La finale de la CAN, c’est mieux qu’un film : c’est un grand film. Il y a de l’action, de l’aventure, de la corruption, de la faute, de la violence, de la pression, du combat, de la folie, de la raison, de la joie et de la détresse. Que demandent les peuples ?
Invités à jouer la finale de l’édition 2026 face aux puissants Marocains, les Sénégalais, que personne ne voyait à ce niveau, ont réussi le hold-up parfait dans des conditions extrêmement difficiles. En Afrique, comme l’explique l’ex-entraîneur des Lions (de la Teranga, pas de l’Atlas) Claude Le Roy au Figaro, il faut être costaud.
On est dans une société abominable à cause de tout ça. Oui, il y a des émotions en finale d’une Coupe d’Afrique. J’en ai fait, j’en ai gagné. Je sais ce que c’est. Je sais tout ce qu’on peut ressentir. On peut être fragilisé un petit peu nerveusement avec tout ce qu’on peut entendre à droite ou à gauche. Moi, j’ai fait ça à une époque où il n’y avait pas les réseaux sociaux, qui abîment complètement l’avant-finale. Les Marocains ont fait tous leurs matchs à Rabat, les Sénégalais, à Tanger. Peut-être qu’il y a eu un petit manque de sécurité quand ils sont arrivés par la gare TGV de Rabat, mais ce sont des épisodes humains. On m’a interdit avant une finale de Coupe d’Afrique d’avoir un terrain d’entraînement. On s’est entraînés dans un jardin public parmi les poussettes et les landaus... Donc, je connais tout cela. Il faut être costaud et rationnel dans une situation qui ne l’est pas.
Le match aurait pu s’arrêter à la 91e minute, dans le temps réglementaire, quand Abdoulaye Seck marque un but quasi normal, après un petit duel avec Hakimi, qui réussit son plongeon olympique.
L’arbitre, lui, siffle immédiatement une faute, comme s’il avait reçu la consigne de ne pas laisser le Sénégal l’emporter. Il devra s’y résoudre, puisqu’à la 94e, dès le début de la première mi-temps des prolongations, Pape Gueye envoie un missile supersonique du type Orechnik dans la lucarne de Yassine Bounou, qui ne peut rien faire.
Tu es chez toi, tu prends un but de ouf, en plus il pleut, ça sent la défaite. Les Sénégalais résisteront, et seront même à la limite de planter un second but meurtrier.
On parlait de spectacle : après l’annulation du but sénégalais de la 91’, le jeu reprend, et on en arrive à la fameuse 94’, mais du temps réglementaire : il y a 8 minutes d’arrêts de jeu. C’est alors que Brahim Diaz, la pépite marocaine du Real de Madrid, s’effondre dans la surface sénégalaise (dans sa propre surface on s’effondre plus rarement). L’arbitre, soudain, consulte l’écran au bord du terrain relié à la VAR, l’arbitrage par vidéo. Et décide de siffler penalty. Alors qu’il n’a pas consulté son écran sur le but sénégalais...
Diaz se prend pour Zidane et les pieds dans le tapis
Rendus fous par cette double décision, le but refusé à leur équipe et le penalty généreux accordé au Maroc, les joueurs sénégalais quittent le terrain. On pense alors à une Knysna, à la gestion calamiteuse du match par les joueurs eux-mêmes... Quand, par une intuition de génie, Claude Le Roy s’avance sur le terrain (en dépit des lois du foot) et contacte Sadio Mané, le capitaine star des Lions. Il lui conseille alors de rameuter ses troupes et repartir au combat. Ce qu’elles font, avec un sentiment d’injustice chevillé au corps.
La suite, c’est Diaz qui manque sa Panenka, et Gueye qui marque l’unique but des prolongations, avec la victoire au bout.
Tout le Maroc pleure la défaite, Hakimi fait la gueule avec son trophée de perdant, et Diaz titube, comme choqué après un bombardement. Les journaux du monde entier tirent à boulets rouges sur la finale, mais nous, aimant le sport et le spectacle, a fortiori le sport-spectacle, on a adoré.
Merci l’Afrique ! Rendez-vous à la Coupe du monde 2026 avec Trump en maître du monde qui prendra des sanctions contre le Paraguay ou l’Australie si deux pays (sinon la Turquie ou la Roumanie) lui font l’affront d’éliminer les États-Unis au premier tour, s’il ne décide pas de les bombarder !
La bande-annonce du film de l’année


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