Bac : puisqu’on vous dit que le niveau monte !

Publié le : jeudi 23 octobre 2014
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Le ministère vient de publier les notes du bac sur les six dernières années. Derrière la hausse continue, les statistiques révèlent un véritable désastre.

Il y a des gens qui travaillent au ministère. Non, pas le ministre, pas les conseillers, pas les commissions ad hoc bourrées de copains qui se sont cooptés avec délectation (ainsi le tout récent Conseil supérieur des programmes, où l’on apprend avec intérêt que les seuls enseignants de terrain enrégimentés pour définir les nouveaux programmes sont des "expérimentateurs" ou des retraités).

Non, mais les petites mains qui oeuvrent sur les chiffres, dans d’obscures directions centrales, et qui disent la vérité - malgré le ministre, malgré les conseillers. Par exemple, la DEPP, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (si, ça existe !), qui vient de publier les statistiques sur les notes obtenues par les bacheliers sur la période 2008-2013.

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Avant de vous livrer ces résultats, petit rappel de la théorie. Selon André Antibi, un mathématicien toulousain qui est parvenu ainsi à se faire une petite réputation, les enseignants, lorsqu’ils notent, répartissent inconsciemment leurs copies en trois paquets de tailles grossièrement égales - mauvais, moyens, bons. Ce qui doit nous amener à une courbe de Gauss à peu près parfaite à chaque fois.

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Le 23 octobre 2014 à 15:04 par Pamfli
#1008463

Un peu comme la courbe du chômage en France ? Ah ouais, bon bin d’accord alors.

Le 23 octobre 2014 à 15:14 par Grz
#1008475

Le plus triste c’est que les entreprises se sont adaptées et ne se fient plus au papier du Bac. Elles regardent les langues étrangères parlées, etc., bref elles cherchent d’autres critères que ce qui est dispensé par l’éducation nationale pour sélectionner leurs employés. Au final, les dindons de la farce seront toujours les mêmes : les élèves s’appuyant essentiellement sur l’école pour apprendre, par manque de moyen financier ou intellectuel au niveau familial.

Le 23 octobre 2014 à 15:27 par karel
#1008492

Après une second catastrophique, j’ai plus ou moins été orienté en L "parce que mauvais en maths". J’ai commencé ma première de la même manière que j’ai fait ma seconde, en très mauvais élève. Je me suis pris un 6 à ma première dissert et j’ai réalisé que j’en avais marre de faire n’importe quoi. Donc je me suis dit que je n’avais rien de mieux à faire que de bosser comme un fou, et j’ai passé mon temps à réviser, et je suis allé voir un prof sur mon temps libre pour bosser sur la méthodologie et les révisions, etc.

Je suis passé a 16-17 de moyenne sur mes dissertations. Puis est venu le bac de Français, sur un sujet que je connaissais par cœur. J’ai pris un 4 inexplicable.

Alors je suis passé en terminale, et j’ai royalement rien foutu. J’ai séché des cours, je dormais en classe le matin (faut voir aussi les trucs qu’on apprenait sur l’art contemporain en arts plastiques)...

J’ai eu mon bac. Comment ? Allez savoir. J’ai rien révisé, rien suivi, et mes notes n’avaient aucun rapport avec celles que j’ai obtenues dans l’année.

Rebelote deux dans plus tard avec ma sœur, énorme bosseuse, se prenant des cartons inexpliqués sur des matières qu’elle maîtrise complètement, et des notes prodigieuses dans des matières qu’elle ne suivait qu’assez peu et qu’elle n’avait pas révisé.

Ça c’était en 2010, en 4 ans ça a du empirer je suppose.

Mes parents travaillent tous les deux dans l’éducation nationale, ma mère en a marre, et mon père, à la base prof d’arts plastiques, fait maintenant partie des enseignants qui s’occupent du réseau informatique dans les collèges et lycées, et n’a absolument pas envie de retourner sur ce qu’il faisait avant, même si au final, quand il doit apprendre aux profs à se servir des outils informatiques à leur disposition, ils se comportent exactement comme une classe de collège : beaucoup n’écoutent pas, parlent entre eux, quelques uns suivent, prennent des notes et font des efforts. Et là, pas moyen de les reprendre, ils se justifient, mentent, etc ... pire que des gosses.

Après le bac, je suis parti à l’armée, où les réalités étaient bien différentes. Réformé plus tard pour un problème du genou, je suis dans une école d’ingénieur informaticien, malgré mon bac L ... mais au final, aucune différence. Tout le monde s’accorde à dire que ce qu’on a appris au lycée et au collège nous est complètement inutile, mis à part peut être l’Anglais (très mal enseigné), de la culture G et quelques autres rares trucs.

Le 23 octobre 2014 à 15:43 par Buleh Gila
#1008509

Oui, le niveau monte.

Les élèves d’aujourd’hui utilisent des calculettes qui ont la puissance de calcul d’un ordinateur d’autrefois de la taille d’une maison. Et même plus.

Ils connaissent l’Empire du Mali dont les anciens n’avaient même pas idée.

Ils préparent leurs exposés sur Conchita Wurst en deux clics sur Wikipedo.

Donc oui le niveau monte. On va même bientôt être submergé.

Le 24 octobre 2014 à 00:11 par kesu
#1009097

Même si le contexte est la mondialisation, comment se fait il qu’on fasse une priorité (vu l’importance de chaque heure scolaire) l’étude de peuples qui devrait être réservée aux enseignements supérieurs ? Ils vont apprendre l’économie du Sénégal, l’histoire antique du Maghreb et la révolution bolchévique avant l’organisation historique de la France ?

