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Incroyable, le mec arrive à dire avec le plus grand calme que l’environnement financier actuel est similaire à celui qui a directement précipité la guerre de 14, qui fut une boucherie infernale, sans en tirer les conclusions qui s’imposent.
Effectivement, cette période, qualifiée de "première mondialisation" par les historiens, se caractérise au niveau économique par une très forte concurrence, une dérégulation du commerce international et une croissance géométrique des échanges. La France de l’époque était d’ailleurs très libérale (chemin de fer et services publics privatisés, salaires bas dans l’industrie, etc.)
Finalement les échanges croissent beaucoup plus vite que la production, et atteignent, relativement au niveau de la production, des niveaux qui ne seront pas égalés avant longtemps. Ainsi, alors qu’il était d’environ 7,5 % vers 1850, le taux d’ouverture à l’exportation (i.e. le ratio exportations/PIB) de la France passe à 15,3 % en 1913. Il s’agit d’un taux similaire à celui constaté à la veille des années 1980 (Wikipedia)
Or, il ne fait aucun doute historiquement que le thème de la "guerre économique" à outrance, comme seul horizon de la vie civilisée, finit par créer les conditions objective de la guerre physique et réelle... et c’est plus ou moins ce que nous revivons aujourd’hui, une fuite en avant par l’économie spéculative qui entraîne inéxorablement à la guerre, lorsque la "bulle des bulles" décrite par Petit s’effondrera sur elle-même, entraînant avec elle tout le système productif, telle une gigantesque singularité financière (un trou noir désigne un point de l’espace-temps au voisinage duquel les quantités deviennent infinies : on pourrait pousser assez loin l’analogie avec la création monétaire et le "quantitative easing"...)
Réécouter également à ce sujet les excellentes analyses de Guillemin sur la période 1870-1914.