Merci pour cette analyse, j’achèterai très prochainement le livre de M.Ridal qui évoque un sujet aussi passionnant que crucial dans la formation des mentalités dans les sociétés occidentales disons, postmodernes.
En ce qui concerne la dialectique célébrer le bobo et moquer le prolo, l’auteur tape juste et je ne vois rien à redire. Je serai juste un peu plus tâtillon dans le choix des exemples : en effet, autant je vois très bien Friends comme archétype de la série progressiste East Coast ventant le libéralisme-libertaire qu’avait développé M.Clouscard, et même si j’ai très peu vu la série (justement parce que j’y ressens un concentré d’hypocrisie et de mépris d’ailleurs communautairement très marqué - comprenne qui voudra - qui la rend inregardable), j’adhère pleinement à la critique ; autant concernant The Office, je ne suis pas vraiment d’accord pour le coup. Il est incontestable que le monde de la Pennsylvanie désindustrialisée est dépeint de manière satirique, parfois acerbe. Mais en fin de compte, l’impression finale est que la série est beaucoup plus subtile et nuancée. On apprécie vraiment les personnages, qui apparaissent comme des gens beaucoup moins sophistiqués et faux que ceux de Friends.
D’ailleurs, une lourdeur de Friends qu’on ne peut pas vraiment reprocher à The Office est que les thèmes sociétaux progressistes ne sont pas vraiment célébrés dans The Office. La formation du couple - hétérosexuel - principal de la série, son mariage et l’agrandissement de la famille constituent des moments forts et appréciés par les téléspectateurs. Certains personnages progressistes sont caricaturés, d’autres plus conservateurs le sont aussi. D’ailleurs, il est amusant de constater que The Office a beaucoup mieux vieilli que Friends et que la série n’a pas subi le retour de bâton mérité de Friends sur l’aspect moralisateur et condescendant, voire raciste, homophobe, etc.
Si l’on veut choisir des séries, films ou productions culturelles ayant véritablement craché à la face des prolos, on peut en trouver des bien plus caractéristiques, notamment en France d’ailleurs, ou une longue tradition de mépris social, depuis le beauf de Cabu jusqu’aux Tuche, en passant par les Deschiens et Dupont-Lajoie, s’est développé dans le milieu culturo-mondain.
Enfin, dernière petite différence entre Friends et The Office, qui ne dit rien a priori mais qui dit tout quand on veut VRAIMENT comprendre : regardez le casting. L’un est un ghetto d’Odessa, l’autre non ;)
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