courage, qu’il soit physique, politique ou intellectuel. Là, il n’est plus question de rang social, de poids de muscle ou de vigueur sexuelle.


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