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FBI : bientôt de retour en Iran ?

L’US Army en Iran, ça ne date pas d’hier, sa première apparition et prestation dans le pays, c’était lors de l’épisode du Corridor Perse, entre 1942 et 1944, pour acheminer l’aide américaine en URSS. Et les hommes du détachement américain chargés de cette logistique, c’étaient les F.B.I., soit les « Forgotten Bastards of Iran » comme ils se nommaient eux-mêmes. De nos jours, on dirait peut-être les « Fucking Bastards of Iran »…

 

Non seulement l’existence de ce corridor est totalement méconnue – tant en Europe qu’aux États-Unis même –, mais c’est aussi, par la même occasion, l’ampleur de l’aide matérielle des États-Unis à l’URSS qui est totalement sous-estimée : on va le voir, sans cette aide, l’URSS avait clairement partie perdue. Il est vrai qu’à l’inverse, sans l’Armée rouge, la Grande-Bretagne et les États-Unis avaient aussi partie perdue.

Ci-dessous, nous relayons un très intéressant article de Robert Mary (en le remaniant pour éviter les répétitions). En fin d’article, nous nous faisons également l’écho du témoignage vécu d’un Gebirgsjäger [Gebirgsjäger : « chasseurs des montagnes », Kaiserjäger ou Alpenjäger « chasseurs alpins » (faisant notamment partie de l’Alpenkorps) sont un corps d’armée d’infanterie légère alpin ou de montagne d’Allemagne, de Bavière, d’Autriche ou de Suisse.]

Pour le lecteur d’aujourd’hui, l’article a indirectement le mérite de rappeler que l’Iran est un maillon essentiel de la logistique mondiale russe – Staline aura d’ailleurs énormément de mal à quitter le pays à la fin des hostilités – or, depuis 1944, à notre connaissance, la géographie physique n’a pas changé, d’où l’enjeu majeur de l’actuelle guerre en Iran pour la Russie.

*

Dans le cadre de la loi prêt-bail, les USA, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont ravitaillé de nombreux pays : la Grande-Bretagne, la Chine, le Brésil, et, bien entendu, l’URSS. Outre l’aspect financier, il fallait bien sûr organiser la logistique.

 

Pour l’URSS, l’Iran constituait la principale plate-forme logistique de livraison des armements, équipements, véhicules, matériels et matières premières destinés à l’Armée rouge ou à l’industrie soviétique.

En effet, la route arctique (« les convois de Mourmansk ») était trop risquée (le convoi PQ17 fut pratiquement entièrement coulé en juin 1942) et nécessitait donc des escortes extrêmement puissantes et lourdes à mettre en place. Cette voie fut néanmoins privilégiée pour le matériel strictement militaire, la route de l’Iran étant extrêmement vulnérable à une éventuelle attaque terrestre japonaise… qui ne vint jamais. Apparemment, les Japonais n’ont jamais eu conscience de l’importance du trafic allié en Iran.

Le Transsibérien, pour sa part, était saturé et seuls les livraisons d’avions venant de l’Alaska ou du Canada étaient faciles.

Le golfe Persique, par contre, n’était pas accessible aux sous-marins allemands, de même d’ailleurs que l’ensemble de l’océan Indien, trop éloigné des systèmes de ravitaillement de la Kriegsmarine.

L’Iran était presque l’idéal, car touchant l’URSS et disposant de ports… et de pétrole.

Dans un premier temps, le shah avait refusé l’utilisation du chemin de fer trans-iranien par les Alliés au nom de la neutralité de l’Iran qu’il avait proclamée.

Mais dès août 1941 (soit deux mois après l’attaque allemande en URSS), les Anglais et les Russes – craignant en plus que l’Iran ne succombe aux charmes de l’Allemagne – s’entendent pour occuper conjointement le pays, convenant en outre de le quitter dans les six mois suivant la fin des hostilités. Les Russes seront plus que réticents à partir dans les délais et tenteront d’intégrer à l’URSS une partie du pays, mais ceci est une autre histoire (voir la fin de cet article), ils finiront par quitter l’Iran en 1946.

