« They Live »

ou "la pilule rouge" de la Science-Fiction américaine

Publié le : vendredi 31 août 2012
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Article initialement publié dans l'atelier E&R

« Je suis venu pour mâcher du chewing-gum et botter des culs. Le problème c’est que je n’ai plus de chewing-gum. »

C’est sur cette Punch-Line que le Héros d’ « Invasion Los Angeles » (en anglais "They Live") vient mettre le souk dans une grande banque de la métropole Californienne. Peu de temps avant il se « réveilla » à l’aide de lunettes qui permettent de voir son monde tel qu’il est et non tel que ses maîtres voudraient qu’il apparaisse.

La Science-Fiction a toujours été un moyen dans l’Art du XXe siècle pour leurs auteurs de déguiser les excès du présent en les conjuguant au Futur (« 1984 » en est un fort bon exemple mais aussi toute l’œuvre de Philip K. Dick), de critiquer le sacro-saint progrès sans passer pour un réactionnaire, une manière d’entrisme de la subversion, vendue comme émerveillement futuriste ou danger prochain, ce qui doit être plus évident à Hollywood lorsqu’on promène un script aussi séditieux que celui de « They Live » de le vendre à des financiers, où seuls le nombre de chiffres aux entrées commandent leur weltanschauung (et leur poste au sein des studios).

La Science-Fiction XXe siècle, différerait de celle du XIXe car découplée du Positivisme à la Auguste Comte (qui voyait se réaliser que de belles choses pour l’homme grâce à la science, Jules Verne en fut d’ailleurs la plus connue des plumes œuvrant dans cet esprit), du fait des conséquences du progrès technologique sur les hommes (deux guerres mondiales épouvantables, la bombe A). Plus amer des découvertes faites par l’Homme, l’auteur de Science-fiction du XXe siècle sera quant à lui plus méfiant que son avatar du siècle précédent.

En effet sous le prétexte d’une domination d’une communauté d’extraterrestres, imposant un ordre au service de la consommation et de l’argent, où tout dans cet environnement vous incite à se plier à cet ordre (notamment par la détention de la télévision qui leur permet de tromper les gens à l’aide d’un signal invisible), ces extraterrestres passent pour des humains « de souche », alors qu’ils sont nos maîtres et nos prédateurs.

Un homme arrive dans la ville de Los Angeles (il est forcé à la nomadisation due à cette économie de Marché que nous connaissons bien...) et découvre une pauvreté grandissante, un État policier qui use de la force contre ses dissidents, avec parmi eux des religieux qui tentent de pirater le signal transmis à la télévision afin d’ouvrir les yeux des gens sur leur condition d’esclaves modernes.

Cet Homme (l’ex catcheur Roddy Piper) s’appelle d’ailleurs John Nada, ce qui signifie « Rien » en espagnol, Carpenter signifiant là le désintéressement total des Élites sur le sort de l’Homme (elles qui se servent des « droits  » de ce dernier pour aller faire une guerre de rapine bancaire). Ce John Nada, n’est qu’une unité de production effaçable à volonté sur les graphiques de la « World Company » et c’est ainsi que lui conçoit sa périssable existence, en survivant comme il peut, vaquant de chantiers en chantiers, car John Nada est un manuel, issu de la classe ouvrière (cela a évidemment son importance dans le récit).

Le jour où notre héros trouve une paire de lunettes laissée dans les cartons de la dissidence, il voit le monde tel qu’il est vraiment et pas comme on le lui a déguisé (chez nous en France, un exemplaire de « Comprendre l’Empire » d’Alain Soral suffit au même travail de décryptage). Voir avec deux yeux plutôt qu’un, dirait Sheikh Imran Hosein.

La pilule rouge vient d’être prise et John Nada prend conscience de la réalité de son monde.

De cette belle idée qu’une simple paire de lunettes vous fait changer de point de vue (c’est plus efficace qu’un long dialogue, une image valant Mille Mots au Cinéma), John Carpenter en fait un argument esthétique et subversif au sein de son médium : tout le film « They Live » est en couleur mais lorsque John Nada met ses lunettes, un beau Noir et Blanc contrasté -et non pas un "Gris" pour bien saisir la nuance stylistique - vient attester de l’authenticité de cette réalité dévoilée (il faut rappeler que le Noir et Blanc fut l’apanage de toute l’école du Cinéma-Vérité, de Jean Rouch ainsi que des Naturalistes jusqu’à Aoyama Shinji, la couleur étant pour cette école artistique qu’un effet spécial).

Dans cette redécouverte de son monde, John Nada décrypte tout le système de soumission auquel ces « extraterrestres » qui conduit à condamner son monde. Le Dollar qu’il tient ne porte plus le portrait de George Washington mais l’inscription « Ceci est ton Dieu ». Les publicités ne montrent plus leur quincaillerie habituelle pour vendre (femme nue, objets chers et inutiles…) mais de grandes typographies dignes de la propagande la plus colossale énonçant « mariez-vous et procréez », « consomme », « obéis », « pas de pensée indépendante » et sur les couvertures de la presse on peut lire dorénavant : « regarde la TV », « achète », « pas de pensée », « pas d’idées », « coopère », « reste endormi », « soumets- toi », « ne mets pas en doute l’autorité ».

Si encore cet effet spécial que sont ces lunettes ne lui montrait que le sens caché des images du monde consumériste, John Nada rentrerait chez lui en se disant qu’il en avait toujours eu l’intuition, mais ce qui va réellement faire basculer sa position, c’est lorsqu’il croise un type, visiblement cadre supérieur et d’apparence humaine, mais qui se révèle d’une extrême laideur, comme si on lui avait arraché les muscles et la peau de son visage. John Nada vient de faire une rencontre du 3e Type : l’homme qu’il vient de croiser n’en a que l’apparence, c’est en réalité un extra-terrestre. Et ils ont le visage de l’horreur et de la mort (comme un cadavre humain déjà bien décomposé, un figurant dans l’apocalypse de St Jean...).

Déboussolé par cet évènement, Nada erre dans les rues, croisant quelques-uns de ces spécimens, toujours en train de valider ou de déclamer l’idéologie dominante du pouvoir marchand auprès de leur entourage. À la télévision, un de ces Aliens prétend même redonner espoir à la politique de « son » pays, son discours n’étant pas très loin du slogan de la dernière présidentielle française : « le changement c’est maintenant » (sic).

Bien entendu, ces extra-terrestres s’avèrent riches (on est dans le plein des années fric à la Reagan à l’époque ou le film fut tourné) et se révèlent appartenir à une « communauté » (le mot est prononcé sans détours) venue sur Terre pour s’accaparer les richesses de notre planète, capable de s’échapper quand ils le peuvent - grâce à la téléportation - et de nous dominer grâce à la télévision qui envoie un signal qui brouille leur présence face aux autres être humains. On a là une métaphore brute et directe de l’hyper classe nomade et prédatrice, leurs possessions dans les médias et un certain goût pour dominer.

John Nada va s’évertuer à convaincre son ami (Keith David) qui résistera à cette « théorie du complot » dans une scène de bagarre de près de 10 minutes. Il rencontrera par la suite une journaliste de télévision qui l’aidera à s’infiltrer au sein de la Chaîne.

