"La Ruche qui dit Oui !" : de la communication à la réalité

Publié le : vendredi 17 octobre 2014
Modifié le : dimanche 19 octobre 2014
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Source : Atelier E&R
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Article initialement publié dans l'atelier E&R

Depuis quelques années, des consommateurs et des producteurs désireux de court-circuiter les réseaux de distribution alimentaire classiques, lesquels regroupent de nombreux intermédiaires (courtiers, grossistes, emballeurs, commerçants...) qui prennent leur marge sur toutes les transactions, s’unissent autour de projets associatifs pour organiser des réseaux de distribution plus équitables pour les deux parties.

 

 

Ainsi dans la droite ligne des « Teikeis » au Japon, des « Community supported agriculture » en Amérique du Nord, des « Jardins de Cocagne » en Suisse, des GASAP en Belgique, ou encore des GAS en Italie... sont apparus en France des points de vente directe tels que ceux organisés par les Associations de maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) ou encore par les associations des marchés paysans... Ces collectifs auto-gérés ont pour but de garantir, d’une part un juste prix aux producteurs qui échappent ainsi aux dictats des centrales d’achat, et d’autre part une véritable traçabilité et la fraîcheur des produits aux acheteurs.

Ce marché de niches ne pouvait pas longtemps échapper à la voracité de la Loi du marché. Fin 2010, une start-up : « Equanum », dont le nom commercial « La Ruche qui dit Oui ! » fleure bon la ruralité, a entrepris d’y planter ses griffes. Ses entrepreneurs parisiens sont issus des grandes écoles et ses investisseurs viennent de la galaxie du web.

« La Ruche qui dit Oui ! » est une plate-forme Internet de vente de « produits alimentaires fermiers ». Ses fondateurs se sont inspirés de la méthode commerciale « Tupperware » ainsi que de celle de la commande en ligne des grandes surfaces.

Le concept : un particulier doit créer un réseau de fournisseurs et de consommateurs en démarchant les producteurs et artisans de sa région et en sollicitant ses connaissances et voisinage, ainsi que trouver un local nommé « la ruche », pour réceptionner et distribuer la marchandise. Les fournisseurs doivent être présents lors des distributions pour présenter leurs produits mais s’engagent à ne pas faire de vente directe (le jour même). Les consommateurs deviennent des abeilles en s’inscrivant sur le site et en butinant les produits proposés.

« La Ruche qui dit Oui ! », qui promeut « une agriculture fermière et un système de vente directe pour une alimentation de qualité et une juste rémunération des producteurs », vante dans sa rhétorique bien rodée : le local, le saisonnier, le bio, les produits fermiers... Dans les faits, le local peut s’étendre sur un rayon de 250 km, les produits ne sont pas exclusivement bio, les fournisseurs également des transformateurs et les produits pas toujours alimentaires...

« La Ruche qui dit Oui ! » prétend fonctionner sur un système de vente en circuits courts, donc sans intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Mais peut-on arguer de circuit-court quand il y a trois intermédiaires qui empochent chacun leur part sur les transactions : le gérant/auto-entrepreneur de la Ruche, la société « Equanum » dite la « Ruche Mama » et la société « Tunz SA » qui gère le paiement en ligne ?

Au final 83,3 % des sommes perçues reviennent aux approvisionneurs et 16,7 % partent en frais de services, lesquels ont déjà augmenté depuis la création de l’entreprise et ne peuvent que mécaniquement impacter les prix proposés aux acheteurs ou le prix payé au fournisseur. Dans les AMAP, dont l’organisation de la distribution est gérée bénévolement et à tour de rôle, 100 % du prix de vente revient au fermier.

Le chiffre d’affaires, 9 304 199 euros en 2013, est en constante progression. 20 à 50 nouvelles ruches ouvrent par mois attirant des particuliers recherchant un complément de revenu si ce n’est un revenu tout court ! 27 000 000 d’euros de chiffre d’affaires est prévu en 2014, 80 000 000 d’euros espéré en 2015. Pour l’atteindre, des filiales européennes sont en projet.

Plus nombreuses seront les ruches et les abeilles, plus la « Ruche Mama » amassera de miel !

