Quel que soit le jeu que joue Trump, superficiel ou profond, personnel ou impersonnel, réfléchi ou irréfléchi, on peut dire qu’il a réussit une chose, avec l’attaque conjointe de l’Iran le 28 février 2026 : faire détester Israël dans le monde entier.
- Ingérence au haut plus sommet de l'État :
- Le sénateur américain Chris Van Hollen s'en prend à Trump, qu'il accuse d'avoir déclenché la guerre contre l'Iran sous la pression du Premier ministre israélien.NB : Qui va s'arrêter cette folie ? pic.twitter.com/FlGHgUpXbo
— (@TvTvpeace) March 20, 2026
Mais ça, c’était déjà acquis depuis le 8 octobre 2023 à Gaza, et le viol régulier des résolutions de l’ONU sur la Palestine. Trump a fait plus grave : faire détester Israël aux États-Unis, la base arrière d’Israël. Et ça, c’est pas bon signe, pour ceux qui attendent le Messie, le Troisième Temple et la colonisation totale de la Palestine, et tant pis pour ses habitants, et la deuxième nakba. Avant, on disait déportation, mais c’est comme génocide, on dirait que ça ne sert qu’une fois. Pourtant, les mots sont à tout le monde.
Ce nouvel antisémitisme s’est forgé dans les horreurs juives à Gaza, au Liban et désormais en Iran, une folie guerrière qui peut entraîner le monde dans un brasier que justement les dingues de Tel-Aviv attisent depuis des années, rapport à leur machia’h, parce que c’est prétendument écrit dans leur livre, alors que le messie est déjà venu, et que les Netanyahou, Smotrich et Ben-Gvir de l’époque l’ont assassiné.
Rabbi Yaron Reuven - "After WW3, The Jews Will Reign Supreme" pic.twitter.com/bkn3UMM4wC
— Ounka (@OunkaOnX) February 9, 2026
Les trains ne repassent pas deux fois : il n’y aura plus jamais de messie pour les juifs, Dieu ne va pas prendre ce risque. Il surgira ailleurs, c’est tout, et ce ne sera pas Netanyahou non plus, ni BHL, puisqu’ils sont toujours sur une ligne mortifère, celle de la crucifixion de leurs adversaires, c’est-à-dire ceux qui menacent leur pouvoir terrestre. Les mots peuvent tuer : BHL avait raison, mais pas dans le sens qu’il imaginait.
« Moi je suis atlantiste, pro-américain et européen »
Devinez qui tient absolument à ce que Macron aille commettre des crimes de guerre en Iran avec Donald et Bibi ?
pic.twitter.com/gm39Vzuy8G— Marcel (@realmarcel1) March 21, 2026
Pendant ce temps, les Iraniens envoient du lourd sur Dimona, et Trump menace de détruire les centrales électriques iraniennes. Le conflit lui échappe complètement, on est loin du théâtre de 2025, des effets d’annonce et de la coproduction, désormais.
La conséquence politique de ces errances impériales, c’est la montée de l’antisémitisme aux USA. Pour le coup, pour une fois, c’est vrai ! On dirait que le peuple américain (pour les élites, c’est plié) ne peut être que sioniste ou antisioniste, sans aucune nuance entre les deux pôles.
Le Figaro du 21 mars 2026 a relaté le phénomène, avec une analyse qui l’a obligé à aller au cœur des choses, ce qui, pour un journal français, est à la fois déstabilisant et dangereux. Normalement, on fait des articles pour dénoncer, condamner et s’indigner, en appuyant toujours sur le même bouton. Là, ça concerne la maison-mère, les États-Unis, et ça fait forcément écho chez nous. Mais on ne doit surtout pas importer le sujet et en parler de manière objective ici !
Eh bien on va le faire à sa place. Le Figaro est obligé de reconnaître, à reculons, la ligne de fracture béante dans la société américaine, et, ce qui est nouveau, chez les trumpistes. On appréciera la courageuse utilisation du conditionnel.
Du côté des républicains, les isolationnistes dénoncent l’influence d’Israël sur les États-Unis, qui parviendrait à pousser les diverses administrations à s’engager dans des conflits qui, in fine, joueraient contre les intérêts américains.
