Que sont les Pandemic bonds ?

Un énième jackpot financier

Publié le : samedi 4 avril 2020
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Source : E&R
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La Banque mondiale, en 2017, a inventé un nouveau produit particulièrement bien rémunéré : les pandemic bonds. Le projet était de proposer un produit financier de type assurantiel à des prêteurs qui, sauf survenue d’une pandémie, se voyaient très bien rémunérés en plus de récupérer leur mise de départ. Destinés à pouvoir couvrir les frais d’une épidémie généralisée, les pandemic bonds sont donc un placement philanthropique. Mais pour qui ?

 

En effet, parvenue à lever 320 millions de dollars, la Banque mondiale a su séduire de nombreux investisseurs privés dont Amundi (groupe Crédit Agricole), Baillie Gifford, Stone Ridge Asset Managmement et autres organismes étonnamment caritatifs*. Il faut dire que la proposition était alléchante : sur la tranche A de 225 millions de dollars, les investisseurs ne peuvent perdre que 16,67 % de leur capital. Autant dire moins que ce qu’ils auront gagné en profit depuis l’émission des pandemic bonds ! Certes la tranche B est davantage risquée, avec une perte totale du capital mais à 11 % l’an, tout de même.

« Les pays qui ont besoin d’aide ne sont pas ceux qui reçoivent les fonds. Ce sont les investisseurs de Wall Street qui en profitent »

Felix Stein, chercheur à l’université de Cambridge, à Associated Press

Car, les pandemic bonds ont été élaborés pour ne jamais s’activer. En effet, pour que le paiement soit déclenché, il faut au moins 250 morts dans le pays d’origine de l’épidémie, mais aussi 20 décès dans un deuxième pays. Ainsi, l’épidémie d’Ebola, toujours en cours en République Démocratique du Congo, ayant pourtant coûté la vie à plus de 2200 personnes, ne verra aucun fonds se débloquer en raison des critères restrictifs énumérés plus haut.

Pour la Banque mondiale, si l’on veut attirer les investisseurs dans le mécanisme, il est nécessaire d’adjoindre des critères restrictifs et des taux d’intérêt élevés. Mais lorsqu’on découvre que les pandemic bonds pourraient finalement permettre de débloquer 132,5 millions de dollars alors que 96 millions de dollars d’intérêt ont déjà été versés aux investisseurs, et alors que la même Banque mondiale a déjà engagé 14 milliards de dollars pour lutter contre la pandémie du SARS-CoV-2 et envisage un futur engagement de 160 milliards, on pouffe !

Une fois encore il s’agit donc de financiariser tout ce qui est possible, y compris la santé et la mort. L’argent passe ainsi du public au privé, pour le plus grand bénéfice des investisseurs, puis, la crise arrivée, c’est le public qui passera à la caisse. La fameuse et éternelle privatisation des bénéfices et socialisation des pertes. La crise du coronavirus aura peut-être permis d’ouvrir certains yeux encore fermés jusque-là.

   

*Négociées de gré à gré, les obligations de pandémie ne sont pas cotées en bourse, il est donc impossible de connaître leur valeur actuelle, tout comme on ne peut pas savoir qui sont précisément les investisseurs impliqués. Mais leur valeur s’est de toute évidence effondrée, avance Arturo Bris : « S’ils étaient cotés sur des marchés publics, ces “pandemic bonds” de la Banque mondiale vaudraient probablement 10 % de leur valeur. » Source : Le Temps

 

Bonds, banques et UE, sur E&R :

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Faits & Documents : l’émission est une émission d’ERFM, la radio en ligne et en continu d’Égalité & Réconciliation. Émission officielle de la revue Faits & Documents , lettre bimensuelle de 12 pages fondée par Emmanuel Ratier, qui traite essentiellement de l’actualité politique, économique et culturelle, française et internationale. Au sommaire de cet épisode dirigé par le rédacteur (...)

Jacques Sapir – L’économie de l’Union européenne à l’épreuve de l’épidémie

« Même à Bruxelles, bien des responsables n’y croient plus. »

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Le 4 avril 2020 à 10:59 par Fabre
#2426447

J’ai l’impression de lire Serge Ayoub.

Le 4 avril 2020 à 13:07 par France mortifiée
#2426543

Il a pris sa retraite, lui et sa bande blousons noirs.

Le 4 avril 2020 à 11:14 par Prosper Youplaboum
#2426456

Ce genre d’opérations est malheureusement un classique...spéculer et faire de l’argent à partir de n’importe quel événement humain (une défaite à Waterloo ou bien un Coronavirus) est un sport pour certains...A noter certains sénateurs américains sont rentrés dans une combine de délit d’initié avec cette épidémie : https://www.lefigaro.fr/international/etats-unis-des-senateurs-accuses-de-delit-d-initie-sur-fond-de-crise-du-coronavirus-20200320

Le 4 avril 2020 à 11:30 par thomas
#2426470

Oh la vache !

Les experts-médecins des conseils scientifiques chargés d’éclairer Emmanuel Macron pendant la crise du coronavirus ont touché 450.000 euros des firmes pharmaceutiques ces cinq dernières années. Faut-il s’inquiéter pour leur indépendance ?

Source : La revue républicaine Marianne.

Le 4 avril 2020 à 11:36 par lila bleu
#2426473

Le prélèvement à la source des impôts a été mis en place pour s’assurer de la pérennité de cette manne que sont les revenus des travailleurs au profit des parasites de la finance.

