Vers la paix en Syrie et au Liban

Publié le : mardi 28 septembre 2021
Commentaires : 22
Nombre de vues : 11 144
Source : voltairenet.org
67 votes

Les accords conclus entre les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine à la suite de la défaite militaire occidentale en Syrie commencent à trouver leur application au Moyen-Orient. Les prochaines étapes devraient être le retrait des forces US d’Iraq et de Syrie, l’expulsion des forces turques du Nord-Ouest syrien, le retour de l’Iran dans le concert des nations, la restitution du Golan et enfin l’administration russo-syrienne du Liban.

 

Les conséquences des accords de Genève – dits « Yalta 2 » (16 juin 2021) – pour le Moyen-Orient élargi sont en passe de franchir une nouvelle étape : les forces étrangères occupant des portions de la Syrie sont sur le point de se replier. Après 12 ans de massacres, la guerre contre la République arabe syrienne se termine.

 

 

Le président Bachar el-Assad s’est rendu au Kremlin. Rien n’a transpiré de son entretien avec son homologue russe. Il semble toutefois que Moscou supervisera à la fois la Syrie et le Liban à partir des élections législatives libanaises de mai 2022. Si Washington ne respecte pas sa parole, la Syrie pourrait être admise à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), l’alliance militaire autour de la Russie. Dans un tel cas, le soutien de Moscou à Damas augmenterait considérablement car la Syrie passerait du statut d’ami à celui d’allié. Toute atteinte à sa sécurité serait une atteinte à celle de la Russie.

 

Israël

Au cours de ces dernières semaines, les « rebelles » de Deraa (au sud du pays) ont déposé les armes. Ils l’avaient déjà fait auprès d’un général russe, puis s’étaient à nouveau mobilisés contre Damas à la demande de l’Arabie saoudite. Ils ont fini par se rendre après qu’Israël leur a retiré son soutien militaire.

 

 

Il s’agit-là d’un événement important qui marque l’évolution du régime de Tel-Aviv. Depuis la démission de Benyamin Netanyahou, Israël se libère de l’idéologie coloniale de Ze’ev Jabotinsky et tente de devenir un État comme les autres. Le gouvernement de Naftali Bennett (malgré sa rhétorique) et de Yair Lapid a accepté de cesser de soutenir des groupes armés en Syrie. Cependant, cela ne l’empêche pas de continuer sa guerre secrète contre l’Iran sur les territoires libanais et syrien. Surtout, si Tel-Aviv accepte de nombreuses concessions, il tient ferme sur l’occupation du plateau du Golan qu’il a illégalement annexé au regard des Nations unies.

Commentant la visite du président Bachar el-Assad à Moscou, le ministre adjoint des Affaires étrangères russe, Sergei Ryabkov, a déclaré lors d’un entretien à Russia Today en arabe que la Russie entendait libérer toute la Syrie de toutes les forces étrangères qui y stationnent illégalement : les israéliennes, les turques et les états-uniennes. On se dirige vers une restitution du Golan en échange d’un retrait iranien de Syrie.

La Jordanie, qui ne s’est jamais engagée contre la Syrie, mais a laissé les États-Unis et l’Arabie saoudite utiliser son territoire pour lutter contre Damas, semble soulagée.

Les rebelles de Deraa, anticipant la suite des événements, ont refusé de partir à Idlib (au nord du pays). Ils ont préféré déposer leurs armes sans contrepartie.

 

La Turquie

L’étape suivante doit être le retrait des troupes US et turques du nord du pays, la reddition des mercenaires kurdes et la fuite des djihadistes amassés à Idlib. C’est là que le bât blesse : la Turquie refuse de partir. Pour elle, Idlib est une zone qu’elle revendique depuis le « Serment national » de 1920. Ankara avait salué cette occupation comme un pas vers le rétablissement de la grandeur ottomane. Son retrait signifierait non seulement la perte de ce territoire, mais l’échec de son rêve néo-ottoman.