Dès lors, les Anglais pouvaient organiser le ravitaillement de l’URSS par l’Iran.

Dans un premier temps, seule était disponible la ligne de chemin de fer. Mais l’expérience montra rapidement qu’une alternative routière était nécessaire, l’unique voie ferrée était trop précaire : 3 000 ponts, 231 tunnels, le tout souvent à plus de deux mille mètres d’altitude.

Il est à noter que le ravitaillement par voie de chemin de fer permit quand même, malgré tous ses aléas, un ravitaillement moyen quotidien de 3 397 tonnes avec un pic de 7 520 tonnes en juillet 1944 au profit de l’URSS.

Toutefois, afin de garantir la continuité du ravitaillement, les Britanniques se lancèrent dans la construction d’une route permettant le ravitaillement par camion.

C’est ici que les Américains, rentrés en guerre, interviennent aux côtés des Anglais. Les Britanniques se chargeaient du bon fonctionnement du ravitaillement par train et de la conception d’une partie des routes, les Américains fournissant l’effort principal pour la création de routes.

L’aide américaine comportait trois volets :

a. déchargement des marchandises sur les quais (il faut savoir que la moitié du contingent US en charge des opérations de transbordement sur les quais était des « Black Americans » ;
b. construction des routes vers l’URSS (Azerbaïdjan) au travers de l’Iran (la frontière russe ne put jamais être franchie sur ordre de Staline) ;
c. acheminement des marchandises par camion (une grande partie des camions étant laissés sur place près de la frontière soviétique car ils seront utilisés par les soviétiques à des fins militaires).

Le bilan en chiffres :

• 30 000 hommes de l’armée US ont servi en Iran (nommée Perse avant 1935)
• 4,5 millions de tonnes d’équipement ont été délivrées à l’URSS par la voie des routes.
• Le plus haut niveau fut atteint en septembre 1944 avec 6 000 camions livrés aux soviétiques.
• 45 % des 400 000 camions américains livrés aux Soviétiques le furent via le « corridor perse ».

Les premiers Américains (bataillons logistiques et de génie) arrivèrent en Iran durant l’été 1942 (au même moment que l’offensive d’été allemande en Ukraine et en Crimée qui mènera à Stalingrad) pour y travailler avec les bataillons de génie soviétiques dans le but de créer des ébauches de routes à établir.

Mais le terrain montagneux s’avéra redoutablement coriace (« routes » de mauvaise qualité et impraticables à des conducteurs inexpérimentés) et il apparut bien vite que ce travail devait être confié à des spécialistes de ce genre de topographie.

Ainsi, on chercha des volontaires pour une mission secrète.

Les 516e et 517e régiments « Quartermaster Truck » furent, à la base, des volontaires issus de « l’American Trucking Association » (association des conducteurs de camions).

Les volontaires furent formés en décembre 1942 aux USA et arrivèrent à Khorramshar en mai et juillet 1943 par deux voies différentes selon les régiments respectifs (le 516e traversant l’océan Pacifique et le 517e, l’océan Atlantique).

Ils servirent un an et demi en Iran sous le « Persian Gulf Command ».

Ensuite le 517e fut envoyé en Chine préparer la route de Birmanie tandis que le 516e fut chargé de ravitailler Patton en essence en Europe.

Les portions de routes créées par les américains furent les suivantes (sans compter les tronçons conçus par les britanniques) :

• Khorramshar vers Andimeshk : 270 km
• Andimeshk vers Kurramabad : 250 km
• Kurramabad vers Hamada : 290 km
• Hamadan vers Kazvin : 206 km
• Kazvin (ancienne capitale de la Perse et proche de la mer Caspienne) vers Tabriz
• Tabriz vers les montagnes du Caucase.

Les maladies telles que la dysenterie, la malaria firent leur apparition (en été il fut interdit de travailler dans le désert de 10 h du matin à 4 h de l’après-midi, ainsi le gros du travail se fit la nuit) et la construction de la route en hiver fut un cauchemar (25 degrés sous zéro).

