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Friends et The Office : célébrer le bobo, moquer le prolo

 

L’infiltration cognitive par les séries télé à travers deux exemples emblématiques des années 1990 et 2000.

 

 

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51 commentaires

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  • #3575921
    Le 15 novembre 2025 à 14:45 par fredo

    On le remarque aussi clairement depuis longtemps au cinéma
    Un exemple me vient en tête en lisant votre article
    J’ai nommé monsieur jean paul Rouve (BOBO 1er) et sa saga anti-Gaulois (Les TUCHE) dans laquelle il ridiculise les petites gens, la France profonde et la France tout court. Détail important de sa filmographie, il avait été récompensé au début des années 2000 pour son rôle de collabo dans "monsieur batignole" (un "chef d’œuvre" réalisé par un autre traitre à la France que je ne nommerai pas).
    Et le pire dans tout ça c’est qu’il a avoué au moment d’aller chercher sa récompense lors d’une cérémonie « hors sol » qu’il était fan de Patrick Dewaere (reconnu aujourd’hui comme un des plus grands acteurs français depuis l’après guerre ET artiste sans concessions par excellence (qui avait d’ailleurs tenu tête à la communauté de lumière à travers des figures emblématiques de l’époque : Messieurs Gérard Oury et Alain Poiré...c’est une autre histoire)
    Bref, des "artistes" qui se revendiquent de leurs illustres aînés mais qui, pour subsister doivent s’agenouiller devant l’occupant et même, ramper par terre.
    On pourrait citer aussi monsieur Didier Bourdon qui n’est pas dénué de talent mais qui est obligé lui aussi d’accepter des rôles anti France (cf : Chasse Gardée, etc...) pour pouvoir manger et rester dans le milieu.
    Et ironie du sort, (cerise sur le gâteau) c’est eux qui, tout en collaborant, nous traitent de fachos. Des vrais comiques, effectivement !!

     

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    • #3576148
      Le Novembre 2025 à 10:34 par Alençon

      Je partage votre angle de vue sur cette nouvelle gauche , qui comme l’ a dit M. Onfray "..ont tous les défauts de l’ ancienne bourgeoisie , sans en avoir les qualités ."

      Les bobos sont les successeurs des boomeurs.. mais en pire ! Mais ce qui leur est le plus reprochable est cette lâcheté stratégique qui les caractérise , ils sont aussi fourbes que soumis à l’ occupant mondialiste , n’ ayant d’ autre courage que de se moquer de ce qui est français et chrétien , échappant à leurs responsabilités morales par l’ ironie ou le sarcasme , ils ont la profondeur d’ un ado attardé , ce sont d’ insupportables têtes à claques !

    • #3577202
      Le Novembre 2025 à 11:20 par Eric

      « On pourrait citer aussi monsieur Didier Bourdon qui n’est pas dénué de talent mais qui est obligé lui aussi d’accepter des rôles anti France (cf : Chasse Gardée, etc...) pour pouvoir manger et rester dans le milieu »
      Même pas puisqu’il peut sembler que sa survie alimentaire est assurée depuis fort longtemps sans qu’il soit dans l’obligation de continuer à se compromettre pour assurer sa subsistance. Et ça même si son physique pourrait incliner à penser qu’il a peut-être à terme pour projet d’imploser purement et simplement !

  • #3575928
    Le 15 novembre 2025 à 15:24 par Rooty

    Il ne faut pas voir de la manipulation intentionnelle malveillante là où il y a des gens, des réalisateurs, artistes, programmateurs etc, qui reproduisent simplement leur monde social et mental (possiblement de manière talentueuse, mais c’est un autre sujet).

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  • #3575975
    Le 15 novembre 2025 à 18:37 par Dialectik

    Il nous semble plus facile d’imaginer que la mer monte d’un mètre à cause du CO2 plutôt que la fin du capitalisme. Pourquoi ? Parce qu’aucune série télé ne raconte la fin du capitalisme. Tout bêtement.
    Les idées de la classe dominante sont les idées dominantes — Marx l’a dit, Audiard l’ a traduit en Français ce qui donne :"“Quand t’as le portefeuille bien rempli, t’as pas besoin d’arguments, ça cause tout seul.”
    Quant à Hollywood , il applique
    Les séries américaines, telles des sucreries idéologiques, distillent en continu les valeurs du camp vainqueur : consommation heureuse, compétition permanente, individualisme béat, américanisme obligatoire.
    Résultat : C’est la fabrique du consentement en chaussons, bière et popcorn.
    Le public peut-il résister ?
    La seule chance du prolo éveillé c’est que les producteurs, obsédés par le profit, doivent flatter le marché mondial.
    Et pour vendre partout, ils doivent, malgré eux, lâcher des concessions idéologiques, intégrer des cultures étrangères, et, partant, ils laissent trainer des fissures et contradictions dans le récit dominant.
    Là-dessus, les plus coriaces, les têtes dures, créent leurs propres médias, leurs propres récits, pour raconter ce que le capital cache : les situations réelles d’exploitation et de domination.
    Mais qui va gagner cette bataille ? Spoiler : le système est roublard. Pendant qu’tu mates la jolie serveuse, on t’a déjà piqué la montre.”(Audiard)
    Il te colle du “progrès” en veux-tu en voilà : lutte contre la corruption, défense des femmes, compassion pour les petits, le tout saupoudré de « famille traditionnelle…
    Mais derrière les violons, la rengaine continue, imperturbable : la loi du plus fort, la main invisible du marché, la justice indépendante qui ferait pleurer de rire un commissaire soviétique, Ah j’oubliais la liberté d’expression — mais surveillée, hein, faut pas déconner.

