Hier, le président américain Donald Trump a donné le coup d’envoi à ce qu’il a baptisé le « Liberation Day », une offensive commerciale d’envergure marquée par l’annonce de nouveaux tarifs douaniers visant les principaux partenaires économiques des États-Unis.
Depuis la roseraie de la Maison Blanche, le 47e président a dévoilé une série de mesures protectionnistes visant à « rendre sa grandeur à l’Amérique », selon sa célèbre formule, en imposant des taxes réciproques et un tarif de base universel sur les importations. Ces décisions, qui entreront en vigueur les 5 et 9 avril, promettent de bouleverser les chaînes d’approvisionnement mondiales et suscitent déjà des réactions contrastées.
HAPPY LIBERATION DAY, AMERICA. pic.twitter.com/LjAUnbBXAi
— The White House (@WhiteHouse) April 2, 2025
Le plan s’articule autour d’un droit de douane minimum de 10 % appliqué à toutes les importations, auquel s’ajoutent des surtaxes spécifiques pour certains pays jugés « hostiles » en matière commerciale.
La Chine, avec un taux de 34 %, et le Vietnam, à 46 %, figurent parmi les plus lourdement touchés, tandis que des alliés comme le Royaume-Uni bénéficient d’un traitement plus clément à 10 %.
Trump a justifié ces mesures en accusant les partenaires commerciaux de longue date de « piller » l’économie américaine, tout en promettant une relocalisation des industries et une réduction du déficit commercial.
Suivant une implacable logique protectionniste, Donald Trump a rappelé que « Si vous voulez un taux zéro, fabriquez vos produits aux États-Unis ! ».
Pays | Droits de douane |
Tous les pays | 10% |
Union européenne | 20% |
Chine | 34% |
Suisse | 31% |
Royaume-Uni | 10% |
Cambodge | 38% |
Vietnam | 46% |
Indonésie | 29% |
Taïwan | 27% |
Inde | 26% |
Japon | 24% |
Corée du Sud | 22% |
Afrique du Sud | 18% |
Thaïlande | 33% |
Malaisie | 30% |
Brésil | 15% |
Bangladesh | 35% |
Singapour | 12% |
Israël | 14% |
Philippines | 28% |
Chili | 13% |
Australie | 11% |
Pakistan | 32% |
Turquie | 25% |
Sri Lanka | 37% |
Colombie | 16% |
Pérou | 19% |
Nicaragua | 17% |
Russie | Inconnu |
@POTUS signs an Executive Order instituting reciprocal tariffs on countries throughout the world.
It's LIBERATION DAY in America ! pic.twitter.com/p7UnfE617B
— Rapid Response 47 (@RapidResponse47) April 2, 2025
Ces chiffres, présentés dans un tableau brandi par Trump lors de son discours, suivent une logique de réciprocité (voir ci-dessous). Le président a également confirmé une taxe de 25 % sur les véhicules et pièces détachées importés, effective dès aujourd’hui, 3 avril, visant à protéger l’industrie automobile américaine.
Le Canada et le Mexique, bien que souvent ciblés par le passé, semblent pour l’instant épargnés par les surtaxes les plus sévères, grâce à l’accord de libre-échange ACEUM.
Que sont les « reciprocal tariffs » (tarifs réciproques) ?
Reciprocal tariffs are a big step in the right direction to correct decades of trade imbalance that exist between the USA and other countries.
Thank you, President Trump. pic.twitter.com/AEKmdKawGz
— Juliana@InspiredCafe2023 (@ICafe2023) April 2, 2025
Les « reciprocal tariffs », ou droits de douane réciproques, sont des taxes imposées par un pays sur les importations en provenance d’un autre pays, dans le but de refléter ou de « mettre en miroir » les tarifs que cet autre pays applique aux exportations du premier. En d’autres termes, il s’agit d’une politique commerciale où un État ajuste ses taxes douanières pour qu’elles soient équivalentes à celles imposées par ses partenaires commerciaux, dans une logique de réciprocité ou de représailles.
Cette approche vise à rétablir un équilibre perçu comme juste dans les échanges internationaux, souvent en réponse à ce que certains qualifient de pratiques commerciales inéquitables.
Le concept a été popularisé notamment par Donald Trump lors de ses campagnes présidentielles, où il a défendu l’idée que les États-Unis devraient imposer des tarifs identiques à ceux que d’autres pays appliquent aux produits américains. Par exemple, si la Chine impose un tarif de 25 % sur les voitures américaines, les États-Unis pourraient, en retour, appliquer un tarif de 25 % sur les voitures chinoises importées.
Identification des déséquilibres :
Un pays analyse les tarifs douaniers appliqués par ses partenaires commerciaux sur ses exportations. Par exemple, les États-Unis pourraient examiner les taxes que l’Union européenne impose sur leurs produits agricoles ou industriels. Cette étape repose sur des données officielles, souvent tirées des réglementations douanières ou des accords commerciaux existants.
Ajustement des tarifs nationaux :
Le pays décide alors d’imposer des droits de douane équivalents sur les importations en provenance de ces partenaires. Si l’Inde taxe les motos américaines à 50 %, les États-Unis pourraient répliquer avec un tarif de 50 % sur les textiles indiens.
Objectifs et conséquences :
L’objectif est de protéger les industries locales en rendant les produits importés plus chers, encourager la production intérieure, ou pousser les autres pays à réduire leurs propres tarifs via des négociations. En conséquence, cela pourrait entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, des représailles commerciales (guerre tarifaire), ou une renégociation des accords commerciaux.