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Ni droitard, ni gauchiste, 1/3
Ce genre de contenu aurait pu, il y a quelques années, passer pour subversif. Ce n’est plus le cas ; comme dirait Pierre-Yves Rougeyron, le politiquement incorrect est aujourd’hui devenu un sous-gauchisme. En tant qu’antilibéral à tendance marxiste, je me dois de porter la contradiction à ce petit prêt-à-penser droitiste en le reprenant point par point.
1) "L’homme est un loup pour l’homme" : ce n’est pas une règle générale et intemporelle mais (du moins chez Hobbes, penseur libéral et anti-catholique carabiné) la formule désignant l’État de Nature, c’est-à-dire l’état d’avant la civilisation et son contrat social. Certes, l’homme n’est pas un saint, mais les lois de la société sont là pour le cadrer... toujours très dur à intégrer chez les gens pour qui "socialiste" est une insulte...
2) "C’est comme paladins que nous nous montrions philosophes" : la philosophie du barbare : baston !!! Ça parle d’ordre naturel, comme si l’État de Nature était la règle à épouser, comme s’il n’existait pas de désordre naturel à dépasser, comme si aucune entropie n’était canalisée par l’établissement de la société civile. "Dans la vie, il faut se battre pour y arriver", c’est ça ? Eh bien, battez-vous, mes petits. Et je vous interdit de pleurer... Ce n’est pas parce que l’égalitarisme gauchiste conduit à des choses délirantes que le surhomme nietzschéen lui est préférable.
3) "Je dois demander à Dieu non un poids moins lourd à porter, mais des épaules plus larges" : dans la continuité du précédent, en pire. On croirait un spot du MEDEF, enjoignant les chômeurs à créer leur start-up plutôt que de solliciter les acquis sociaux. Sérieusement, comment peut-on dire que l’homme est toujours responsable de ce qui lui arrive ? N’est-ce pas là la meilleure manière de créer des dépressifs, des "flaques" et des "ratés", qui ont intériorisé leurs échecs, réels ou relatifs ? N’est-ce pas nier les déterminismes sociaux, génétiques, géographiques, ethniques, culturels ?
Pour moi, ce passage prouve une chose, c’est que les droitards sont autant liés à Macron sur la question sociale que les gauchistes le sont sur la question sociétale. Il n’y a donc rien à attendre d’eux de ce côté là. Ce qui n’est pas surprenant, puisque le Marion-Maréchalisme (ou Ménardisme, ou De-Lesquenisme, comme vous voulez), c’est le Macronisme "sans les z’arabes".