Histoire du cinéma américain

1ère partie

Publié le : jeudi 18 juillet 2013
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La ruée de fripiers

Aux Etats-Unis, après quelques années d’incertitudes, de 1898 à 1904, le cinéma attira d’intrépides rastaquouères issus des marchés aux puces et des bidonvilles, qui sentaient l’aubaine et l’aventure. Ils improvisèrent des salles dans des foires et kermesses, clouant des planches à la hâte, investissant peu et gagnant beaucoup. L’ambiance était rocambolesque ! On projetait tout et n’importe quoi (essentiellement des copies françaises) devant un public populaire ébahi. Des marchands de fourrures tel que M. Loew, A. Zukor, des fripiers comme W. Fox, empochaient des bénéfices prometteurs. En deux ans, une fois les salles acquises, nos marchands d’habits se retrouvèrent maîtres du circuit de distribution sur tout le territoire.

Thomas Edison, qui détenait les premiers brevets cinématographiques, se rêvait grand Mephisto. Il engagea aussitôt une guerre impitoyable contre tous afin d’imposer son contrôle à tout ce qui imprimait de la pellicule. Aidé de son cabinet d’avocats, de ses indicateurs, de sa fortune et des huissiers, il fit régner la terreur sur l’ensemble du pays. Et les haines s’installèrent. Eastman, qui vendait la pellicule à tout le monde, tenta de pacifier sa clientèle. Les titans, attentifs à leurs intérêts, se coalisèrent en 1908 en un pool de producteurs qui trustera toute la production américaine chapeautée par la firme d’Edison. Loin d’être impressionnés, les exclus ou les indépendants (Columbia et consorts), aidés par Lumière qui fournira la pellicule, s’organiseront afin de poursuivre la lutte et prendre leur part aux dividendes qui devenaient fabuleux.

Les procédures, nombreuses, s’éternisaient et Edison voulut accélérer sa domination. Il engagea des détectives privés qu’il déploya dans une véritable chasse à courre. On saisissait le matériel, on brisait les caméras, et les revolvers protégeaient les hangars. C’était épique et sans merci. Les outlaws finirent par quitter les grandes métropoles pour se réfugier dans l’ouest. Ils créèrent un pool (la Paramount) autour d’un réseau de distribution et investirent un village qui deviendra Hollywood.

Dès lors, les rivalités entre les grandes compagnies se concentrèrent sur la qualité des films dont le format restait court. On inonda le territoire de films d’art, soignés, et de westerns dont les paysages désertiques de l’ouest étaient incomparables. 

La clientèle devenait exigeante, les salles plus confortables, aérées, et le public payait.On s’aperçut que le cinéma pouvait remuer les passions et faire revivre les fantômes. L’élite qui, au départ, était plutôt réticente, entra alors dans la danse et les prix flambèrent devant le sérieux. La production s’affola et un petit malin, A. Zukor aidé de la banque Kuhn, Loeb & Co, se retrouva à la tête de la Paramount. Il imposa ses méthodes basées sur l’exclusivité, enchaîna les acteurs à sa firme par contrat et écrasa les concurrents avec ses "features", films à long métrage vendus par un matraquage publicitaire et livrés avec vedettes. Le coup porté fut tel que les grands ténors de l’industrie, dont le vieil Edison, furent terrassés, laissant les plus habiles dans l’obligation de créer un nouveau trust : la First National Circuit.

La grande guerre

Nous sommes au moment de la première guerre mondiale. Le cinéma européen était au point mort et seuls les films d’outre-Atlantique circulaient. Les producteurs américains en profitèrent pour développer des filiales en Europe afin de faciliter l’écoulement de leurs films. Les grandes maisons françaises, comme Pathé-Nathan ou Gaumont, n’étaient plus que des filiales américaines et le cinéma européen un des secteurs d’activité de Wall-Street.

En ces temps troublés par la fureur des hommes, les états voulurent s’appuyer sur le cinéma qui, ils en étaient certains, pouvait devenir une arme psychologique redoutable. Ainsi, le britannique Lloyd George fit parvenir les fonds nécessaires aux firmes américaines pour promouvoir la propagande de guerre auprès des foules. Le cinéma devint le sergent recruteur puis le maître éducateur dans les mains des démocraties civilisatrices face à la barbarie allemande. Toute une batterie de films idéologiques furent réalisés avec emphase sur l’héroïsme, les invasions, les atrocités allemandes…on évoquait Attila, montrait les Cosaques.