Nous sommes loin des valeurs sociales et solidaires des associations auxquelles cette entreprise a habilement associé son image grâce à une stratégie de communication abondamment relayée dans les médias.

 

Présentation de « La Ruche qui dit Oui ! » (.pdf)

 

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Le 17 octobre 2014 à 16:46 par Fred
#1002402

très bonne initiative et concept intéressant !

Le 17 octobre 2014 à 19:33 par Guillaume
#1002565

Je pense que tu n’as pas bien saisi le fond de l’histoire. Cela fonctionne comme un super/hyper marché mais avec simplement moins de contacts ou d’intermédiaires et une distribution qui paraît artisanal, près des clients. Le but, quand on cherche à manger "mieux" (Bio) et à contourner le système, n’est pas de se jeter dans les griffes du premier venu mais de chercher réellement des agriculteurs afin de commercer directement avec eux donc sans intermédiaire (100% du prix va dans la poche de l’agriculteur) quitte à "cueillir" les fruits (ou légumes) soit même. Le concept de la ruche paraît intéressant mais ce n’est ni plus ni moins que du business avec des marges pour rémunérer des gens qui ne sont que des parasites. D’autant plus que le Bio est déjà cher à la base (avis perso).

Le 18 octobre 2014 à 19:26 par Fred
#1003441

bonjour Guillaume !

je comprends ce que tu veux dire, cependant je note que sur le site, une fois que tu es inscrit, tu t’abonnes à une ruche qui te fournit l’adresse de provenance du produit. Par exemple : "La ferme bio de XXX pratique la vente directe et est labellisée en Agriculture Biologique depuis 1996."

Donc bien que tu aies raison dans ce que tu dis rien ne t’empêche d’aller directement à la ferme XXX pour faire tes achats !

Le 18 octobre 2014 à 23:43 par Guillaume
#1003671

Bonjour Fred,

Je comprend bien alors je vais juste soulever un petit détail. Je n’ai pas relu les textes (news+pdf) alors je vais peut-être dire une bêtise (oui une de plus). Est-ce que l’agriculteur ou les acheteurs ont les coordonnées des uns et des autres ? ensuite est-ce que celui qui reçoit les légumes pour tout le monde peux donner ces coordonnées à tous ceux qui ont passé commande ? et pour terminer, l’agriculteur n’a t’il pas une clause d’exclusivité ou de non-concurrence l’interdisant de passer directement avec les acheteurs et ainsi contourner la ruche ? (Le point le plus important). Bref, j’approfondirai mais à l’instant je ne peux pas dire mieux. Merci

Le 19 octobre 2014 à 09:48 par Fred
#1003871

>Est-ce que l’agriculteur ou les acheteurs ont les coordonnées des uns et des autres ?

une fois connecté au site, tu as accès au nom du village des agriculteurs/artisans de ta ruche avec une description de ce qu’ils produisent. Donc les producteurs ont les coordonnées des uns et des autres mais pas les acheteurs (juste les prénoms). Cependant rien n’empêche de sympathiser le jour ou tu vas chercher tes produits.

>ensuite est-ce que celui qui reçoit les légumes pour tout le monde peux donner ces coordonnées à tous ceux qui ont passé commande ?

il y a un responsable de ruche que tu peux contacter par message sur le site. La livraison se fait un fois par mois à une adresse donnée sur le site, surement toujours la même. Je pense que la personne qui reçoit les produits peut donner son adresse et son téléphone si nécessaire.

>et pour terminer, l’agriculteur n’a t’il pas une clause d’exclusivité ou de non-concurrence l’interdisant de passer >directement avec les acheteurs et ainsi contourner la ruche ? (Le point le plus important).

ça c’est une bonne question, je n’ai rien vu de tel sur le site mais il faudrait creuser. cependant, si tel est le cas, tu peux t’inscrire sur la ruche et envoyer ta copine directement chez l’agriculteur.

Le 17 octobre 2014 à 17:01 par moi usurier
#1002414

et quand ils auront le MONOPOLE , ils monteront les prix pour "s’auto-récompenser" .

tactique de la grande distribution , ça recommence sous couvert de main tendu .

encourageons les producteurs locaux ,et n’alimentons pas ses "bobos byzness" et leurs discours de drh...