 

 

C’est pourquoi, le président Recep Tayyip Erdoğan a réveillé, lors de son discours à la 76e Assemblée générale de l’ONU, la menace de son soutien au terrorisme tatar. En 2015, la Turquie et l’Ukraine avaient officiellement créé une Brigade internationale islamique contre le rattachement de la Crimée à la Russie. Trois mois plus tard, l’armée turque abattait un Sukhoï russe provoquant une grave crise politique. Mais cet épisode fut de courte durée. L’option terroriste antirusse fut abandonnée en 2016 et le président Erdoğan présenta ses excuses pour cet « incident ».

Perturbant l’échiquier, la CIA tenta de faire assassiner le président Erdoğan. L’opération échoua et se transforma en coup d’État improvisé, qui échoua lui aussi. À la surprise générale, Ankara se tourna alors vers Moscou et signa coup sur coup un accord pour le gazoduc Turkish Stream et finalement pour l’achat de systèmes anti-missiles S-400.

Aujourd’hui Ankara se trouve en position difficile dans la mesure où il se dresse en même temps contre Moscou et contre Washington. Sa menace de réactiver le terrorisme tatar est crédible dans la mesure où Recep Tayyip Erdoğan, avant d’être président fut un acteur important des guerres d’Afghanistan et de Tchétchénie. Il apporta le soutien de la Millî Görüş à Gulbuddin Hekmatyar en Afghanistan, puis offrit une base arrière aux terroriste de Dokou Oumarov pour leur Émirat d’Itchkérie (Tchétchénie).

Il est évidemment peu probable que la Russie cède au chantage turc cette fois-ci, alors qu’elle ne l’a pas fait en 2015. Moscou n’est pas Bruxelles, qui a lâchement payé 5 milliards de dollars lors du chantage aux migrants. Quoi qu’il en soit, même si la menace turque ne doit pas aller à son terme, le fait de l’énoncer fait monter les enchères. Le président Erdoğan n’entend pas céder sans une forte compensation.

Le retrait des forces états-uniennes d’Iraq et de Syrie laissera les mercenaires kurdes sans protection exactement comme le retrait des armées US d’Afghanistan a abandonné les collaborateurs locaux de la CIA à leur sort. Vu les crimes qu’ils ont commis, particulièrement contre les arabes chrétiens, une panique commence à les gagner. Certains d’entre eux sont déjà en négociation avec Damas.

La rencontre secrète des chefs d’état-major états-unien et russe, les généraux Mark A. Milley et Valery Gerasimov, le 21 septembre à Helsinki, a – entre autres – traité de la question syrienne. On ignore ce que les deux hommes ont décidé, mais le général Miley est un chaud partisan de Joe Biden et ne saurait saboter ses engagements.

 

L’Iran

L’Iran, qui s’est imposée au cours des mandats de Mahmoud Ahmadinejad comme une puissance économique et sous la conduite du général Qassem Soleimani comme une puissance militaire, est sur le point d’être intégré dans le concert des nations.

 

 

Si les négociations officielles sur son statut nucléaire sont en panne, les contacts secrets se multiplient.

Les États-Unis ont désormais accepté de relativiser les recherches nucléaires iraniennes dès lors qu’elles sont pacifiques. La dernière année de la guerre imposée par l’Iraq à l’Iran de Rouhollah Khomeiny, Téhéran s’est interdit de fabriquer la bombe atomique ; un projet que les États-Unis et la France avaient développé avec le Shah Reza Pahlevi. L’Iran n’a levé cette interdiction qu’à l’assassinat du général Qassem Soleimani par le président Donald Trump. Rien ne permet de penser que Téhéran a renoué depuis avec ce projet.

Le fait que Washington et Londres ont révélé leur Pacte nucléaire avec l’Australie implique que ces deux Grands ne pourront plus accuser l’Iran de prolifération.

Les États-Unis ont également renoncé à diviser le monde musulman en sunnites et chiites. Des contacts solides sont en train d’être établis entre les frères ennemis qu’étaient devenus l’Arabie saoudite et l’Iran. Le dernier en date est une réunion secrète entre les chefs des services secrets des deux pays, le 23 septembre à l’aéroport de Bagdad.