Il fallut poser des pavés, niveler les routes parfois sous des pluies torrentielles.

Quant aux Iraniens, les Américains préféraient les éviter pendant le ramadan car apporter de l’alcool ou de la viande de porc était sévèrement réprimandé.

 

Épilogue

Lorsque les USA présentèrent la facture à l’URSS à la fin des hostilités, les soviétiques refusèrent de verser le moindre kopeck et répliquèrent que les Alliés occidentaux n’avaient pas versé de sang en Russie à l’inverse des troupes russes face aux nazis, ils ne s’étaient contentés de fournir « que » du matériel…

Après la fin de la guerre les Britanniques se retirèrent mais les troupes soviétiques stationnèrent au nord-ouest de l’Iran, refusant non seulement de se retirer mais soutenant aussi une révolte qui aboutit à la création d’états séparatistes éphémères et pro-soviétiques dans l’Azerbaïdjan iranien à la fin 1945 : le gouvernement populaire d’Azerbaïdjan et la république de Mahabad [kurde, NDLR]. Tous deux étaient des gouvernements fantoches soviétiques. Cela déclencha la crise irano-soviétique, les troupes soviétiques ne se retirèrent d’Iran qu’en mai 1946, après avoir reçu une promesse de concession pétrolière. Sans troupes soviétiques pour les protéger, les républiques soviétiques du nord s’effondrèrent et les concessions pétrolières furent révoquées.

 

Un témoignage

Le professeur Yves Caron disait avoir rencontré un bavarois qui avait fait partie du détachement de Gebirgsjägers et avait escaladé l’Elbrouz lors des combats dans le Caucase.

Avec de puissantes jumelles, ceux-ci purent observer au sud, vers la Géorgie, des plaines remplies de camions et de matériel américains. C’était tellement immense que cela était observable à une distance de plusieurs centaines de kilomètres.

Le Gebirgsjäger s’appelait Arthur Eisenmann. Il était né en 1919 et avait participé à la construction du pavillon de l’Allemagne à l’exposition universelle de Paris de 1937.

Robert Mary

Consulter les sources de l’article sur jeune-nation.com

 

Le coffret Guerres secrètes

Les Américains et l’Iran, point de la situation actuelle

 
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28 commentaires

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  • #3600381
    Le 16 mars à 15:16 par anonyme

    Merci pour cet excellent article.

    J’avais lu quelque part que l’URSS avait fini de rembourser l’aide américaine vers les années ’80, en payant principalement par des exportations de bois.

    Il y aurait donc une nuance à faire : l’URSS a totalement remboursé la partie ds la dette qu’elle a bien voulu accepter ? Quel pourcentage ?

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  • #3600394
    Le 16 mars à 16:28 par Monsieur X

    Pour l’Américains d’aujourd’hui,
    Les Fucking Bastards of Iran
    C’est les Iraniens

     

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    • #3600766
      Le 18 mars à 08:43 par Monsieur X

      Et pour les Iraniens,
      passer de rien à Fucking Bastards aux yeux des Ricains,
      c’est une promotion fulgurante

  • #3600400
    Le 16 mars à 16:53 par Jean

    Il n’ a jamais été question de sous estimer l’aide américaine me semble-t-il...mais il faut aussi la relativiser : durant le conflit l’ URSS a dû produire dix fois plus que ce qu’elle a reçu dans le cadre du contrat lend-lease US à partir du 11 juin 1942 , date de la signature ( sur le sujet, voir les ouvrages/conférences de Laurent Henninger par exemple). Cela permet de mieux réaliser la débauche de moyens déployés sur le Front de l’ Est .
    Il faut aussi, pour avoir le tableau complet, savoir que les grandes banques/firmes américaines , anglaises, françaises etc. avaient massivement investi dans le réarmement de l’Allemagne nazie qui constituait un marché énorme. L’Allemagne des années 30 était la zone d’investissement maximal pour la finance internationale. C’était " the place to be".