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  • #3575986
    Le 15 novembre 2025 à 19:33 par max34

    J’avais beaucoup aimé la version British de "The office". La version américaine m’a gonflé au bout de trois ou quatre épisodes.
    J’ai jamais accroché avec "Friends", pourtant c’était ma génération et beaucoup de mes amis regardaient.
    L’excellent Ricky Gervais le créateur anglais de The office se moque des beaufs, c’est vrai, mais ne le fait pas (pour moi), de façon malveillante et vient lui même de ce milieu.
    A ce moment là, Les Inconnus sont aussi à critiquer pour les mêmes raisons.
    Le prolo ou le beauf peut être aussi moqué. C’est l’abondance, la malveillance et le mépris de classe qui, à mon sens, pose problème.

     

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    • #3576079
      Le Novembre 2025 à 04:41 par Overeem

      Très bien, mais ce qui est montré et épinglé dans cette vidéo est la version américaine de The Office.

    • #3576875
      Le Novembre 2025 à 21:48 par Henri

      Ricky Gervais est vraiment excellent, et assez subversif. Il reste inconnu en France car son humour est peu exportable.

      Je savoure régulièrement ses séries (The Office, Extras) et ses présentations des Grammy Awards où il a ridiculisé en direct la caste hollywoodienne du show-business. A ne pas manquer également : "Learn English with Ricky Gervais".

  • #3576281
    Le 16 novembre 2025 à 17:39 par Roberto Lengadoc

    Je crois n’avoir jamais réussi à tenir plus de 30 secondes devant friends... C’est d’un glauque et d’un niais

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  • #3576285
    Le 16 novembre 2025 à 17:49 par leperigourdin

    Excellente analyse.

    Faudrait aussi arrêter d’encenser Coluche ou Renaud. Ces deux là aussi se faisaient fort de ridiculiser "le beauf". Le beauf qui n’était d’autre que le français moyen...

    Jamais je ne les ai entendu sur la banque Rothschild, le sentier...

     

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    • #3576960
      Le Novembre 2025 à 10:09 par Screenager

      Dire que Coluche ne s’est jamais moqué du sentier, c’est n’avoir jamais écouté ses sketchs ou ses blagues.

      On peut ne pas aimer le personnage, mais il faut avoir un minimum d’honnêteté.

  • #3576344
    Le 16 novembre 2025 à 21:28 par Encore

    En réalité ça va plus loin que ça dans la série Friends, que je connais assez bien et que j’appréciais parce que je la regardais souvent quand j’étais petit (d’un oeil innocent), il y a une volonté de rendre sympathique la religion juive, ses traditions et ses fêtes (Hanouka dans l’épisode de Ross et son fils etc.) et de moquer le goy (Joey l’homme à femmes latino représenté comme un idiot complet avec une vie instable, "Chandler Bing" au nom ridicule avec une famille démantelée et un père transgenre qui lui fait honte, Phoebe qui n’a pas de famille et qui est complètement hystérique etc) Les personnages "juifs" (Ross, Monica présentés comme issus d’une famille juive dans la série) et les personnages au nom à connotation (Rachel, Joshua etc) sont des personnages beaucoup plus raisonnables et raisonnés avec des défauts qui sont beaucoup moins "méchants" (Le défaut de Monica est qu’elle aime la nourriture par exemple, Ross lui est un docteur qui joue de la musique..). Je me souviens aussi qu’à chaque fois que quelque chose arrive à un personnage ou que quelqu’un doit accoucher ils prennent bien soin de filmer la façade avant de l’hôpital qui s’appelle "Hospital of Israel", en gros israel = soins, le bien quoi.

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  • #3576397
    Le 17 novembre 2025 à 01:49 par Ignatius

    Merci pour cette analyse, j’achèterai très prochainement le livre de M.Ridal qui évoque un sujet aussi passionnant que crucial dans la formation des mentalités dans les sociétés occidentales disons, postmodernes.

