Présidence Macron : les ennuis ne font que commencer

Publié le : lundi 28 janvier 2019
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J’ai cru remarquer depuis quelque temps que notre nouveau président souffrait d’un certain désamour de la part de la population, ce qui n’a surpris que ceux qui ne connaissent pas la capacité éminente de ceux qui sortent de l’ENA et de l’inspection des finances à foutre en l’air une situation parfaitement calme. À l’origine de cette chute de popularité on trouve de la part du président un mépris visible et total pour ce qu’il faut bien appeler le peuple, ce qui semble avoir déclenché un puissant mouvement de fraternisation des populations à la sortie de chaque ville de gens déguisés en jaune et que rien ne semble réunir si ce n’est la détestation qu’ils ont pour celui qui à l’évidence les trouve inutiles dans son projet de la « start-up France » parce qu’ils ne comprennent rien au tableur Excel…

 

La mauvaise nouvelle pour monsieur Macron est que non seulement sa popularité est en chute libre, mais qu’en plus sa start-up, à la place de décoller en laissant tout le monde sur place est en train de piquer du nez et va sans doute s’écraser au sol. Comme le disait le regrettable président Chirac : « les emmerdements, ça vole toujours en escadrille ». Pour monsieur Macron, les ennuis ne font cependant que commencer. Car l’économie française est sans doute en train de rentrer en récession à nouveau, et voir un président sans aucune crédibilité avoir à faire face à ce qui pourrait être une crise économique très grave me semble un peu inquiétant.

Fort bien va me dire le lecteur sceptique et toujours macronien (si, si, il en reste), mais pourquoi devrions-nous avoir une récession maintenant ? La réponse est simple ; parce que les entrepreneurs/hommes d’affaires sont en train de perdre confiance, comme le montre notre premier graphique. Et comme la croissance ne dépend en rien du gouvernement (malgré ce qu’en dit Keynes) mais en tout du moral des entrepreneurs, chacun peut voir que nous sommes vraiment mal partis.

 

 

Explications pour le premier graphique.

- La ligne rouge représente la variation du « moral » des chefs d’entreprise d’après l’INSEE sur les 12 mois précédents, et l’on voit que ce moral est passé de +2 au moment de l’élection, ce qui n’était guère fameux à -8 aujourd’hui, ce qui confine au sauve qui peut. Comme le disent nos amis suisses, les chefs d’entreprise français « n’ont pas été déçus en bien ». Si l’on en juge par les épisodes précédents, une récession quelque part en 2019 est une quasi-certitude en France, compte tenu de ce que je sais aujourd’hui.

- La ligne bleue représente les variations de la production industrielle française sur les 12 derniers mois et là aussi, on peut s’attendre à une baisse en termes absolus de la production industrielle dans les mois qui viennent. Remarquons pour les férus de statistique que la production industrielle française est aujourd’hui plus basse qu’en 1998, alors qu’en Allemagne elle est de 40 % supérieure aujourd’hui à ce qu’elle était en 1998. Merci Delors, Trichet, merci Bruxelles, merci l’Euro…

- Et enfin, les périodes hachurées en gris représentent les moments ou l’économie française a été en récession, c’est-à-dire ceux où la richesse produite par le secteur privé se contracte d’une année sur l’autre. Tout semble indiquer que je vais devoir hachurer mon graphique en 2019…

Fort bien, va me dire le même lecteur toujours sceptique mais pourquoi cela aurait-il de l’importance ? Bonne question, et la réponse est la suivante : parce que les récessions déclenchent une baisse des marges des sociétés et que cette baisse des marges entraîne une hausse du chômage quelques mois après, comme le montre le deuxième graphique.

 

 

Il est tout à fait stupéfiant de constater que le théorème dit de Schmidt (ancien chancelier Allemand) : « les profits d’aujourd’hui sont les dépenses d’investissement de demain et les emplois d’après-demain » se vérifie dans tous les temps et dans tous les pays et que les seuls qui ne soient pas au courant soient les inspecteurs des finances et les diplômés de l’ENA. Si vous voulez faire baisser le chômage, il faut et il suffit de prendre des mesures favorables aux entrepreneurs (mais pas automatiquement aux sociétés du CAC 40), ce que la technocratie française refuse de faire depuis quarante ans, parce qu’elle sait que dans un monde où les entrepreneurs sont prospères, le prestige des énarques s’effondre.

