Incroyable : France Culture rend hommage à Céline

Mais le Céline du Voyage au bout de la nuit

Publié le : samedi 9 septembre 2017
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Quand on a vu le titre de l’article sur Twitter, on a cru défaillir. France Culture, la radio du grand Finkielkraut, de la culture captive, de la propagande gauchiste, du groupe Radio France qui porte si mal son nom car il devrait s’appeler Radio Israël, voilà que France Cul nous sert un énorme sujet sur Céline, l’écrivain du début du XXe siècle qui a fait couler encore plus d’encre qu’il n’en a répandu lui-même. Et Dieu sait s’il a écrit, écrit, écrit...

 

Un jour peut-être France Culture chroniquera-t-elle Mort à Crédit, D’un Château l’autre, ou même Bagatelles pour un massacre. Cela prendra du temps, il faudra une espèce de grand remplacement dans les médias, qui en ont déjà subi un, en quelque sorte, car on en entend le résultat tous les jours.

En ce moment, c’est la pré-rentrée littéraire, les éditeurs fourbissent leurs auteurs, les taillent et les coiffent pour les télés, les radios, les interviewes presse, la grande exhibition d’automne. En général, on se coltine le 47e roman d’Amélie Nothomb, le chef d’œuvre de Jean d’Ormesson, le livre complexe de Modiano, toutes ces fanfreluches qui ne tiennent pas dans le temps. Du consommable, pas vraiment mal écrit, mals tellement lénifiant...

La littérature française, on le sait tous, a été impactée [1] par toutes les avancées du progressisme, si l’on ose dire : le gauchisme, le féminisme, le socialisme (rosacé), l’antiracisme, et maintenant le genrisme, et le résultat, ce sont des livres sans saveur, qui respectent la ligne éditoriale oligarchique, pas mieux ni pire que celle du Parti quand Staline terrorisait les masses et les intellectuels. Au moins leur donnait-il du boulot, à Moscou ou à Novossibirsk.

Pour vous dire la vérité, on a fait le tour des livres de la rentrée, et l’ensemble est très mignon, très bourgeois (même dans l’antisme), très convenu. La palme de la critique est attribuée à Frédéric Pagès du Canard enchaîné qui s’extasie sur un roman écrit en langage racaille. Dans le temps, il y avait encore des plumes au Canard, mais là, il est en train de les perdre...

Voici maintenant, en excluvisité mondiale, quelques morceaux sanguinolents du Voyage par France Cul. Chaque extrait du livre est assorti d’un « sonore » et d’un tableau qui replongent dans l’époque. Allez hop, tous dans le train de 1914...

- La rédaction d’E&R -

 


 

Redécouvrez l’immense œuvre de Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, à travers une sélection d’archives sonores et d’extraits tirés du livre pour revisiter l’horreur des tranchées et les colonies en Afrique de l’Ouest, les cadences chez Ford ou encore le curieux mausolée de Pasteur.

 

Louis-Ferdinand Céline, impressionniste ? Voyez plutôt ce qu’il confiait à Paris-Match, en 1960 :

« Le truc, c’est que moi je fais le boulot pour les lecteurs, vous comprenez... En somme, le bonhomme, quand il lit un livre, il est forcé de faire un effort de représentation. Moi, je le fais pour lui, l’effort. Je lui raconte. Je fais passer le langage écrit à travers le langage parlé. Il se produit alors un peu ce qui s’est produit pour les impressionnistes. Avant on ne voyait jamais, par exemple, la fleur, l’écrevisse ou la jolie femme sur l’herbe. On montrait un magnifique bouquet de fleurs, des scènes de chasse, de naufrage, mais tout ça en jour d’atelier. Alors il fallait faire un effort, pas un effort gros, mais tout de même un petit effort pour sentir la bataille ou sentir le naufrage. Tandis qu’avec les impressionnistes, là, avec Manet, Monet et la suite, là on les a vues sur l’herbe les écrevisses et les jolies femmes avec Le Déjeuner sur l’herbe et le Bonheur à Bougival. »

Toutes les velléités de transposer à l’écran Voyage au bout de la nuit sont mort-nées, abandonnant le monument littéraire en rase campagne devant l’ampleur de la tâche et l’exigence périlleuse de l’exercice. Ici, nous vous proposons de plonger une oreille sensible et impressionniste dans l’œuvre de Céline à travers une douzaine d’extraits et autant d’échappées sonores, puisées dans les archives de France Culture.

