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Cela me file un peu le bourdon... Les années 60 c’est aussi mon enfance, le premier vinyl des Beatles acheté au Mono du coin, les petits commerçants... Bref je revoie à chaque fois des images de "Mon Oncle" de Jacques Tati, film dans lequel se joue un drame en filigrane : le grand basculement vers ce que l’on pourrait nommer à bien des égards "l’intégration américaine"... En particulier une scène toute symbolique dans laquelle un vieux mur en ruines sert de frontière fragile et toute provisoire entre deux mondes, celui de l’âge de pierre et celui du béton.
Peut-être sont-ce ces souvenirs et les valeurs que nous en tirons qui expliquent que beaucoup d’entre les fêlés du bocal sont nés à la fin des années 50 ou au début des sixties, même le passage d’une décennie à l’autre n’a pas échappé au globish...
Tout ça pour dire que le monde actuel me fait, doux euphémisme, chier, et ne supporte pas la comparaison avec les années 60-70. Je vois les gamins et leurs amis qui galèrent... Pour nous c’était facile d’aller se balader à Paris, de se taper un gastos puis une toile et plus tard une petite chiotte et de l’essence pour faire avancer toute la smala.
Oui ça me fait chier, pour mes mômes, pour tous les mômes. Et cela me fait d’autant plus chier, c’est même de plus en plus insupportable, que je ne puisse ou sache pas quoi faire dans le fin fond du trou du cul de la France où nous vivons, un coin où rien ne se passe sinon le temps mais un coin où nous nous sentons plus en sécurité, surtout pour la bouffe et la flotte, mouais.... mais fait chier ;)