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L’affaire Beljanski
Jean-Marie ABGRALL in Les charlatans de la santé. La révélation du cancer dont souffrait François Mittérand est venue alimenter une polémique qui avait pris naissance prés de quinze ans plus tôt. Le président aurait été l’un des bénéficiaires d’un médicament miracle produit par Mirkos Beljanski. Vérité ou rumeur ? Il y a fort à parier que nul ne le saura jamais réellement.
À la fin des années 1980, un holding financier, Abraxas, confiait au professeur Jean Cahn un produit dont on lui demandait de vérifier l’efficacité sur le virus du sida. L’expertise, confiée au professeur Andrieu, directeur du laboratoire d’immunologie des tumeurs à l’hôpital Laennec de Paris, donnait des résultats "remarquables", selon les expérimentateurs, en inhibant in vitro la libération d’interleukine-6 par des globules blancs provenant de malades séropositifs. Malgré ces résultats prometteurs, les produits Beljanski n’obtinrent jamais d’AMM (autorisation de mise sur le marché) nécessaire à leur commercialisation. Au contraire, Beljanski se refusa à toute étude susceptible d’aboutir à une véritable reconnaissance de ses produits.
Né en 1923, Mirkos Beljanski obtient en 1948 un doctorat de biologie. Il intègre l’Institut Pasteur, où il travaille dans le laboratoire du professeur Lépine sur le vaccin de la poliomyélite. Quelques années plus tard, il devient le collaborateur du professeur Monod et axe ses recherches sur l’ADN et sa fonction. Après l’obtention du prix Nobel de médecine en 1965 par Monod, Lwoff et Jacob, Beljanski se fâche avec son ancien collègue et quitte l’Institut Pasteur. Il occupe alors un poste de directeur de recherche à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry. C’est à cette époque qu’il se consacre à des recherches appliquées, en particulier sur le cancer, puis sur le sida.
En 1983, Beljanski fait parler de lui en commercialisant un produit destiné à restaurer le taux des globules blancs dans le sang. Ce produit est présenté par la presse patamédicale comme le médicament miracle destiné aux cas désespérés, tel celui de la jeune Valérie, âgée de onze ans, guérie d’aplasie médullaire après traitement par le RLB (Remote Leucocyte de Beljanski). Quinze ans plus tard, le RLB n’a pas à notre connaissance eu de retombées médicales - ce qui est pour le moins étonnant s’agissant d’un médicament d’une telle portée !
en 1988, Beljanski se réfugie à Ivry-sur-Seine, dans un garage qu’il baptise du nom pompeux de Centre de recherche