[...]

Poilu dans les tranchées, « puceau de l’Horreur »

« Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchaînés et armés jusqu’aux cheveux ? Avec casques, sans casques, sans chevaux, sur motos, hurlants, en autos, sifflants, tirailleurs, comploteurs, volants, à genoux, creusant, se défilant, caracolant dans les sentiers, pétaradant, enfermés sur la terre, comme dans un cabanon, pour y tout détruire, Allemagne, France et Continents, tout ce qui respire, détruire, plus enragés que les chiens, adorant leur rage (ce que les chiens ne font pas), cent, mille fois plus enragés que mille chiens et tellement plus vicieux ! Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croisière apocalyptique.

On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ? A présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé. »

[...]

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Cavalerie française traversant un lac, Verdun (1916)

 

Les cadavres de chevaux, l’autre hécatombe

« Je l’aurais bien donné aux requins à bouffer moi, le commandant Pinçon, et puis son gendarme avec, pour leur apprendre à vivre ; et puis mon cheval aussi en même temps pour qu’il ne souffre plus, parce qu’il n’en avait plus de dos ce grand malheureux, tellement qu’il avait mal, rien que deux plaques de chair qui lui restaient à la place, sous la selle, larges comme mes deux mains et suintantes, à vif, avec des grandes traînées de pus qui lui coulaient par les bords de la couverture jusqu’aux jarrets. Il fallait pourtant trotter là-dessus, un, deux… Il s’en tortillait de trotter. Mais les chevaux c’est encore bien plus patient que des hommes. Il ondulait en trottant. On ne pouvait plus le laisser qu’au grand air. Dans les granges, à cause de l’odeur qui lui sortait des blessures, ça sentait si fort, qu’on en restait suffoqué. En montant sur son dos, ça lui faisait si mal qu’il se courbait, comme gentiment, et le ventre lui en arrivait alors aux genoux. Ainsi on aurait dit qu’on grimpait sur un âne. C’était plus commode ainsi, faut l’avouer. »

[...]

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L’ Industrie de Détroit ou L’ Homme et la Machine (1932-1933) - Détail de la fresque murale de Diego Rivera à l’Institut des Arts de Détroit (Michigan)

 

Le Fordisme ou l’ère des chimpanzés

« “Ça ne vous servira à rien ici vos études, mon garçon ! Vous n’êtes pas venu ici pour penser, mais pour faire les gestes qu’on vous commandera d’exécuter… Nous n’avons pas besoin d’imaginatifs dans notre usine. C’est de chimpanzés dont nous avons besoin… Un conseil encore. Ne nous parlez plus jamais de votre intelligence ! On pensera pour vous mon ami ! Tenez-vous-le pour dit.”

Il avait raison de me prévenir. Valait mieux que je sache à quoi m’en tenir sur les habitudes de la maison. Des bêtises, j’en avais assez à mon actif tel quel pour dix ans au moins. Je tenais désormais à passer pour un petit peinard. Une fois rhabillés, nous fûmes répartis en files traînardes, par groupes hésitants en renfort vers ces endroits d’où nous arrivaient les fracas énormes de la mécanique. Tout tremblait dans l’immense édifice et soi-même des pieds aux oreilles possédé par le tremblement, il en venait des vitres et du plancher et de la ferraille, des secousses, vibré de haut en bas. On en devenait machine aussi soi-même à force et de toute sa viande encore tremblotante dans ce bruit de rage énorme qui vous prenait le dedans et le tour de la tête et plus bas vous agitant les tripes et remontait aux yeux par petits coups précipités, infinis, inlassables. »

[...]