Quel bilan, quel acquis tirons de nos années collège et lycée ? Un peu de science dure, quelques dates et auteurs, des classes d’économie qui préparent plus à l’INSEE qu’au monde du commerce.

Peut-on parler de performance : A. En acquis de base (citoyen, nation, culture G) B. En préparation au monde du travail ? Les filières ES et L se privent du droit, de la compta au profit de filières techno par ex. Y’aurait pas intérêt à construire de vrais filières (avec des spécialités modulables) dès la seconde, au lieu d’apprendre : * des trucs de chimie aux futurs littéraires ? * de la bio à tous les futurs mathématiciens ? * des cours de techno avec peu de maitrise primaire de l’informatique et 101 de l’ingénierie (parce que faire des soudages sur la moitié de l’année quel intérêt) ? * des cours de science, géo/politique et d’éducation civique sans connaissance des canaux/technologies l’information et de l’exploitation des ressources ? * etc

Le 23 octobre 2014 à 16:08 par ·٭·щargueri†e·٭·
#1008531

mouais... les notes, ça me paraît un faux problème. Sur 45 années passées à être enseignée ou enseignante, les notes sont restées les mêmes, quelque soit le niveau, la matière, l’établissement, les circonstances, les directives...

Au fond, c’est juste un mode de communication entre maître et élève. Comme le commentaire sur une copie, le tableau noir, le polycopié, le powerpoint interactif ou la baguette de coudrier... bref : pas essentiel... ni problème ni non-problème. L’essentiel ? Le contenu, le contenu, le contenu. M/

Le 23 octobre 2014 à 22:10 par Nihilsum
#1008974

Madame,

Votre commentaire témoigne de l’état d’esprit médiocre, dépassé et largement convenu dans lequel l’instruction française arriérée et incapable s’enfonce depuis des siècles. Vous admettez implicitement une baisse de niveau quand vous vous faites en réalité l’apôtre de ce qui le rend possible.

Car, non madame, les évaluations notées ne servent pas « au fond » qu’à communiquer, sauf si, par "au fond", vous entendez "de fait" ou "à ce jour". Bien que la notation ne soit pas indispensable, elle permet à l’élève de situer son effort personnel dans une exigence donnée, à supposer que l’enseignant fasse correctement son travail d’instructeur pédagogue et d’évaluateur averti, ce qui ne lui est pas permis en France où la finalité première n’est justement plus de former les esprits et les corps, encore moins dans l’excellence, mais de -former l’individu jusque dans son psychisme.

Car, non madame, répéter trois fois un mot à des intervenants et lecteurs adultes globalement plus conscients que vous, procédé détestable qui vous conforte et vous offre l’adhésion des primates, n’est jamais une argumentation. Si vous aviez lu les bons livres (lisez-vous seulement ?), à défaut de penser par vous-même, vous auriez appris que le contenu ou programme est secondaire par rapport à la méthode d’enseignement qui, elle seule, peut apporter au futur individu mûr la constitution solide nécessaire à son épanouissement et futur rôle social.

Votre commentaire, dis-je donc, montre combien vous semblez ignorante de la psychologie de l’assimilation et des bases de la pédagogie en plus de révolter profondément ceux qui, comme moi, savent combien l’éducation est un facteur fragile et déterminant dans l’évolution de l’espèce humaine.

Lisez "Psychologie de l’éducation" de Gustave Le Bon" ou "Contre la philosophie universitaire" d’Arthur Schopenhauer, vous nous épargnerez des platitudes réfutées depuis trois siècles si ce n’est depuis toujours.

Le 23 octobre 2014 à 20:29 par frederic
#1008847

Gouverner c’est être l’esclave des chiffres, d’ailleurs il suffit de regarder le concours d’entrée à l’ENA pour comprendre que les gens qui nous dirigent ne sont qu’un ramassis d’idiots, abrutis par les chiffres. D’ailleurs tout ce qu’ils savent faire c’est compter l’argent qu’ils accumulent.

Nombreux sont les gens qui se croient intelligent car ils connaissent par cœur des formules. Ils n’ont aucune intelligence émotionnelle, selon eux tout l’univers peut-être traduit en forme binaire. Et ils croient que l’intelligence se réduit au binaire.

Le 23 octobre 2014 à 20:53 par Fredshot
#1008877

J’ai eu mon bac en 2007 et non, ça ne valait déjà plus rien à l’époque... 14,8 de moyenne sans réviser, je ne peux que confirmer les chiffres... et encore, je suis capable de rédiger dans un français acceptable, ce qui se fait de plus en plus rare parmi les bacheliers et les Bac+3. Cependant je constate que le phénomène ne semble pas frapper avec la même ampleur sur le site E&R. Hasard ? Je ne crois pas...

Le 23 octobre 2014 à 22:24 par Apache6669
#1008986

Des programmes vidés de leur substance , des matières inadaptées parce que souhaitant singer le monde de l entreprise ce qui n est en aucun cas le rôle de l école de la république concernant les filières d enseignement général ,des méthodes d apprentissages digne de figurer dans le manuel de pinder , on saborde les programmes d histoire c est plus facile ainsi de faire de bons citoyens dociles , prêts à se faire tondre comme jamais . Avez vous remarque la promotion qui est faite autour de la guerre actuellement .

Le 24 octobre 2014 à 14:16 par redsniper06
#1009636

Si c’est le niveau d’ignorance, d’inculture, d’insuffisance et de médiocrité qui monte ........alors là on est d’accord !!!..