D’abord, E&R dépasse, et de beaucoup, cette “focalisation” sur le seul lobby juif, que certains lui reprochent, par la multitude de ses dossiers : politique, religieux, industrie, alternatives, défense, nutrition, santé, mœurs, monde multipolaire, histoire, musique, architecture, etc., même si une certaine communauté peut se révéler, peut-être, “un tantinet sur-représentée”...
Or il est manifeste qu’Alain de Benoist rechigne à s’engager dans ce dernier constat - ce qui d’emblée réduit énormément l’importance de sa réflexion intellectuelle, pourtant d’un bon niveau, mais autrement moins libre que celle d’un Soral. Malin comme il est - mais, et de loin, pas aussi téméraire que les InfréKKentables -, il sait trop bien que s’il poussait comme eux le feu de son analyse dans cette direction, l’ensemble de son œuvre et de ses réseaux, jusqu’ici tolérés, connaîtrait une nouvelle attaque, sans doute cette fois d’une violence neuve étant donné la tension montante en ce domaine ultrasensible.
Dès lors, il lui reste à surfer sur les initiatives secondes, comme dans son entretien récent avec Farida Belghoul, où la différence en courage et détermination saute aux yeux - certes aussi, mais à l’inverse, en précision et culture complexe ; cf. :
http://www.egaliteetreconciliation....
Même sur le plan du religieux : celui d’une souhaitable réévaluation du “paganisme”, ses idées restent bien trop marquées par l’historico-politico-économique, et même le philosophique occidental, pour nous aider vraiment à redécouvrir ce que pouvait être la vie “anté-monothéiste”.
Voilà pourquoi la critique d’un E&R “focalisé” sur le seul lobby juif semble un argument commode, injustifié, comme un clin d’œil obligé adressé à la pensée dominante, du genre : “euh, messieurs les censeurs potentiels, vous en faites pas : j’ai compris et accepte votre domination ; je reste en deçà du seuil d’’infréKKentabilité ; je vais même jusqu’à inciter mes concitoyens ex-compatriotes à dénigrer ce qui reste d’’adossement possible aux structures nationales séculaires, pour mieux vous être livrés, par régions, certes encore "enracinées” mais sans possibilité de “masse critique” ni de “force de frappe” contre votre Empire... ; alors, en échange, merci de ne pas toucher à mon œuvre, qui permet à mes addictions d’acheter mes clopes et du mou pour mon chat...”