Et quand les marges des sociétés baissent, il se passe un phénomène curieux, très peu étudié par les économistes français : le chômage augmente, les dépenses de l’état augmentent, le déficit budgétaire et la dette explosant du même coup. Et donc, comme le secteur privé dans notre beau pays n’est pas autorisé à se développer, le poids de l’État dans l’économie augmente sans cesse, nécessairement financé par un accroissement du déficit budgétaire, et la dette en pourcentage du PIB ne cesse de monter comme le montre notre troisième et dernier graphique. Nous nous soviétisons lentement mais sûrement, mais heureusement Gorbatchev est au pouvoir, et va sauver le communisme.

Lire l’article entier sur institutdeslibertes.org

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Le 28 janvier 2019 à 12:33 par Paturel
#2134200

Merci à Monsieur Charles Gave, et à E&R pour cet démonstration on ne peut plus claire. Monsieur Gave sait de quoi il parle, aucun doute à avoir !

Le 28 janvier 2019 à 13:08 par Nuri
#2134218

Oui bon... D’accord avec l’analyse et les explications mais, cependant, je doute que nos "dirigeants" n’aient pas conscience de tout cela. Tous les présidents après Chirac ont été choisis pour foutre la France en l’air. Donc, de ce point de vue, ils font très bien leur travail.

M. Gave, le problème ce n’est pas l’ENA. Le problème, ce sont les groupes de pouvoir occultes qui ont fait complètement main-basse sur tous les réseaux de pouvoir francais et qui contrôlent tout à ce niveau-là. Et nous... Ils ne nous restent plus qu’à voter pour les marionnettes qu’ils nous proposent.

Le 28 janvier 2019 à 14:07 par francky
#2134265

Oui vs avez sans doute raison, mais n’oubliez pas non plus l’analyse de Michel Drac qui pense lui aussi qu’une grande partie du pouvoir en France est aux mains d’une dizaine de tres tres haut fonctionnaire tous sorti dans la botte de l’ENA...

Le 28 janvier 2019 à 20:00 par Le Malicieux
#2134571

@ Franky

Le pouvoir en France est au mains "d’on sait qui". Drac désigne l’arme du crime, non le criminel...

Ces types sont des exécutants ; ils exécutent les ordres.

La vraie question : qui donne les ordres ? Certains,face a la reponse,restent prudents, au fond, ils vivent bien du système, et n’ont pas vraiment intérêts à ce que les choses changent...pas dans la douleur, en tout les cas.

Le 29 janvier 2019 à 13:09 par Patrick
#2135060

Arrêtez de faire semblant. La réponses à : qui détruit la France, est inscrite dans notre inconscient collectif. Même un enfant de dix ans le ressent.

Le 28 janvier 2019 à 14:20 par awrassi
#2134275

La défense du capitalisme est vaine ; c’est lui la cause de tous les maux : misère, inégalités sociales et politiques, guerres, colonisation, immigration, racisme, haine et j’en passe. Un système prédateur qui n’a rien de la charité chrétienne ni musulmane ...

Le 28 janvier 2019 à 18:23 par Domino
#2134504

Ne confondez pas capitalisme entrepreneurial et prédation financière. Le bon capitalisme était d’investir dans une entreprise pour l’aider à prospérer. La prédation financière consiste à spéculer à court terme sur la valeur des entreprises. Le premier crée du travail, des services et des biens pour les populations, le second capte les richesses pour en faire encore plus. On est dans un système fou où les échanges en Bourse sont constitués à 97% de spéculation. Cela ne disqualifie pas le "bon" capitalisme, mais montre que la cupidité mène au malheur. A noter que ce dévoiement du capitalisme n’aurait pas été possible sans la complicité de politiciens corrompus, lâches, incompétents ou endoctrinés. Ou tout ça à la fois...

Le 29 janvier 2019 à 00:14 par Dek
#2134787

Le capitalisme est simplement le nom donné à un système dans lequel le capital d’une entreprise est détenu par des propriétaires privés qui s’exprime par des droits (vote, dividendes, cession des titres..). Il n’existe pas de capitalisme bon mauvais méchant prédateur familial, il est tout à la fois. Soit on l’accepte avec toutes les conséquences qui peuvent être bonnes (pour ceux qui en profitent) ou mauvaises ( surtout pour ceux qui le subissent) soit on le rejette point.

Le 1er février 2019 à 06:10 par Ifuckcharlie
#2136670

@Dek . Oui et qui dit capitalisme dit matérialisme. Qui dit matérialisme dit athéisme, donc perte des valeurs repères de l’humanité. Résultat : Dégradation des moeurs , de la compassion , du civisme , de la pensée , au profit du consumérisme, du frivole , de l’égoïsme et de la cruauté . Là ou jadis il y avait fraternité, solidarité , coopération , il y a isolement et détresse. La division regne . Chaque progrès matériel s’accompagne de conséquences néfastes . Et ce qui domine dans les sociétés corrompues c’est l’avidité et la concupiscence qui entrainent la frustration et la colère , d’où les conflits et les guerres .