    En ce qui concerne la dialectique célébrer le bobo et moquer le prolo, l’auteur tape juste et je ne vois rien à redire. Je serai juste un peu plus tâtillon dans le choix des exemples : en effet, autant je vois très bien Friends comme archétype de la série progressiste East Coast ventant le libéralisme-libertaire qu’avait développé M.Clouscard, et même si j’ai très peu vu la série (justement parce que j’y ressens un concentré d’hypocrisie et de mépris d’ailleurs communautairement très marqué - comprenne qui voudra - qui la rend inregardable), j’adhère pleinement à la critique ; autant concernant The Office, je ne suis pas vraiment d’accord pour le coup. Il est incontestable que le monde de la Pennsylvanie désindustrialisée est dépeint de manière satirique, parfois acerbe. Mais en fin de compte, l’impression finale est que la série est beaucoup plus subtile et nuancée. On apprécie vraiment les personnages, qui apparaissent comme des gens beaucoup moins sophistiqués et faux que ceux de Friends.
    D’ailleurs, une lourdeur de Friends qu’on ne peut pas vraiment reprocher à The Office est que les thèmes sociétaux progressistes ne sont pas vraiment célébrés dans The Office. La formation du couple - hétérosexuel - principal de la série, son mariage et l’agrandissement de la famille constituent des moments forts et appréciés par les téléspectateurs. Certains personnages progressistes sont caricaturés, d’autres plus conservateurs le sont aussi. D’ailleurs, il est amusant de constater que The Office a beaucoup mieux vieilli que Friends et que la série n’a pas subi le retour de bâton mérité de Friends sur l’aspect moralisateur et condescendant, voire raciste, homophobe, etc.

    Si l’on veut choisir des séries, films ou productions culturelles ayant véritablement craché à la face des prolos, on peut en trouver des bien plus caractéristiques, notamment en France d’ailleurs, ou une longue tradition de mépris social, depuis le beauf de Cabu jusqu’aux Tuche, en passant par les Deschiens et Dupont-Lajoie, s’est développé dans le milieu culturo-mondain.

    Enfin, dernière petite différence entre Friends et The Office, qui ne dit rien a priori mais qui dit tout quand on veut VRAIMENT comprendre : regardez le casting. L’un est un ghetto d’Odessa, l’autre non ;)

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  • #3576647
    Le 17 novembre 2025 à 20:45 par studio.mucha@gmail.com

    Ce qui me soulage en regardant cette vidéo très intéressante, c’est que je n’ai jamais regardé toutes ces séries.
    J’avoue avoir regarder un peu Seinfeld. Sinon pour les plus anciens, Taxi était pas mal et Good Times. La, il y avait du prolo.

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  • #3576788
    Le 18 novembre 2025 à 16:49 par Renaud

    The Office est une excellente série, l’analyse qui y est faite ici est complètement à côté de la plaque et démontre que son auteur n’a jamais regardé la série plus loin que le premier épisode visiblement. La série, au contraire de moquer le citoyen lambda donne carrément envie de vivre peu importe notre élévation sociale. Dans cette série il est en réalité question de personnes travaillant pour une société dont le principe (vendre du papier pour d’autre sociétés) n’est pas bandant mais le parcours humain de chacun avec ses caractères, ses frasques, ses tares et leur relation les uns aux autres est en réalité un hommage très beau et subtil à la vie, la vraie vie, celle de monsieur et madame tout le monde, plutôt que de vouloir appâter avec ceux de toutes les tentations. Qui plus est, au contraire de l’analyse proposé ici, on peut parfaitement se reconnaître dans les personnages malgré le côté caricaturale de la série. J’ai beaucoup aimé le rôle qui en apparence est le plus caricaturé mais qui au final cache la plus intéressante subtilité, celui bien évidemment de Michael Scott, le patron qui en apparence fait n’importe quoi et/ou rien et pourtant réussi à avoir la filiale la plus performante du groupe pour laquelle elle travaille parce qu’il a compris le caractère primordial de l’humain dans tout ce cirque en plus d’être le meilleur de tous les vendeurs dès qu’il se sort les du c... En fait ce personnage me fait penser justement aux salariés qui critiquent systématiquement tous ce que fait le patron en disant qu’il ferait mieux alors que justement il parvient à faire de sa filiale la plus performante. J’aime particulièrement d’ailleurs lorsqu’il fait comprendre à Jim Halpert l’importance de respecter les anniversaires de chacun pour le bien être des employés alors que lui veut qu’on fête tous les anniversaires au même moment pour en être débarrassé. Que dire également de Dwight, un personnage au demeurant insupportable, rigide, méprisant, hautain, lèche botte de Scott au début de la série et pourtant le soldat de la filiale, celui qui lorsqu’il n’est plus là on se rend compte d’à quel point il se donnait corps et âme pour la société. J’aime le fait de dresser des portraits nuancé, ni méchants ni gentil, juste humain. Enfin, les personnages évoluent tous beaucoup au cours des 9 saison et à la fin, Jim Halpert, celui que vous voyez ici dégouté de son job, après 9 années et du recul, loue son expérience et en éprouve de la gratitude. Une série à voir.

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