Der Kaiser ist tot

Publié le : mercredi 10 janvier 2024
Modifié le : jeudi 11 janvier 2024
Commentaires : 51
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Source : E&R
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On fait bien des nécros pour les grands musiciens, pourquoi pas pour les grands sportifs ? Ils sont peu à entrer non pas au Panthéon, mais dans l’imaginaire collectif.

 

Franz, disparu le 7 janvier 2024, est entré dans la légende un jour de juin 1970, au stade Aztèque, quand il a joué la prolongation contre l’Italie avec une épaule pétée. Il symbolisait une Allemagne blessée qui se battait au-delà de la souffrance, et qui méritait enfin le respect du monde entier. Cette scène pas si anodine est restée gravée dans un milliard de mémoires.

 

 

Des « Kaiser », il n’y en a pas eu des masses qui ont marqué leur époque. Il y a eu Bismarck, Hindenburg, Dolfi et Franz. Franz, lui, était un guerrier, mais sur le terrain. Attention, pas un guerrier comme Baresi-la-faucheuse ou Pujol-le-dingo, non, un guerrier classieux, toujours tiré à quatre épingles, sans besoin d’élever la voix ou de venir chialer après l’arbitre.

Sa demi-finale perdue contre l’Italie le mettra sur un piédestal dont il ne redescendra jamais, lui conférant une aura – un ange, si on a lu Jovanovic – qui le protégera jusqu’à la fin de sa carrière : les arbitres osaient à peine le cartonner !

 

 

Beckenbauer, s’il était excellent devant, n’était pas un buteur à la Gerd Müller, mais une fois rétrogradé en défense, il a fait de son poste – le libéro – quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, les commentateurs parleraient de dépassement de fonction : le mec remontait la balle, élégamment, très haut, alternant jeu court et transversales.

Cela implique technique parfaite (conduire la balle sans regarder ses pieds, on appelle ça avoir des yeux sur les pompes), assurance non feinte (le charisme impressionne l’adversaire, qui respecte un peu malgré lui), sens du placement (pas besoin de courir comme un dératé) et vision du jeu panoramique.

 

 

C’était un grand passeur, un grand organisateur, un grand patron. Après la défaite de 1970, il prendra sa revanche en 1974, sur le sol allemand (Boden) et sur le onze néerlandais théoriquement imbattable de Johan Cruyff.
Roustan fait ici l’éloge des deux grands stratèges : c’étaient un peu les Beatles contre les Stones !

 

 

Même à 20 ans, on sentait le garçon au-dessus des autres, d’ailleurs il est devenu, comme Deschamps, sélectionneur de l’équipe nationale, et vainqueur de la Coupe du monde 1990.

Le Brésilien Mario Zagallo, mort 2 jours avant Beckenbauer, avait ouvert le bal : après avoir, en tant que joueur, gagné deux Coupes du monde consécutives (1958 et 1962), il devint l’entraîneur brillantissime du Brésil de Pelé en 1970.

 

 

Franz ressemblait, sur le tard, à un membre de conseil d’administration, toujours bien sapé, silencieux, homme de pouvoir, au Bayern et à la fédération allemande de football. Il fera son petit tour à la FIFA, mais ce sera moins romantique.

On se rend compte, en faisant ces nécros, que tout le monde ou presque finit par mourir. Un jour ce sera nous ? Scheiße !

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Le 10 janvier 2024 à 23:41 par Mounir
#3305982

Quelle belle époque de génies et de joueurs charismatiques. Aujourd’hui on produit que du black bourrin qui court vite et longtemps aux pieds approximatifs. Mbappe symbolise cela : un dragster sans aucun génie aux pieds, quand il va perdre sa nitro avec l’âge il deviendra un joueur moyen. Notez cela !

Le 11 janvier 2024 à 08:42 par Bilibili
#3306073

Je ne peux qu’approuver... Le foot actuel est un véritable naufrage, bien illustré par une de ces vedettes, l’imbuvable M’Bappé...

Le 11 janvier 2024 à 10:54 par de Bonald
#3306112

Tout à fait. Le jeu de M’bappé est avant tout basé sur son explosivité physique. Le jour où fatalement celle-ci baissera, il deviendra un joueur moyen. Il n’y a pas la finesse technique d’antan en lui.

