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Cela fait quelques années qu’au sein de l’Education Nationale on projette de supprimer les notes. Certaines classes sont déjà en expérimentation notamment dans le collège où j’exerce. D’une part : l’absurdité de cette méthode totalement en décalage avec la suite des études (comment juger une copie de concours d’entrée à une grande école sans note ?) d’autre part l’ineptie de cette réforme, parachutée de but en blanc comme d’habitude, sans adaptation, et qui consiste à remplacer les notes chiffrées par des "compétences". Je traduis : on remplace les savoirs (donc la connaissance réelle, celle qu’il faut apprendre et pour cela il faut faire des Efforts) par les savoir-faire, c’est-à-dire une suite de tâches techniques qui n’ont aucun sens mais bien suffisantes pour transformer nos élèves en exécutants. En revanche pour jeter de la poudre aux yeux et conforter nos chères têtes blondes dans leur médiocrité, c’est excellent. Pour lutter contre les mauvais résultats scolaires, supprimons les résultats scolaires. Totalement cohérent avec le problème du niveau des épreuves du baccalauréat. Au lieu de lutter contre l’ignorance, on baisse les exigences. Tu n’as pas rien compris au film, petit tu es "en voie d’acquisition". Alors que les chercheurs en pédagogie font un travail très intéressant sur les méthodes d’apprentissage, on bafoue leur travail, on le détourne complètement pour en faire une bouillie informe, une machine à gaz dont le but ne peut être que de rendre nos masses complètement ignares, et de surcroît d’en être fiers. Nous avons le Droit d’être ignorants, scande-t-on dans la rue quand une intégrale à paramètre ne se calcule pas en "consultant le manuel de la calculatrice", contrairement aux exercices de probabilités dont la théorie est totalement évincée pour la simple raison qu’elle est incompréhensible pour un lycéen. Nous faisons à présent de nos enfants des statisticiens, de braves comptables pour le marché, en opposition aux programmes antérieurs où l’on mettait l’accent sur l’arithmétique, partie des mathématiques qui elle, est bien mieux liée aux raisonnements logico-déductifs, fondés sur cette logique aristotélicienne qui fait la force du logos ! Et qui a l’avantage de requérir très peu d’outils au préalable, soit abordable pour un lycéen mais qui demande de (gros mot) : Réfléchir. En un mot comme en 100 on tue les maths, on tue le français, on tue l’école, et je me refuse de croire que cette destruction n’est pas un projet voulu.
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