Carpenter fut ce que l’on appelle un « Petit Maître » : c’est un cinéaste qui eut une longueur d’avance sur la société (ses films ont influencé toute la génération des cinéastes de Genre des années 2000) un type ancré dans ses baskets de middle-class, qui fut considéré à Hollywood comme un fumiste (dixit ses propres mots) alors qu’en France on le considère comme un auteur. Le regard acéré, son style fluide et direct et sa narration souvent structurée sur celle des Westerns, genre qui l’influença énormément durant sa jeunesse (son fétichisme du format Cinémascope l’atteste), le film « They Live » fut pourtant incompris à sa sortie : doté d’un budget de Série B, joué par des acteurs peu connus du grand public (de sympathiques catcheurs qui donnent ce qu’ils peuvent, et notamment une scène de bagarre interminable et inutile), Carpenter n’a pas eu les meilleures cartes pour jouer sa partition. La suite de sa carrière n’a guère retrouvé l’éclat des années 70-80 : un petit lovecraftien "L’Antre de la Folie", un remake d’un classique fantastiques des années 50 dispensable ("Le Village des Damnés"), un "Vampires" anecdotique, puis un decrescendo symétrique à celui de son comparse italien Dario Argento, autant en production (2 films en 10 ans, une participation TV....) qu’artistiquement, le tout accompagné de problèmes de santé.

Mais le double langage tenu dans ce film apparemment inoffensif, dynamite de loin beaucoup de « fictions engagées » que notre État finance, par sa finesse d’analyse que le film révèle sur ces années où la doctrine économique de Milton Friedman fut appliquée à la lettre : paupérisation du monde ouvrier, religions opprimées, hyper-classe nomade et prédatrice, télévision véhicule de propagande au service d’un absolutisme bancaire, culte de l’Argent et soumission à la « communauté »… la liste est longue de ce que Carpenter glisse au sein de son récit et qui tient encore la route aujourd’hui (le temps est un critère majeur pour juger de la pérennité d’une œuvre et de son importance).

Il est de moins en moins étonnant que depuis les années 50-60, beaucoup d’artistes s’emploient à nous crier que nous vivons dans un monde virtuel au vu de la Marche de l’Histoire. De L’œuvre de K. Dick au succès de « Matrix » en passant par l’avant-garde européenne (« Le Monde sur le Fil » de Fassbinder, « la Jetée » de Chris Marker) et la Japanimation (« Paprika » de Satoshi Kon dont Christopher Nolan a été bien inspiré pour son « Inception » mais aussi le film « Avalon » de Mamoru Oshii) le cinéma et la littérature de science-fiction ont, parmi les nombreux thèmes à disposition dans ce genre, remporté le plus de succès (Vox Populi, Vox Dei ?) lorsqu’ils traitent de Réalité Virtuelle, bien évidemment quand ils sont créés par des gens de talent, les artistes entrant alors en résonnance avec le Zeitgeist du public et de l’époque, capables d’intuition sur les fils invisibles de l’existence et leur donnant une forme, une réalisation artistique, dont la finesse se révèle avec le temps.

Carpenter est de ceux-ci, il n’est pas un poseur ou un cinéaste engagé qui recherche les honneurs (comme Hitchcock et Kubrick il n’a jamais remporté d’Oscar) : c’est un contrebandier et un marginal au sein de cette Babylone qu’est Hollywood, un type qui exprime en films ce dont nous avions secrètement l’intuition. Pas un Untermensch de la Culture, toujours prompt à flatter l’idéologie dominante en feignant la pose rebelle mais un espiègle conteur, à la fois populaire et audacieux. Un type bien en somme.

Ouvrage cité dans cet article et disponible sur Kontre Kulture :


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Le 31 août 2012 à 15:28 par ben
#213068

Vous avez oublié le ghost of mars et the ward les deux derniers très bons film de John Carpenter. Du film durant lequel le moment de cinéma reprend son sens.

Le 31 août 2012 à 16:51 par Simone Choule
#213108

J’ai volontairement omis de mettre ces films, car ils ne relèvent pas de la première importance au sein de son oeuvre même si ce sont de sympathiques films de série B. "Ghost of Mars" est regardable, bien qu’il lui manque l’éclat des "New York 97" et "Assaut" mais "The Ward" est, en plus de développer une énième fois l’intrigue tant rebattue autour de la schizophrénie dans le cinéma américain (Psycho", "Fight Club", "Un homme d’exception", "Shutter Island", "Identity"...), à la ramasse derrière la vague de films développant la figure du "fantôme aux cheveux longs", emblème du cinéma d’épouvante asiatique depuis "The Ring" d’Hideo Nakata, mais figure dépossédée de tout intérêt dans le dernier Carpenter (avant il initiait les modes, là il se pose en suiveur indigne de son talent, bien que la scène de torture dans la sous-sol de l’Asile nous réveille sur ce qu’il fut). Scénario déjà-vu, scènes poussives, le film n’est hélas ni innovant, ni singulier.

Le 31 août 2012 à 15:40 par Français
#213072

En tant que fan de science-fiction, je suis heureux de voir une analyse de "They Live" sur ER, film infiniment subversif. Je vous trouve un peu dur avec les acteurs, je les avais bien aimés. Et la longueur de la bagarre, je l’interpretai personnellement comme la difficulté de la lutte pour faire prendre conscience à l’autre de l’omniprésence de la manipulation. Je me trompe peut-être ceci dit. En tout cas merci pour cet article très agréable.

Je suis aussi d’accord sur la subversion que peut représenter la science fiction. Je lis en ce moment "Ravage" de Barjavel, ce film est sans concession sur le progrès. Également intéresssant, "La Planète des Singes" de Pierre Boulle qui est différent du film, avec une morale elle aussi différente et qui vaut le détour.

Enfin aux fans de SF/horreur, je conseille "The Thing" du même Carpenter qui est en vente sur Kontre Kulture. Ce n’est pas (à ma connaissance) un film à message comme "They Live" mais il est incroyablement divertissant surtout si comme moi vous préférez les effets spéciaux d’avant le "Computer Generated", du type "stop motion".

Le 31 août 2012 à 16:59 par Simone Choule
#213116

Tu peux interpréter la bagarre comme tu le souhaites (sur le thème "la douleur que c’est de sortir de la "grotte de Platon" notamment) mais elle fut tournée comme cela car sur le contrat il fallait mettre en valeur les aptitudes des catcheurs. Je ne pars pas dans de grandes exégèses fumeuses sans avoir remis les conditions pour faire un film, recontextualisé dans l’époque et de l’Histoire du cinéma, et prenant en compte le hasard et les accidents intervenant au cours de sa fabrication et leur utilité au sein de l’intrigue. Sinon on pourrait faire des pages et des pages et je reste réaliste avec la stricte fabrication d’un film (je travaille sur les tournages donc je sais de quoi je parle et souvent ces exégèses sont inutilement amphigouriques par rapport à la réalité). Cette scène est embarrassante car tuant le rythme du film, mais aussi par rapport aux standards des bonnes bagarres du cinéma américain, elle a tout de même bien mal vieilli.

Le 31 août 2012 à 17:06 par cinéphile
#213122

D’ailleurs, tant qu’on y est, j’aimerais bien savoir pourquoi le film "The Thing" est en vente sur Kontre Kulture. Qu’est-ce que ce film a de subversif ?