A la fin de la guerre, le public, épuisé par tant de simagrées grossières, recula. On dût changer son fusil d’épaule. On improvisa des films gais, des histoires d’amour, des drames bourgeois et le public reflua. Les goûts avaient changé et, en 1919, le cinéma américain était le maître du marché mondial. Les conflits terribles et désordonnés qui opposaient les grands trusts trouvèrent leur équilibre et l’industrie se stabilisa. La First National et la Paramount gardaient une position dominante, la Metro de Loew, appuyée par la General Motors et la Liberty Bank, ainsi que Samuel Goldwyn, aidé par Du Pont de Nemours et la Chase Bank, fusionnèrent en la Métro-Goldwyn-Mayer. Quant aux autres compagnies, elles furent absorbées en quelques années. La lutte à mort se retrouva alors circonscrite autour de la distribution, le cœur du système. Pour devenir maître du marché, il fallait posséder les salles et les banques furent ici d’un grand secours.

Le parlant

Dès le début, on essaya de rendre le cinéma "parlant". Mais ces tentatives furent laborieuses et c’est vers 1924 qu’émergèrent des solutions intéressantes sans toutefois trouver d’applications. Ce sont les compagnies d’électricité ou de T.S.F. qui s’employèrent à ces recherches : la Radio Corporation, qui appartenait au groupe Chase-Bank et Rockefeller, la Compagnie des téléphones Bell, filiale de la Western Electric du groupe Morgan et William Fox, le seul issu du milieu cinématographique.

Une solution fut trouvée par la Compagnie des téléphones qui n’intéressa qu’un petit marchand devenu producteur indépendant, Samuel Warner. Le succès fut mitigé, la lutte rude et les critiques cinglantes à propos de ce nouveau procédé qui, il faut bien le dire, faisait redondance à l’image. Les propriétaires de salles furent réticents à investir dans ces installations sonores mais durent progressivement se résigner devant le succès populaire des films "chantés". William Fox, décidé à ne pas se laisser distancer, se procura le brevet concurrent, moins bon, et aménagea ses salles. Il conquit un public qui eut vite fait de choisir entre une salle muette et une salle modernisée. On considéra désormais le cinéma comme un spectacle bruyant.

La Fox et la Warner réussirent à imposer le "parlant" et les bénéfices réalisés permirent à la Warner d’acheter les salles, les appareils, les stars, les metteurs en scène, les journaux et les concurrents. Le cinéma se métamorphosa brutalement, terrassant le "muet" et ses vedettes pour se retrouver entre les mains d’un nouveau consortium dont la proue fut la Warner et la Fox, puis la R.K.O. (qui s’imposa grâce à son réseau de distribution new yorkais), la Métro-Goldwin-Mayer, et enfin Universal, Columbia et United Artistes.

Mais ce n’étaient là que les prémisses d’une transformation bien plus radicale.

Du cinéma, bien français, chez Kontre Kulture :


Le film "Confession d’un dragueur"
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Le 18 juillet 2013 à 21:02 par chris de beaumesdevenise
#467085

Excellent cette petite histoire du cinéma !! vraiment :) Les noms si connu des compagnies ont donc bien des origines :)

Le 18 juillet 2013 à 21:29 par Destruktionner
#467103

Article prometteur !

Comme dirait Onfray, on y fait usage de catégories réelles et "pratico-pratiques".

Moi-même cinéphile boulimique (c’est, encore une fois, le propre de l’humoriste que de soumettre son intelligence aux influences para-systémiques. À ce sujet, je rappellerai une déclaration admirablement cinglante d’Alain Soral lors de l’un de ses passages à TMLP, en réponse à un des panelistes qui l’accusait "d’aller trop loin". Il enchaîna : "Bah ! moi, j’aime ça quand ça dérape, - j’aime ça être borderline". Oui, j’avoue m’être accaparé cette réplique pour mon bénéfice propre, lors d’excursions mondaines !), je lis cet article avec grand intérêt et j’en profite donc pour rapporter quelques réflexions forgées ou glanées ci et là sur ce thème.

D’abord, il faut mentionner l’existence implicite, au niveau de la forme, d’un "cadre de référence" rigide et, au cours du développement artistique, de subliminales "clés herméneutiques" ayant pour impact cognitif d’entamer un enchaînement d’idées non-spontanées, téléguidées spectaculairement, et ultimement protubérant, superficiel et s’implantant comme "l’extension du domaine du Marché de la frivolité" dans nos esprits. Colonisation du temps de cerveau disponible ! oui, remarque entendue, mais si l’on se trouve dans l’incapacité de percevoir les processus subconscients "designant" cette supercherie, sa reconnaissance a posteriori est simplement "bonne métaphysique", mais stérile. Là-dessus je me base sur les notions typiquement soralienne du "mouillage de maillots" et sur la nécessité de faire de "l’ingénierie de l’ingénierie sociale" !

