Prévenons tout de suite nos lectrices : il ne s’agit pas d’un article sexiste fondé sur une haine des femmes mais bien un article réaliste fondé sur l’expérience. Tout est parti d’un article du Monde sur les souffrances des femmes à vélo. Eh oui, le féminisme pleurnichard est vendeur.
Si le harcèlement de rue est une réalité pour les femmes, et Dieu sait si on en a parlé, mais pas comme les féministes ni les agresseurs, il y a quand même un juste milieu, on n’a jamais vu de femme agressée parce qu’elle faisait du vélo. On met de côté le harcèlement sexuel de rue qui s’opère à pied, à vélo ou en bagnole, et qui est une réalité. De ce côté-là, on ne peut que condamner les tocards frustrés qui s’y adonnent. Mais de mémoire de cycliste, on n’a jamais vu une femme se faire harceler parce qu’elle faisait du vélo, et ce, sur des dizaines de milliers de kilomètres avalés !
Les témoignages signalent des « visages déformés par la violence et la haine », des remarques sur l’apparence physique, des regards lubriques, ou cet automobiliste marseillais hurlant de rage car il ne parvenait pas à retrouver la femme qu’il venait d’insulter. Les victimes se décrivent en état de choc, parfois en pleurs, et font face à l’incompréhension de la plupart des hommes, qui n’imaginent pas à quel point la violence peut s’abattre sur les femmes à vélo.
Certes, on ne peut pas être partout, mais lire dans Le Monde que les mecs ne supportent pas de se faire dépasser par une femme, c’est aberrant. Cela nous est arrivé dans une montée dure sous 33 degrés (Celsius, pas dans une Loge), elle nous a passé facile dans sa tenue de club. Rien à dire, bravo même à cette jeune Jeannie Longo ! Les cyclistes, les vrais, forment une communauté empreinte de respect. Quand on en voit un par terre, on s’arrête, on s’enquiert. En revanche, depuis l’arrivée des vélos cargo et des électriques, quelque chose a changé.
Et là, on ne va pas être très féministes, toujours à partir de l’expérience. Féministes, accrochez vos ceintures ; masculinistes, n’en profitez pas pour généraliser.
La plupart des femmes en vélo cargo ou électrique n’ont pas conscience du danger et de l’effort qu’elles s’épargnent. Elles doublent, klaxonnent, restent droites sur leur selle comme avec un balai dedans, dans une attitude figée, probablement un effet de la peur, de la tension, du stress. Quand elles font une connerie elles persistent et laissent l’autre – un homme, souvent – corriger leur propre erreur par un réflexe. Un cycliste chevronné doit donc faire doublement attention aux femmes à vélo. Toutes ne sont pas des championnes de la grimpe, loin de là.
ce matin un camion en livraison r L Sampaix . une femme en vélo cargo et 3 enfants assis derrière elle , me passe à côté sur le trottoir. je lui fais remarquer que c’est un trottoir . sa réponse : « ta gueule » ! Ma vie de piéton à Paris !
— Grumpy Ex-Parisian (@AlixVincens) May 19, 2022
Quant à celles qui trimballent deux enfants derrière, c’est carrément suicidaire quand elles roulent à fond sur une voie non protégée ! Sans oublier celles qui dépassent en double file avec des mecs en face à 35 km/h. On en voit tous les jours. Le pire, ce sont les cadresses qui téléphonent boulot en roulant électrique : elles perdent doublement la notion de réalité, donc du danger. Elles bossent en roulant et klaxonnent les cyclistes non électrifiés qui ne roulent pas à 30. Cette attitude peut s’analyser de deux façons : soit une ignorance totale de ce sport et des efforts qu’il demande, soit une fierté féministe, une espèce de coming-out de la nouvelle femme qui dame le pion aux hommes. Dans la rue, le vélo est un sport mixte entre hommes à vélo et femmes en électrique...
L’électrique, prisé par les travailleuses du tertiaire, parce qu’arriver en nage au boulot c’est pas top, permet aux femmes de conserver leur apparence, et leur attractivité. Certes, elles ne roulent pas en amazone, mais l’électrique combine rapidité et beauté. La consultante du Monde oublie une chose : la plupart des femmes ne pédalent pas.
La consultante Mélodie Cros Ferréol observe en outre une injonction contradictoire : les « exigences esthétiques imposées aux femmes », qui viennent cogner avec la pratique quotidienne du vélo. Ces préoccupations n’arrivent pas spontanément dans la conversation, mais, après quelques minutes, beaucoup en conviennent avec un petit rire, en s’excusant, car « ça va vous paraître futile », comme le dit Claire Grimout : sur le vélo, « j’oublie le chignon ou la queue-de-cheval à cause du casque, et j’évite la jupe ou la robe », qui, selon des constats empiriques, pourrait se coincer dans le frein à disque de la roue arrière. Le beau pantalon blanc, la chevelure travaillée, le maquillage appuyé sont à proscrire. Et pourtant, « il faut être chic, présentable ; il y a une image à renvoyer », concède Axelle, qui travaille dans la finance et ne porte que des collants noirs, pour éviter la vilaine salissure, « au cas où la jambe entrerait en contact avec la chaîne ».
Pour info, on a dépanné un jour une jolie cycliste qui s’était pris la robe – foutue, pour le coup – dans le dérailleur et la cassette. Elle restait là, debout, bloquée avec sa chaîne et son boulet au pied, si l’on peut dire. Pour se dégager en pleine ville elle aurait dû finir en culotte… Avant de désincarcérer la belle, grâce à un rabza de kebab qui nous a prêté un couteau (on a peut-être fait d’une pierre deux coups en désarmant un djihadiste), on a regardé la scène, de loin. On peut vous dire une chose : aucune femme ne s’est arrêtée pour l’aider. La sororité, c’est une blague, surtout quand aider son prochain équivaut à se tartiner de cambouis.
On ne généralisera pas (on a des copines qui roulent bien), mais le terrain ne ment pas : notre expérience personnelle prouve que les femmes ne sont pas des victimes à 100 % (on met de côté les remarques sexistes, qui ne sont pas du domaine sportif). Quand elles arrivent à deux en discutant dans un virage, occupant les deux voies, on se pose des questions. Sinon, on ne compte plus celles qui doublent tranquillement alors que les deux voies sont chargées. Et puis cette manie de klaxonner l’autre, transformé en obstacle à leur trajet, à leur carrière… Un vrai cycliste ne klaxonne pas, il s’adapte, il prend en compte la trajectoire de l’autre, même si elle est aléatoire.
Quand une catégorie se dit discriminée, et là on sort du féminisme, il faut toujours regarder pourquoi et remonter le fil des causalités. On peut alors tomber sur des surprises.
On va rester positifs


et
!