Le 31 août 2012 à 19:46 par matrix le gaulois
#213207

Oui, j’allais en faire la remarque, je n’ai pas compris en quoi The Thing est si politique qu’il puisse être mis en vente sur KontreKulture ? Mis à part le fait qu’il distille un message sur l’individualisme forcé poussé par l’absence de confiance dans les autres, qui sont de moins en moins autres et de plus en plus choses, de simples formes biologiques sans âmes qui ne conservent leur apparente humanité que jusqu’à ce que le monstre attaque, ce film, très bon au demeurant (très Lovecraftien au sens où la chose se rapproche de "l’indicible" cher à l’auteur de Providence) n’a néanmoins pas le potentiel politique d’un They Live (Invasion Los Angeles) qui justifierait sa présence.

Enfin bon, d’un autre côté, ça doit aussi faire partie de la "provocation" : le fait de trouver à côté de livres politiques, des films dans lesquels on ne soupçonnerait la présence d’un message politique.

Enfin, du moment qu’on ne le confond pas avec le dernier The Thing, franchement moins riche et bien moins effrayant que le premier (merci les images de synthèses).

Ceci dit, si le nouveau the thing affiche les lubbies de notre époque :
- féminisme & américanisme (le héros est une héroïne, une américaine, émancipée et ayant des initiatives que n’ont pas les hommes (norvégiens) qui sont soit des demi-tapettes aux cheveux longs, soit des pilotes d’hélico porté sur la boisson, soit des scientifiques inconscients du mal (mal = mâle) qu’ils libèrent...la seule autre femme étant une contaminée qui (il me semble) confesse avant sa transformation le fait qu’elle ait eu une relation sexuelle avec un homme que l’on suspecte par la suite d’être contaminé (Bref : le sexe (hétéros) c’est mal !))
- antinationalisme (au moment où l’on sépare les sains des potentiellement contaminés : on met ces discriminés symboliquement sous un drapeau Norvégien (nation = nationalisme = nazisme = discrimination...tout le monde sait ça !)).

Il y a néanmoins certains détails (mais alors des détails, hein !) assez subversifs : le seul homme en qui l’héroïne ait confiance et qui n’est jamais infecté c’est un gros Norvégien viril nommé Lars, pieux, car croyant que la chose qu’ils affrontent, n’est pas un alien mais en réalité le diable.

Virilité & religion, clef de la survie ?

Le 31 août 2012 à 22:51 par Français
#213293

Au temps pour moi. Merci de la précision.

Le 1er septembre 2012 à 07:03 par Louis
#213372

@cinéphile

Je pense que l’intérêt de "The Thing", présent sur Kontre-Kulture, est tout simplement la connaissance de ce qu’a pu faire de mieux le cinéma de genre populaire dans les années 80 avec des films cultes comme The Fly de Cronenberg ou Eraserhead de Lynch (A noter aussi l’excellent The Warriors de Walter Hill) . Sans être spécialement subversif sur des thèmes d’actualité, je pense qu’il est nécessaire d’élargir aussi sa culture aux arts, même les plus improbables voire les moins estimés.

Sinon, en soi, ce film peut permettre de faire une sorte de comparaison puisque toute oeuvre d’art, valable ou non, est le témoin d’une époque, on peut donc comparer différents éléments comme les acteurs par exemple : avant on avait Kurt Russel et maintenant Orlando Bloom... Féminisation ?

Les années 80 ont été le fleuron du cinéma Reagan - ex-président du syndicat des acteurs d’Hollywood, ce qui n’est pas rien - et qui pour faire de la bonne propagande anti-est avait financé un tas de films chauvins et réacs dans lesquels nous avons pu -pour ceux qui était nés- voir la montée en force (et en muscles) de gars comme Schwarzy, Stallone, Lundgren, Doudikoff ou même Cameron Mitchell, interprétant souvent de gentils américains faisant face avec courage et testostérone (les valeurs de cowboys en somme) à la menace soviétique... Le meilleur à ce niveau là restant bien sûr, attention roulement de tambour, Chuck Norris dans Portés Disparus 3 et Invasion USA... A noter que dans ce dernier, pour ceux que ça intéresse, il se promène dans sa jeep avec son bazooka pour Karchériser tout envahisseur, cubain ou russe, qui croiserait sa route dans une des villes malfamés de Floride... Pour en revenir à ce que je disais, il est intéressant de voir qu’avec le recul, certains produits, pourtant anodin et n’ayant pas forcément une grande valeur intellectuelle, reste comme des témoins et vestiges d’une époque où déjà Israel avait un soutien inconditionnel lors de son invasion du Liban et où on nous vendait déjà que nos démocraties libres faisaient face à des menaces totalitaires... Ahhh les années 80...

Et comme dit Soral : "Terminator 2, ça dit plus de choses que les films de Catherine Breillat", Tout est dit.

Le 31 août 2012 à 15:44 par derf
#213073

Invasion Los Angeles est un bon film, je vous conseille : assaut (Assault on Precinct 13), toujours de John Carpenter.

Le 31 août 2012 à 15:53 par Un autre
#213078

Oui je me souvient de ce film qu’un ami m’avait proposé de regarder , un classique de l’époque pour mieux comprendre la societer , assez délirant en somme , Qui étonne , (sans vouloir gacher , voir tout c’est humain collabo avec c’est extra-terrestre (les nomades) m’avait choquer mais avec le recul , je me dit que la nature humaine peut faire beaucoup de lâche

Bonne analyse , ER devrait faire plus d’article sur des analyse de film comme cela , ou d’oeuvre littéraire dans ce genre

Le 31 août 2012 à 15:57 par wakeup
#213080

Très heureuse qu’ER rende enfin hommage à Carpenter ! J’utilise "They Live" comme les lunettes dont il est question dans le livre, je le montre aux gens dans l’espoir qu’ils se réveillent... Et si parfois hélas, il ne saisissent pas toute la subtilité du message de Carpenter (alors qu’ils trouvent des pseudo doubles-sens tortueux dans des bouses de blockbusters.... où je range Inception), j’aurai au moins essayé. L’ennui avec le système actuel c’est qu’il trouve même le moyen de transgéniser la cornée, de sorte qu’on soit non seulement aveugles pour bon nombre de choses, mais qu’on prenne leurs chimères pour des réalités... Bref, c’est un sacré baromètre ce "They Live" ! Du même réalisateur, je conseille "The thing".

Le 31 août 2012 à 15:57 par xx001
#213082

"They live" ou "Invasion Los Angeles", excellent film, très subversif avec plusieurs niveaux de lecture.

Bonne analyse au passage.

Le 31 août 2012 à 16:09 par Louis
#213092

C’est étonnant, la première fois que j’ai regardé une vidéo de Soral sur le sionnisme, l’hégémonie du grand capital, etc... ça m’a fait pensé à ce film ! Perso je suis un fan de Carpenter et c’est dommage de constater que c’est un de ses moins vus et des plus sous-estimé... comme ses meilleurs films d’ailleurs qui sont celui ci, l’antre de la folie, et New York 97.

Merci pour l’article.

Le 31 août 2012 à 16:20 par Ne0
#213096

Je profite de cet excellent article pour citer deux autres géants de la SF : Van Vogt et Simak

Le 31 août 2012 à 16:23 par Teddy
#213097

Bonne analyse ! Film Culte ! Carpenter est un Maître !