     

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    • #3600529
      Le 17 mars à 07:52 par menfin

      le "méchant hitler" avait bon dos.....
      après quoi la communauté sioniste du monde l’a menacé, poussé à la guerre,
      puis, après lui avoir refusé une solution amiable pour les juifs d’allemagne,
      l’a poussé, aidé même, à des solutions plus radicales,
      dont la loi fabius gayssot impose une vérité unique,
      procédé que même chomsky désapprouve.....

  • #3600444
    Le 16 mars à 20:40 par Général Pinochet

    N’oublions pas que les purges paranoïaques de Staline (qui a liquidé le corps des officiers) et l’asphyxie d’une économie planifiée ont rendu la Russie complètement vulnérable à l’attaque allemande...

    en vérité, "l’illusion soviétique" dans les années 1950 tient largement à l’économie de guerre (la seule chose que peut faire une économie planifiée) et à l’effet de rattrapage... à part cela, l’expérience communiste fut un échec absurde et lamentable pour le grand peuple russe : avant-guerre par l’arriération industrielle et à partir des années 1970 par l’asphyxie bureaucratique.

    Par ailleurs, la gestion calamiteuse des ressources humaines par Staline est à l’origine d’une partie des pertes immenses de l’empire russe pendant la guerre... Comme avec Napoléon, c’est surtout la profondeur stratégique, l’hiver et les infrastructures arriérées (pas de lignes de communication modernes exploitables par l’assaillant) qui sauva la Russie stalinienne de la défaite dans un premier temps.

    Il serait temps de rétablir la vérité sur ce régime communiste qui massacra son propre peuple. Quand on est patriote on ne massacre pas son propre peuple, sa propre culture et sa propre économie. Aujourd’hui, plus personne ne croit au marxisme en-dehors du gauchisme occidental. Les pays émergents du monde multipolaire se sont tous convertis à l’économie de marché. Il serait temps d’en faire autant en France au lieu de ressasser certaines lubies collectivistes qui sont contraires au véritable patriotisme.

     

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    • #3600489
      Le 17 mars à 03:14 par Jean

      En Russie, Staline est le héros préféré de la population à chaque sondage : là bas on considère au contraire qu’il a sauvé les Russes de l’extermination par les Nazis ( qui ont quand même réussi à tuer 27 millions de Russes ).
      Sans parler de l’énorme progrès social, du développement industriel, du rang de 2e puissance mondiale acquis par l’URSS etc., en comparaison du régime tsariste quasi féodal où la majeure partie de la population , misérable était maintenue dans l’illettrisme.
      Globalement, dans les mêmes sondages, le peuple russe a une image positive de L’URSS : le mausolée de Lenine (et la tombe de Staline d’ailleurs) ne sont pas prêts de quitter la Place Rouge à Moscou.

    • #3600534
      Le 17 mars à 08:11 par Youpi

      URSS = union des républiques SOCIALISTES soviétiques.
      Quand est-ce que beaucoup vont écrire en français ?
      Il n’y eu aucun communisme véritable dans ce pays dont le fonctionnement peut être nommé : oligarchie capitaliste d’état ou socialiste.
      Comment pouvez-vous avoir les idées claires et vous faire comprendre en réfléchissant avec des mots dont l’étymologie n’est pas respectée ?
      Le marxisme est absolument incohérent et Marx serait d’accord avec cela. Lisez tout Marx est vous comprendrez.

    • #3600777
      Le 18 mars à 09:24 par Xanon

      "Quand on est patriote on ne massacre pas son propre peuple, sa propre culture et sa propre économie."

      Pour le peuple, si on le contrôle (prouver son identité pour consulter un site météo sur internet), plus besoin de le massacrer...
      Pour la culture et l’économie, c’est fait.
      Merci QUI ?

    • #3600838
      Le 18 mars à 15:55 par Delaunnais

      Porte bien son pseudo celui-là, comment peut-on colporter de telles approximations si ce n’est pour étaler un anti-communisme aussi viscéralement stupide !