Téhéran devrait renoncer à certaines de ses actions militaires et se concentrer sur la défense des communautés chiites dans le monde (Amérique latine comprise). Les Gardiens de la révolution pourraient donc quitter la Syrie et laisser plus de latitude au Hezbollah libanais.

 

L’Union européenne

Au plan diplomatique, les ambassades des États membres de l’Union européenne à Damas ont presque toutes rouvertes (mais pas la française). Il semble que l’Union européenne ait des obligations financières imposées par une vieille résolution de l’ONU. En tous cas, Bruxelles provisionne 7 milliards de dollars pour reconstruire les infrastructures syriennes. Étrangement, la Commission européenne, qui continue à employer 6 000 fonctionnaires britanniques plus d’un an après le Brexit, est représentée en Syrie par l’ONG anglaise Oxfam (laquelle avait soutenue le groupe terroriste des Casques blancs). Quoi qu’il en soit, l’UE reste officiellement sur la position énoncée par l’ambassadeur états-unien Jeffrey Feltman lorsqu’il dirigeait l’ONU, il y a quatre ans : pas un sous pour la reconstruction de la Syrie tant que le « régime » n’est pas tombé.

 

 

La question qui reste ouverte est de savoir si le Liban va passer à nouveau ou non sous administration russo-syrienne. La réponse déterminera l’engagement chinois dans la région.

Pour le moment les trois présidents libanais (de la République, du gouvernement et du Parlement) sont compatibles avec l’administration du président Bachar el-Assad. Cependant celui-ci, qui avait été injustement accusé d’avoir fomenté l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et dont les troupes avaient été huées à Beyrouth, ne semble pas vouloir jouer ce rôle. Ce serait portant la solution la plus sage.

L’annonce d’une possible candidature à la présidence du Parlement libanais du directeur de la Sécurité générale, le général Abbas Ibrahim, est interprétée comme l’entrée en lice d’un homme conscient de la culture de la Grande Syrie. Jusqu’aux accords Sykes-Picot-Sazonov de 1915, qui ont planifié la création d’Israël, de la Jordanie, du Liban, de la Syrie et de Chypre, ces cinq États formaient la même province ottomane.

 

La Chine

Dans le cas d’une tutelle syrienne sur le Liban en faillite, la Chine interviendrait pour rebâtir la fin de l’antique route de la soie. Durant l’Antiquité et le haut Moyen Âge, celle-ci reliait la capitale chinoise d’alors, Xi’an, à la Méditerranée via Palmyre et Damas. Beijing envisage de construire à la fois une voie terrestre et ferroviaire ainsi que des infrastructures de télécommunication. Il s’agirait d’une victoire très importante pour les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping dans la mesure où une partie de la guerre contre la Syrie visait explicitement à empêcher ce projet.

 

 

Il serait surprenant que les États-Unis, qui ont imposé à Israël d’annuler tous ses contrats avec Beijing, laisse la Russie installer la Chine en Syrie sans contrepartie.

 

La France

La France, qui fut la puissance coloniale du Liban et de la Syrie, n’entend pas se faire évincer. Le mois dernier, le président Emmanuel Macron a ainsi participé au sommet de Bagdad, sous l’œil attentif des services secrets britanniques.

La France et les États-Unis ont joué un rôle central dans la désignation de Najib Mikati comme nouvel homme fort de la communauté sunnite libanaise et par conséquent comme nouveau Premier ministre (cette fonction étant réservée à un sunnite). Les Occidentaux ont privilégié celui qui est désormais, selon Forbes, l’homme le plus riche du pays, comme Rafic Hariri l’avait été. Pour y parvenir, ils ont éliminé la famille Hariri en s’appuyant sur l’Arabie saoudite. Les biens de Saad Hariri (le fils, qui fut lui aussi Premier ministre) ont été saisis par décision de justice. L’opération devrait bientôt continuer avec la saisie de ses biens au Liban. Najib Mikati, qui n’est pas plus honnête que lui, dépend de Washington et de Paris dans la mesure où sa fortune est dispersée dans des États sous tutelle occidentale. Il est tout autant que les Hariri le symbole de l’usage du Liban comme un État pirate dans le système économique occidental. Il ne souscrit à aucune des règles occidentales, mais sert à toutes les transactions secrètes de l’Occident, spécialement les drogues et les télécommunications. En cela, le Liban est comparable à Israël, même si l’autoproclamé « État juif » s’est spécialisé, lui, dans les transactions occultes de diamants et d’armes (incluant les logiciels). Dans les deux cas, les profits des dirigeants ne bénéficient pas à la population.