Le 31 août 2012 à 16:23 par Stéphane
#213099

"que le sens caché des images du monde consumériste" : ha, tu veux parler d’un monde qui défend les consommateurs ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Consum%C3%A9risme

Le 31 août 2012 à 16:43 par ledissident
#213102

Très bon article. Pour moi, le chef-d’oeuvre ultime de Carpenter reste "The Thing". Film saisissant.

Le 31 août 2012 à 21:40 par quoi
#213260

oui et a la fin de : "the thing" il ne reste que deux personnages vivants, assis dehors dans la nuit dont un est contaminé (Keith David) et pas l’autre (k.Russell), et ce dernier croyant être débarrassé de la chose, se relâche. c’est ce que j’aime chez Carpenter, en plus des différents niveaux de lectures socio-politiques de ces films il fait confiance aux spectateurs en les laissant trouver seuls sans tout mâcher comme on voit dans pleins de films d’aujourd’hui.

Le 2 septembre 2012 à 05:30 par Popopodi
#213693

Mon favori également. D’ailleurs X.Files, LA série des années 90 ne s’y est pas trompée et en a fait un immense hommage (plagiat ?) dans un super épisode.

Le 3 septembre 2012 à 00:32 par matrix le gaulois
#214078

@ popopodi

Ha ! Toi aussi t’as regardé la rediff’ sur NRJ12 ?

Le 3 septembre 2012 à 20:05 par Popopodi
#214495

@Matrix Ah ah non, j’étais même pas au courant, c’est juste l’un de mes episodes favoris de toute la série grâce à "The Thing" précisément !

Le 31 août 2012 à 17:18 par Snake Pliskin
#213132

Est-ce moi ou vous oubliez un de ses meilleurs film selon moi : Escape from Los Angeles, (et avant ça Escape New York) et son anti-héro Snake qui inspirera plus tard meme Hideo Kojima dans Metal Gear ?

Très bon film selon moi, mélange de critique de la société, science-fiction futuriste et mine de rien un peu de bonne vieille action américaine à la con, mais qui divertit quand meme..

Le 1er septembre 2012 à 10:14 par They suck young blood
#213403

D’ailleurs à la fin de Los Angeles 2013, le personnage principal (Snake Plissken, joué par Kurt Russel), envoyé au casse-pipe par les dirigeants politiques, résume bien les changements politiques de notre époque : "Plus les choses changent, et plus elles restent les mêmes" !

Le 31 août 2012 à 17:28 par Le Chaton
#213135

Parler à un gauchiste de ce film, et il vous expliquera que les Aliens sont la metaphore des bourgeois capitalistes !!! Alors que parmis les Aliens, il y’a de simples policiers et que parmis l’Elite se trouve des humains... Regardez la VOSTFR plutot que la version française.

PS Le Manga One Piece malgrés ses apparences comiques aborde de "drôles" de sujet http://www.youtube.com/watch?v=oulbmhnx-Nk

Le 31 août 2012 à 23:08 par matrix le gaulois
#213300

Ceci dit, dans (le pas si mauvais, si on le prend au second degré) 300 de Zack Snyder, quand Xerxès dit qu’il fera tout pour que l’on oublie Sparte et ses habitants, qu’il en fera démolir les ruines et qu’il fera crever les yeux et arracher la langue des historiens qui auront le malheurs d’évoquer le souvenir de Sparte...on voit tout de suite le principe qui sous-tend la loi Gayssot-Fabius.

Le 31 août 2012 à 19:04 par CATONE
#213184

Merci de parler de ce film du grand John Carpenter. Quand je l’ai vu au tout début des années 90 j’ ai adoré, j’avais l’impression avec l’ un de mes meilleurs potes que nous étions les seuls à le connaitre et à l’ avoir adoré. Déjà, je suis un fan de serie B car sans pseudo stars bidons et sans signal à tout bout de champ pour nous dire quand rire ou pleurer, ou comment penser pendant le film, puis aussi sans salaires indécents pour des tocards d’acteurs stars de mes fesses. Roddy Piper est parfait en ouvrier insoumis, solide comme le roc, courageux et juste. John Carpenter ? Pour moi un très grand et un vrai mec.

Le 31 août 2012 à 19:16 par marion
#213193

Bon article, pour ce film hautement subversif...

Pas d’accord toutefois avec cette analyse : « de sympathiques catcheurs qui donnent ce qu’ils peuvent, et notamment une scène de bagarre interminable et inutile »

Bien au contraire, cette scène a toute sa place, car elle symbolise la très grande difficulté qu’on ceux qui sont "éveillés" à ouvrir les yeux de ceux qui ne le sont pas, tant abreuvés qu’ils sont de propagande...

Quant à la journaliste qui aide notre héros à s’introduire dans la base de ceux qui ont l’air humains, elle n’est rien d’autre qu’une crypto, une traîtresse...

Carpenter a vraiment fait très fort, avec ce film-là. Tout ce qui est pourri dans nos sociétés depuis plusieurs décennies y est dévoilé. Et bien sûr, pour faire passer un message aussi subversif, il fallait que ce film ait l’air de rien, comme une série B par exemple - Je pense que c’était la seule solution pour lui, et il a fameusement bien réussi ! Jolie quenelle pour Hollywood !

Le 1er septembre 2012 à 01:34 par 1983
#213334

EXACT ! La bagarre ’interminable’ symbolise le fait que les gens NE VEULENT PAS VOIR la vérité ! "Ils ont des yeux mais ils ne voient pas" Ils sont prêts a se battre pour défendre le système ... Ce que disait d’ailleurs Morpheus dans The Matrix. C’est un film de base pour "s’éveiller" !

Le 1er septembre 2012 à 11:46 par NSX
#213426

"Bien au contraire, cette scène a toute sa place, car elle symbolise la très grande difficulté qu’on ceux qui sont "éveillés" à ouvrir les yeux de ceux qui ne le sont pas, tant abreuvés qu’ils sont de propagande..."

Totalement d’accord. Pour moi, cette scène de baston est mythique et a une grande importance dans le film car elle montre à quel point le plus grand nombre veut garder les yeux fermés et comment il est facile de faire s’entretuer des prolos du bas de l’échelle sociale qui n’ont pourtant rien à gagner à se battre l’un contre l’autre, dans le cas présent, des ouvriers du bâtiment en situation corde raide et qui vont à la soupe populaire à midi. Est-ce qu’on a bien compris le film quand on prétend que cette scène était "inutile" ? Cet aveuglement qui fait justement la force des vilains E.T écorchés. Autre scène du même genre si je me souviens bien avec les SDF qui reçoivent le signal pirate sur leur TV pour les avertir du danger avant que ces derniers ne changent de chaîne car ça leur fait "mal à la tête". Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, la VO sous titrée est chaudement recommandée car le film à été mal doublé en français.

Le 31 août 2012 à 19:19 par Invasion of Roubaix
#213194

Ah ! La grande époque des vidéos-clubs avant Internet, et les soirées K7 et magnétoscope entre potes :)

A cette époque effectivement, les films de science-fiction avaient de la profondeur. Celui-là de Carpenter aurait pu faire un bel épisode de Twilight Zone.

Dans un style différent mais toujours dans l’idée de "réalité déguisée" il y a le Truman Show qui a marqué son époque sur les dérives de la télé-réalité.

En tout cas, beau papier plaisant à lire !

Le 31 août 2012 à 19:58 par dav95
#213217

Le "vidéodrome" de Cronnenberg valait également son pesant de Pillule rouge.