Enfin, je voudrais faire remarquer la "pauvreté informationnelle" du cinéma mainstream, articulé à la base de codes éculés (les cinéastes innovateurs sont le plus souvent castrés "à la naissance"), la niaiserie générale du "script" et des répliques échangés. C’est du novlangue avant l’Heure ! Pour ma part, mon activité dans les salles noires se résume de plus en plus à des "douches intellectuelles" wittgensteiniennes, ce dont j’ai bien besoin, n’est-ce pas, chers comparses !

Mais, mais ! il se trouve encore parfois certains spectateurs iconoclastes et instruis souterrainement qui trouve dans cette poubelle multicolore un moyen goguenard afin de laisser fuser en eux de judicieuses extrapolations...

Sur ce dernier point, j’étais surpris de n’avoir entendu ici aucun écho de la tangente "sioniste" présente dans le blockbuster "World War Z" ?

Le 19 juillet 2013 à 00:52 par Moi, Peter Sellers
#467260

En te lisant j’ai tout de suite pensé à World War ZION... donc j’ai googler pour voir et j’ai trouvé ça : http://www.newyorker.com/online/blogs/hendrikhertzberg/2013/06/world-war-z-z-z-zion.html

Dans "il faut sauver le soldat ryan" j’avais vu un encouragement envers les goys d’aller se faire sauter par bataillon entier pour sauver le soldat élu (Tsahal ?), tout le film déployait cette idéologie saugrenue.... Typiquement, historiquement dans la narrative hollywoodienne l’acte héroïque dans un film de guerre c’est le héros qui se sacrifie pour sauver le plus grand nombre... Là c’était le plus grand nombre de goys se faisant péter pour sauver un soldat sans aucun mérite propre (donc pas un héros) simplement car il était élu (désigné par les sachants...). Y a pas plus sioniste dans la formule... quoique World War Zion semble être un bon cru de jus d’ananas. Au dessus du mur c’est le soleil ?

Le 19 juillet 2013 à 02:19 par LawStudent34
#467292

Si vous voulez vraiment pleurer de rage devant un film au scénario indigent, cousu de fil blanc, blindé de clichés ridicules, permettez-moi de vous suggérer “La Chute de la Maison Blanche” avec Gerard Butler. J’aimerais assez avoir votre opinion....

Quant à la tangente sioniste dont vous parlez, s’agit-il de :

1) L’ONU dépêche le spécialiste-spécialement-spécial qui va sauver le monde ?

2) On accueille tous le monde même nos ennemis jurés en chantant Kumbaya dans Jérusalem (J’ai visionné une CAM pourrie en version originale, je ne suis donc pas sur de moi) parce qu’on est trop généreux et que l’heure est grave-de-grave, souvenez-vous de Massada on se battra jusqu’à la mort comme nous seuls savons le faire ?

3) Autre chose que je n’ai pas capté ?

Le 19 juillet 2013 à 16:02 par matrix le gaulois
#467553

@ LawStudent34

Pour la chute de la maison blanche : la propagande n’est pas vraiment "grave" parce que ce film est en quelque sorte un bon nanar dans lequel le message propagandiste se voit à des années-lumières. On devrait faire plus attention aux messages qui se cachent là où l’on ne s’attend pas à les voir.

La propagande sionarde a presque toujours existé dans le cinéma américain :
- Exodus (est-ce que j’ai besoin de vous dire en quoi c’est de la propagande ?) ou les dents de la mer (2 élus & un goy sur un bateau...l’un des 3 tombe à l’eau & se fait manger par un requin...qui reste à bord ?) pour les plus anciens.