 

« Une fille pareille »

« “Qu’ai-je pu faire au ciel, Docteur, pour avoir une fille pareille ! Ah, vous n’en direz du moins rien à personne dans notre quartier, Docteur !... Je compte sur vous !” Elle n’en finissait pas d’agiter ses frayeurs et de se gargariser avec de ce que pourraient en penser les voisins et les voisines. En transe de bêtise inquiète qu’elle était. Ça dure longtemps ces états-là.

Elle me laissait m’habituer à la pénombre, à l’odeur des poireaux pour la soupe, aux papiers des murs, à leurs ramages sots, à sa voix d’étranglée. Enfin, de bafouillages en exclamations, nous parvînmes auprès du lit de la fille, prostrée, la malade, à la dérive. Je voulus l’examiner, mais elle perdait tellement de sang, c’était une telle bouillie qu’on ne pouvait rien voir de son vagin. Des caillots. Ça faisait « glouglou » entre ses jambes comme dans le cou coupé du colonel à la guerre. Je remis le gros coton et remontai sa couverture simplement. »

Lire l’article entier sur franceculture.fr

 

 

Alain Finkielkraut consacre son émission Répliques du 28 février 2009 à Céline, sous le titre Pourquoi Céline ?. Il y invite un pro et une anti-Céline (pour cause de « féminisme », pas d’antisémitisme) :

Notes

[1Il ne faut pas s’interdire d’employer des anglicismes ou des barbarismes quand la langue française, très fine par ailleurs, n’a pas de mot adéquat. La lettre, c’est bien, l’esprit, c’est mieux.

Céline, une œuvre de son temps, et des temps suivants,
lire sur Kontre Kulture

Voyage au bout de la nuit

– Bardamu, qu’il me fait alors gravement et un peu triste, nos pères nous valaient bien, n’en dis pas de mal !... – T’as raison, Arthur, pour ça t’as raison ! Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d’opinions, ou bien si tard, que ça n’en vaut plus la peine. On est nés (...)

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Louis-Ferdinand Céline, sur E&R :

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Le 9 septembre 2017 à 19:25 par RonSwanson
#1798164

Pour la musicalité et le petit accent du cru, ce que j’ai entendu de mieux comme lecture de Céline c’est ça (mais pas entendu Lucchini qui doit pas être mauvais) https://www.youtube.com/watch?v=ZmK...

Le 9 septembre 2017 à 22:05 par Courtial
#1798287

Toutes ces larves sionistes essaient de ravaler Céline à leur atterrant niveau et lui rendent "hommage" pour faire croire au public qu’il est des leurs .

Le 9 septembre 2017 à 22:06 par g
#1798289

et Slayer ’faut pas oublier Slayer passe pas sur les ondes non plus

Ils ont des beaux titres pourtant.

Le 9 septembre 2017 à 23:01 par mondialisto-sceptique
#1798320

On comprend les réserves vis à vis de France Culture, mais pourquoi sous-titrer votre article « Mais le Céline du Voyage... ». J’ai justement découvert Céline avec Voyage au bout de la nuit et ça a été une révélation. J’encourage donc les plus jeunes à lire ce chef d’oeuvre, ainsi que Mort à Crédit et Nord. J’avoue être moins fan de Féérie pour une autre fois. Et quand on connaît le personnage de Céline, les Entretiens avec le professeur Y sont très drôles.

Le 10 septembre 2017 à 10:31 par Ric
#1798493

Mais parce que le Céline du "Voyage" est respectable... On découvre cet auteur à l’époque avec ce roman, il est un auteur proche des gens, du peuple, un auteur de gauche, quoi ! Plus tard, on se demande ce qui lui a pris de s’énerver comme ça (alors que personnellement ça me semble toujours cohérent... de la même façon que Soral est cohérent tandis que certains disent le contraire...). Le voilà un vilain antisémite, rattaché à l’extrême-droite... alors forcément, sur France Culture, on ne va célébrer, s’il le faut, que le Céline du début.