Malheureusement il y a de fortes chances que le fabuleux "They Live" soit un jour remaké et au passage complètement vidé de sa substance pour devenir une infâme bouse clipesque façon Michael Bay...

Le 31 août 2012 à 20:03 par Guy
#213222

Carpenter, Fulci, Romero et Russ Meyer, plus quelques Dirty Harry et Death Wish, m’ont fait me procurer le matos pour les regarder. Mais je n’avais jamais lu un article aussi pertinent ! Je ne vais plus acheter Mad Movies si vous publiez cette qualité... Plus généralement, je me demande jusqu’où va aller le fossé creusé ? Carpenter est un old timer, toutes les valeurs que ceci implique. The Texas Chainsaw Massacre, Henry, Portrait of a Serial Killer, si ces films sortaient aujourd’hui, quel impact ? C’est du vraiment bon vin, quoi qu’il en soit ! Santé ! Je vois à nouveau le Carpenter...

Le 1er septembre 2012 à 16:08 par CATONE
#213489

"Carpenter, Fulci, Romero et Russ Meyer"... Un homme qui aime ces réalisateurs là ne peut pas être complètement mauvais * ;-)]=[

Bon film...

Le 31 août 2012 à 20:09 par Le_minimum_pour_aurillac
#213226

Enfin ce génie qu’est carpenter est ré-évoqué ici (après pasolini, bon c’est un autre registre) à voir los angeles 2013 dans lequel la pseudo gauche révolutionnaire est dénoncée (avec le perso inspiré du che) sinon tous ses films sont étonnants même les plus oubliés (assault, dark star et même le petit film sur elvis presley évidemment moins politique)

Le 31 août 2012 à 20:18 par MG 42
#213230

les aliens s’appellent entre eux "la communauté de l’alliance"

difficile de faire plus clair non ?

Le 31 août 2012 à 20:29 par MG 42
#213237

en france un des premiers a avoir fait le décryptage politiquement incorrect de ce film est henri de fersan.



le réalisateur s’est défendu d’avoir voulu faire un film a message mais le washington post et le new york times ne s’y sont pas trompés et ont publié des mauvaises critiques....

...étonnant non ?

Le 31 août 2012 à 22:01 par PoulyDorr
#213272

Treeeeeeeeeees bon film, visionnaire ! Carpenter le Pariah de Hollywood, et on comprend pourquoi. Pour moi ce n’est pas son meilleur film. Mais certainement celui dont le message est le plus essentiel ! Merci pour cet article, merci de rappeler que ce film existe et en espérant que certain qui ne le connaissent pas irons faire l’effort de le voir.

Le 31 août 2012 à 22:05 par mathieu
#213276

N’oublions pas l’ultime quenelle SF digne des zeures les plus sombres "Starship troopers" de ce bon vieux Verhoeven ; qui était tout comme son "Robocop" une puissante satire déguisée en film d’action (...et ça dépotait un max !)

Le 2 septembre 2012 à 02:05 par Belenos
#213661

Oui !!! Excellent film anti système !

Le 31 août 2012 à 22:36 par mouloud
#213288

juste pour rajouter à la filmographie : "l’armée des douze singes" (remake de la jetée : OK) avec la scène de l’asile, Brad pitt en fou, pointant du doigt la télé : "tout est là, Jim" puis "il faut consommer...si tu ne consommes pas, tu es un fou"

http://www.youtube.com/watch?v=7H6wLvEDsFk

à 2mn40s

ou en anglish : http://www.youtube.com/watch?v=XyPTkNc2--U&feature=results_main

il rajoute aussi une idée peu relayée (dans ce que j’écoute et lis) : que "tout est automatisée" et que l’on n’a pas besoin que tout le monde travaille grâce aux machines,et que, là j’extrapole, il faut créer de la misère artificiellement et surtout occuper les gens. Occuper les gens pour éviter qu’ils s’ennuient. une vidéo d’EetR faisait de l’ennui, la source de la création, de l’imagination et du développement intellectuel : merci pour cette idée.

Le 31 août 2012 à 23:34 par robert lester
#213311

The Thing de Carpenter est un remake de the thing from another world de Christian Nyby de 1951. S’il est subversif ? Oui je le pense. En 1951 la terreur était bien entendue l’invasion " extra terrestre" rouge qui menaçait d’infester l’Amérique bien pensante. Dans le remake de Carpenter, le héros (Kurt Russel) est un anti-conformiste qui se heurte aux décisions de autres membres de l’équipe, tous scientifiques, rationnels et dénués de valeurs que possède le héros : virilité - courage - audace - vivacité et le plus important sens du sacrifice pour ces valeurs. Pour They Live Je devine un clin d’oeil de Carpenter au roman de JP Manchette - NADA - nom utilisé pour désigner un groupe d’anarchistes et repris par la sphère des "sans dieux ni maîtres." Vous pourriez faire un article sur le film qu’en a tirer Chabrol en 1974.

Merci pour tous ces bons papiers sur des films parfois oubliés et peu connus des plus jeunes.

Le 1er septembre 2012 à 10:49 par Tyler Durden
#213412

Simone Choule, à quand une analyse de "Matrix" et de "Fight Club" ? Et effectivement, un retour sur "New York 1997" et "Los Angeles 2013" serait indispensable. En tout cas, très content de voir que la chapelle Mad Movies et Egalité et Réconciliation se rejoignent parfois !

Le 2 septembre 2012 à 13:38 par Simone Choule
#213829

Merci pour ces suggestions. Je prépare quelques papiers donc faut pas hésiter à lancer des sujets : je m’intéresse essentiellement aux films sur la ligne E&R. "They Live", pour sa lecture de l’économie et des classes sociales m’apparrassait prioritaire par rapport à "New York 97" et sa suite/remake "Los Angeles 2013" bien qu’ils aient une posture très "doigt d’honneur" aussi. Carpenter dans ses entretiens avec Jean Baptiste Thoret ("les fantômes de John Carpenter") avoue avoir déjà vu le diable, un peu gêné d’en parler...tout comme Baudelaire dans l’introduction de "Comprendre l’Empire" d’ailleurs.

Le 1er septembre 2012 à 12:06 par Artemis*
#213431

Il y’ a aussi dans le genre visionnaire, l’ excellent " ROLERBALL" sorti en 1975 de Norman Jewison. Pour ne citer que celui là.

Le 1er septembre 2012 à 13:54 par Doudou
#213450

L’auteur de cet article analyse très justement les grandes lignes du film. Naturellement, on pourrait discuter de ses avis sur la scène de catch, mais je suis assez d’accord avec lui. Carpenter aurait largement pu la raccourcir, elle traîne vraiment en longueur. Par contre, je crois qu’il faut le rappeler, la journaliste (cette profession n’est décidemment pas épargné dans le film) finit par trahir les résistants vers la fin du film après les avoir rejoints. Elle n’était alors ni initiée, comme le sont certains collabos humains , ni un des aliens. Elle décide, en profitant de sa profession privilégiée de se faire volontairement la complice de l’hyper-classe. Quelqu’un a un plus belle exemple de journaliste "pute" ?

Le 3 septembre 2012 à 17:20 par Max
#214385

La journaliste dans The Mask ! :D

Le 3 septembre 2012 à 21:15 par Simone Choule
#214563

Le Journaliste dans "Die Hard" !