 

 

Le soutien apporté par la France à Najib Mikati vise à empêcher le Liban de devenir une véritable nation et non plus un agrégat de communautés. Paris fera donc tout son possible pour que le prochain Parlement soit élu selon les règles iniques qui ont prévalues jusqu’à aujourd’hui. Le Liban est le seul pays au monde où la majorité des parlementaires le sont de père en fils. Pour s’assurer qu’une règle démocratique ne soit pas adoptée, la France entend déployer ses troupes et sécuriser les bureaux de vote lors des élections de mai 2022. Niant l’origine des problèmes, elle privilégie les réformes économiques sur les réformes politiques.

Le président Macron a reçu le Premier ministre libanais Najib Mikati, le 24 septembre. À peine nommé, ce dernier s’est précipité à l’Élysée, brisant la sacro-sainte règle selon laquelle un nouveau Premier ministre libanais ne doit pas se rendre dans l’ancienne puissance coloniale sans avoir au préalable rencontré ses principaux homologues arabes.

Ce n’est qu’une fois le paysage politique stabilisé que l’on pourra commencer à exploiter les hydrocarbures en Israël, au Liban et en Syrie. Il faut en effet délimiter les frontières maritimes qui avaient été vaguement dessinées par les accords Sykes-Picot, mais jamais fixées précisément.

Thierry Meyssan

 

En lien, sur E&R :

Biden-Poutine, un Yalta II plutôt qu’un nouveau Berlin

Les États-Unis, vaincus à plate couture en Syrie, se sont rendus à Genève accepter les conditions du vainqueur, la Russie. Le sommet du 16 juin 2021 devrait mettre un terme aux hostilités à la condition que l’administration Biden tienne ses troupes. Les Européens de l’ouest devront payer l’addition. La Chine se voit confirmée dans sa position de partenaire de la Russie. La Troisième Guerre mondiale, (...)

Pourquoi un Yalta II ?

Les États-Unis ne sont pas l’hyperpuissance qu’ils rêvaient d’être. Ils ont enduré une terrible défaite militaire en Syrie avec une centaine d’États alliés. Même si ces derniers continuent à se bercer d’illusion, le moment des comptes est venu. Pour survivre, Washington n’a pas d’autre choix que de s’allier avec un de ses adversaires. La Russie ou la Chine ?, telle est la question. Lors d’une réunion (...)

Le Moyen-Orient se réorganise

Les États du Moyen-Orient, divisés non par eux-mêmes, mais par les puissances qui ont colonisé la région, se réorganisent selon leur propre logique. Bien sûr ces nouvelles alliances sont encore fragiles, mais les Occidentaux vont devoir faire avec. Ce qui rend difficile de comprendre le Moyen-Orient, c’est qu’il est composé d’une multitude d’acteurs ayant des logiques différentes et qui, selon les (...)
22 commentaires
Alerter

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

  • Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
  • Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
  • Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Suivre les commentaires sur cet article
Le 28 septembre 2021 à 19:07 par kolibri
#2817211

Va falloir remettre les points sur les i concernant la vision occidental de Thierry Meyssan quand il parle de la Turquie en Syrie, son argument favori étant l’islamiste, le terrorisme et d’autre isme, facile pour endormir la masse.