Le 17 octobre 2014 à 17:08 par saisai33
#1002423

Toujours cette même récupération et rentabilisation de la sphère caritative et solidaire par le marché. Le don se transforme en prêt (à intérêt, cela va sans dire). En marketing, ils appelaient ça "économie sociale et solidaire"... renommée "Share economy" depuis peu. AirBnB a procédé à la même arnaque en récupérant le couchsurfing. Le plus bel exemple était celui du Charity Business.

Le 17 octobre 2014 à 17:24 par Talion
#1002441

Voilà le genre de truc qu’on devrait mettre en place entre nous avec des frais beaucoup plus raisonnables.

Le 17 octobre 2014 à 17:33 par kevinalsace
#1002450

bof rien de nouveau ... j’ai testé "au bon sens" c’est pareil tant sur le prix que sur la qualité.

Le 18 octobre 2014 à 00:01 par Bistouri !
#1002798

Au bon sens prend sa marge, mais il n’y pas de 3e intermédiaire qui ce sucre sans rien faire il me semble non ? C’est ce qui est gênant avec la ruche qui dit oui, de l’argent pour celui qui gère la ruche normale, mais le 3e intermédiaire vient sérieusement noircir le tableau.Le concept est intéressant, mais la marge des Parigots est abusée, encore des cons qui veulent rouler en Ferrari sans glander grand-chose. J’ai effectué ma 1ere commande aujourd’hui, les prix sont corrects et j’ai pu acheter certains aliments que je ne trouvais pas dans les grandes surfaces de mon coin (blette, épinard, betterave crue) je me renseigne sur les amap, mais bon, le panier a 5 euros par semaine avec de quoi manger une journée ..... et encore s’il on de la place dispo, plutôt contraignant, faire le tour des agriculteurs me couterait cher en temps/ essence, j’ai pas trop de solutions pour donner mon blé au producteur directement ...

Le 17 octobre 2014 à 17:52 par Féthi
#1002467

Il y a juste un problème avec AMAP(celles que j’ai démarchées en tout cas),le mode de paiement : j’ai dû en faire trois ou quatre,suis allé sur place avec du liquide et elles fonctionnaient exclusivement en carte bleue/internet,c’est bien dommage,je suis retourné bouffer de la m.rde de supermarché...je ne comprends pas,il faut commencer à songer aux gens qui ont bazardé les cb et les chéquiers,il va y en avoir de plus en plus et ce ne sont pas toutes des clodos-marginaux (et c’est chiant parce-qu’on fait un peu de route pour aller les voir et on a l’impression en arrivant de parler à des agents du trésor public "cb ?chéquier ?rib ?",c’est contre-productif,vraiment) ...Féthi

Le 17 octobre 2014 à 18:22 par Laurent
#1002509

Bonjour à tous,

Un article ambigu, pour dénoncer une affaire qui tourne, qui crée des emplois (vous le dîtes vous-même), et améliore les revenus des producteurs ? Que l’entreprise et le particulier distributeur gagnent un peu d’argent c’est normal non ?

"Dans les AMAP, dont l’organisation de la distribution est gérée bénévolement et à tour de rôle, 100 % du prix de vente revient au fermier." Le bénévolat a ses limites. Tout travail mérite salaire. Si 83,3% du prix revient aux producteurs, il me semble que c’est très correct ?

Pour ma part, j’ai récupéré hier un panier généreux, avec des produits qui sentent bons la campagne, à une prix tout à fait comparable aux grandes surfaces :) :)

Le 18 octobre 2014 à 01:00 par christian
#1002850

Pour ma part, j’ai récupéré hier un panier généreux, avec des produits qui sentent bons la campagne, à une prix tout à fait comparable aux grandes surfaces

c’est bien la le problème, les agriculteurs pleurnichent concernant le prix d’achat de leurs produits par les filiales (ce qui est juste) et se sucrent abusivement en vente directe : finalement, peut être vaut-il mieux acheter au supermarché, au moins ça fait vivre une centaine de parasites( dont 8 millionnaires et un milliardaire) et d’esclaves...

