Un bilan de l’activisme de Bernard Kouchner

Publié le : samedi 17 novembre 2007
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On aimerait que, de retour de Bagdad, le théoricien du droit d’ingérence humanitaire, Bernard Kouchner, qui avait inspiré en 1989 une intervention en ce sens de François Mitterrand à l’O.N.U., et qui s’était à l’époque dépensé sans compter pour la cause kurde, tant en Turquie qu’en Irak, fasse, vingt ans après, le bilan réel de son activisme.




Faisons le compte :

1) la première guerre du Golfe (1991) : 100.000 morts selon, une évaluation de l’Etat-major américain à la fin des opérations, en mars 1991 ;

2) l’embargo maintenu pendant treize ans de 1990 à 2003 sur l’ensemble du peuple irakien, considéré comme solidaire du régime baathiste : 500.000 victimes, selon les estimations les plus mesurées, du fait de la malnutrition et des épidémies ;

3) l’invasion de l’Irak en 2003 : 30.000 morts selon les estimations américaines (sans doute minorées) ;

4) la guerre civile entre les « communautés » irakiennes (2003 – 2007) soit 400 à 500.000 morts selon une expertise scientifique anglo-américaine.

Au bas mot, cela fait un million de morts.



Je ne parle évidemment pas de l’aspect géopolitique : un boulevard ouvert à l’intégrisme, l’Irak brisé, face à un Iran désormais consacré comme la puissance dominante incontestée de la région, une « guerre des civilisations » dont on ne voit pas l’issue.

M. Kouchner déclare avoir sous-estimé le fanatisme des Irakiens « quelle que soit leur communauté d’appartenance ». Qui osera encore parler de la responsabilité des hommes politiques ?

Les idées valent à proportion inverse du sang versé.

La modération n’est pas glorieuse mais elle est plus humaine. « Qui veut faire l’ange fait la bête » (Pascal). L’ingérence est médiatique.


Jean-Pierre Chevènement

Source :
http://www.chevenement.fr