Dans un vote massif et bipartisan, la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé ce mardi soir (cette nuit, heure française), par 427 voix contre 1, le projet de loi baptisé "Epstein Files Transparency Act".
URGENT : La Chambre des représentants des États-Unis adopte une loi forçant le DOJ (ministère de la Justice) à publier davantage de dossiers sur Jeffrey Epstein. Le texte doit maintenant passer au Sénat. pic.twitter.com/nh1MmnuzLK
— Trump Fact News (@Trump_Fact_News) November 18, 2025
Ce texte oblige le ministère de la Justice à publier l’intégralité des documents non classifiés relatifs à l’enquête sur Jeffrey Epstein, le financier condamné pour trafic sexuel et mort de façon étonnante en prison en 2019.
La seule opposition est venue du républicain Clay Higgins, de la Louisiane, qui a invoqué la protection des victimes mineures. Des survivantes d’Epstein, présentes dans les tribunes, ont applaudi à l’issue du scrutin, marquant la fin de mois de pressions et de retards.
Le Sénat a rapidement emboîté le pas, adoptant le projet par consentement unanime peu après minuit, heure de Washington. Le texte atterrira mercredi sur le bureau du président Donald Trump, qui avait initialement freiné son examen avant d’annoncer son soutien la semaine dernière. Notons à ce propos qu’un vote du Congrès n’était pas nécessaire pour publier les dossiers : Trump aurait pu ordonner la publication de lui-même.
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Trump PULVÉRISE Mary Bruce, journaliste d’ABC, puis démonte sa question : « Vous êtes une personne horrible et une journaliste d’ABC médiocre… Je n’ai rien à voir avec Jeffrey Epstein. Je l’ai expulsé de mon club il y a de nombreuses années parce… pic.twitter.com/aPECHXF2uV— Sylvia Miami (@sylviamiami1776) November 18, 2025
Désormais, Trump, dont les liens passés avec Epstein ont été scrutés, a qualifié la mesure de « farce » tout en affirmant qu’il la signerait. Le département de la Justice disposera alors de 30 jours pour rendre publics les fichiers, incluant potentiellement des éléments sur Ghislaine Maxwell et d’autres figures mentionnées dans l’affaire.
Des exceptions pourraient toutefois être accordées pour préserver l’anonymat des victimes ou des enquêtes en cours. Cette avancée, saluée par des figures des deux partis comme les représentants Marjorie Taylor Greene et Robert Garcia, survient au terme d’une bataille acharnée au Congrès. Les républicains, sous pression de leur base, ont cédé après des pressions de la base MAGA.
Le vote d’aujourd’hui, qui force enfin la publication des dossiers Epstein, est une victoire majeure pour les survivantes qui attendent la vérité depuis des décennies.
J’étais à leurs côtés ce matin, avec les survivantes qui ont parlé au FBI, aux forces de l’ordre, qui ont supplié qu’on les aide, et qui ont été ignorées.
Ce vote aurait dû être une formalité. Au lieu de cela, les quatre signataires initiaux — Massie, Mace, Boebert et moi-même — avons dû lutter contre des mois d’intimidation pour obtenir 218 signatures pour la pétition de libération.
Les Américains en ont assez d’être trompés. Ces survivantes méritent une transparence totale. Chaque document, chaque vérité, chaque nom.
Et si ces noms me parviennent, je les lirai à la tribune de la Chambre.
Today’s vote to finally force the release of the Epstein files is a major victory for the survivors who’ve waited decades for the truth.
I stood with them this morning, the survivors who told the FBI, told law enforcement, begged for help, and were ignored.
This vote should’ve… pic.twitter.com/kcTo5EH0dv
— Rep. Marjorie Taylor Greene (@RepMTG) November 18, 2025
Les démocrates y voient, eux, une victoire pour la transparence, tandis que les survivantes dénoncent des années de « trahison institutionnelle ». On se demande pourquoi une telle sérénité (feinte ?) de la part des démocrates.
Rappelons que le procureur général peut refuser de divulguer certaines informations, au motif qu’elles présenteraient un risque pour les victimes mineures ou interféreraient avec une enquête. Attendons donc de voir.
Pendant ce temps, que devient Ghislaine Maxwell ?
Condamnée en 2022 à 20 ans de prison pour son rôle dans le réseau de trafic sexuel de Jeffrey Epstein, elle purge actuellement sa peine au Federal Prison Camp de Bryan, au Texas, un établissement de sécurité minimale pour détenus non violents.
Transférée en août dernier depuis une prison plus stricte en Floride, elle y bénéficie selon plusieurs sources d’un traitement privilégié qui suscite l’indignation. Des courriels interceptés révèlent qu’elle se dit « beaucoup, beaucoup plus heureuse » dans cet environnement jugé plus confortable, avec un personnel amical et des installations propres.
Des allégations font état de repas personnalisés préparés par le personnel, d’entraînements tardifs, de douches après l’extinction des feux, et d’autorisations spéciales pour les visiteurs, y compris l’usage d’ordinateurs et des rafraîchissements fournis par la direction...
Ces révélations proviennent d’une lanceuse d’alerte, Noella Turnage, une infirmière de la prison licenciée la semaine dernière pour avoir partagé ces correspondances avec le Comité judiciaire de la Chambre des représentants. Dans une lettre adressée à Donald Trump le 9 novembre, le démocrate Jamie Raskin, chef de la minorité au comité, dénonce un « traitement VIP » potentiellement orchestré par l’administration Trump, soulignant que le transfert de Maxwell a suivi une rencontre avec le sous-procureur général Todd Blanche et son avocat.
Raskin exige des réponses sur d’éventuelles instructions présidentielles pour favoriser l’ex-compagne de Jeffrey Epstein. L’avocate de Maxwell, Leah Saffian, nie toute demande de grâce ou de commutation, affirmant que les courriels étaient privés et que les licenciements visent des accès non autorisés au système.
Malgré ces controverses, Maxwell prépare bel et bien une demande de commutation de peine, selon des documents obtenus par les démocrates du Congrès, qui pourrait atterrir sur le bureau de Trump. La Maison Blanche a déclaré que le président « n’a pas envisagé de grâce pour Ghislaine Maxwell », mais des experts juridiques qualifient ces aménagements de « sans précédent » pour une condamnée pour crimes sexuels.
Des détenues rapportent des menaces de représailles pour avoir parlé aux médias, et au moins deux ont été transférées. À ce jour, aucune libération n’est en vue, mais l’affaire relance les spéculations sur les liens passés de Maxwell avec Trump et Epstein, alors que les fichiers Epstein s’apprêtent à être publiés. Comme nous le disions, à suivre...


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