Le 28 septembre 2021 à 23:29 par uzfr
#2817348

Une question me taraude depuis un moment et je la pose : Pourquoi ER continue de relayer Thierry Meyssan ? Je veux bien croire qu’il est sur une ligne souverainiste mais depuis un moment (qui commence à faire long) il avance des arguments qui pourraient être contredits par n’importe qui qui connait un minimum le Proche-Orient. Pour la bonne compréhension des Français et comme le rappelle le contributeur R, Thierry a tout faux sur la Turquie comme sur le Liban :
- La Turquie n’a aucune intention de rester en Syrie. Pour ceux qui comprennent l’Anglais, l’interview d’Erdogan sur CBS est très explicite sur l’orientation de sa politique étrangère, il a notamment déclaré "les Américains doivent quitter l’Irak et la Syrie comme ils ont quitté l’Afghanistan pour la suretè de la région". S’il "reste" dans l’OTAN c’est pour y être un caillou dans la chaussure de l’empire et éviter plus de sanctions de la part de ses partenaires et, pour rappel, Poutine aussi avait demandé à Clinton pour rentrer à l’OTAN, c’est ce dernier qui avait refusé. La Turquie est en Syrie pour empêcher la création d’un Nouvel Israël qui, à terme, scellerait sa disparition (voir la carte du "Grand Israël" sur la pièce de 10 Arogot et sur la quatrième de couverture du "Plan Oded Yinon"...).
- Pour ce qui en est maintenant du Liban, le pays était moins soumis quand il était un "mandat Français", la destruction du port de Beyrouth a ruiné le pays et des "agents extérieurs" travaillent pour saper la réconciliation confessionnelle de Nasrallah et d’Aoun. On est malheureusement dans une situation qui n’appelle pas à l’enthousiasme bien au contraire. La citation de Porfirio Diaz qui disait : "Poor Mexico so far from god so close to the US" s’applique au Liban, vous remplacez juste "Mexico" par "Liban" et "US" par "Israël". Bonne soirée la France et amitiès à ER.

Le 29 septembre 2021 à 11:39 par Choc à pic
#2817520

@uzfr Ce que tu dis n’est pas cohérent concernant la Turquie. Tu dis qu’elle ne veut pas rester, puis ensuite qu’elle veut y pour empêcher Israël de s’y implanter. Donc elle va y rester ou pas ? Israël ne va pas se calmer demain. Dans la déclaration d’Erdogan que tu as citée, il ne dit pas du tout que la Turquie doit partir mais au contraire que les USA oui. Et qu’est-ce qu’ils vont faire une fois que les Américains ne seront plus là pour les faire chier avec les Kurdes ? Donc d’après tes sources il semble que la Turquie a bien l’intention de rester et y établir son influence. C’est d’ailleurs une ancienne région ottomane et La Turquie a toujours la nostalgie de son empire.

Le 29 septembre 2021 à 20:03 par Yasin
#2817814

Choc à pic Faut mettre des guillemets concernant les kurdes car si vous connaissez le sujet au minimum, partant du principe de la contradiction flagrante du rôle du Pkk et Pyd pour les occidentaux notamment les Usa et de la France. Le président de la République de Turquie défend les kurdes, et je n’ai pas honte de le dire. Certaines milices kurdes sont armés jusqu’à l’os qui dominent toute opposition intérieure kurdes et toutes ces armes sont tournés non pas vers Israël mais bien évidement contre la Turquie et favoriser la division dans cette région déjà explosive. Les attentats, faire porté le chapeau de la défaite occidental en Syrie, le coup d’état, les hordes de milices sur armés à ses frontières, la pression financière pour l’achat des anti missile Russe, les réfugiés, d’ailleurs c’est bien drôle d’attaquer Erdogan sur les droits de l’homme. C’est bien orienté contre les intérêts turques. La Turquie devrait faire comme l’Algérie, fermer ses frontières au moindre pétard mouillé qui pète faire l’autruche en étant au milieu d’un carrefours et d’une région ultra hostile, l’influence de la Turquie doit grandir davantage en Syrie, et au Liban. Concernant les infleunces, j’entends pas critiquer les influences iraniennes toléré sur le Liban ou celle de Bachar.

Le 30 septembre 2021 à 12:44 par paramesh
#2818160

l’influence de la Turquie doit grandir davantage en Syrie, et au Liban.

pourquoi pas, mais alors il faudrait qu’Erdogan se réconcilie avec Bachar, alors qu’il le combat depuis des années. influence ne veut pas dire ingérence ou occupation. (je crois que tu fais un rêve pieux sur les intentions d’Erdogan, il veut simplement récupérer du territoire.