Mais ces derniers temps, j’ai vraiment l’impression que la propagande est devenue de plus en plus lourde & pathétique (un peu comme dans un système totalitaire qui sait sa fin proche) :

- The Hobbit : le peuple nain est un peuple errant qui veut retrouver sa terre promise ; le héros est un hobbit goy qui les aide à faire ça.
- Pacific Rim : tous les pays du monde doivent s’unir (N.O.M.) fasse à une menace extra-terrestre...parmi tous les représentants de ces pays : pas de Syrien, d’Iranien, de Vénézuélien ou de Nord-Coréen...
- Django Unchained : pour "le noir selon Hollywood", il ya pire que les blancs : les noirs qui trahissent leur communauté (comprenez : qui essaient la voie de la Réconciliation nationale).
- les 3 mousquetaires 3d (film très mauvais) : l’ennemi arbore systématiquement une croix ! Toujours !
- un remale de l’exorciste où le père Merrin est remplacé par...un rabbin ! Si !
- Batman Dark Knight Rises : le mouvement occupy Wall Street est une menace !
- la série The Borgias : plusieurs dialogues où il est dit que la vierge Marie était une catin romaine...ce qui correspond à la vision talmudique.

Bizarrement, ce sont les cinéastes juifs américains (on ne parlera pas d’Hazanavicius) qui font le moins de propagande (à l’exception de Sacha Baron Cohen ou de Singer), voir parfois un minuscule glissage de quenelle :
- Dans Tintin de Spielberg : les méchants de l’histoire ne sont plus les Châtelains goy "les frères Loiseau" mais M. Sakharine...qui semblerait être Ashkenaze vu certains détails dans le film comme dans le D.A. de 1991 (le nom, l’accent...)

Ou bien sur les chaînes TV privées :
- the last resort : un équipage de sous-marin US qui se mutine car révolté à l’idée de devoir atomiser le Pakistan (ou l’Iran) sans raison valable et qui finissent par menacer leur propre pays de l’atomiser.

Le 19 juillet 2013 à 16:33 par matrix le gaulois
#467578

(partie 2)

D’ailleurs, je vais me faire l’avocat du diable, mais je trouve que l’on exagère un peu le cas Spielberg. Pour moi il n’est pas le pire des sionard & il est même moins nuisible qu’un Harvey Weinstein. Je lis toujours un double-message dans ses films :

- le soldat ryan : il y a certes cette philosophie sionarde du "tous pour un mais pas l’inverse"...mais il y a des à-côtés : les soldats U.S. ne sont pas des anges en mission salvatrice ; ils commettent des crimes sur les prisonniers, n’estiment pas qu’ils mènent "une bonne guerre"...à un moment, le seul soldat allemand qui se conduit humainement en épargnant la vie du jeune...porte l’écusson de la Waffen S.S. !
- Jurassick Park : on pense qu’il s’agît d’un film anti-passéiste...pourtant, le mal vient, non pas du passé, mais d’un "débonnaire" milliardaire qui voulait faire le bien du monde en claquant beaucoup de fric dans un spectacle tape-à-l’oeil & mercantile, pour les enfants...je n’ai jamais pu m’empêcher de voir dans le personnage de John Hammond une auto-critique de Spielberg.
- Idem dans Hook : était-ce une gaffe si involontaire que ça de montrer un baby-boomer (Robin Williams) atteint (pour de bon) du syndrome de Peter Pan ? Une auto-critique générationnelle ?
- La liste de Schindler : tout le côté pleurniche mis-à-part : le personnage du nazi joué par Ralph Fiennes éprouve quand-même des sentiments pour une juive. À la fin les sentinelles allemandes de la seconde usine de Schindler consentent à ne pas commettre de crimes contre les déportés...si on leur en donne l’ordre...donc ça dit quand-même que ce ne sont pas des monstres.
- Le message de l’empire du soleil levant : il n’y a pas que les juifs qui ont souffert & ont été déportés pendant la seconde guerre mondiale...des civils anglais (goy) aussi y ont eu droit.
- Munich : les israéliens se sont alliés à l’OAS (les perso de Lonsdale & Amalric) contre l’OLP, le héros se réfugie aux USA à la fin (c’est une blague, comme Assange qui pense fuir en se réfugiant à Londres) pour échapper aux services secrets israéliens qui peuvent devenir une menace (quand-même !)...dans la dernière scène, le héros essaie de faire la paix avec son chef en lui proposant, selon une tradition juive (dit-il), de venir dîner chez lui...le chef refuse...sous-entendu : la tradition juive, les services secrets israéliens s’en balancent...donc ce ne sont pas de bons juifs.