Le 10 septembre 2017 à 12:43 par Eric
#1798596

La réponse à vos interrogations est pourtant dans votre commentaire même. En effet l’utilisation du " Mais " fait justement explicitement référence à ces réserves. Alors que l’œuvre de Céline forme un tout indissociable, contrairement à ce que certains essaient de nous faire accroire.

Le 10 septembre 2017 à 13:31 par mondialisto-sceptique
#1798624

Je précise juste un peu : je voulais dissiper tout malentendu auprès de ceux qui n’auraient encore rien lu de Céline et dont je ne voudrais pas qu’ils pensent que le Voyage n’a pas d’intérêt car il reçoit l’onction de France Culture.

Le 12 septembre 2017 à 12:03 par Ric
#1799745

Ah ! Je comprends mieux votre première intervention alors, Mondialisto-Sceptique... Et vous avez eu raison d’intervenir en ce sens, je m’en rends compte grâce à ce que vous précisez. Le "Voyage", et "Mort à Crédit" qui fait suite (ou précède) sont effectivement des oeuvres exceptionnelles...

Le 10 septembre 2017 à 05:16 par goy pride
#1798407

Ils sont en pleine opération séduction de la droite "identitaire". Aujourd’hui plus que jamais il y a un clivage de plus en plus visible entre la droite patriote sérieuse sur la ligne ER et la droite "identitaire" sionisto-compatible des Ménard, Collard, Alliot-Marie, Finkielkraut, Zemmour... Ces gens sont d’une extrême habileté, d’une intelligence politique sans égale ! Ils ont parfaitement compris qu’il est nécessaire de lâcher du lest sur certains sujets afin d’attirer sur leur ligne mortifère plus de gogos encore. Le discours monomaniaque anti-islam/arabe est productif mais pas suffisant, ils doivent ratisser plus large...De plus ils ont également bien perçu qu’il y a un ras le bol généralisé de dimension internationale dirigée à leur encontre...il s’agit pour eux d’une tentative désespérée de se faire passer pour les défenseurs des pauvres Blancs opprimés dans leur identité...

Le 10 septembre 2017 à 09:33 par Bébert
#1798458

Les sionistes continuent à insulter la mémoire du grand homme, ce qui ne les empêchent pas de faire du fric avec lui en l’adaptant au théâtre et en sortant de nombreux livres sur lui, tous inutiles : le texte de Céline se suffit à lui-même, les "adaptations" sont plutôt gênantes et diminuent l’œuvre au lieu de la magnifier .

Le 10 septembre 2017 à 09:54 par Touvabiennovitch
#1798477

Je partage absolument.

Le 10 septembre 2017 à 09:52 par Touvabienovitch
#1798472

Il ne sauront jamais l’enfuir assez. Toujours , il grattera pour revenir à la surface.

Nocif

Le 10 septembre 2017 à 11:46 par Louis
#1798548

Quand un "célinien" comme Frédéric Vitoux se pointe à la télé, ça ne rate jamais, il porte aux nues le Voyage mais il voue aux gémonies l’auteur de "Bagatelles", "une abomination" . Misérable académicien-larbin . La seule qui n’aie jamais osé critiquer les pamphlets et trahir leur auteur c’est Lucette Almanzor : magnifique exemple de fidélité .

Le 11 septembre 2017 à 00:33 par spirit
#1798992

Bagatelles est un livre très drôle dont le sous-titre est "pour bien rire dans les tranchées"....Je dirai que comme écrivain,Céline a ridiculisé toute cette caste littéraire de la première moitié du XXe siècle par sa poésie gauloise en prose et qu’il a fait de même ,comme pamphlétaire, en démontrant qu’il détestait l’eau tiède dans tout les domaines de l’écriture et,disons le,qu’il a fermé la porte derrière lui dans ce genre si particulier....!!!

Le 11 septembre 2017 à 12:49 par Borntogrowl
#1799193

Ouais enfin en même temps, le système prend pas trop de risques non plus. Les veaux regardent plutôt the voice que ce genre d’émission.