Pierre de Brague présente : La Divine Comédie de Dante

Et la collection prestigieuse des (très) beaux livres Kontre Kulture

Publié le : samedi 16 décembre 2023
Modifié le : lundi 22 janvier 2024
Commentaires : 9
Nombre de vues : 8 544
Source : E&R
39 votes

Avec La Divine Comédie de Dante Alighieri, Pierre de Brague remet à l’honneur la collection des beaux, des très beaux livres Kontre Kulture. Si nous n’étions pas français et patriotes, nous dirions : des must have.

 

Mais vous faites ce que vous voulez, sachant que des beaux livres, dans une bibliothèque (pour ceux qui en ont encore), ca jette un chaud, ça pose le bonhomme.

Encore faut-il les lire, sinon les feuilleter. Pour cela, mettez-les sur la table basse, bien en évidence. Les grands poèmes épiques se dégustent comme des grands crus, à petite dose, à petit feu, le feu de l’esprit, bien entendu.

Le beau livre, qui est souvent un GROS livre, peut faire peur, de prime abord. On doit y entrer doucement, comme dans une forêt mystérieuse, et alors, une fée vous prend la main (un faune pour les femmes qui nous lisent), vous emmène... Il faut se laisser faire, se laisser transporter par le récit.

 

 

Le grand livre est un voyage, dans le temps, dans l’esprit.

On en ressort transformé, plus riche, plus grand. Attention, on ne parle pas d’argent ni de taille : vous ne gagnerez pas un centime ni un centimètre, c’est une image.

À ce propos, rien que les images de ces livres sont magnifiques. Et les couvertures... Encore un coup (de crayon) de Marie !

Avec ces livres-là, il y en aura pour tout le monde. Maintenant, place à Pierre.

 

***

Les autres sont pas mal non plus !

Les coffrets de Noël sont arrivés chez Kontre Kulture !

Il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses et toutes les cibles, le tout dans un esprit pacifique, bien entendu, mais pédagogique et musclé. La moisson 2023 des coffrets Kontre Kulture va vous rendre plus puissants intellectuellement, politiquement et physiquement. Car ils s’adressent à l’esprit, mais aussi au corps, les deux n’étant d’ailleurs séparés que par des mots. Et tout ça, pour une (...)
9 commentaires
Alerter

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

  • Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
  • Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
  • Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

Suivre les commentaires sur cet article
Le 16 décembre 2023 à 18:50 par note
#3295043

En le coeur noble amour toujours s’abrite, Comme en forêt l’oiseau sous la ramée.

Guido Guinizzelli (1230-1276), un des pères spirituels de Dante.

La forêt c’est le recours des amoureux à la recherche d’un nid douillet pour vivre leur amour(-passion), en s’éloignant du monde civilisé - cf. Clouscard "Le Traité de l’Amour Fou".

Si Dante est hérétique d’après l’Église, c’est qu’il produit un enseignement hermétique ou ésotérique hors du dogme politico-religieux, à propos du langage secret des "Fidèles d’Amour"...

En fait il faut comprendre que la lettre tue l’esprit... mais qu’on peut s’en servir dans une (grande) parabole pour le raviver, et alors l’esprit s’y reconnaît, la compréhension devient intuitive.

Un ouvrage devrait vous intéresser : L’ésotérisme de Dante de Guénon.

Le 16 décembre 2023 à 20:50 par david
#3295080

Sacrée plume cette présentation !

Le 16 décembre 2023 à 21:04 par david
#3295085

Bravo M.de Brague, quelle culture, quelle capacité d’analyse, de synthèse. C’est vraiment un honneur de vous retrouver sur ce site et dans nos rangs.

Le 16 décembre 2023 à 21:32 par Alençon
#3295093

..en relation avec la présentation de Pierre , j’ ai le vague souvenir qu’ un vieil artiste de Mormoiron (84) , m’ avait raconté un soir de vernissage arrosé , que l’ Enfer de Dante était inspiré de la Pistis Sophia.. est-ce qu’ un érudit peut confirmer ou infirmer ça ?