Le 1er septembre 2012 à 15:08 par genevieve
#213471

L’auteur de cet article a un style tellement labyrinthique et encombré que j’ai décroché après deux paragraphes. Un repoussoir stylisque.

Le 2 septembre 2012 à 07:45 par Ne0
#213705

Effectivement, un petit abus de parenthèses :)

(Ce qui n’enlève en rien la pertinence de l’article)

Le 2 septembre 2012 à 13:44 par Simone Choule
#213832

Je tacherai d’élaguer ma syntaxe à l’avenir. Merci pour ces remarques.

Le 1er septembre 2012 à 15:12 par André
#213475

Ni virtuel, ni réel

Jamais personne ne nous imposé quoi que ce soit : de même que la censure n’a pas besoin de s’exercer lorsque l’auto-censure y pourvoit, de même, la société ne peut pas créer de besoin en l’humain.

Et puis quel serait le ’’vrai monde’’ ? Le monde d’avant ?

Mais qu’avait-il de plus naturel ?

Le naturalisme est une théorie, rien de plus.

La vérité s’incarne, mais l’incarnation n’est jamais l’égale de son originale et doit sans cesse se transformer pour exister.

Le 2 septembre 2012 à 13:51 par Simone Choule
#213836

Nous sommes néanmoins tributaire d’une économie virtuelle (fabrication du dollar à la FED, axiomisation des données numériques bancaires), assujettis à des politiques qui obéissent à ce cadre-là (donc découplées des intérêts du peuple réels), priant des faux Dieux (argent, égoïsme, consommation, réussite...) donc indéniablement si beaucoup d’artistes oeuvrant dans la science fiction autour du thème de la virtualité, cette position là n’est pas complètement gratuite et infondée. En tout cas le succès de ce genre de films (nous vivons dans un rêve - Inception, Paprika, Brazil, ou bien dans une Matrice - Matrix, Johnny Mnemonic, Existenz...) marche grâce à l’intuition fondée du spectateur.

Le 3 septembre 2012 à 17:17 par André
#214382

Bonjour Simone Choule :

Nous sommes néanmoins tributaire d’une économie virtuelle (fabrication du dollar à la FED, axiomisation des données numériques bancaires), assujettis à des politiques qui obéissent à ce cadre-là (donc découplées des intérêts du peuple réels), priant des faux Dieux (argent, égoïsme, consommation, réussite...)

=> Tous les systèmes trouvent leurs idiots utiles. La soumission est un mode de vie pour certains. L’auto-censure avant la censure ?

donc indéniablement si beaucoup d’artistes oeuvrant dans la science fiction autour du thème de la virtualité, cette position là n’est pas complètement gratuite et infondée.

=> Le cinéma n’est pas une oeuvre spontanée ni désintéressé, ou alors nous avons changé de planète ?

En tout cas le succès de ce genre de films (nous vivons dans un rêve - Inception, Paprika, Brazil, ou bien dans une Matrice - Matrix, Johnny Mnemonic, Existenz...) marche grâce à l’intuition fondée du spectateur.

=> La loi de la majorité n’est pas une science exacte, on le voit à chaque élection...

Cordialement.

André

Le 3 septembre 2012 à 20:32 par Simone Choule
#214519

Ni virtuel, ni réel

Vous déniez le film qui parle précisément de réalité dite "virtuelle" : quand le personnage met les lunettes et quand il les enlève, ce n’est pas la même perception de réalité. Donc admettez que le sujet est bien cela car c’est de cela dont parle le film (en guise de prisme science-ficitonnesque, deux réalités se superposent c’est son postulat). Après vous pouvez le nier mais ce n’est pas mon sujet de faire des pages et des pages pour vous convaincre de ce qui est objectivement visible dans le film.

Tous les systèmes trouvent leurs idiots utiles. La soumission est un mode de vie pour certains

Je ne jugerai pas aussi rapidement le déplacement de plusieurs millions de personnes pour voir les films traitant de ces sujets (c’est déjà un phénomène sociologique). Tout d’abord le talent fait la différence (il y a "The Cell" et il y a "Le Monde sur le fil" de Fassbinder"....) qui attire plus ou moins, mais l’inconscient collectif y est branché, légitimement au vu des "systèmes virtuels" dans lesquels nous sommes enferrés (monnaie, faux idéaux...). Je dis simplement que l’Art reflète de son temps (à tort ou à raison, c’est un fait) et que ce sujet, en divertissant certes (son but commercial), ne manque pas de "parler" à toute une génération, car les bons artistes sont des "consolateurs" de nos âmes (Si vous n’êtes pas d’accord réécoutez donc Mozart...)

La loi de la majorité n’est pas une science exacte, on le voit à chaque élection...

Je ne met pas sur le meme plan la réalisation des désirs politiques par le gouvernement représentatif et l’envie d’aller voir un bon film (suivi d’un restaurant ou d’une sortie, dans le but de se "libérer l’esprit"). Encore une fois vous niez ce qui est (l’afflux de gens pour ce genre de film) pour nier les thèses sur une certaine part de virtualité, que nos esprits perçoivent par intuition. Et l’Art est une réalisation de nos intuitions (Durkeim, Kant disent cela mieux que moi). Et l’exploitation cynique et mercantile à Hollywood d’un tel sujet n’exclue par la pertinence de ce dit sujet.

Vraiment désolé monsieur l’agent d’avoir fait un papier sur un sujet qui ne vous plaît pas mais je n’y suis pour rien si vous êtes fâché avec les artistes et le cinéma.

Le 3 septembre 2012 à 23:26 par André
#214692

Re-Bonjour.

Je ne critique pas votre article ni le film. Ni vos goûts ni vos couleurs. Et je ne suis encore fâché contre personne.

La réalité virtuelle n’existe pas plus que la réalité ’’réelle’’ ou ’’naturelle’’.

Qui fixe les limites de l’une ou de l’autre ? Ce qui était virtuel à un moment donné est enfin réalisé à un autre (cf. Jules Verne et les voyages spatiaux)

L’écologie politique prétend à la décroissance et l’existence prochaine à la lueur de la bougie : il y a autant d’idéologie et de dogmes dans le réalisme que dans le virtualisme.

Chaque époque ou chaque génération définie ce qui est réel et ce qui est virtuel pour elle, par opposition ou retour au passé.

Il n’y a, à ce sujet, aucune certitude.

Peut être avez vous passé vos vacances à la mer, et moi à la maison. Vos vacances sont toutes aussi virtuelles pour moi que réelles pour vous.

On peut ainsi, à l’infini, superposer une réalité virtuelle à une réalité ’’réelle’’. Il y en a autant que de cerveaux pour concevoir.

Cordialement.

André

Le 1er septembre 2012 à 15:25 par claude
#213478

La bagarre de 10 minutes c’est pour montrer à quel point c’est dur de faire ouvrir les yeux à quelqu’un...

Le 1er septembre 2012 à 15:32 par anonyme
#213480

dans le meme genre,un film qu’on a un peu oublié mais au contenu interressant"the running man"avec shwarzi-la-gonflette:les usa sont divisés en 10 zones para-militaires,la tv exige des prisonniers pour un jeu sadique,propagande etc...il y a meme jesse ventura(ancien gouverneur aux usa) qui y tiens un petit role...allez le voir,vous l’avez peut-etre trouvé ringard mais aujourd’hui le scenario est pertinent...