    • #3600851
      Le 18 mars à 16:51 par Général Pinochet

      @ Jean

      tant mieux pour ces braves Russes s’ils regrettent la dictature génocidaire paranoïaque de Staline... en 1991 apparemment la nostalgie du NKVD était moins forte et les Russes avaient envie de manger et s’acheter une voiture... Il faut se méfier des "nostalgies" et les analyser avec subtilité.

      La réalité est que les Russes doivent plutôt idéaliser la période Khrouchtchev de dé-stalinisation où il y avait une forme de "vie bourgeoise soviétique"... à mon avis ils n’ont pas trop la nostalgie des purges et des goulags. Je dis ça, je dis rien...

      Staline a très mal géré la ressource humaine soviétique et est largement à l’origine des pertes massives éprouvées pendant la guerre. D’ailleurs, en 1941, pour galvaniser les Russes, il n’a pas fait appel au communisme mais à la "Russie éternelle" et a libéré les popes des Goulags.

      Comme je l’ai dit, c’est uniquement l’économie de guerre qui a permis l’industrialisation soviétique... auparavant, c’était l’échec et les collectivisations forcées... après quelques années "heureuses" sous Khrouchtchev, l’URSS a basculé de nouveau dans l’asphyxie bureaucratique. C’est uniquement sous Poutine qu’elle a retrouvé sa grandeur.

      Quant à comparer avec la Russie tsariste, c’est assez comique... autant comparer avec la France agraire de Louis XIV... la Russie était retardataire économiquement... était-il vraiment utile d’en passer par une telle révolution pour s’industrialiser ? Il est permis d’en douter ! Nombre de pays ont opéré leur modernisation sans passer par la case goulag.

      personnellement, je pense que je préfèrerais vivre dans la Russie capitaliste de Poutine que dans la Russie soviétique de Staline.

    • #3600885
      Le 18 mars à 20:21 par Jean

      @pinochet
      Le référendum de 1991 : 80 % de participation , la population soviétique vote pour la continuation de l’URSS à 70 %. Il faudra le coup d’état d’Eltsine, pion occidental, pour y mettre fin ( tir au canon sur l’assemblée ... dizaines, voire centaines de morts).
      Kroutchev a fini dans les poubelles de l’ histoire
      , comme Gorbatchev ( idole de l’occident capitaliste) , considérés comme des traîtres . Bien classés dans les sondages sur les personnages historiques les plus haïs en Russie.
      Le reste est à l’avenant...tu devrais te renseigner avant d’écrire .

    • #3600891
      Le 18 mars à 21:01 par Boniface

      Excellent commentaire de Pinochet ,qui semble exciter l’indignation de ceux qui connaissent mal la Russie et la réduisent à l’état de pièce dans leur puzzle idéologique.

    • #3600913
      Le 19 mars à 01:16 par Jean

      @pinochet
      Dans mon commentaire, je ne parle pas du régime tsariste du XVIIe siècle mais bien du début XXe ... une société archaïque qui justement avait des siècles de retard. Ce régime s’était d’ailleurs effondré de lui même : le Tsar Nicolas ll avait déjà abdiqué avant la Révolution d’Octobre.
      La population était composée à 95 % de paysans misérables et maintenus dans l’arriération et la superstition. Industrialiser ce pays était une œuvre démesurée (d’ où la NEP lancée par Lenine).Tu ne connais pas le sujet : tu peux lire "Lenine, la Révolution permanente " de Jean-Jacques Marie (historien anti-stalinien je précise), par exemple...
      Pour Poutine, c’est bien connu, l’histoire russe ne fait qu’un et il dit en aimer toutes ses périodes : sans Staline, la Russie serait devenue l’Espace Vital des Aryens et les quelques Russes survivants seraient leurs esclavages, d’après les plans allemands.

    • #3601005
      Le 19 mars à 12:18 par Monsieur X

      Une seule famine en IRAN au 20e siècle.
      C’était sous l’occupation communiste de 1942 -1944...

