Alexandre Douguine – La question stalinienne
1er octobre 2025 12:46, par koussikoussa : Jésus t’aimeÀ l’exception d’un Aron lucide et de quelques sceptiques réfractaires aux mirages de la ferveur, l’intelligentsia française s’est presque toujours agenouillée devant deux autels. Deux pôles, deux idoles de carton doré : le nationalisme, dressé comme une forteresse à droite, et le socialisme, érigé en temple rédempteur à gauche. La plupart des écrivains, philosophes et penseurs de renom n’ont fait que danser entre ces deux flammes contraires, cherchant dans leur vacillement l’illusion d’une vérité.
Ces doctrines ne sont que des costumes idéologiques, interchangeables, dont les coutures craquent à la moindre secousse de l’Histoire. Les uns, enivrés par le sang et le sol, ont confondu la patrie avec une essence sacrée ; les autres, fascinés par l’utopie égalitaire, ont pris leurs songes pour des lois de fer. L’écrivain qui se voulait libre s’est ainsi laissé enfermer dans l’échiquier d’autrui : drapeau ou faucille, tricolore ou rouge, toujours contraint de choisir entre deux prisons de la pensée.
Rares sont ceux qui, comme Aron, ont refusé cette mécanique d’alignement. Rares ceux qui ont compris que l’esprit n’a pas besoin de ces totems pour s’affirmer, qu’il peut se dresser seul, sans la béquille des grands récits collectifs. Les autres se sont égarés, croyant écrire l’Histoire quand ils n’en furent que les secrétaires serviles.
Alain Soral et E&R
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