La colossale dégringolade des prix littéraires : le Goncourt à Laurent Mauvignier
6 novembre 2025 06:04, par ScreenagerLes remises de prix sont désormais la boussole inverse : dès qu’une œuvre est récompensée, il faut la fuir (cela vaut d’ailleurs pour tous les domaines artistiques).
Je ne comprends pas comment un artiste peut se fixer comme but ultime la reconnaissance par les prix, par les honneurs. Bernanos ou Gracq sont exemplaires à ce sujet : ils n’ont jamais transigé avec leur indépendance et leur intégrité.
Aujourd’hui, il semblerait que tous les écrivains n’attendent que ça : remporter le prix. Et il n’y a aucun doute sur le fait qu’ils savent sur quoi écrire pour toucher le jury, et surtout quels sujets il convient d’éviter – précautions à prendre, bien sûr, quand ils ne sont pas le lointain cousin d’un type qui connaît le tout Paris, ou le demi-frère d’un directeur de maison d’éditions.
Ils sont sélectionnés et subventionnés, et se prennent pour de grands auteurs parce qu’ils ont une pastille « Prix Moncul » sur leur couverture. Et à côté de ça, ils jouissent de pouvoir en remontrer en expliquant leur vision de la littérature, et pourquoi ils ont choisi tel sujet, et comment ils travaillent, et tant de choses qui excitera le lecteur quand il se rendra dans une bibliothèque pour acheter leur chef-d’œuvre.
Bukowski disait qu’il ne fallait pas prendre la littérature trop au sérieux, ce qui ne voulait pas dire qu’il ne la respectait pas, il suffit de le lire pour le comprendre. Néanmoins, tous ces tocards, hommes et femmes, devraient se rendre compte que tous les prix qu’ils pourront recevoir ne leur donneront pas le statut de grand écrivain : peut-être n’y en aura-t-il jamais plus, mais ce n’est certainement pas dans leur sérail nauséabond qu’il faudra le chercher.
Alain Soral et E&R
E&R en vidéos
Revues
Bonnes adresses
International
Alain Soral
Kontre Kulture

et
!