    • #3601052
      Le 19 mars à 18:09 par Jean

      @monsieur x
      Disons plutôt sous occupation sous occupation capitaliste d’état (socialiste), l’ URSS n’a jamais dépassé ce stade d’organisation économique : URSS = UNION des RÉPUBLIQUES SOCIALISTES SOVIÉTIQUES ( pas COMMUNISTES). Le stade du communisme aurait impliqué avant tout une suppression de l’argent.

    • #3601066
      Le 19 mars à 19:32 par Général Pinochet

      je connais par coeur ces arguments sur le communisme en mode "on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs"... je précise que j’ai travaillé un temps en Russie... donc je connais un peu le pays et cette nostalgie dont vous parlez... Les Français qui ont la nostalgie de Napoléon n’ont sans doute pas la nostalgie des conscriptions de masse ni du blocus continental...

      Je ne saucissonne pas l’histoire russe... mais je constate que les communistes, eux, n’hésitent pas à la saucissonner et à nous présenter le tsarisme comme l’apocalypse. Peut m’en chaut. Dans les années 1970, il était de bon ton d’agonir Pinochet (le vilain droitard capitaliste) et d’encenser Pol-Pot (le gentil gauchiste anti-impérialiste). Mais le tribunal de l’histoire a jugé depuis longtemps celui qui a fait du bien à son peuple.

      Si la Russie s’est développée, ce n’est pas en raison du communisme mais en dépit du communisme. Il est dramatique que les Russes ou les Chinois aient eu à endurer de telles extrémités pour se moderniser. Désolé d’aimer les peuples...

      Je dis et je maintiens qu’il serait temps que les patriotes français aient un regard moins complaisant sur les expériences collectivistes. C’est beau vu de loin mais plus douloureux vu de près. Nous, en France, on a eu la chance d’échapper à tout cela.

      Aujourd’hui, heureusement, la Russie a réussi à se réconcilier avec elle-même. Elle prône le capitalisme et la foi chrétienne. C’est bien mieux comme cela, à mon humble avis. Même la Chine renoue progressivement avec sa propre histoire.

      Ajoutons d’ailleurs que le collectivisme est fondamentalement dysgénique : il consiste à pénaliser les forts pour avantager les faibles. C’est une compréhension erronée de la charité chrétienne (qui exhorte les forts à secourir les faibles mais non pas à se soumettre à eux).

    • #3601067
      Le 19 mars à 19:39 par Jean

      @monsieur
      C’était une occupation anglo-sovietique, pas "communiste ".
      La précédente famine en Iran datait de la première guerre mondiale et à l’époque c’était une occupation uniquement britannique.

    • #3601118
      Le 20 mars à 03:53 par Jean

      @pinochet . - Rappelons le encore, la Russie n’a jamais atteint le stade du Communisme, elle est restée au stade du capitalisme d’état, du Socialisme ( c’est le premier S dans URSS).
      Dire que la Russie s’est développée "malgré le communisme" n’a donc pas de sens du point de vue économique.
      - Ta version du Christianisme va totalement à l’inverse des enseignements du Christ qui prônait le détachement par rapport aux biens matériels. "Le collectivisme qui désavantage le fort par rapport au faible" : pour toi le bonheur est clairement dans l’accumulation de richesse et la jouissance de se comparer au plus pauvre que soi. C’est contre cette version manipulée et hypocrite du Christianisme qu’est né ,au XVIe siècle, le Protestantisme .
      Le capitalisme engendre la prédation entre personnes, entre nations /civilisations , il "porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage". Le capitalisme débouche sur l’impérialisme et le pillage par la colonisation . On voit ses effets dévastateurs en ce moment avec la guerre Occident contre Sud Global (anciennes colonies qui veulent leur part du gâteau ). C’est l’Etat de Guerre Permanent engendré et recherché par les capitalistes (spécialement le lobby militaro industriel US).
      Le Communisme c’est la société type Zoo, où les cages (lois) permettent à chacun de vivre. Le Capitalisme c’est la société type jungle (libéralisme économique) où le fort dévore le faible. Poussée à son extrême, la vision libérale consiste même en une négation officielle du concept de société (M.Thatcher en Angleterre).

