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La colossale dégringolade des prix littéraires : le Goncourt à Laurent Mauvignier

Une fois n’est pas coutume, on va commencer par un commentaire piqué de la veille, sous l’article de la première colossale rigolade.

Petite remarque transversale sur la production littéraire actuelle.
C’est dans un monde privé de sens que le culte des généalogies et des tatouages se généralise. Les littérateurs, qui ont aujourd’hui épuisé les ressources narratives du "moi", continuent malgré tout de vouloir écrire sur eux-mêmes au travers de leurs ascendants. Ils deviennent la synthèse d’ancêtres magnifiés et se dévoilent désormais par médiation avec la fausse pudeur d’une jeune fille prépubère qui aurait trop parlé de soi.
Les autres, ceux qui n’ont pas les loisirs nécessaires pour consulter les registres d’état civil, offrent leurs corps à la dextérité sémiologique des tatoueurs et, au sein de leur silence, convertissent leur peau en un nouvel organe de paroles.

Eh bien c’est exactement ce qu’ont fait les jurés du Congourt 2025, ils ont couronné un type qui écrit des livres sans grand intérêt sur sa famille. À défaut d’avoir une vie, il n’y a qu’à utiliser celles de la famille. C’est plus que du moi je, c’est du nous je. Mais c’est la tendance, le repli sur soi, le psychologisme tiré par les cheveux. Au siècle dernier, c’était l’aventure, les voyages, la guerre, un autre souffle.

Mémé a couché avec les Boches

On va essayer de ne pas être méchants, d’ailleurs on ne l’a pas été dans l’article du Femina : on peut avoir du talent mais être promu(e) pour de mauvaises raisons, par exemple un livre sur le féminicide ou la Shoah. La littérature aujourd’hui souffre du même mal que le cinéma : on l’affuble d’un sac sur le dos, rempli de propagande pour le Système, c’est-à-dire les nouvelles valeurs. C’est ça ou rien. Il faut alors, qu’on ait du talent ou pas, jouer au Père Noël et distribuer les cadeaux aux communautés souffrantes : dans le désordre, pour pas faire de jaloux, femmes, racisés, juifs, homos et obèses. Si on en oublie, écrire au journal.

 

 

Donc le Goncourt, l’histoire d’une famille avec un drame – la mamie rasée par les résistants en 44 ou 45 – a été à Laurent Mauvignier, auteur et metteur en scène d’une pièce – Proches – où deux hommes s’embrassent sur scène. Il semble que Laurent n’aime pas les homophobes.

Si la théorie est intéressante, que vaut vraiment la pièce ? Dans les faits, sauf à avoir longuement écouté l’auteur expliquer sa démarche, difficile de la saisir au vol. Proches met en scène ces disputes familiales que l’on a déjà vues, sûrement trop vues. Le couple de parents, sexagénaires, qui n’en peut plus l’un de l’autre, l’une des sœurs mariée avec un « pauvre con » homophobe, l’autre sœur, malheureuse de n’avoir pas pu avoir d’enfants. Les scènes de ménages se succèdent, en binôme ou au cours d’embarrassants moments à table, à six, sous l’œil navré de Clément, l’amant de Yoann. Proches est bavarde sans réellement être suffocante. (maze.fr)

 

N’ayant pas lu le livre, on s’est tapé les longues interviews du nouveau grand de la littérature, qui paraît-il méritait ce titre depuis longtemps, mais on a trouvé son discours plat. Peut-être écrit-il mieux qu’il ne parle. En tout cas, rien d’affolant dans ses propos. Le moi je fondu dans le nous je, c’est un peu quand on n’a rien à raconter. Et puis tous ces lauréats, ça manque d’humour. L’une parle de féminicide, l’autre raconte sa grand-mère mytho, franchement ça vole pas haut. Notre critique est peut-être naze, mais faut voir ce qu’on doit critiquer ! À grand livre, grande critique.

Il nous reste encore l’Interallié, le Médicis et le Renaudot. Ah, la fille Clermont-Tonnerre (quel joli nom) a touché le Renaudot, avec son histoire parallèle aux trois mousquetaires d’Alexandre Dumas. Adélaïde (quel joli prénom), une parente de feu Hermine (disparue en bécane), est du sérail. On dirait que les maisons d’édition récompensent leurs employés (voir Appanah), ou leurs proches, en tout cas leurs semblables.