Le 20 juillet 2013 à 01:11 par Moi, Peter Sellers
#468121

L’œuvre de Spielberg est complexe à bien des égards... Il y a "ET" et "rencontre du troisième type" qui sont bienveillant envers les "aliens" (qui signifie aussi étrangers en anglais : the american dream) puis après le 11 septembre "la guerre des mondes", qui focalisent "l’autre" en malaise existentiel. Je mettrais un bémoles sur ce que tu avances sur la complexité des personnages chez Sielberg. Les américains sont des techniciens hors pairs, Spielberg respecte scrupuleusement une tradition hollywoodienne de la formule. Les personnages pétris de contradictions et au prises avec un mal être existentiel sont les archétypes du genre "Film Noir". Ajoutes à cela une beauté vénéneuse synonyme de danger et tu voit que le méchant "Nazi" qui s’amourache d’une non-aryenne qui plus est juive est aussi une bonne vielle recette que l’on fait dans des vielles casseroles. J’ai pour ma part vraiment l’impression que dans le cas du soldat Ryan comme film de guerre, ce réalisateur porte un regard novateur (sioniste en l’occurrence) sur ce genre... Pour moi il trahit même un fondement du genre dans l’acte héroïque. Et c’est bien parce que Spielberg fait son art dans un certains classicisme que je pense que cela n’est pas anodin.

Le 20 juillet 2013 à 23:36 par Destruktionner
#469116

D’abord, bravo pour l’érudition analytique de "matrix_legaulois" sur le cinéma-de-bois de Spielberg, que, pour ma part, j’ai toujours plus ou moins "détesté", ou auquel je suis plutôt resté froid : quand on a "trop lu", l’esprit de raffinement s’impose (j’entends : de finesse, de sérénité, le "Logos" héraclitéen), et les mirobolants navets hollywoodiens ont effectivement l’effet d’un "Pepsi" ou d’une tranche de bacon dans notre estomac.

Mais, descendons de notre Parnasse et revenons-à-nos-moutons !

J’aimerais vous soumettre quelques remarques intuitives pêle-mêle sur le "cinéma en général", sans vouloir entrer dans les exégèses ou les heuristiques qui sont ici déployées :

* D’abord, point intéressant et explicitant ma démarche, il ne faut pas oublier que toute "carte" d’un "territoire" ne représente que celui-ci partiellement et imparfaitement, en plus d’être teintée des préjugés du cartographe. Beaucoup de gens adoptent ou se construisent de toute pièce une vision du monde uniforme, qu’ils appliquent ensuite grossièrement sur l’ensemble des évènements qui s’offrent à leur conscience ;

* Ensuite, j’adhère assez à l’idée qu’il puisse y avoir de "fortes clés" dissimulées dans les interstices de cinéma "badaboum" d’Hollywood, mais la question que je pose est de connaître la solidité ou l’origine de ces "clés". Par exemple, doit-on considérer qu’elles y ont été placées délibérément par une Intelligentzia supra-consciente ou que, a contrario, elles ne soient la résultante métaphorique d’un Spectacle massifié, médiatisé sans contrôle à l’aune de toutes les croyances en vogue, mondaines ou marginales : en gros, une sorte de "chasse aux sorcières modernes" ?

* Troisièmement, un petit mot sur la catégorie poreuse et fantasmatique du "Héros". Plusieurs "trailers" que j’ai visionné dernièrement font mention de la salvation du monde par un "Héros" : "Rush" (de Ron Howard), ou encore cet inconsistant "Pacific rim"). L’on pourrait à bon droit se questionner à savoir si, étymologiquement et épistémologiquement, cette notion possède une ascendance typiquement "judaïque-sioniste" au travers de la figure du "Messie", ou si elle ne ré-interprète pas une simple constante anthropologique caméléonesque, celle de la figure tutélaire, le "Père" chez Freud, le "Léviathan" chez Hobbes, etc. ? Certes, toutes ces notions sont rigoureusement interconnectées (Freud était juif...), mais que dire maintenant de l’incroyable Akhén-aton ?

Le 22 juillet 2013 à 02:21 par LawStudent34
#469962

@matrix le gaulois

Merci pour tous ces éclaircissements. Un petit bémol cependant concernant le Soldat Ryan :

- le soldat ryan : il y a certes cette philosophie sionarde du "tous pour un mais pas l’inverse"...mais il y a des à-côtés : les soldats U.S. ne sont pas des anges en mission salvatrice ; ils commettent des crimes sur les prisonniers, n’estiment pas qu’ils mènent "une bonne guerre"...à un moment, le seul soldat allemand qui se conduit humainement en épargnant la vie du jeune...porte l’écusson de la Waffen S.S. !