    • #3601362
      Le 21 mars à 10:27 par Jean

      @Pinochet - Tu ne sembles pas comprendre que concernant Mao et Staline, il ne s’agit pas de la " nostalgie " d’une période mais que ces deux personnages ont conditionné le présent et l’existence même (pour les Russes) des peuples chinois et russes. Les deux pays n’existeraient pas de nos jours : la Chine libérée et reconstituée par Mao , la Russie sauvée de l’extermination et de l’annexion par Staline.
      Le statut de ces deux personnages dans leurs pays vient du fait qu’ils sont très actuels en réalité.

    • #3601363
      Le 21 mars à 10:28 par Rectificateur

      Toujours ces nostalgique du communisme, n’y ayant jamais vécu...

      Quand on parle des cons, c’est d’abord a eux que l’on pense.

    • #3601396
      Le 21 mars à 13:53 par Jean

      @rectificateur - Réfléchis un peu :
      Nous devons à Lenine le mois de congé payé qu’il a institué en URSS, importé ici par le PCF & CGT ( soutenus par l’URSS) grâce aux grèves de 1936 .
      Nous devons à L’URSS la destruction du Nazisme donc ici le Conseil National De La Résistance d’après guerre et la création par les Communistes Français ( Antoine Croizat etc.) de la Sécurité Sociale ( soins remboursés, hôpital public, retraite par répartition), statut de la fonction publique & droit du travail, EDF-GDF pour l’énergie accessible etc.
      Tout ceci à pu exister tant que l’URSS a existé car elle apportait le contrepoids au libéralisme sauvage américain : l’ Europe social démocrate était une zone d’économie mixte, capitaliste mais avec une protection sociale héritée de L’URSS. Depuis les années 90 toutes ces conquêtes des communistes chez nous sont progressivement détruites, privatisées ( santé,retraite, éducation, énergie...des marchés énormes) par les complices du Medef ...nous fonçons vers la jungle ultra libérale. La vie sera de plus en plus dure pour la majorité d’entre nous

    • #3601423
      Le 21 mars à 15:30 par Général Pinochet

      @ Jean

      le capitalisme ce n’est pas la loi de la jungle mais le droit naturel... Aristote, Saint Thomas d’Aquin, John Locke, Frédréric Bastiat... le droit naturel est la base même de la pensée politique occidentale traditionnelle...

      Je ne vois pas où vous avez vu que je prône l’amour idolâtre des richesses... Ce sont les matérialistes qui professent en réalité une obsession bien plus grande de l’argent... Jésus nous a appelé à "faire fructifier nos talents" et non pas à vivre sans rien faire et taxer ceux qui travaillent... Il n’y a aucune vertu à prendre l’argent des travailleurs pour engraisser les paresseux. Le christianisme opère une distinction conceptuelle parfaitement claire entre la justice (ce que l’on doit à l’autre en vertu du marché) et la charité (le soin qu’on nous exhorte à prendre des autres par-dessus le marché). C’est précisément cette confusion tragique qu’opère le collectivisme (ce qui conduit à taxer autoritairement les travailleurs pour redistribuer aux paresseux, et à détruire la morale au lieu de la sauver).

      L’URSS a commencé par aider les nazis à nous envahir (pacte germano-soviétique). Et ce sont les nationalistes qui sont entrés les premiers dans la résistance. Quant aux caisses mutuelles de prévoyance, elles existaient bien avant le CNR ! La "Sécu" s’est contentée de les centraliser (et parfois de la bureaucratiser). Il faut arrêter avec ces légendes urbaines sur le communisme salvateur.

      Notre pays n’a pas eu besoin de passer par Staline et Mao pour se moderniser. Eh bien, nous pouvons nous en féliciter ! "L’Asie" conserve sans doute un rapport spirituel ambivalent au despotisme qui n’a rien à voir avec le patriotisme. J’invite précisément les patriotes français à discerner le patriotisme du despotisme. Afin d’éviter le choix schizophrénique entre liberté et patrie. Je dis, les deux mon ami !