Le 28 janvier 2019 à 15:36 par René
#2134345

C’est un tout, le privé et le public qui lui est inféodé poursuivent le même but. Ainsi, la production industrielle a-t-elle été divisée par deux en 25 ans, car c’est un ordre de l’armée d’occupation, affaiblir par le chômage, la pauvreté (au besoin importée) pour finir par une guerre civile. On est en plein dedans.

Le 28 janvier 2019 à 18:06 par anonyme
#2134486

...Pour évincement afin de spoliation/dépossesion...en théorie. Le problème c’est qu’un Peuple, Une Nation, ne fonctionnent pas comme une épicerie. Pas de faillite, pas de liquidation, pas de repreneur. Un domaine dans lequel une erreur se paie au prix fort. On trouve facilement des complices, des larbins, des sbires contre rémunération ; tout se complique quand on leur demande leurs vies. Pas le bon profil...

Le 29 janvier 2019 à 18:19 par Domino
#2135225
Le 28 janvier 2019 à 16:40 par anonyme
#2134409

Il fait penser à un alpiniste à l’envers. Parti du sommet avec armes et bagages, les vallées renvoient les échos de sa chute libre, d’une corniche l’autre, blong, blang, bling-bling, font pitons, mousquetons et piolet semés au gré des rebonds. Pas le mec qui réussit à tout faire avec rien, non, juste le mec qui n’arrive à rien avec tout. On a envie de lui dire :’’laisse, je vais le faire’’...

Le 28 janvier 2019 à 17:52 par Roberto
#2134473

Les"lumières"ont tout misé sur"la raison",et du coup,ils ont méprisé la vertu et l’a dimension de l’intelligence,celle qui ne s’épuise jamais,que chaque personne humaine sent de tout son être et de son âme,celle qui échappe à toute"modélisation" à savoir l’humanisme. Évidemment,la finance,et ses odieux"produits",et ses démons sbires,qui réduisent l’homme à une marchandise,dont son seul est la folie de consommer pour consommer,pour être au final broyé. Et cette démentielle finance,finit elle-même par être broyée. Ainsi,celui qui fait périr par l’épée périra par l’épée. C’est là une Loi éternelle et immuable,inaccessible aux courbes,théories et graphiques de toute pauvre théorie. Et terminons ces quelques lignes par cette profonde réflexion de Dosteïveski : "La tragédie la plus terrible qui puisse arriver à un homme,c’est le supplice de Narcisse : L’inquisiteur parle tout seul,secrète un double - le diable- qui le conduit d’une main sûre à la destruction de lui même,à la noyade dans la folie."

Le 29 janvier 2019 à 00:11 par ocazphil
#2134786

L’article est clair et très intéressant pour qui essaie de comprendre l’économie c’est surement trop demander à la plupart de nos concitoyens qui se révèlent souvent incultes en la matière.Encore un effort et vous comprendrez pourquoi vous avez le nez dans la m.....!

Le 29 janvier 2019 à 06:33 par Syzygy
#2134882

Le théorème de Schmidt n’en est pas un. En bon français, on appelle ce genre de déclaration : une lapalissade !

Le 29 janvier 2019 à 20:56 par anonyme
#2135303

Lors de la 2°GM, un moment est probablement venu, qui pour la plupart des soldats du Reich Millénaire, était celui qui marquait la certitude de la défaite. Ce qui n’a pas empêché ceux qui leur donnaient des ordres, de continuer à prendre leurs vies. Morts pour rien. C’est très exactement le contexte ici-maintenant. Les victimes de 50 années de délire sont contraintes, par la violence, de continuer de participer à la défaite vers laquelle les mènent ceux qui les dominent. Démonstrations, protestations, révoltes sont sans effets sur de soi-disants représentants qui ont perverti leurs mandats pour en abuser et trahir leur mission.

Le 30 janvier 2019 à 12:11 par anonyme
#2135529

Dommage...quand il dit qu’il est impossible d’augmenter les missions et de baisser les impôts il est pertinent. Il faudrait que ce tout petit shéma de réflexion a deux maillons, lui serve pour d’autres analyses. Il n’en semble pas capable, non que les thêmes fîssent défaut, mais par une complexion qui l’empêche d’appréhender d’autres contradictions de ce genre. A moins qu’il ne se livre à cet exercice que quand ça l’arrange...