Le 18 octobre 2014 à 10:39 par Laurent
#1003084

Bonjour Christian

« se sucrent abusivement en vente directe »

C’est exactement l’impression que ça me fait. Comment expliquer le fait que les produits coûtent autant (ou plus chers !!) dans les amap que dans les supermarchés ? Je n’y connais pas grand chose, mais il y a quelque chose qui m’échappe.

Le 18 octobre 2014 à 13:07 par Frédérick
#1003191

@ Laurent,

Je partage votre point de vue et je trouve également l’article ambigu.

Les arguments de l’auteur m’ont rappelé ce que je retrouve souvent dans le discours de personnes qui idéalisent une économie "juste" : la honte de l’enrichissement. Je ne pense pas que le problème réside dans la capitalisation mais dans l’ultra-libéralisme : un artisan qui utilise une part de ses recettes pour s’acheter de plus en plus d’outils accroît son capital, il s’enrichit. La faille se trouve dans le fait qu’il puisse exister une exploitation des personnes et de leurs ressources plutôt que dans le fait qu’une entité puisse avoir un succés commercial.

Ensuite, il est vrai qu’un succés commercial peut voir le jour par une exploitation de personnes et de leurs ressources.

Est-ce le cas de "La Ruche qui dit Oui !" ?

Peut être, mais il faudrait le démontrer un peu mieux que dans le texte qui nous est fournit. Il semble que c’est une entreprise basée sur une idée et que cette idée dynamise un secteur et une philosophie.

Oui, ce sont des intermédiaires. Mais c’est un meilleur intermédiariat que celui des réseaux de la grande distribution. Leurs bénéfices en tant qu’intermédiaires sont-il excessifs ? Peut-être, mais il faut le démontrer. Et même si c’est le cas, je crois que cela ne reste qu’un défaut périphérique par rapport au concept global.

20 à 50 nouvelles ruches ouvrent par mois attirant des particuliers recherchant un complément de revenu si ce n’est un revenu tout court ! Pourquoi le point d’exclamation ? Qui a-t-il de choquant ?

Fin 2010, une start-up : « Equanum », dont le nom commercial « La Ruche qui dit Oui ! » fleure bon la ruralité, a entrepris d’y planter ses griffes. Ses entrepreneurs parisiens sont issus des grandes écoles et ses investisseurs viennent de la galaxie du web. Un tableau subjectif qui dépeint un comportement prédateur. Cependant, des concepteurs qui créent de la valeur ajoutée au producteurs, ça a toujours existé aussi. De nouveau, le problème réside dans l’équitabilité de la distribution des recettes.

Dans les faits, le local peut s’étendre sur un rayon de 250 km, les produits ne sont pas exclusivement bio, les fournisseurs également des transformateurs et les produits pas toujours alimentaires... Je crois qu’ils promeuvent la production propre (pas forcément bio) de produits alimentaires et d’artisanats au lieu de la fabrication à la chaîne qui vend à des milliers de kms.

De nouveau, s’il y a critique à faire, qu’elle soit fondée.

Le 18 octobre 2014 à 14:25 par Frédérick
#1003244

@ Laurent,

« se sucrent abusivement en vente directe »

De ce que je comprends, les chaînes de la grande distribution imposent leurs règles aux producteurs et les battent ainsi sur les prix.

Ensuite, un agriculteur qui n’a pas une vente assurée -comme peut l’offrir effectivement un client tel qu’une chaîne de supermarchés- doit calculer dans ses prix les pertes possibles qui seront les conséquences ou de ne pas avoir tout vendu ou bien des aléas de la production. Dans ce schéma, plus la production est écologique, moins il y a de possibilités de contrôler la production : les fertilisants, les produits anti-vermine et la récolte des fruits et légumes quand ils sont verts aident à contrôler la quantité de production et la longévité du produit fini donc maximisent la vente et stabilisent les prédictions de rentabilité. Les prédictions de rentabilité sont indispensables dans n’importe quel négoce -surtout quand vous êtes surendettés comme cela semble être le cas pour de nombreux agriculteurs indépendants.

