Marine Le Pen est-elle de gauche ?

Dans l’une de ses premières publications relatives à ce qu’il appelait le « national-populisme » lepéniste, Pierre-André Taguieff notait, comme l’un des points caractéristiques du discours frontiste, le fait que celui-ci s’inspire « d’interprétations insoutenables de la souveraineté du peuple ».
Insoutenables au sens où elles pouvaient paraître démesurées, excessives, inappropriées, notamment au regard d’une théorie représentative issue de Montesquieu et de Sièyès. Une théorie selon laquelle le peuple ne saurait prendre part aux affaires publiques qu’à travers l’élection, en désignant des représentants qui feront en son nom ce qu’il est incapable de faire lui-même, gouverner directement.
Et en effet, ce que l’on constate, sur un plan institutionnel, c’est l’attachement, désormais systématiquement affiché, du parti de Marine Le Pen à une approche très radicale de la démocratie, qualifiée dans le projet de 2012 de « principe fondamental de la République française » et de « bien sacré. » Une position qui, quoi qu’on dise, semble le rapprocher de la tradition rousseauiste et jacobine – autrement dit, de courants habituellement classés tout à la gauche de l’échiquier politique.
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