    • #3601497
      Le 21 mars à 22:23 par Jean

      @pinochet
      - L’ Angleterre et la France ont préféré signer les Accords de Munich, qui étaient une " carte blanche vers l’Est" pour l’Allemagne ( censée contourner la Pologne sur son chemin vers L’URSS...) , l’autorisation de la remilitarisation de la Rhénanie, le Pacte Naval Germano Britannique (réarmement de la marine de guerre allemande) etc...au lieu de l’Alliance Antifasciste à laquelle appelait l’URSS. Dés lors l ’URSS devait se préparer seule au choc annoncé contre l’Allemagne dont le but était de faire d’ elle son Espace Vital. Le Pacte De Non Agression Germano Soviétique ( le pacte de dupes par excellence ! ) permettait à l’URSS de gagner du temps pour démultiplier son armement et pour conquérir les territoires nécessaires à sa défense contre l’Allemagne, en Pologne ou Finlande (défense de Leningrad ).

      - Les assurances sociales des années trente ne couvraient qu’une partie des salariés.
      Tout dépendait du métier, de la fortune, de la naissance. Les agriculteurs, commerçants, artisans avaient leurs assurances privées, les fonctionnaires leurs mutuelles. Le système était éclaté en plus de 1000 caisses privées, patronales ou confessionnelles. Les prestations étaient très faibles et les remboursements lents. Un paysan devait vendre une partie de son cheptel pour payer une opération de l’appendicite (!). La Sécurité Sociale mettait fin à ce système bancal et inefficace.

    • #3601681
      Le 22 mars à 17:37 par Jean

      @pinochet
      Le problème c’est que le capitalisme revient à taxer les travailleurs/pauvres ( ils servent aussi de chair à canon dans les guerres des vendeurs d’armes) qui engraissent les grands actionnaires qui ,eux ,sont exemptés d’impôts ( sans parler de la fraude et exil fiscal) . Chaque année ce sont des centaines de milliards d’impôts dont sont exemptés les patrons/actionnaires actuellement en France . Et cela au prétexte de la concurrence généralisée et organisée, concept central du capitalisme .

  • #3600853
    Le 18 mars à 16:55 par Jean

    Les USA ont décidé d’étendre le lend lease à l’URSS quand ils ont compris que l’armée allemande était enlisée/condamnée. Ils préparaient leur débarquement de Sicile ( juillet 1943) pour venir se partager l’Europe avec l’URSS : 80 % des livraisons arrivent en 1943 , après Stalingrad. Plus les Russes détruisaient de divisions allemandes plus le débarquement allié serait aisé.

     

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    • #3600988
      Le 19 mars à 10:28 par Jean

      L’ armée allemande avait une seule tactique à sa disposition : la Blitzkrieg. Ne possédant pas de réserves de pétrole elle était obligée de s’emparer rapidement des pays et de leur stock d’essence .
      Barbarossa ne devait durer que 3 mois maximum ; au delà la défaite était inévitable. Les généraux d’Hitler lui avaient donc déconseillé cette opération militaire . Il n’en a fait qu’à sa tête.
      Fin octobre 1941 la situation était donc fort compromise pour l’armée allemande et les USA décidèrent donc d’inscrire l’URSS au programme lend-lease ( mais l’accord ne sera signé que le 11 juin 1942 et le programme ne sera effectif qu’ à partir de 1943).
      PS : il est intéressant de noter que l’ Angleterre avait prévu d’attaquer L’URSS, une fois débarrassée de l’Allemagne nazie ; Cette opération nommée " Opération Unthinkable" fût annulée car l’URSS était bien trop armée à la sortie de la guerre.
      Ça donne une idée du niveau de la lègendaire perfidie anglaise et de la façon dont elle collabore avec ses " alliés ".

  • #3600890
    Le 18 mars à 20:56 par Boniface

    "Apparemment, les Japonais n’ont jamais eu conscience de l’importance du trafic allié en Iran."

    Le Japon n’avait certainement pas la capacité d’atteindre l’Iran. Le scénario d’une invasion japonaise de l’extrême Orient soviétique était déjà hautement irréalisable.

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