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Ni droitard, ni gauchiste, 2/3
4) "La liberté dans l’homme est la santé de l’âme" : oui, tout le monde aime bien la liberté, mais peut-on vraiment concevoir un monde d’auto-entrepreneurs à motos qui vivent loin des villes ?... ah ben oui, des chasseurs à l’État de Nature, on y revient toujours, au jardin d’Eden de l’antisocial. Parce qu’aucune société ne peut tenir sans salariés (s’il y a entreprise, il y a patrons et salariés, les uns n’étant rien sans les autres), sans éboueurs, sans chauffeurs, sans fonctionnaires, sans professeurs... Seule une petite démocratie bien connue du Proche-Orient peut se targuer d’abriter une majorité de professions libérales, déléguant toutes les tâches ingrates à ceux qu’elle considère comme le peuple non élu « de flaques, de faibles et de tarentules ». La liberté individualiste en soi n’est ni possible ni souhaitable (ni pérenne ? les forces humaines qui résistent au temps ne sont pas les individus, aussi forts soient-ils, mais les dynasties et les réseaux, c’est-à-dire des constructions collectives), d’autant que tout le monde n’est pas fait pour cela. Le point commun entre le droitards et les gauchistes, c’est de tenir des discours, on le voit, taillés sur du concept pur, éloignés des compromis qu’exigent la Réalité. Pour l’heure, ce sont des absurdités de gauche qui apparaissent au grand jour, mais l’idéalisme de droite conduirait selon moi à autant d’impasses et de contradictions.
5) "Mêmes choses sont le penser et l’être" : une série d’injonctions morales dénuées de toute base morale sérieuse (Nietzsche est l’anti-morale par excellence). Sur quelle transcendance reposent les valeurs défendues dans ce passage, au nom de quoi devrions-nous ne pas mentir, ne pas tricher, ne pas voler ? En quoi le crime ne serait-il pas une preuve de force sur la faiblesse et la lâcheté ? En effet, peut-on vraiment vaincre et réussir "comme un paladin" sans jamais faire le Mal ?... On ne peut pas résumer en quelques phrases une question philosophique aussi vaste sans enfoncer de portes ouvertes ou verser dans les lieux communs...