Le 11 janvier 2024 à 11:30 par Christiano
#3306134

@ Mounir, M’bappe et Henry n’ont pas les qualités de Zidane et Dhaleb, et inversement. Remarquez, que le charisme de Beckenbauer et celui du général de Gaulle est comparable à celui de Pujol (le dingo) et Macron en politique.

Le 11 janvier 2024 à 18:03 par Mourad.H
#3306303

Pour Mbappé ? A un moment faut arreter le delire hein. Que vous ne l’aimiez pas, c’est une chose, mais balle au pied, c’est monstrueusement fort.

Le 11 janvier 2024 à 21:09 par Mounir
#3306385

Mbapoe monstrueusement fort balle aux pieds ?!?!?!? On a pas la même culture foot mon ami, tu dois être un gosse post 2000 je pense.

Le 12 janvier 2024 à 08:31 par Topology
#3306529

"M bappé monstrueux balle au pied". Euhhh... Non. Je t invite à te renseigner sur d’anciens joueurs comme Omar Sivori (qui faisait des petits ponts en faisant rebondir le ballon sur les jambes de ses adversaires), Riquelme, Redondo, Prosinecki, Savicevic, Mijatovic... (liste non exhaustive). Ces joueurs, pourtant moins connus, avaient plus de ballon dans un orteil que M Bappé dans les deux pieds... Faut arrêter hein...

Le 11 janvier 2024 à 00:17 par Christiano
#3305992

Franz Beckenbauer à été l’un des 4 meilleurs défenseurs centraux au monde de tous les temps, dont Boby Moure, Paolo Maldini et Franceschino "Franco" Baresi, qui, selon moi ne mérite pas d’être surnommé "la faucheuse". Petite comparaison des palmarès de ces 4 joueurs exceptionnels (à leur poste) : chacun ont remportés une coupe du monde à leur pays respectifs, 1 coupe intercontinentale pour Moure et Beckenbauer, 2 pour Baresi et Maldini.

Le 11 janvier 2024 à 10:42 par Ketje
#3306107

Il n’a pas été l’UN des quatre meilleurs. Il a été LE meilleur sans contestation possible. Une division au-dessus. Il a apporté bien plus sur le terrain, comme prolongement de l’entraineur et dans la révolution de son poste que les 3 réunis.

Le 11 janvier 2024 à 17:00 par Christiano
#3306277

@ Ketje, le meilleur.....à défaut d’avoir un palmarès moindre que d’autres !?

Le 11 janvier 2024 à 21:12 par LeonBloy
#3306386

Baresi et Maldini champions du monde avec l’Italie ?!!! Mort de rire...

Le 12 janvier 2024 à 04:48 par Christiano
#3306478

@Leonbloy, eh oui, que vous l’admettiez ou non, Baresi à été sacré champion du monde en 1982 (sur le banc) 3 /1 contre l’Allemagne et Maldini en 2006 contre la France 1/1 et 5 / 3 tirs au but, désolé.

Le 12 janvier 2024 à 08:48 par Pinturrichio
#3306532

Maldini n’a jamais gagné la coupe du monde et Baresi a gagné en 1982 dans un rôle très secondaire car il n’a disputé aucun match se contentant d’être le remplaçant du patron de l’époque Gaetano Scirea. Pour l’anecdote Maldini et Baresi ont perdu ensemble la finale de la coupe du monde 1994 au USA contre le Brésil.

Beckenbaeur est souvent considéré comme le meilleur défenseur de tous les temps à cause de son palmarès incroyable et son leadership incontesté certes, mais avant tout parce que outre le fait d’avoir tout remporté, il a révolutionné le monde du football avec le poste de libéro (poste aujourd’hui qui n’existe plus dans le football moderne tout comme celui de meneur de jeu).

Il est de toute façon toujours très difficile de comparé les joueurs à cause des différences de fonction sur le terrain, (les attaquants sont souvent les joueurs les plus spectaculaires et les plus médiatisés) ainsi que des différences dû à l’évolution tactique/physique/technique du football (Beckenbaeur a joué dans un système libero/stoppeur tandis que Baresi a connu la révolution Sacchi avec la défense à 4 en zone et une défense très haute pour jouer le hors jeu).

