Il n’y a pas pire poncif qu’un cliché, surtout s’il est antisémite, ou considéré comme tel. Mais quid d’un cliché revendiqué ou incarné tranquillement par les victimes du cliché elles-mêmes ? C’est là où l’on est aspiré dans un gouffre à mi-chemin entre la révélation divine et la mise en abîme, d’ailleurs même nous on s’y perd.
« Mon grand-père aurait été fier que ce soit quelqu’un comme vous qui les ait. »
Merci jeune homme pour ces belles pièces qui datent de Napoléon et qui appartenaient à votre grand-père. Un cadeau et des mots très touchants. pic.twitter.com/unDafeKKvw
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) November 19, 2025
L’or et les juifs, c’est carrément le plus vieux cliché du monde, et il colle à la peau de ceux qui, effectivement, historiquement, ont géré la monnaie, les monnaies, le change, jusqu’au métal qui entre dans la fabrication des pièces : or, argent et nickel. Ce rapport entre juifs et or – beaucoup de noms juifs intègrent le préfixe gold – a donc un fondement historique, il a traversé les âges alors que les temps ont changé. Les mines d’or ont été nationalisées, par exemple en Afrique du Sud ou en Russie. Cependant, la production n’est pas l’essentiel : ce qui compte, c’est le commerce de l’or, et sa gestion, par la haute banque puis par les banques centrales.
Longtemps, la Banque de France a été l’affaire d’un pool de banquiers, dont les Rothschild. La plupart des ennuis médiatiques de cette grande famille viennent de là (relire Drumont, mais avec moult avertissements), sa richesse aussi.
Cette vente s’est déroulée au moment même où le marché des devises était plus instable que jamais et alors que les cours de l’or s’envolaient. (Or et argent)
Récemment, ce lien juifs-or a été revitalisé par l’exhumation de la vente de 590 tonnes d’or par Sarkozy juste avant, et même pendant, la crise financière de 2008, alors que cette valeur refuge allait obligatoirement augmenter, un crève-cœur et une perte évitable de 10 milliards net pour le pays. Même le très mainstream Midi Libre s’étonne, et appelle cette opération une « mauvaise idée » (pas pour tout le monde) :
Entre 2004 et 2011, le prix moyen de l’once d’or explose : il est passé de 409,72 dollars à 1 384,21 dollars. D’ailleurs au même moment, les banques centrales européenne et les banques centrales des États de la zone euro, ainsi que la banque suisse et la suédoise Sveriges Riksbank décident de limiter leurs ventes d’or.
Le stock d’or de la Banque de France passe de 3 000 tonnes en 2004 à 2 445 tonnes fin juillet 2009. Si la France avait vendu ces 572 tonnes aujourd’hui, elle aurait touché deux fois plus d’argent, soit un montant supérieur à 18 milliards d’euros.
Alimuddin Usmani nous explique, à son humble niveau, cette explosion de valeur de manière sonnante et trébuchante.
Tout le monde joue avec les clichés, qui sont entrés dans la mémoire collective et le langage commun. Aujourd’hui, on en rigole. Il y a deux décennies, Ardisson revenait sur le sujet dans TLMP du 3 avril 2004, fidèle à sa langue fourchue, ou à sa double ligne. Il parle du film La Passion du Christ, de Mel Gibson.
« Y a une deuxième chose moi, que j’ai trouvée dans le film antisémite, ou anti-judaïque, disons… Et à ce moment-là Judas se met à ramasser par terre comme ça l’or, vous ne trouvez pas que c’est un cliché un peu antisémite ça ? […] Judas qui ramasse l’or par terre comme ça, c’est un gros cliché antisémite… Pourquoi Satan est toujours du côté des juifs ? […] Je pense que ce film reprend tout un tas de clichés antisémites. »
Et après on s’étonne que le lobby ait envoyé BHL pour le neutraliser !


et
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