Le 18 décembre 2023 à 01:03 par Fadhil
#3295494

Mort et descente aux Enfers d’un côté, résurrection et ascension aux Cieux de l’autre, ce sont comme deux phases inverses et complémentaires, dont la première est la préparation nécessaire de la seconde, et que l’on retrouverait également sans peine dans la description du « Grand Œuvre » hermétique ; et la même chose est nettement affirmée dans toutes les doctrines traditionnelles. C’est ainsi que, dans l’Islam, nous rencontrons l’épisode du « voyage nocturne » de Mohammed, comprenant pareillement la descente aux régions infernales (isrâ), puis l’ascension dans les divers paradis ou sphères célestes (mirâj) ; et certaines relations de ce « voyage nocturne » présentent avec le poème de Dante des similitudes particulièrement frappantes, à tel point que quelques-uns ont voulu y voir une des sources principales de son inspiration. Don Miguel Asîn Palacios a montré les multiples rapports qui existent, pour le fond et même pour la forme, entre lq Divine Comédie (sans parler de certains passages de la Vita Nuova et du Convito), d’une part, et d’autre part, le Kitâb el-isrâ (Livre du Voyage nocturne) et les Futûhât el-Mekkiyah (Révélations de la Mecque) de Mohyiddin ibn Arabi, ouvrages antérieurs de quatre-vingts ans environ, et il conclut que ces analogies sont plus nombreuses à elles seules que toutes celles que les commentateurs sont parvenus à établir entre l’œuvre de Dante et toutes les autres littératures de tout pays[1].

[1] Miguel As[in Palacios. La Escatologia musulmana en la Divina Comedia, Madrid, 1919. – Cf. Blochet, Les Sources orientales de la « Divine Comédie » , Paris, 1901.

– L’Ésotérisme de Dante, René Guénon, Extrait du Chapitre V : Voyages extra-terrestres dans différentes traditions

Le 19 décembre 2023 à 18:14 par ProtégeonslaPalestine
#3296221

@Fadhil. Enfin quelqu’un qui mette en exergue la source la plus méconnue de l’inspiration de Dante, enfin. Gratitude. Dans La Divine Comédie, la description que Dante Alighieri donne des Sept Cieux du Paradis et de l’Enfer, a été influencée par le « Voyage céleste » de Mahomet.

Cette écriture intertextuelle et palimpsestique démontre la porosité et la plasticité de l’imaginaire européen, qui réussit l’exploit de traduire l’épistémè de l’Homme Blanc, tout en étant traversé par des relents de spiritualité orientale et islamique. Nous comprenons, à partir du travail de transposition de Dante, que l’imaginaire catholique européen des origines n’était ni cosmopolite ni suprémaciste, mais universaliste en son essence.

Dante n’a pas seulement immortalisé le chatoiement musical de la langue italienne, la sensualité mélodique de sa courbe intonative, il a donné à voir, à travers La Divine Comédie, et 2 siècles avant la Renaissance, les contours de la géographie mentale de l’Homme Blanc de culture chrétienne : son universalisme sans tentation syncrétique, caractérisé par une curiosité et des emprunts qui valent reconnaissance de l’Autre comme un égal.

Du point de vue de l’écriture, La Divine Comédie fait état d’un double voyage :

- Un voyage horizontal de l’écriture occidentale qui s’abreuve simultanément à la source d’un ailleurs spatio-culturel de type oriental, et d’un ailleurs onirique de type mythologique.

- Un voyage vertical, qui prend la forme d’une plongée du pécheur dans les profondeurs telluriques de l’enfer et son ascension céleste dans les sphères paradisiaques qui, étrangement, se situent sur le même fuseau topographique.

Cette indifférenciation des espaces suggère que l’homme vertueux est condamné à partager le voisinage immédiat de son corollaire damné : Dante aurait-il, sans le formaliser ni même le savoir, intuitionné la dialectique hégélienne de subsomption des contraires ?

Le 18 décembre 2023 à 10:59 par Alençon
#3295573

merci pour vos réponses .

Le 21 décembre 2023 à 22:04 par Ambre
#3297416

"Le beau livre, qui est souvent un GROS livre, peut faire peur, de prime abord. On doit y entrer doucement, comme dans une forêt mystérieuse, et alors, une fée vous prend la main (un faune pour les femmes qui nous lisent), vous emmène... Il faut se laisser faire, se laisser transporter par le récit."

C’est joliment dit, et c’est tellement vrai. C’est comme ça que j’ai commencé à lire la Bible. Jusqu’à la dernière page.

Le 22 décembre 2023 à 19:41 par ForzaPound
#3297872

Je me souviens avoir commencé sa lecture lorsque j’étais au collège, sur mon temps libre je précise, je n’ai pas terminé l’enfer mais vous me donnez envie de me replonger dans cette divine comédie.