Le 5 avril 2020 à 08:24 par Pierre H
#2427259

Il semblerait que sur le moyen terme c est d avant tout de pouvoir racheter au plus bas les pm/pmi et les biens. Les travailleurs seront remplacés par des hordes d Afrique. Le "travailleur" n est qu une commodité á cour terme. Aprés il faudrait demander á Steve Mnuchin, mis en place par Trump. On pourrait demander aussi a Willbur Ross, un autre super pote de Trump qui le sorti de la merde quand Trump devait de l argent á 72 banques. Champion of the people, yes, which people though ?

Allez Er, il est temps de faire une vrai emission sur Black Rock

Le 4 avril 2020 à 13:39 par Jay
#2426570

Difficile à comprendre. Donc avec cette pandémie, les investisseurs, au 20 juillet ,vont perdre leur capital investi et la banque mondial sortira gagnante avec les états ?

Le 5 avril 2020 à 10:00 par Raynix
#2427308

C’est la question que je me pose également, pas tout compris..

Le 4 avril 2020 à 14:07 par dixi
#2426594

C’est là qu’on se rend compte de la supercherie et la relation ,entre les faillites bancaires et la pandémie .

Le 4 avril 2020 à 15:06 par Apriori
#2426660

Macron aurait donc espéré gagner gros en mettant en péril la population de façon intentionnelle ?

Bien que ce ne soit qu’une supposition, ça expliquerait pas mal la gestion de cette crise.

Avec si peu de mortalité, il doit avoir perdu gros. Même en tentant de se rabattre sur les ehpads pour faire un massacre à double emploi (retraites sauvées pour l’état et pandemic bonds)

A bien y réfléchir, dans l’immoralité du néo libéralisme, tout se tient l’un dans l’autre.

Le 4 avril 2020 à 19:14 par FromLuxembourg
#2426881

Au monopoly 2020 des multimilliardaires planétaires, pas ceux de Forbes ou de Fortune, les Jack Ma et Bezos, les autres, ceux que l’on ne voit jamais dans les top 50 et qui impriment aux quatre vents, il y a effectivement la case "Pandemic bonds".

Le 4 avril 2020 à 20:47 par Columbo
#2427013

Après Waterloo, les couvertures donnés aux Indiens, les sudistes américains et les esclaves, la privatisation de la FED, l’or d’Afrique du sud, la première guerre mondiale, la déclaration Balfour, la deuxième guerre mondiale, les accords de Bretton Woods , l’assassinat de JFK, la loi 1973, voilà les pandemics bonds. Définition de génie : Aptitude faisant qu’une personne est capable de créer des choses extraordinaires et nouvelles.

Le 4 avril 2020 à 21:24 par greg
#2427041

Ce monde crève de la peste financière et de la nocivité de la race des spéculateurs ; un fléau autrement plus destructeur que tous les virus .

Le 4 avril 2020 à 22:15 par SherlockHolmes
#2427082

[Obligation] L’investisseur prête un montant X à la Banque Mondiale pendant un certain temps contre des coupons (intérêt*X) versés à certaines échéances et l’investisseur récupère son montant X initial uniquement à la fin de la période, dans le cadre d’une obligation non amortie avec coupons.

Un taux d’intérêt élevé peut être justifié lorsque l’évènement de risque de crédit rattaché est probable.

Par contre, si le contrat est écrit de façon à ce que le risque de pandémie soit nul alors le taux devrait être simplement celui du risque de contrepartie (la Banque mondiale), c’est à dire extrêmement faible dans le cas d’une entité supranationale. C’est du vol.

L’arnaque réside donc dans le contrat (covenants), en ce sens qu’il est biaisé en faveur des investisseurs. Mais ça, c’est le fait des financiers de la Banque Mondiale. Ce sont eux les arnaqueurs. Les prêteurs (banques) ne font qu’en profiter. Il y a donc transfert d’argent des pays finançant la Banque Mondiale vers les banques de détail.

Le 5 avril 2020 à 01:02 par Louis
#2427169

En même temps... 300 millions d’euros a l’échelle de la planète c’est dérisoire. Pas de quoi fouetter un chat

Le 5 avril 2020 à 07:40 par Jean
#2427237

Coronavirus : A qui profite le crime ?

La banque Morgan Stanley pense que le fait que la crise actuelle est une crise économique, et non pas une crise financière, est quelque chose de bien.

Pourquoi ?

Parce que si on avait pas eu le coronavirus les marchés financiers auraient continué à évoluer sur les hauts de cycles comme c’était le cas il y a quelques mois donc une crise financière se serait produite.

Dans ce cas, la crise aurait été beaucoup plus grave pour les banques commerciales notamment.

Donc Morgan Stanley est heureux que la crise économique soit intervenue avant la crise financière qui s’annonçait depuis plusieurs années.

Le 6 avril 2020 à 10:17 par Arthur Baudelaine
#2428128

le "songe d’Attali"de Drahi : "dire qu’il y a 2 ans, j’aurais pu acheter une usine de masques en Bretagne pour une poignée de chiques, des masques coûtant 30 cents vendus 1,5 euro pièce en moyenne avec des besoins annuels de 2 milliards de pièces"....

Le 7 avril 2020 à 10:29 par Lyesso
#2429041

Le sujet ne dit pas qui sont ces pays donnateurs et envers qui la banque mondiale engage les 14 milliards puis les 160 milliards. L’usure est au centre de nos vies du quotidien.