@ Robespierre et Ezra
Ce que vous énoncez ne suffit pas à définir le sens du Gnothi seauton (connais-toi toi-même) et vous ne faites que reprendre à votre compte l’interprétation offerte par Pierre Aubenque dans son essai intitulé "La prudence chez Aristote".
La connaissance de ses limites suggère nécessairement l’introspection de soi en toutes circonstances et durant tout le cours de l’existence.
Aller vers la sagesse consiste d’abord à bien se connaître en identifiant ses propres limites afin d’augmenter et d’affiner sa connaissance et son intelligence tout en étant sincère et vertueux dans ses actes et plus généralement dans son comportement.
La référence aux Dieux que Pierre Aubenque suggère avec force conviction dans son essai provient de la contextualisation de diverses sources dont le temple d’Apollon (divinité Grecque) constitue la pierre angulaire.
Le Gnothi seauton est explicitement présent dans "Le Charmide" et implicitement perceptible dans L’Alcibiade, le Phèdre et le Philèbe.
L’autre source croisée qui a influencé l’interprétation de Pierre Aubenque se trouve dans a lecture d’Antigone de Sophocle et notamment à travers cette citation :
"La prudence est de beaucoup la première condition du bonheur. Il ne faut jamais commettre d’impiété envers les dieux. Les orgueilleux voient leurs grands mots payés par les grands coups du sort, et ce n’est qu’avec les années qu’ils apprennent la prudence."
Sophocle, Antigone, 1347-1353
L’extrait ci-dessous témoigne l’absence de probité dans l’omission de citer la source de votre appropriation
" En dépit de toutes les interprétations modernes qui ont cru y reconnaître l’invitation faite à l’homme de découvrir en lui-même le pouvoir de la réflexion, cette formule n’a jamais signifié autre chose, jusqu’à Socrate […], que ceci, qui est tout différent : connais ta portée, qui est limitée ; sache que tu es un mortel, et non un dieu. Le ‘connais-toi toi-même’ ne nous invite pas à trouver en nous-mêmes le fondement de toutes choses, mais nous rappelle, au contraire, à la conscience de notre finitude : il est la formule la plus haute de la prudence grecque, c’est-à-dire de la sagesse des limites."
P. Aubenque, La prudence chez Aristote, p. 166