Le 30 septembre 2021 à 17:28 par Yasin
#2818344

Doit on forcément ce réconcilier avec Bachar ? Vous savez Bachar n’est pas la Syrie, vis faire ça avec Erdogan concernant la Turquie. Sachant qu’on ne parle plus de Bachar sans mentionner les directives et le contrôle Russe de Poutine sur la Syrie. Bachar à libéré son pays en échange d’une ingérence Russe, question nationalisme et souvrainisme çà se discute. Maintenant Bachar doit lever le petit doigt pour uriner et s’il n’a pas un hochement de la tête positif de Poutine il n’a pas d’autre option. Bien sûr, Poutine et Erdogan vont partager la Syrie, c’est à celui qui tirera le plus fort la couverture. Pas plus tard que 100 ans cette région à connu les accords de skyes picot une partition exclusivement franco britannique, ce qui permet d’ailleurs à Macron de faire le Coq en venant au Liban donner ses directives par la suite. Influence et ingérence, tout comme la défense des tartars de Crimee ou bien les Chypriotes turques voir même les turkmenes Erdogan doit défendre les intérêts Turque. Car si vous admirez la reprise de la Crimee par la Russie, de même que Chypre version Grecque, sans l’intervention Turque elle serait devenue une île grecque de plus, c’est bien un combo influence+ingérence, vous ne devez donc pas être selective et à géométrie variable.

Le 30 septembre 2021 à 19:05 par uzfr
#2818408

@ Paramesh, ma réponse à Chocapic n’a pas passée la modération, j’espère que celle-ci sera publiée. Erdogan a déjà admis à plusieurs reprises que des échanges avaient lieu à un stade juste en dessous du "sommet de l’état". Comprendre de cela qu’il ne manque plus qu’un dialogue direct Assad - Erdogan. Pour vous expliquer sur pourquoi il n’a pas lieu, je vais vous répondre en reprenant la formule du "billard à trois bandes" chère au Président. Ce qui vous échappe c’est que les Américains ont repositionné leur arsenal militaire présent en Turquie vers la Roumanie et la Thrace Occidentale en Grèce à seulement 40 kilomètres de la frontière Turque. Je ne vous apprends rien si je vous dis que ces gens ne sont pas des philanthropes et que chaque centime est utilisée pour un but bien précis. Si le repositionnement en mer noire en Roumanie peut, en tirant par les cheveux, se justifier par un rééquilibrage face à la Russie, celui en Grèce n’appelle aucune interrogation. C’est une menace très claire à la Turquie pour ne pas aller trop loin dans une politique indépendante et dans sa collaboration avec la Russie et, in fine, avec l’Iran et le principal intéressé : la Syrie. Bachar Al Assad, de son côté, a acté cette "entente" avec la Turquie en déclarant les "milices Kurdes" YPG / PYD / FDS comme des ennemis de la nation. Pour finir, je vais me faire l’avocat du Diable et partir du principe que vous avez raison, qu’Erdogan n’a aucune vision géopolitique et qu’il est entré en Syrie pour y rester, cela revient à :
- Accepter que 4 millions de Syriens ne retourneront jamais dans leur pays et en sachant qu’ils ne se dilueront pas avec les autochtones sans parler du coût financier et du chaos social
- Mettre fin à toutes les collaborations stratégiques avec la Russie qui est le 2ème partenaire économique de la Turquie derrière l’Allemagne (Turkstream, centrale nucléaire, tourisme, contrôle du Caucase, S-400...)
- Etre lâché également (officiellement) par ses "alliés" car, là encore ça ne vous ai probablement pas relayé mais Erdogan a déclaré à plusieurs reprises que "quand vous avez des amis comme les USA, vous n’avez pas besoin d’ennemis". Pour finir, quand je me lis, je me dis que la prose comme le contenu dévoile que c’est quelqu’un qui parle de ce qu’il sait et pas de ce qu’il croit savoir. Je m’attarde sur ER car j’admire le travail d’Alain Soral mais, pour info, la géopolitique, c’est mon domaine. Espérant avoir été plus clair, je vous salue

Le 28 septembre 2021 à 19:11 par lecteur Soralien
#2817214

dire qu’au moment où tout ceci se met en place on a .. Macron comme président.. et peut-être pour 5 autres années. envie de chialer putain.