Si nous parlons de la même scène, le-dit SS épargne effectivement le caporal Upham paralysé de trouille dans l’escalier mais seulement après avoir tué le soldat Mellish à l’issue d’un âpre corps-à-corps. J’avoue m’être demandé quel message le metteur en scène avait voulu faire passer !? Il s’agit peut-être d’un exemple de dualité humanité/cruauté nécessaire à la survie...

Le 18 juillet 2013 à 21:35 par Beebop
#467107

A noter aussi que le pionnier du cinéma spectacle mondial fut Georges Méliès. Vers 1900, il eut un grand succès partout y compris aux Etats-Unis. Mais les négatifs de ses films furent copiés illégalement par les forains americains et il perdit alors beaucoup d’argent (pas de protection des droits à cette époque). Du coup, il installa un bureau aux Etats-Unis pour protéger et vendre ses films. L’affaire marcha un temps puis les grands industriels ont organisé le marché du cinéma américain à leur sauce. Méliès fut toujours considéré aux Etats-Unis comme un artiste, jamais comme un industriel. Du coup, il a été considéré comme l’idiot utile du moment alors même qu’on l’avait nommé président d’honneur du consortium. Sa filiale américaine finit par se reconvertir dans des films bas de gamme. Méliès n’en entendit plus parlé pendant des années. A ce moment, Edison (génial requin...) a fait perdre à Méliès beaucoup d’argent en se faisant indemniser pour un plagiat de brevet de pellicule... Seule la firme Pathé avait, à cette époque lointaine, réussi à se faire accepter des américains.

Le 18 juillet 2013 à 22:21 par maxback
#467138

Alala, les américains et les brevets. Le pire c’est que l’histoire se répète sans cesse, de nos jours encore. Cet Edison (que tu trouve "génial" :) est quand même mêlé à tout un tas d’entourloupe qui me laissent à penser qu’il fait partie de la même clique de Titan américains qui ont dominé la fin du 19ème siècle (début du 20ème). Et dans Titan, il faut lire enculé bien sur. Une sorte de Rockefeller des sciences. Il a même spolié le travail de Tesla et de nos jours il est quasiment admis qu’il en est l’inventeur (ex. courant alternatif).

Sinon très sympa l’histoire du cinéma. C’est captivant et j’adore regarder les débuts, c’est la fraîcheur, la magie. Un bon Buster Keaton vaut autant que le dernier Blockbuster à 15 millions de $ de budget. Buster Keaton, Harold Lloyd et tout les monstres de l’époque burlesque c’est juste indispensable. Le tout avec du ragtime de premier choix et des accompagnement piano magnifique. C’est du bonheur.

Le 18 juillet 2013 à 22:24 par MaxdeCannes descendant de forain mais sans plus
#467141

Thomas Edison génie ou requin... il ne maîtrisait pas du tout les concepts du courant alternatif alors je pense qu’il était plus requin que génie. Un génie avec des avocats je n’en ai jamais vu alors que les types qui s’entendent bien avec les avocats c’est plutôt des politiques des Bernard T. avec son préjudice moral et son avocat qui s’appelait Jean-Louis Borloo.

Le 18 juillet 2013 à 23:55 par Antoine
#467225

Et cette nuit FR3 rediffuse des courts métrages de Méliès justement... à 2h05 du matin. Toujours pareil, les bonnes choses sont diffusées trop tard pour veiller, trop tôt pour se lever. Tant pis, je vais veiller et me taper Scarface en attendant, je n’ai pas pu enregistrer la diffusion précédente et je ne veux pas rater ça : *Le Royaume des fées - 1903 *Le Chevalier mystère - 1899 *L’Antre des esprits - 1901 *Le Tonnerre de Jupiter - 1903 *Les Cartes vivantes - 1905 *Le Chaudron infernal - 1903

Le 19 juillet 2013 à 00:42 par Beebop
#467257

Ce qui est très intéressant, c’est aussi de voir le mépris avec lequel a été traité le cinéma muet lorsque le cinéma parlant est apparu.

Le cinéma muet représentait pour de nombreux réalisateurs, un art visuel ultime : toutes les émotions et toutes les idées devait passer par le défilement des images. Même les intertitres étaient considérés par les plus grands génies de l’époque comme des artefacts qu’il fallait éviter car n’allant pas dans le sens d’une réalité visuelle totale.

Sauf qu’un beau jour le film muet a été, comme le dit bien l’article, littéralement terrassé par le son. Cette "révolution" a été imposé par les industriels du cinéma avec une telle force qu’en quelques années, les "vieux" films muets ont été littéralement méprisés par le public et mis à la poubelle par les professionnels du secteur. Au point que certains chef-d’oeuvre de Fritz Lang ou de Murnau sont aujourd’hui définitivement perdus.

