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J’ai la chance ( ou pas, ça c’est un cas de conscience qui m’est propre) de travailler en Suisse à Genève ( qui comme certains le savent, ne subit pas un confinement drastique, et encore moins de contraintes dans les autres villes de l’espace francophone du pays) et vivre un village accollé à la frontière, ce qui me permet d’y aller et venir, d’une part pour le travail, mais surtout, en trichant un peu, d’y aller pour me promener, de voir des amis, visiter des endroits (en Suisse, c’est l’occasion) bref de vivre à peu près normalement. La France pour l’instant, je n’y mettais plus les pieds à part dans mon village. J’ai du hier, me rendre à Annemasse, une des villes un peu importantes du secteur pour des raisons personnelles, et je dois dire que l’expression « j’ai mal à ma France » prenait tout son sens. Une tristesse m’a traversé de voir toutes ces mesures ridicules s’accomplir, masques dans la rue, sur tous les gosses au sortir des écoles, queues aux « commerces d’approvisionnements »(à la soviétique), j’avais vraiment le sentiment d’avoir loupé un épisode, de revenir d’une autre époque. J’ai une pensée pour tous ceux qui sont en train de subir cette situation ubuesque ( les cas en Suisse diminuent concomitamment avec la France malgré une souplesse des mesures). Ne nous laissons pas faire, au moins pour les vaccins..