Pour terminer, le budget alimentation du consommateur occidental moderne doit être beaucoup plus bas qu’il y a deux-cents, trois-cents, quatre-cents ou mille ans : il faut bien qu’on achète des bagnoles, des télés, qu’on se téléphone, qu’on sorte... Suivi d’un long, très très long etcétera.

L’agriculteur indépendant pâtit de la frivolité de nos modes de consommation.

Je ne prétends pas être un spécialiste non plus et peut être qu’il y a tout de même des abus dans les prix pratiqués dans les AMAP. J’apprécierais que d’autres puissent apporter plus informations, qu’elles contredisent mes propos ou non.

Le 19 octobre 2014 à 12:12 par amap
#1003974

Le propos de l’article n’est pas de critiquer l’initiative en tant que telle mais sa communication mensongère. Se présenter comme une AMap et bénéficier de leur image, c’est cela qui est critiquable...

Le 17 octobre 2014 à 19:26 par MG22
#1002557

Encore un bon moyen de s’en mettre plein les fouilles sur le dos des paysans/artisans sans quasi rien faire (equanum et Tunz SA).

Le 17 octobre 2014 à 19:44 par Fred
#1002573

je me suis inscrit pour tester, le site est bien fait, les prix sont raisonnable, ça peut être sympa...

Le 18 octobre 2014 à 01:26 par faguolaowai
#1002871

oui, mais ces gens sortent de grandes écoles et il est difficile de leur faire confiance.

Le 17 octobre 2014 à 22:37 par la finance à la lanterne
#1002704

Bon début de réflexion, on peut creuser un peu. Si vous n’êtes pas producteur ou proche du milieu agricole, ca n’est pas facile de saisir les nuances entre les différents modèles de distribution et de les comparer avec le fonctionnement de la ruche. Commencez par regarder le profil des fondateurs, on sent tout de suite la france profonde qui a souffert de l’exode rurale.

Le principe commercial est très simple : Tout les frais de production, transport et logistique diverses sont extériorisés sur le producteur et la ruche. La présence du producteur au distribution c’est du baratin pour lui faire perdre son temps et l’obliger à faire le voyage, donc le transport. La ruche mère, elle, ne fout rien mais encaisse mais doit avoir un bon budget com quand même. Le seul et unique but du système "ruche" est d’engraisser ses deux fondateurs, rien d’autre.

Il est facile de prétendre qu’on laisse une plus grande marge aux producteurs que la grande distrib. ou autre quand on ne rend aucun des services que rend celle-ci (logistique, plateforme de distrib, horaire d’ouverture, service client etc.... etc...). Pour ce qui est des producteurs il n’y a rien de contractualisé entre ceux-ci et la ruche contrairement à d’autre système comme certain magasin bio, AMAP, groupement de producteur, coopérative de prod.. La contractualisation est essentielle pour les producteurs car une production se réfléchis sur plus d’un an et les investissements se font sur plusieurs années. Dans une ruche le producteur peut se faire exclure du jours au lendemain sans aucune forme de justification. Les personnes qui gère les ruches vont tout faire pour maximiser le chiffre d’affaire et ne vont pas hésiter a faire jouer la concurrence entre les producteurs. La charte c’est du baratin qui n’engage que celui qui y croit, le producteur à besoin d’un contrat.

Les coopératives de distrib. régionale ou les magasins de producteurs par exemple prennent souvent des marges de l’ordre 20% sauf que ce pognon ne sert pas enrichir deux gosses de riches. Il sert en partie à créer des infrastructures (plateforme de stockage, conditonnement, achat de camion ; conseil technique au agri. etc etc....) et pour une bonne partie des coopératives, elles appartiennent aux producteurs.

Sinon pour le concept de lieu de vente "itinérant" ou "temporaire" c’est assez intéressant. Mais ca existe déjà, ca s’appelle un "marché" et les deux blaireaux ne touche rien dessus.

Le 17 octobre 2014 à 22:56 par roberto Miopalmo
#1002724

Le plus beau avec ce système, c’est que la personne en charge d’une ruche travaille pour un salaire de misère avec aucun contrat la couvrant en cas de problème et les "bobos" parisiens peuvent continuer à amasser leur pécule. il suffit de simples tableaux en ligne et de créer une association en lien avec des producteurs locaux pour disposer d’un système similaire sans les deux intermédiaires et en économisant donc 16 %.