A ce titre, il faut lire l’extraordinaire biographie d’Henri Langlois "Premier citoyen du cinema". Le fondateur de la cinémathèque française a consacré sa vie à retrouver des bobines de films muets dans tous les pays du monde. Son amour de la pellicule était charnelle. Grâce à lui, le monde est sorti (un peu...) de l’approche 100% industrielle d’un cinéma jetable vite vu et vite oublié. De nombreuses cinémathèque se sont créées dans le monde. C’est un autre exemple fort qui montre que la France, à une époque, savait lutter contre une vision industrielle particulièrement agressive...

Le 19 juillet 2013 à 16:56 par Régis
#467600

Bill Gates est un Edison moderne. Faussement qualifié de génie. S’il est un génie, c’est un génie du capitalisme, mais certainement pas de l’informatique. Il n’a rien inventé.

Le 18 juillet 2013 à 22:27 par MaxdeCannes descendant de forain mais sans plus
#467144

Un chiffonnier d’exception quand même : http://kirk.douglas.free.fr/bio_1_enfance.htm Kirk Douglas 96 ans

Le 18 juillet 2013 à 23:03 par spirit
#467179

C’est la femme de Sam Goldwin qui convertit celui-ci au cinéma en lui montrant une queue devant un théatre qui projetait un film muet !

"Regardes,lui dit-elle,les gens payent avant de consommer...la meilleure affaire du siècle !" (anecdote authentique)

Le 18 juillet 2013 à 23:45 par David
#467218

Charlie Chaplin exile en Suisse a voir : Charlie qui donne une bourse a Sam contre laquelle il recoit un bout de papier pendant qu’un soldat recoit la bourse

Le 19 juillet 2013 à 01:37 par LawStudent34
#467279

Aux Etats-Unis, après quelques années d’incertitudes, de 1898 à 1904, le cinéma attira d’intrépides rastaquouères issus des marchés aux puces et des bidonvilles, qui sentaient l’aubaine et l’aventure.

Ça commence bien ! De surcroit, la signature "descendant de forains mais sans plus" mérite à elle seule un vote maximum....Bien joué l’artiste !

Le 19 juillet 2013 à 10:35 par seber
#467376

A décharge, j’ajouterai tout de même qu’en 1900, il aurait été difficile de faire du cinéma en sortant d’une école de cinéma. Non ? La Révolution Industrielle peut se résumer à une explosion anarchique du capitalisme, soit une course au plus rapide-malin-roublard-cynique et j’en passe. Donc toutes les techniques nouvelles étaient bonnes à prendre, d’où l’exemple judicieux d’Edison. Donc oui, on peut dire que certains étaient plus opportunistes que d’autres (cf. Bernard Lazare) mais l’ADN du cinéma se résume à une attraction de foire et dans le XXème Siècle naissant, il ne pouvait devenir qu’une industrie. La conception du cinéma en tant qu’Aââârt est : 1- Une astuce marketing des américains à destination des Européens pour garder le monopole du marché. Les Frères Lumière, c’est bien, mais ça ne mène nulle part. 2- Un concept bourgeois élitiste et mondain. L’exception culturelle française n’ayant rien arrangé, bien au contraire. Mais j’anticipe.

Le 19 juillet 2013 à 12:42 par MaxdeCannes
#467444

Je ne suis pas l’auteur de cet article.

Le 19 juillet 2013 à 18:00 par Mc_Circulaire
#467643

Le cinéma en tant que 7è Art est d’abord apparu sous la plume de théoriciens tel Canudo (ça sonne très américain ...), voire Gorki qui y voyait un "théâtre des ombres". Ce qu’on peut reprocher au cinéma, c’est de n’être jamais passé par la période du sacré est d’être directement né dans le profane (contrairement à la littérature, la peinture, l’architecture (!), etc.)

Le 19 juillet 2013 à 01:42 par LawStudent34
#467280

@MaxdeCannes

Auriez-vous l’amabilité de suggérer une bibliographie sur le sujet ?

Merci

Le 19 juillet 2013 à 11:22 par MaxdeCannes
#467401

Si vous m’avez compris c’est que je me suis mal exprimé (Alan Greenspan). Ce qui n’ôte rien à votre intelligence, bien au contraire ! Je n’ai pas de bibliographie à suggérer, ne lisant que rarement les narrations. Sauf peut-être un livre de Jacques Attali http://www.attali.com/livres/biographies/a-paraitre-le-22-septembre Traitez-le avec respect : on aura probablement besoin de lui pour éviter une guerre ou pour négocier l’armistice. Là je ne plaisante pas/plus.

