Vendredi 1er mai, alors que les boulangers tremblaient à l’idée de travailler et d’enfreindre les ordres de la maréchaussée, 20 000 raveurs convergeaient vers Cornusse. D’habitude, ces danseurs folkloriques se réunissent dans un champ, généralement appartenant à un paysan en colère.
Là, pour ne pas vivre les dernières échauffourées contre des tracteurs en colère, ils ont choisi un ancien site militaire. Alors que l’explosion de quelques obus sous les pieds des danseurs les auraient propulsés au ciel, dans un éclatant fracas de sons & lumières (la drogue absolue, le flash ultime), le préfet est venu en personne morigéner ces jeunes inconscients farcis de toupet.
Les fêtards sont installés depuis 5h sur ce terrain militaire situé sur le territoire de la commune de Cornusse, « qui est très dangereux en raison des munitions non explosées qu’il peut contenir. » « Ils n’auraient pas pu choisir pire », a souligné le préfet du Cher, appelant les participants à s’abstenir de faire des feux, de creuser ou de ramasser quoi que ce soit. « Le terrain militaire comporte des secteurs susceptibles d’être altérés par des résidus de tirs de munitions militaires qui peuvent être dangereux pour la sécurité et la santé des personnes, allant jusqu’au risque d’explosion », a-t-il fait savoir dans un communiqué. (France Info)
Vingt mille raveurs étaient arrivés sur site le 1er mai au soir, trente mille étaient attendus pour le week-end. C’est Woodstock version techno. Autant de jeunes sur un terrain militaire, ni une ni deux on a pensé à la future guerre européenne contre la Russie, avec une France qui cherche des soldats et une Allemagne qui se la joue Wehrmacht.
Les militaires ne devraient pas se plaindre : ces Neet (ni emploi ni études ni formation, 15 % des 15-29 ans !) forment sans le savoir près de deux divisions d’infanterie. La prochaine fois qu’il faudra de la chair à canon pour crever en Ukraine, on saura comment les attirer dans le piège de l’enrôlement. La rave est une excellente préparation à la guerre : 16 000 hommes qui sautent comme des kangourous sur des mines et des obus, ça représente une division d’infanterie, ou deux brigades, ou quatre régiments, ou douze bataillons, ou quarante-huit compagnies (de 280 hommes).
Le garçonnet du Château nous a promis la guerre avant 2030, le fameux agenda de Schwab et Leyen, mais il sera parti en 2027, théoriquement. En revanche, en Allemagne Merz-le-dingue est bien arrimé au pouvoir, et lui investit en masse dans l’armement, histoire de sauver son industrie en semi-berne. Tout ça à cause d’un gazoduc qui a sauté, avec la bénédiction anglo-américaine. Et vous savez quoi ? Trump vient d’engueuler le nouveau Führer en des termes peu reluisants.
« Le chancelier allemand devrait consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine (où il s’est montré totalement inefficace !), et à redresser son pays en ruine, notamment en matière d’immigration et d’énergie », a déclaré Donald Trump sur son réseau, Truth Social. Il a ajouté que le chancelier allemand devrait « passer moins de temps à interférer dans les efforts déployés pour éliminer la menace nucléaire iranienne, contribuant à rendre le monde, et l’Allemagne, plus sûrs ! ». (Le Monde)
Quel enfoiré ! Lui qui a mis la pression sur Merkel pour qu’elle augmente la contribution allemande à l’OTAN, voici qu’il abandonne l’Alliance atlantique en rase campagne pour se tourner vers l’Asie, libres aux Allemands de faire la guerre à la Russie s’ils ont le courage. Trump a eu ce qu’il voulait, découpler énergétiquement l’Allemagne de la Russie, maintenant il passe à autre chose, le découplage sino-russe.