Le 12 janvier 2024 à 11:11 par Adri
#3306572

Maldini a pris sa retraite en 2002.

Le 11 janvier 2024 à 07:04 par om
#3306042

petite blague alsacienne plutôt révélatrice : avant la coupe du monde 74, un garçon se précipite chez son père : "papa, papa, le bäcker, le bäcker...(boulanger)". Le père, affolé : "ben quoi, le bäcker ?". Le garçon : "il est au lit avec maman !". Le père : "ah, tu m’as fait peur, j’ai eu peur que Beckenbauer s’était blessé".

Le 11 janvier 2024 à 07:40 par neribu
#3306051

C’est une légende quoi que l’on en dise... certains parlent de dopage, stop, aujourd’hui nous n’en sommes plus là, les anciens font pâles figures à côté des nouveaux. Il était élégant, beau à voir jouer. J’aimais bien aussi Gert Muller et Kevin Keagan l’anglais.

C’est triste pour le foot.

Le 11 janvier 2024 à 08:56 par fred2lens
#3306076

sep maier mon gardien reference a lepoque ou jetais dans les cages

Le 11 janvier 2024 à 09:57 par crachetonvenin2
#3306095

Un "Kaiser" pour avoir un label enfilable par d’autres ensuite. Beckenbauer, mais combien de "Franz" ensuite pour occuper le poste ? Toujours le premier Beckenbauer ... ou ensuite des espèces de copies plus ou moins conformes pour faire durer cette "légende" qui séduit encore tellement une partie de la France ?

Le 11 janvier 2024 à 14:41 par Surnom
#3306232

J’espère que Kaizer rejoindra Diego et toutes les étoiles au paradis du foot(ça existe) qu’il leur fera un petit coucou de ma part en m’attendant pour les admirer de plus près, ils m’ont tellement fait rêver et vibrer. Paix à vos âmes !

Le 11 janvier 2024 à 15:26 par Lames d’acier
#3306247

Beckenbauer, son nom ne peut être dissocié de celui de Johann Cruijff tant leur adversité sur le terrain a marqué une époque où le football devenait le réceptacle du sentiment de liberté qui galvanisait la société moderne d’après guerre, avide de s’affranchir des “tabous” qui la corsetaient sans verser toutefois dans la transgression totale des codes de la bienséance. L’Allemagne de Franz Beckenbauer incarnait la rigueur et la méthode saupoudrée d’un zeste de fantaisie grâce à la vision aérienne du jeu du Kaiser qui , organisateur génial, distribuait des passes lumineuses de 60 m à ses partenaires quand il n’était pas la cheville ouvrière des combinaisons magnifiquement orchestrées à l’origine des buts de la Manschaft. En 1970, l’Italie du “ fuoriclasse” Gianni Rivera, par son style de jeu échevelé laissant libre cours à l’improvisation libéra la Manschaft de l’apparente lourdeur, liée à ce sens de l’organisation dans toutes ses lignes qui la caractérisait, pour donner lieu à un match épique, immortalisé par le talent, la fantaisie et le courage d’un Beckenbauer qui devînt alors une légende à jamais gravée dans l’inconscient collectif des peuples. Le Kaiser a rejoint son rival de toujours, Johann Cruijff, joueur d’anthologie et inspirateur génial d’un football total tout en fantaisie qui fit tourner la tête à la planète football ; tous deux demeurant inégalés dans la beauté du geste qui se dégageait de chacune de leurs actions de jeu , avec , en prime , pour Franz Beckenbauer, un toucher de balle inimitable.

Le 11 janvier 2024 à 23:03 par milesdavis
#3306428

J’adore l’Allemagne et les Allemands et je prends souvent leur défense ici car c’est un grand peuple avec une grande Culture, pas de soucis, mais pas dans le foot, désolé. Même si c’est un grand joueur, c’est vrai. Je leur pardonne l’invasion de 1870, 1914, 1939, mais la coupe du monde de 82... ça Jamais.

Le 12 janvier 2024 à 00:24 par de Bonald
#3306447

La relance de Beckenbauer était juste extraordinaire. Il n’y a qu’à revoir la finale CM 1974 pour s’en apercevoir. Avec un défenseur pareil, on a un deuxième no 10 derrière.