Ancienne élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, elle commence sa carrière dans les secteurs de la banque et de la finance, notamment à Mexico pour la Société générale, avant de prendre la décision de se réorienter vers le journalisme. D’abord journaliste à Madame Figaro, elle est directrice de la rédaction à Point de vue depuis 2014. Elle achète l’hebdomadaire à Altice en 2018.
À partir de 2008, elle est membre du jury permanent du prix de la Closerie des Lilas, qui récompense un roman de femme paru entre janvier et mars de chaque année[6]. Elle est également membre du jury du prix Françoise-Sagan, dont elle a été lauréate et membre du prix Fitzgerald. Adélaïde est également membre du jury du Prix Vaudeville et elle préside le prix littéraire du Who’s Who.

 

On doit avouer qu’on a fait chou blanc sur la Shoah (quoique, la mamie de Mauvignier, ça frôle la Shoah), qui n’a pas été récompensée cette année. Les jurys des principaux prix seraient-ils devenus antisémites ? LFI est-elle responsable ? Où était Mélenchon le jour du vote ? Il faudrait demander à Rudy Reichstadt si on peut avoir des lauréats avec des thèmes non-shoatiques.

Pour ce qui est des minorités, on fait quand même bingo, puisque le Mauvignier est homo-friendly et que la Tonnerre fait un livre féministe sur une femme « incroyablement forte ». On peut pas gagner à tous les coups, mais le woke a quand même tout raflé.

Sauvés : la Shoah dans le Renaudot essai !

La surprise est venue du prix Renaudot essai qui a récompensé Alfred de Montesquiou pour Le Crépuscule des hommes (Robert Laffont), un ouvrage sur les procès de Nuremberg qui ne figurait pas dans les sélections. (France Info)

Le Goncourt de la Rédac

La littérature française au niveau du cinéma

 
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18 commentaires

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  • Balzac doit certainement avoir arraché toute sa moustache depuis des lustres à force de voir les lauréats des prix en France depuis la moitié des années 80 à nos sombres jours. Ces scribouillards ne produisent plus de la littérature mais des copies de rédaction analogues aux exercices scolaires du même nom. J’en ai lu des pages et des pages, et je dois avouer que je le fais très souvent avec une grande envie de vomir. Mais bon ! c’est pour les besoins du métier et non par masochisme (ou peut être par masochisme puisque j’aurais mieux fait de changer de métier)

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  • Merci E&R d’avoir envoyé un bon petit coup de canif dans le dernier Fémina et aujourd’hui dans celles des "nouveaux écrivains" dont la pâleur est à l’aune des récits. C’est comme Arte qui ne peut s’empêcher d’inclure un max de séries et de films bourrés de propagande anti allemande, wokiste et gaucharde à souhait... pour une chaîne teutonne, y’a comme une névrose d’auto flagellation permanente.

    La féminisation du monde occidental a des conséquences dévastatrices dans le "littéraire". La pléthore de livres-de-femmes qui racontent comment "elles ont affreusement souffert en tant que femme, mère, grand-mère, fille et blablabla..." a permis de transformer la littérature en une production de savonnettes à parfum de synthèse.

    Un monde féminisé par quota, décrets et idéologies "sociétales" ça donne cette plainte sans fin où l’on réclame réparation pour tout et n’importe quoi, et où l’intime blessé est devenu un genre rentable.

    Du coup, moi, avec mon passé d’inceste et mes trois viols ordinaires en plain Paname, j’aurai du me raconter en mode pleurniche et peut-être bien décrocher un prix ! Pffff... ce que c’est que de n’être pas assez opportuniste :-))

     

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    • Depuis Christine Angot, on sait que l’inceste fait vendre.
      Pour les années 2024-2025, je compte au moins 4 livres sur le sujet (et dont bien sûr je ne donnerai pas les titres).
      Concernant le viol extra familial, sa démocratisation (disons depuis Virginie Despentes) en fait une valeur marchande plutôt instable. Je ne vous recommande pas d’en exploiter le filon - d’autant que l’événement est ponctuel donc assez pauvre en terme dramatique. Alors que l’inceste a l’avantage de se dérouler en général sur plusieurs années, il permet d’alimenter assez facilement les inspirations les plus sclérosées. Enfin, grâce à la mythologie freudienne nous vouons toujours un intérêt tout particulier pour le sujet.

  • Les littérateurs, qui ont aujourd’hui épuisé les ressources narratives du "moi", désacralisation terminale du moi, moi je, mon genre fluide, mon trou du cul, les doigts d’l’homme !
    Fin de l’orgie, du porno... Le déluge de la couille arrive !

