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Quelques femmes se font tabasser par leur conjoint, est-ce suffisant pour que des milliers d’autres femmes sans doute pas concernées par le problème aillent manifester dans les rues et pour que des gusses aillent dégueulasser les rues avec leurs affiches "Papa, il a tué Maman" ? Apparemment, oui. Comme il serait sans doute suffisant qu’un lombric se fasse écraser par un cycliste pour que des allumés sortent derechef pancartes et porte-voix, surtout si les allumés en question ont auparavant été sensibilisés à la question - cruciale ! - de l’impact du vélo sur l’environnement. C’est vrai, on oublie un peu trop souvent le nombre de moucherons tués dans les rayons de sournoises bicyclettes chaque année.
Ainsi va notre société bouffée par l’image et les réseaux sociaux, nouveaux dieux de professionnels de l’indignation qui n’ont plus comme repère que l’hystérie générée par la vue de non-évènements. Une hystérie qui se nourrit d’elle-même, en réponse au manque de discernement d’autres larvaires qui seront tout aussi prompts à hurler leur désaccord avec les féministes, les pro-Trump ou les anti-paella... et ceci pendant qu’une poignée de notables, à la pointe du triangle, se marrent comme des bossus. J’ignore si je suis moins sensible que mon prochain à cette ingénierie sociale, mais ce genre d’épiphénomène, que je sais d’avance remplacé par d’autres d’ici quelques tweets assassins, me court franchement sur l’escargot. Au moins cela m’aura t-il inspiré quelques mots. C’est déjà ça.