Le 19 juillet 2013 à 12:34 par MaxdeCannes
#467439
Le 19 juillet 2013 à 07:01 par Fifi Brindacier
#467340

Quand on voit l’importance des banques (de la communauté élue) dans le cinéma, on comprend mieux le bourrage de crâne qu’elles ont ainsi pu pratiquer sur le spectateur : tu consommeras ceci, tu auras telles opinions politiques, tu fumeras, tu boiras, tu te drogueras, tu divorceras pour "te réaliser", tu devras avoir une vie sexuelle débridée, tu devras acheter une voiture chère pour être heureux, si tu es une fille tu t’habilleras comme une prostituée, etc. bref tout ce qui est bon pour détruire la famille et le patriotisme, laver le cerveau et faire vendre.

Le 19 juillet 2013 à 10:35 par FDAU
#467375

J’adore ce genre d’articles où même les commentaires sont intéressants, j’avais déjà lu celui que vous aviez rédigé sur le cinéma Français et George Méliès, j’attends la suite.

Le 19 juillet 2013 à 11:15 par matthieu hague
#467398

Petit élément que je n’ai pas vu : l’inventeur réel du parlant est français, Eugène LAUSTE, qui est parti aux Etats-Unis, certes, mais qui a inventé le son optique (encore en usage dans certains cinémas) une décennie avant 1927. LUMIERE le cinéma, MELIES le genre et l’art, LAUSTE le parlant... le cinéma est un art français qu’on vous dit.

Le 19 juillet 2013 à 18:25 par Mc_Circulaire
#467667

Et même avant , Etienne-Jules Marey a inventé le fusil photographique qui a inspiré les deux frères Lumière (et la photographie moderne fut découverte par Nicéphor Niépce). Même si Edison était sur un concept proche des frères Lumière avec ses films de fête foraine, il lui manquait la projection optique (phénomène de Lanterne magique). Mais aujourd’hui, le cinéma se fait de moins en moins en salle et de plus en plus à la maison (Home Cinema), ce qui pourrait avoir pour conséquence de modifier l’Histoire du Cinema puisqu’on en changerait les attributs. Si la projection public ne devenait plus un critère pertinent pour parler de cinéma, alors Edison reviendrait en concurrent sérieux dans la course à l’invention.

Le 19 juillet 2013 à 12:24 par lascasas
#467431

C’est un résumé très intéressant et parfait pour moi qui ne suis pas du tout un spécialiste de l’histoire du cinéma. Je conseille à ce propos de lire "les zinzins d’Olive Oued" de M. Terry Pratchett, roman fantastique qui dépeint la genèse d’Hollywood avec ses opportunismes et ses folies sur un mode à la fois léger et féroce. Reste que le cinéma contemporain en général et français EN PARTICULIER me désole mais c’est que je dois être un sale réactionnaire à l’esprit étroit.

Le 19 juillet 2013 à 21:37 par anonyme
#467871

Bon, moi j’aime bien les films des Marx Brothers (Aie ! Non pas sur la tête ! Tapez pas sur la tête !). Ne reflètent-ils pas l’absurdité du monde que nous voyons empirer sans cesse ? (empire => empirer..., je ne l’ai pas faite exprès celle-là !). Bientôt la réalité rejoindra et même dépassera la fiction.

C’est dans leur film "Duck Soup" (Soupe au canard) que se trouve ma réplique culte de Groucho : "Qui allez-vous croire, moi ou vos propres yeux ?"

Cette réplique ne résume-t-elle pas magistralement le matraquage incessant qui veut nous persuader que seule la "vérité" de la propagande officielle compte, même si c’est le contraire de ce que nous pouvons voir ?

Le 19 juillet 2013 à 23:02 par l’Omnivore Sobriquet
#467960

Extraordinairement intéressant !

Bravo aux auteurs.

Un livre ?

Le 22 juillet 2013 à 12:31 par Jean bragaz
#470185

Merci, mais j’ai fait ça tout seul comme un con pour le site qui mérite bien qu’on s’arrache un peu pour lui.

Pour le livre essaye celui de Bardèche et Brasillach sur le cinéma.

Sinon il y a aussi le truc sur Mélies, perdu dans les couloirs du site, si les debuts du cinema t’intéresse. C’est en France que ça se passe.

Merci a toi