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Excellent article. Ayant été un grand consommateur, voici ce que j’en retire, au niveau de mon expérience personnelle :
Au départ, c’est drôle et ça fait rire. Une euphorie, des fous-rire pour tout et pour rien. Donc, on on veut plus, on fume un max, on ne dose pas et on fait une micro overdose : bad trip physique inoubliable, agonie à la limite de l’évanouissement.
Ensuite, on commence à faire attention et on s’accoutume à la défonce donc on flirte avec les limites et les expériences (bong ;pipe ; mélanges, etc.), quelques bad trips physiques encore...
Après ça devient la routine et on consomme selon nos limites et nos besoins. Chaque fumeur sait le plaisir que ça représente de fumer seul avant d’écouter un disque ou de regarder un film. Les sensations et les expériences incroyables que produisent le H sur notre mental quand on écoute ou visionne une oeuvre. Cette sensation de pénétrer les choses intensément, profondément, de vivre une expérience différente, d’atteindre un autre niveau de compréhension.
Mais tout ça progressivement commence à laisser des séquelles. Faut voir les tronches qu’on se paie au petit matin après avoir fumé plusieurs joints seul dans la nuit et visionné films sur films, plusieurs jours à la suite. On a les yeux rentrés et le visage marqué par la confusion.
Et si on continue, voilà ce qui se passe :
On déconnecte de la réalité ordinaire. On vit avec un voile brumeux et un manque de contrôle sur nos sens. Une distance se crée entre le monde et le nous, mentalement. Et on devient parano. Au point où à chaque fois qu’on tire sur un joint, une transformation s’opère. Au point où on appréhende même l’effet qu’aura cette bouffée de fumée sur nos interactions sociales. Cela peut aller jusqu’au dédoublement de la personnalité et dans les cas les plus graves : la schizophrénie.
Avec le recul, je pense pouvoir dire que ce qui nous mène à ça, c’est la volonté de contrôle. Au départ, on fume pour être défoncé, puis ça devient "supposément" récréatif et c’est là que ça pose problème. Comment interagir normalement alors qu’on est "éclaté" ? Tout est fait pour maintenir une attitude, un comportement et une réflexion normale alors que nous sommes sous effet, c’est impossible. Donc forcément, on commence à douter de nous et de l’opinion que les autres peuvent se faire de nous, d’où la paranoïa. Quand on en arrive là, il vaut mieux arrêter. D’autres l’ont mieux vécu mais je ne connais personne à qui ça n’a pas laissé de séquelles.