Le 18 octobre 2014 à 10:52 par Laurent
#1003092

Bonjour,

"Il suffit de". Y’a qu’à, faut qu’on. Dans ce cas, si c’est simple, faites-le.

Vous comprenez, personne ne veut travailler gratuitement, et à raison. Le travail bénévole est de mon point de vue une absurdité. S’il y a des personnes qui se dévouent pour contacter les producteurs, et mettre à disposition chaque semaine leur maison pour distribuer les produits, c’est normal qu’elles soient rémunérées. Maintenant, concernant les "fils de riches qui s’en mettent plein les poches sans rien faire" (lu dans un autre commentaire), il faut réfléchir un instant (et pourtant dieu sait si je hais les écoles de commerce). Oui c’est une affaire qui marche pour eux, et alors ? Ils se sont bougé le cul pour mettre en place une structure qui à l’air de fonctionner, au bénéfice de tout le monde. Croyez-moi, ils ont travaillé pour ça. Au lieu d’aller sur le site Sanguisterrae, vous pouvez directement aller acheter vos bouteilles de vin chez les producteurs. Idem pour Aubonsens. Comme ça vous court-circuiterez tous les intermédiaires :)

Le 18 octobre 2014 à 14:20 par moi usurier
#1003240

laurent ,

le probléme se situe au niveau de l’échelle . au plus ces "ruches" sont grandes au + elles me semblent aller dans la direction inverse du projet initial.

le principe n’est pas forcément "pourri" à la base , ce qui sent le moisi à moyen ou long terme est cette tendance à tout s’accaparer ,et une fois la disproportion atteinte ,vient l’incontournable question des actionnaires et autres requins venant faire main basse sur la création de ces gens .

et contre "quelques milliards " , ils ne feront pas la fine bouche ...

il est question de proportions et non de "principes" dans ce cas ..

Le 17 octobre 2014 à 23:46 par olivier
#1002788

C’est clair que 8,5% pour la boîte, c’est énorme, ça ne leur coûte rien ! Il doit y avoir 1% pour une banque ou un prestataire de paiement du fait du paiement en ligne, le coût fixe du site internet, de l’effort commercial et du tout petit personnel et aucun autre coût variable. Le taux de profit de la boîte doit être gigantesque. Bel exemple de parasitisme.

Le 18 octobre 2014 à 07:16 par dav
#1002970

mon frere est courtier en agro alors je vais pas cracher dessus...d’autant qu’il plume les producteurs etrangers et non francais...et se fait des couilles en or !

Le 18 octobre 2014 à 13:54 par Le Goy
#1003219

Effectivement, c’est regrettable qu’il faille choisir entre les intermédiaire et le bénévolat (je suis catégoriquement contre le travail non-rémunéré). En voyageant en Autriche et en Allemagne, j’ai souvent vu des "distributeurs" de journaux, où il suffit de se servir et de mettre la somme indiquée dans une petite caisse. Dans les villages, les paysans essaient de renverser les nuisances de la circulation automobile en adoptant le même système de self-service pour les fruits, légumes, fleurs. D’ailleurs, même les cigarettes sont en serf-service dans la rue, même si les contrôles légaux nécessitent de mettre en place une vérification de l’âge de l’acheteur. Quel paysans français tentera d’exposer simplement sa production en mettant y petite caisse avec le prix indiqué ? Faites-ça en France, et vous êtes sûr que la marchandise part et peut-être même la caisse, avec peut-être encore un contrôle du fisc ou de la dass à la clé. On a ce qu’on mérite. Insécurité = vie chère pour les honnêtes gens Il est d’ailleurs marrant de noter qu’à chaque fois que les médias nous donnent l’Allemagne en exemple, ils nous montrent avant-tout les choses négatives (en les présentant comme positives) et jamais les aspects pratiques de la vie quotidienne, tel que je viens de le faire.