Le 28 septembre 2021 à 21:53 par Un ploemeurois
#2817313

Trop de guerres, de morts, de destruction ... Si il va être possible de passer de l’Irak au Liban en passant par la Syrie, sans trop de risque de se faire enlever, couper la tête, ou se prendre une balle perdue, Macron ou pas tant mieux. Que le Proche-Orient redevienne ce qu’il a toujours été un pays riche, de cultures, de peuples, d’échanges. Et si les palestiniens reviennent librement dans leur pays : yalla !

Evidemment un De Gaulle nous manque, un retour de la France, avec un grand F.

Merci à Trump, qui malgré la pression qu’il a mis sur l’Iran, n’a jamais mis de l’huile sur le feu.

Le 28 septembre 2021 à 20:16 par Tommy
#2817258

Merci M. Meyssan pour ce tableau global et détaillé du futur de la région. Outre le soutien à l’idée d’un Liban fragmenté et à certains milliardaires politiciens, pourriez-vous svp nous expliquer le rôle qui restera à la France, qui semble complétement hors jeu dans la région. De quels leviers dispose la France et qu’essaye t elle de faire dans la région ? Merci

Le 28 septembre 2021 à 22:33 par Farida
#2817338

Bonsoir, la france ne sert que les intérêts des US malheureusement, une autre politique avec un autre président qui je l’espère servira les intérêts de la France .... en attendant y a du boulots à faire en interne ... un nettoyage de cette clique gouvernementale.... merci monsieur Meyssan pour ce diagnostic des enjeux en orient !..

Le 28 septembre 2021 à 21:01 par Louis
#2817278

La paix en Syrie c’est la paix des décombres, et la paix au Liban c’est la paix des pénuries .

Le 29 septembre 2021 à 07:13 par Yjack
#2817414

Oui maintenant que c’est la grosse dech la paix tu m’étonnes, quoi d’autre sinon ? Un petit coup de pub gratuit pour "le camp du bien". Maintenant qu’ils ont tout détruit et tout pris, la PAIX !

Le 28 septembre 2021 à 21:30 par R
#2817298

Le Liban est en voie d’effondrement ! Tout le moyen orient est en ruines ! Les élites de ces pays là se sont barrées depuis longtemps. De quoi parle t il ?

Le 29 septembre 2021 à 00:08 par nanouchette
#2817354

je ne sais pas trop quoi penser de cet article de T. Meyssan... Je ne vois pas les US se retirer de Syrie sans avoir certaines garanties sur le Pétrole (doit utiliser le dollar) , sur la Chine (ne doit pas investir en Syrie), sur la reconstruction (doit sauvegarder intérêts us) , sur Israël (reconnaissance) , ...Le seul truc qui pourrait les faire partir unilatéralement et sans condition, c’est si les US projette ds les 5/10 ans une guerre contre la Chine et dans ce cas pour ne pas avoir plusieurs fronts en même temps doit régler ses pb aux moyens orients...

Le 30 septembre 2021 à 09:39 par Commandant Monastorio
#2818070

La production pétrolière syrienne avant la guerre (mars 2012) était de 400 000 barils/an, oui par an ! Autant que la production... thaïlandaise ! De plus, de mémoire, les prévisions quant aux réserves ne sont pas extraordinaires, loin sans faut. Le pétrole n’est qu’une équation dans le problème syrien mais certainement pas la raison principale, du moins à mon sens.

Le 29 septembre 2021 à 09:42 par Snayche
#2817469

Bon... Si tout ça est vrai... C’est qu’on en a précieusement fini avec la possible guerre mondiale militaire nucléaire de la fin des temps et que les hommes de pouvoir ont enfin intelligemment abandonné cette idée folle et le grand Israël. Reste la guerre mondiale économique et donc politique : Forum économique de Davos contre Organisation de Coopération de Shangaï !