Le 2 septembre 2012 à 11:57 par mh
#213792

Sur le même thème "Le Prix du Danger" de Yves Boisset, sortie en 1983, était quasi-prophétique. Michel Piccoli y est au top de l’infecte dans son rôle de Nikos Aliagas. Ce film ne repasse jamais sur le petit écran...comme c’est étrange...

Le 1er septembre 2012 à 17:37 par anonyme
#213514

si vous arrivez à comprendre l’anglais parlé (US de surcroît ! la totale !) on peut ici voir ioou télécharger la film dans son entier (profitez-en avant qu’on ne le censure) http://www.youtube.com/watch?v=lu7JAkvVUyk&feature=related même si vous ne comprenez pas les paroles les images sont déjà très parlantes ! et ça révèle la face réelle des USA dès le début en fait ! (voir le bidonville)

Le 1er septembre 2012 à 20:54 par Yog Sothoth
#213562

Il faut mentionner aussi "l’Antre de la folie" (1994), un des seuls films évoquant l’univers de H.P. Lovecraft, réussit qui plus est. Lovecraft, qui n’est pas a proprement parlé un écrivain, il n’a jamais publié de son vivant, est considéré comme le plus grand auteur américain de science-fiction, avec Poe. Il a crée toute une mythologie au fil des nouvelles qu’il a écrit, peuplées de créatures surnaturelles quasiment indestructibles, de sectes vouant des cultes atroces à des déités extraterrestres manipulant les humains sans que ceux-ci ne s’en rendent compte, de cités oubliés et de livres occultes (le Necronomicon en particulier). Ses héros n’en sont pas : ils meurent dans des circonstances horribles ou sombrent corps et âmes dans la folie en découvrant l’indicible réalité... Dans sa mythologie, le dieu qui revient le plus souvent dans ses écrits est Cthulhu (prononcer Ktooloo), une titanesque créature humanoïde à la tête de pieuvre venue des étoiles il y a des centaines de millions d’années pour dominer cette planète et qui s’est retrouvé coincé dans sa cité de R’lyeh, après que celle-ci fut engloutie au fond de l’océan pacifique. Depuis il attend le jour où les astres seront favorables et referont surgir des flots sa cité pour à nouveau dominer le monde, dans un sommeil éternel où ses rêves lui servent à inféoder ses adeptes : "N’est pas mort ce qui à jamais dort, et au long des ères peut mourir même la mort".

Lovecraft est un écrivain très étrange qui vaut le détour pour les amateurs du genre, sa vie en elle-même est particulièrement intéressante dans le registre des "infréquentables".

Le 2 septembre 2012 à 09:12 par Ne0
#213721

"Lovecraft, qui n’est pas a proprement parlé un écrivain, il n’a jamais publié de son vivant, est considéré comme le plus grand auteur américain de science-fiction, avec Poe."

Si je peux me permettre, Lovecraft et Poe n’écrivent pas de la SF, mais des récits fantastiques

Le 2 septembre 2012 à 13:40 par Simone Choule
#213830

"L’antre de la folie" est cité dans cet article mais je n’allais pas faire une analyse de toute l’oeuvre de Carpenter ! Lovecraft était en effet un anti-moderne et résolument contre l’idée de "Progrès".

Le 1er septembre 2012 à 21:47 par Moilamain
#213582

Magnifique ! C’est un de mes films préférés.

En VF ça donne : Dans la banque, fusil à la main : "Et j’étais venu ici pour bouffer du bubble-gum et en buter quelques uns... et comme j’ai plus de bubble-gum... !" à deux personnes qui discutent : "Quand j’enlève ces lunettes noires, elle a l’air normal, mais dès que je les remet, je me trouve devant une bonne femme ayant le citron trempé dans le formol" à un extra-terrestre qui fait ses courses déguisé en vieille : "On vous a déjà dit que vous aviez une tête de vieux fromage blanc datant des années 50 ?"

et encore et encore un chef-d’œuvre du cinéma bis !

Le 1er septembre 2012 à 21:54 par machin
#213583

La bagarre du film n’est pas inutile : elle montre que pour convaincre quelqu’un d’incrédule, le combat peut être long et fastidieux. Le film ne fait que prévenir les téléspectateurs.

Le 5 septembre 2012 à 00:23 par pandanlagl
#215384

Je plussoie, parce que tellement vrai...

Le 2 septembre 2012 à 00:54 par Delkend
#213647

titre complet : They live we sleep Ce qui est la phrase inversée des illuminatis : Nous vivons pendant qu’ils dorment.

Le 2 septembre 2012 à 05:09 par clement
#213692

Merci pour cet article sur un film qui vaut son pesant de cacahuètes...

Tant qu’on y est, mais en plus froid il y a aussi THX1138 de Georges Lucas qui décrit un futur où les humains vivant sous terre sont de vulgaires cobayes, drogués pour se concentrer sur leur travail mécanique, mais ne pas penser - où l’amour est une perversion, où la délation est encouragée dans des cabines confessionnelles sous écoute où trône un portrait du Christ...

Policiers robots, expérimentation sur les prisonniers, télévision hologramme qui propose soit des scènes de violence soit érotique, prison mentale, etc... Il y a beaucoup à dire sur ce film.

La meilleure adaptation de 1984 à ma connaissance, loin du reste de sa carrière.

Il y a bien aussi Brazil de Gilliam qui est une version plus légère et plus délirante de ce même livre.

Le 2 septembre 2012 à 09:45 par mh
#213734

Exact. Sans doute le meilleur (ou le pire) film de contre-utopie !

Je me permets d’ajouter à la liste "Soleil Vert" de Fleischer. Je ne crois pas l’avoir vu passer dans les commentaires précédents.

Le 2 septembre 2012 à 10:54 par Corso
#213768

Inspiré du film “They Live”, le clip ci-dessous reprend le principe des “lunettes avec filtre” et tout y passe... 11-Septembre, vaccins, FED, guerres, chemtrails... avec quelques quenelles à certaines “élites”. Vraiment bien fichu. http://www.youtube.com/watch?v=joBsU_W6KGA

Le 14 janvier 2024 à 10:00 par Flowpom
#3307438

Video supprimée pour incitation à la haine ? Quel était donc son titre pous savoir qui se sentait visé ?

Le 2 septembre 2012 à 20:56 par paing
#213973

@ simone choule

Du même réalisateur, un article sur Assaut(1975) serait le bienvenu ; film moins connu en général mais plus qu’intéressant. Hormis la portée socio-politique du film et sans faire dans le macabre par plaisir évidement, la scène ou une petite fille de 10 ans qui vient pour commander une glace chez un marchand ambulant, se fait abattre sans aucune hésitation, froidement, de face et en pleine tête gratuitement et vraiment unique dans l’histoire du cinéma ; cette scène de cet acte nihiliste m’avait serré le coeur à l’époque ; j’ai jamais revu une scène pareil depuis, surtout aujourd’hui ou cela serait automatiquement censuré (ils n’aurait même pas l’idée de la faire). Salutations, et merci pour votre article.

Le 2 septembre 2012 à 22:24 par paing
#214006

désolé, correction concernant la date c’est 1976.

Le 3 septembre 2012 à 00:31 par Smog
#214077

John Carpenter est pour moi un des rares artisans (connus) du cinéma américain, un cinéaste humble et un honnête homme. Le contraire du « m’as-tu-vu » pour festivals friqués. C’est du moins comme çà que je le perçois.