La seule chance de l’Allemagne, qui est en train de perdre ses soldats US (5 000 sur 35 000), c’est de réarmer très vite et de demander l’autorisation à la France de jouir du parapluie nucléaire. C’est d’ailleurs ce qui est dans les tuyaux. Ensuite, l’Allemagne aura son siège au Conseil de sécurité, ou alors elle partagera le siège de la France. Le cul de l’Allemagne étant deux fois plus gros que le cul de la France, ça finira en strapontin pour nous, puis par terre.
L’annonce d’une taxe de 25 % sur les automobiles européennes – le même jour que le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne – n’est pas une coïncidence. C’est une punition adressée à au chancelier Merz. (Le Point)
Trump est le champion du double discours, du robinet d’eau chaude et d’eau froide. Il fait même tout seul le good cop et le bad cop. C’est ainsi que les choses avancent, avec lui, une sorte de diplomatie très matérialiste et très dialectique... Dans le même genre mais à un degré moindre, on a le jeune Gaby Attal qui se plaint dans son bouquin (ne jamais acheter un bouquin de ministre ou de président) de la duplicité de Macron. Le Figaro écrit :
Emmanuel Macron […] « ne déteste pas les coups tordus, aime écouter les conseillers du soir plutôt que les ministres du jour et se crée à lui-même des problèmes qui seraient évitables. D’une certaine façon, il réussit souvent ce qu’il y a de plus difficile et rate des choses assez simples. Il peut accomplir une prouesse et aussitôt la gâcher par une phrase ou une posture. […] »
Mais c’est surtout sur les élections européennes que les relations vont se tendre. Gabriel Attal se souvient d’un jour où il demande au Président s’il doit s’engager dans la bataille électorale pour aider la liste de la majorité conduite par Valérie Hayer, en souffrance face à celle du RN, menée par Jordan Bardella. Le Président lui dit de ne pas le faire. Mais, le soir, des propos d’Emmanuel Macron lui sont rapportés, qui évoquent une colère froide contre le manque d’implication du Premier ministre dans la campagne ! »
Et voilà, même devenu adulte, personne ne respecte Gaby, les persécutions continuent. Pour ce qui concerne les relations américano-allemandes, Trump a tout gagné, comme l’écrit Le Monde : Pistorius, que Lecornu appelle son « ami » (encore un colossal cocufiage en vue à la Kohl-Mitterrand), a accepté ce que Merkel refusait aux Amerloques.
Mais Boris Pistorius a su capitaliser sur le caractère exceptionnel du moment, parlant ouvertement de « guerre » dans des déclarations à rebours des positions historiques du SPD. « L’Ukraine doit gagner la guerre », affirme-t-il ainsi dès sa prise de fonctions, une expression que même le chancelier Scholz n’avait jamais prononcée. « L’Allemagne doit devenir apte à la guerre », récidive-t-il quelques mois plus tard, répétant que le seuil des 2 % du produit intérieur brut consacrés aux dépenses de défense, et alors réclamés par l’OTAN, n’est qu’un minimum, et plaidant pour une augmentation du budget courant de la défense en plus de l’allocation du « fonds spécial ». « Ce n’est pas notre guerre », tranche-t-il, enfin, le 16 mars, à propos de l’Iran, alors que le chancelier Merz tergiversait.
German Defense Minister Boris Pistorius declared that Germany should have the strongest army in Europe, and outlined a key goal on this path :
Our main goal is to have at least 460,000 military personnel ready for deployment, including active troops and reserves.
We will recruit… pic.twitter.com/x2dUskBjRT
— Sprinter Press Agency (@SprinterPress) April 22, 2026
D’après nos calculs, l’Allemagne, qui verra son budget de la Défense passer de 100 milliards cette année à 150 milliards en 2029, date probable des préparatifs de l’opération Barbarossa 2, se heurtera à un tout petit problème : les têtes nucléaires tactiques russes. On dit ça, on dit rien. En attendant, ça relancera la machine indus, et c’est peut-être ça le but, finalement.


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