Le 29 septembre 2021 à 16:58 par Epina39
#2817669

Article très intéressant. Mais vous postulez qu’Israël serait perdant dans l’affaire. Ce n’est pas envisageable, vous le savez bien.

Le 30 septembre 2021 à 05:59 par victorinix
#2817983

c’est une vision presque idyllique de la géopolitique mondiale ; sans doute quelques petites vérités qui dissimulent d’autres desseins plus ou moins obscurs

Le 30 septembre 2021 à 16:22 par nicolasjaisson
#2818295

Il s’agit plus d’une litanie de voeux pieux, en forme de conte de fées, que d’une réalité. Tant qu’il n’y aura pas d’accords de paix entre les envahisseurs turcs, américains et israéliens avec le gouvernement légitime de la Syrie, un retour à la normale est à exclure dans une région où perdure la guerre indirecte entre Israël et l’Iran. Les Israéliens sont les grands absents des négociations de paix et sans eux le conflit ne peut être apaisé, surtout lorsque le Golan a été annexé par l’Etat hébreu avec le soutien actif des Etats-Unis. A un moment où Israël déclare vouloir prendre les choses en main devant l’échec des négociations sur le dossier nucléaire entre la communauté internationale et l’Iran, une reculade en Syrie semble à exclure. La Turquie comme toujours adopte une position ambigue, afin de profiter au maximum des appuis militaires et financiers des deux côtés des protagonistes en Syrie. Les Russes apportent un soutien actif au complexe militaro-industriel turc, qui est toujours visé par les sanctions américaines, ,notamment dans la production de navires de guerre de nouvelle génération ainsi que de chasseurs furtifs à la suite de l’exclusion de la Turquie du programme F-35. Les S-400 sont naturellement les grands favoris des négociations commerciales entre la Turquie et la Russie, alors que l’économie turque complètement exsangue a dramatiquement besoin de trouver des nouveaux débouchés dans le tourisme et l’agro-alimentaire. Bizarrement l’appui actif de la Turquie à son allié ukrainien ne semble pas beaucoup contrarier Moscou, même si Erdogan n’a jamais caché son intention de recouvrer tout ou partie des territoires perdus par l’empire ottoman en Crimée et en Russie du sud à l’embouchure du Don. On est donc toujours en face d’un jeu de poker menteur entre oligarques du club illuminati qui se partagent les actifs économiques, au gré des négociations multilatérales, où les alliances ne sont jamais acquises. La guerre larvée éternelle arrange tout le monde. Les difficultés internes de la Chine ne sont pas propices à la reconstruction de la Syrie par les entreprises chinoises en mal de financement en dollars, qui leur permettaient de maintenir leur bilan à flot. Les banques chinoises vont-elles prendre le relais ? Rien n’est moins sûr, à l’heure où la finance chinoise peine à s’affirmer sur les marchés financiers internationaux. D’ailleurs les liquidités en yuans offshore n’arrivent toujours pas dans les coffres des banques libanaises ou syriennes.

Le 30 septembre 2021 à 17:52 par Meyssanique
#2818366

Dans un précédent article remontant à décembre 2020, Thierry Meyssan offre une vision sensiblement différente quant à l’avenir du Liban :

« En définitive, les vingt prochaines années devraient être consacrées au pillage du pays, notamment de ses hydrocarbures, tandis que les Libanais continueront à s’en prendre à des boucs-émissaires et à ignorer leurs véritables ennemis. D’ores et déjà, le port israélien d’Haïfa a partiellement remplacé celui de Beyrouth. À terme, le pays lui-même devrait être divisé et la partie au sud du fleuve Litani rattachée à Israël. »

Le 1er octobre 2021 à 16:35 par anonyme
#2818919

Vers la paix en syrie ? Pour l’heure , c’est plutot vers une guerre ouverte entre les turcs et syriens que se dirige la syrie et qui peut dire si les turcs et les russes ne vont pas se combattre directement ? . La grande offensive de l’AAS pour liberer idleb a commencé et la turquie ne cesse d’y depecher des troupes et du materiel de guerre pour y faire face .