Le 18 octobre 2014 à 13:58 par Dominique
#1003224

Bonjour à tous,

Des initiatives et regroupements de producteurs et consommateurs de produits bio se forment. Tel est par exemple le cas en Vendée avec le Collectif Court-Circuit. Ici, chacun commande les produits qu’il souhaite, en fonction de son propre rythme et bien sur de la disponibilité des produits (de saison, locaux et bio). On peut s’abonner de façon hebdomadaire (comme pour les AMAP) mais aussi acheter quand on veut en fonction de ses besoins. Aucun intermédiaire, le producteur est payé à 100%. Seule une adhésion annuelle est demandée à hauteur de 10 euros. Les producteurs sont sélectionnés après étude rigoureuse de ses méthodes de production par les adhérents du Collectif.

http://collectifcourtcircuit.over-blog.com/

Le 19 octobre 2014 à 10:41 par mikachu
#1003904

"c’est bien la le problème, les agriculteurs pleurnichent concernant le prix d’achat de leurs produits par les filiales (ce qui est juste) et se sucrent abusivement en vente directe : finalement, peut être vaut-il mieux acheter au supermarché, au moins ça fait vivre une centaine de parasites( dont 8 millionnaires et un milliardaire) et d’esclaves...

Sans connaitre le sujet en profondeur, peux etre que le fait que les prix en vente directe soit identique en grande surface provient du fait qu’en grande surface les volumes de vente sont importants auprès des centrales d’achats des GMS, permettant de compenser la faible marge par un "effet volume"

Inversement, les volumes dans le cadre de vente directe sont faibles, et peuvent s’expliquer par x ou y raisons. _

Le 19 octobre 2014 à 12:59 par Titanic
#1003999

En tant que consommateur, j’ai essayé les AMAP, les Biocoop (qui n’ont de « coop » que le nom aujourd’hui et dont la logistique n’a rien à envier à la grande distribution), les cueillettes et approvisionnement à la ferme, les marchés paysans... et LRQDO. J’aime bien la Ruche pour l’efficacité du site, leur professionnalisme, la diversité des producteurs et les prix (moins cher qu’au marché paysan et à la ferme). À part les AMAP, que j’ai vite abandonnées, je m’approvisionne toujours chez les uns et les autres. Je trouve que dans tous ces modes de consommation alternatifs, plus le choix restera divers et varié mieux ce sera. Au lieu de mettre en concurrence les acteurs des circuits courts, mieux vaut s’attaquer aux scandales de la grande distribution comme l’étalement de leur surface sans permis de construire au détriment de terres cultivables. Aussi, je vous invite à soutenir le combat de ce couple de petits commerçants (voir vidéos YouTube du compte « Asso EnTouteFranchise ») en signant la pétition suivante : https://secure.avaaz.org/fr/petition/On_sadresse_au_gouvernement_francais_Obtenir_un_recouvrement_des_amendes_adressees_aux_centres_commerciaux/?pv=42

Le 26 octobre 2014 à 09:14 par Locavorette
#1011805

Merci à Titanic, pour ce seul message sensé de la discussion. Comme ça fait du bien ! Regardez plutôt le résultat : Des milliers de familles qui consomment des produits locaux et qui n’auraient pas adhéré à des systèmes bénévoles (trop contraignant) ni acheté dans les coop (trop cher et approvisionnement en plate-forme non locale). Demandez donc à tous ces producteurs qui fournissent les Ruches ce qu’ils en pensent ? Ils ont trouvé un débouché et peuvent pratiquer la vente directe sans passer des heures sur un marché pour une vente fluctuante, gardent un contact avec les consommateurs et gagnent du temps en comptabilité parce que la facturation est établie par un tiers. Pas d’échange d’argent sur place, un confort non négligeable. Aussi, peut-être faut-il arrêter de focaliser sur les 2 fondateurs, non ? Des bobos ? Des fils à papa ? Ou juste des entrepreneurs comme tant d’autres, qui ont embauché une quarantaine de personnes en 3 ans ?! Regardez également les bilans de la société (accessibles gratuitement sur le net), vous verrez, avant d’arguer avec les chiffres d’affaire, que le résultat est déficitaire. La société Tunz ? Elle propose le système de paiement en ligne. Pas de quoi fouetter un chat. Dans une coop, il y a bien tout un système de paiement aussi non ? Caché derrière une caisse enregistreuse...