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En tant que fonctionnaire (douanes) je me reconnais beaucoup dans ton témoignage. Il est clair que le conditionnement politique de certains collègues, notamment ceux de sensibilité de gauche, est assez désespérant par leur inertie de pensée.
Même si des sympathies se dévoilent parfois, le plus grand nombre, encore au stade de la politique de l’autruche ou du dos rond, choisit de ne pas dévoiler sa pensée profonde. Ils sont souvent réticents à une remise en question douloureuse et ils sympathisent de loin sur certains points, peut-être pour écourter le débat, sans pour autant vouloir pousser plus avant la mise à bas de leur conditionnement.
Pour reprendre le mythe de l’allégorie de la caverne de platon, j’ai souvent le sentiment d’être celui qui ayant tourné le dos aux ombres projetées sur la paroi de la caverne, revient vers ses semblables pour les inviter à se détourner de la chimère qu’ils prennent pour la réalité. La difficulté est alors d’exposer ses vues sans trop de passion pour ne pas risquer de passer pour un illuminé embrigadé, ni d’effrayer des moutons qui n’aiment rien de plus que le confort de leur pré carré intellectuel. L’ironie est que, dans leur esprit, l’illuminé devient alors un fou se détournant de la vérité alors qu’étymologiquement c’est celui qui a vu la lumière.
Selon le principe qui veut que toute action entraine une réaction de force égale et opposée, il faut s’évertuer à faire preuve de tact et de tempérance dans son expression pour ne pas activer leurs réflexes de conservatisme, chose d’autant plus difficile qu’il nous semble viscéralement que le temps des atermoiements touche à sa fin.
C’est une gageure de vouloir desciller les yeux de ceux qui nous entourent, on ne peut qu’espérer que le fossé entre les positions s’agrandissant, ils finissent enfin par sortir de leur apathie pour se déterminer. A ce moment là, se rappelant notre position exprimée, ils sauront peut-être se tourner vers nous avec une oreille plus attentive.