Une rhétorique qui s’accompagne désormais d’un discours ouvertement antisémite diffusé par des figures intellectuelles et médiatiques conservatrices comme Candace Owens et Nick Fuentes.
Du côté des démocrates, des mouvements sur les campus jusqu’aux collines d’Hollywood, de plus en plus de voix dénoncent la guerre à Gaza et l’aliénation du gouvernement israélien par l’extrême droite.
Comme si le problème était l’extrême droite, et pas le sionisme !
La guerre à Gaza, les images et les récits journalistiques qui en ressortent, doublés par une propagande palestinienne et antisioniste viralisée par les réseaux sociaux, ont fait voler en éclats le statu quo du débat et ont propulsé l’une des questions géopolitiques les plus complexes de l’histoire dans la polarité binaire du débat public. [...]
Trois ans après le 7 octobre, un an après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et bientôt trois semaines après le déclenchement de l’opération Epic Fury, le débat sur Israël n’est plus cantonné à la politique étrangère : il est devenu un révélateur des tensions qui traversent le pays.
Les juifs du ghetto de Varsovie auraient-ils selon vous aimé que les journalistes parlent de leur propagande antinazie, en 1943 ? Quant au débat « révélateur des tensions qui traversent le pays », il est surtout révélateur de ce que le sionisme fracture un pays, comme chez nous ! On le voit avec la gauche, découpée en deux camps, les LFI et les anti-LFI, ceux qui résistent dans les médias et la politique à l’injonction sioniste, et ceux qui s’y sont soumis (PS, LR, RN).
La fin est digne des éléments de langage du CRIF distribués à tous les ministres chaque année, lors de la remise des César du sionisme.
En défendant une position « America First » tout en assumant un alignement sans ambiguïté avec Netanyahou, Donald Trump a contribué malgré lui à réveiller une opposition de plus en plus frontale et protéiforme à Israël. Et à faire ressurgir le spectre antisémite au sein de la société américaine.
Attention, ne réveillez pas le spectre antisémite, ce monstre ! L’opposition, même frontale, à Israël, est une opinion, qui soudain, par magie, se transforme en pré-crime contre l’humanité, alors que ce sont les Israéliens qui commettent aujourd’hui des crimes contre l’humanité, et qui les assument, en plus. Nous sommes dans Minority Report, à cette différence près que c’est le pouvoir qui organise les crimes.
Pour le ministre israélien Bezalel Smotrich, les frontières de la ville de Jérusalem doivent s’étendre jusqu’à Damas, et celles du Grand Israël du Nil à l’Euphrate.
C’est leur projet. Ils ne s’en cachent pas.
pic.twitter.com/IWFAU6NTGW— (@IIFBS_) March 20, 2026
Le problème, ce n’est pas l’antisémitisme ou l’antisionisme, ce sont bien les crimes d’Israël ! Et l’on dirait, dans cette prose que l’on retrouve partout, que le grand danger, c’est la renaissance d’un antisémitisme (qui n’a pas tué grand-monde aux États-Unis) alors que l’entité israélienne planifie des crimes de masse, avec l’assentiment du pouvoir américain, mais pas son peuple, dans tout le Proche-Orient !
ISRAËL EFFACE VILLAGE APRÈS VILLAGE AU SUD DU LIBAN : LE PATRIMOINE MILLÉNAIRE RÉDUIT EN CENDRES
Des villages entiers rayés de la carte : Mhaibib, avec son sanctuaire du prophète Benjamin vieux de 2 000 ans, a été complètement anéanti, ses siècles d’histoire transformés en… pic.twitter.com/XSqsiTEAuo
— Camille Moscow (@camille_moscow) March 21, 2026
Alors la notion d’antisémitisme, une simple opinion, à côté de ces massacres et déportations de masse, ça ne pèse pas lourd. Fournir 20 000 bombes à Israël, ce n’est rien ; faire naître un sentiment anti-israélien, c’est gravissime ! On a trouvé notre conclusion.
Le crédit de la Shoah est épuisé : le lobby juif, qu’il soit américain ou français, est passé en débit depuis le 8 Octobre, cette autre date clé. Jour après jour, il creuse sa dette morale. Il faudra réparer ! Ça tombe bien, Attali nous dit que les juifs sont là pour réparer le monde. À Gaza, il y a du boulot.


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