Je voudrais souligner un aspect de son oeuvre qui me paraît tout aussi important que la subversion politique - et du reste non contradictoire : c’est l’exploration des effets du vide intérieur sur l’être humain : vide affectif, moral, culturel et spirituel.

Dès « Assaut », remake moderne et assumé du « Rio Bravo » de Howard Hawks, on est frappé par le nihilisme des assaillants du commissariat. Ce sont des combattants jusqu’au-boutistes, non par conviction intérieure, mais précisément par manque d’intériorité. D’une intelligence collective et froide, détachée de l’humain. La scène où l’un de ces zombies modernes tue une petite fille sans même la regarder vaut tout un discours de ce point de vue. A l’opposé, les résistants à cet assaut, flic ou prisonniers, sont porteurs de valeurs hautement respectables (solidarité, confiance, sens des responsabilités, respect de la parole donnée...).

Même vide intérieur chez les êtres insignifiants qui entourent l’Eglise dans « Le Prince des Ténèbres ». Le Malin, temporairement enfermé dans un étrange cylindre vert, aura tôt fait d’investir leur corps qui n’abrite en temps ordinaire qu’une âme chétive traversant sans réagir une existence banale.

Le tueur masqué d’« Halloween » me semble obéir à la même loi : la nature a horreur du vide, et le Mal apprécie tout particulièrement les humains "inanimés" au sens éthymologique du terme, devenant en quelque sorte "colocataire" de leur enveloppe physique.

Bref, je crois qu’à sa manière, plus ou moins consciemment, Carpenter a abordé - au moins dans ces trois films - la prééminence du Mal chez les êtres aculturés, sans racines, non structurés dans leur personnalité et leurs valeurs, sans vie spirituelle.

Pour finir, je possède le DVD d’« Assaut », et je dois dire ma tristesse de ne pas voir ce film bénéficier d’une remasterisation qui me paraît indispensable, tant l’image est abîmée. C’est mon film préféré ! Et puis, un long métrage dont le générique annonce un montage par « John T. Chance » (clin d’oeil de Carpenter au nom du personnage joué par John Wayne dans « Rio Bravo »), ce n’est tout-de-même pas banal !

Voilà, j’ai terminé ! Salut à tous !

Le 3 septembre 2012 à 07:10 par za3aff
#214177

"dark city" et "bienvenue a gattaca" sont des film intéressant si je peut me permettre :-)

Le 3 septembre 2012 à 21:52 par fabulous
#214602

dark city est trés bon pour ce qui est de reflexions diverses tels "le virtuel sous controle de l’occupant" entre autre...similaire sur le fond de "they live". film passé inaperçu (il me semble à l’époque) ,qui mérite quelques visionnages..

Le 3 septembre 2012 à 09:47 par paing
#214207

Solaris d’Andreï Tarkovski, sorti en 1972, inspiré du roman du même nom de Stanislas Lem. Une "version" ou en tout cas une réponse "russe" à 2001 l’odyssée de l’espace de Kubrick.

Le 3 septembre 2012 à 17:17 par Max
#214383

Yay,ca parle d’invasion Los angeles sur ER :D A quand un article sur les jeux vidéos alors ? Oui parcque tout les jeux vidéos ne sont pas des simulations de meurtres comme j’ai pu lire une fois ici, on a aussi le droit a une bonne représentation de notre époque, avec des call of duty et autre Battlefield ultra patriote et propagandesque a souhait,a l’inverse de chef d’oeuvres comme Mirror’s Edge et Bioshock qui sont très intelligent et ont différent niveaux de lecture =) Dans tout les cas je suis content de voir qu’on parle cinoche ici,ca détend un peu :P Bon nombre des films cités ici ont inspiré le monde vidéoludique par la suite (Snake de Metal gear,Duke Nukem :P Half Life aussi qui a des points communs niveau dystopie avec ce qui est cité ici ) Sinon pas grand chose a voir ,mais je conseille a tous le film District 9 ,qui se passe a Johannesburg en Afrique du Sud ,ville la plus criminelle au monde,et ou des aliens sont parkés comme de la merde et enfermé dans un camps de concentration géant :D Film très intelligent sur le pourvoir des fabricants d’armes =) Bonne soirée à tous :D

Le 10 septembre 2012 à 17:18 par PhilS
#218644

Pour parler des Jeux vidéos, je suis un adepte des FPS, j’ai une préférence pour Battlefield 3 en multijoueur, car effectivement la campagne est une pure propagande de l’OTAN. Sinon pour les détracteurs des jeux videos qui pensent que le virtuel n’apporte rien au réel, eh bien, n’ayant jamais pratiqué de jeu de tir en vrai style Paint Ball j’ai eu l’occasion récemment d’en faire et j’ai eu la bonne surprise de "retrouver" des réflexes, de positionnement, de stratégie, même de tir, j’ai littéralement explosé à moi tout seul l’équipe adverse !

Le 4 septembre 2012 à 10:37 par Gotfried
#214903

Bon film They Live. Mais parfois un peu long. L’idée est bonne, mais effectivement le budget n’était pas au rendez-vous (ou alors le temps imparti). Les extra-terrestres sont absolument immondes, et ce qui est intéressant c’est que ce ne sont pas simplement des riches, mais qu’ils envahissent toutes les professions où il y a un rôle de contrôle à jouer. Après la scène de l’épicerie, John flingue deux ET déguisés en flic (les deux premier morts du film) après qu’ils l’aient attaqué, alors qu’après la scène de la banque, où il a fait un carnage, un flic humain préfère lâcher son arme que perdre la vie.

Film avec un message d’une nature très différente, le remake de Night of the Living Dead de Savini, mais toujours du lourd au niveau psychologique et social. Hormis le fait que c’est un bon film d’action, il dépeint les humains sauvages, violents, idiots, au final bien plus redoutables que les zombies. La scène finale (et le générique) est un perle : la jeune fille, la seule qui ait vu claire dans toute l’histoire, et la seule survivante du groupe, "sauvée" par une bande de rednecks avinés et armés jusqu’aux dents, pose des yeux morts sur un monde nouveau qu’elle découvre au terme d’une sorte de parcours initiatique "à l’envers" : l’orgueil, la violence, l’égoïsme, l’individualisme latents ont pris possession de son monde, l’ont détruit, et ne lui rendent qu’un tas de cadavres en flamme et une lie d’humanité.

Elle même est passée de l’insouciance et de la normalité à l’impassibilité totale devant l’horreur, et se fait même meurtrière. Résonne silencieusement cette phrase de Jésus : "Laisse les morts enterrer leurs morts", mais il ne resterait pas un seul vivant, qu’une humanité morte et damnée, emportée par ses défauts et ses vices, grouillant sur une planète abandonnée de Dieu où tout espoir est perdu, et où les morts qui marchent côtoient les vivants sans vie, les uns grossière caricature des autres. Toute cette symbolique psychologique et spirituelle est complètement absente dans la version de Romero, que personnellement je trouve carrément pauvre en plus d’être chiante.

Le 5 septembre 2012 à 01:40 par zaizaizai
#215421

Deus ex Human révolution (jeu révélateur), le transhumanisme, biopuce, c’est ce qui nous attend dans les prochaines décennies, pour un contrôle total de la population !