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  • #3573394

    "Milady de Winter elle parle de nous les femmes d’aujourd’hui" dit Adélaïde de Clermont-Tonnerre dans la vidéo YouTube. C’est vrai au fond s’identifier à une ambitieuse prête à tout, intrigante, séductrice sans scrupules, meurtrière par empoisonnement cela en dit beaucoup sur la dérive morale de certains de nos contemporains et là de certaines femmes qui se veulent "modernes". Le bien et le mal ne semblent plus être importants. Milady est un exemple pour elle car c’est une femme "libre", ambitieuse, une femme forte ( je n’ai pas dit grosse), libérée, émancipée diront les féministes. Avec d’autres yeux compatissants on pourrait dire à raison que c’était (Milady), un enfant, une fille puis une femme perdue qui a essayé de s’en sortir comme elle a pu mais que le ressentiment s’est transformé chez elle en perversité. Les hommes occidentaux ont un peu perdu leurs repères actuellement, mais la société occidentale n’est elle pas malade à cause de certaines de ses femmes ( comme l’Adélaïde) qui voudraient vivre des vies d’hommes dominants et parfois de salauds, (testosterone en moins mais la chirurgie fait parfois des êtres hybrides (cela fonctionne dans les deux sens, n’est ce pas Jean-Michel). Et en conclusion de sa plaidoirie pour Milady l’Adelaïde nous sort le mot magique à la mode "Feminicide" et pas n’importe lequel : le plus grand de la littérature française. Avec ça elle devrait vendre au moins son bouquin aux femmes ( ou hommes) à cheveux bleu, vert ou rose.

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  • #3573398

    Qu’est-ce qui ne dégringole pas en France ? Les prix et la connerie !

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  • On dirait que les maisons d’édition récompensent leurs employés (voir Appanah), ou leurs proches, en tout cas leurs semblables.

    C’est un petit monde pratiquant un entre-soi hermétique, à la limite de l’inceste, afin de conserver le magot dans la grande famille...

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  • #3573452

    Un mauvais vigneron ne peut produire du bon vin !

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  • #3573527

    Les remises de prix sont désormais la boussole inverse : dès qu’une œuvre est récompensée, il faut la fuir (cela vaut d’ailleurs pour tous les domaines artistiques).

    Je ne comprends pas comment un artiste peut se fixer comme but ultime la reconnaissance par les prix, par les honneurs. Bernanos ou Gracq sont exemplaires à ce sujet : ils n’ont jamais transigé avec leur indépendance et leur intégrité.

    Aujourd’hui, il semblerait que tous les écrivains n’attendent que ça : remporter le prix. Et il n’y a aucun doute sur le fait qu’ils savent sur quoi écrire pour toucher le jury, et surtout quels sujets il convient d’éviter – précautions à prendre, bien sûr, quand ils ne sont pas le lointain cousin d’un type qui connaît le tout Paris, ou le demi-frère d’un directeur de maison d’éditions.

    Ils sont sélectionnés et subventionnés, et se prennent pour de grands auteurs parce qu’ils ont une pastille « Prix Moncul » sur leur couverture. Et à côté de ça, ils jouissent de pouvoir en remontrer en expliquant leur vision de la littérature, et pourquoi ils ont choisi tel sujet, et comment ils travaillent, et tant de choses qui excitera le lecteur quand il se rendra dans une bibliothèque pour acheter leur chef-d’œuvre.

    Bukowski disait qu’il ne fallait pas prendre la littérature trop au sérieux, ce qui ne voulait pas dire qu’il ne la respectait pas, il suffit de le lire pour le comprendre. Néanmoins, tous ces tocards, hommes et femmes, devraient se rendre compte que tous les prix qu’ils pourront recevoir ne leur donneront pas le statut de grand écrivain : peut-être n’y en aura-t-il jamais plus, mais ce n’est certainement pas dans leur sérail nauséabond qu’il faudra le chercher.

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  • #3573540

    Adélaïde de Clermont Tonnerre écrit un livre féministe et conserve cependant un nom éminemment patriarcal malgré son mariage à un roturier. Bien qu’issue d’une branche cadette, on trouve dans la généalogie de cette famille, un compagnon d’armes de Godefroy de Bouillon, des maréchaux de France, capitaine, diplomate, etc. puis en fin de chaîne "journaliste, romancière". C’est sans doute pour conjurer la colère de ses ancêtres qu’Adélaïde arbore en pendentif un grigri représentant un œil grand ouvert.
    PS la pudeur nous interdit d’interpréter l’image vignette choisie malicieusement pour présenter la vidéo de la dame.

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  • #3573733

    Je me cultive beaucoup plus au bistro du coin

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