Pour détecter le mensonge il n’est pas indispensable d’avoir une grande culture (l’avoir n’est jamais un handicap), il faut être un peu intelligent et suffisamment sain d’esprit pour que ton instinct ne soit pas anéanti par le lavage de cerveau auquel on est soumis.
J’ai grandi, comme tout le monde, dans le mensonge (je suis de la génération de Soral). C’était déjà un sujet très présent (télé, cinéma, livres...) à l’époque. (Depuis c’est devenu matin, midi et soir, 7/24 heures non-stop). J’ai fini par m’y intéresser. Tout ce que j’ai lu à l’époque allait toujours dans le même sens. Je me suis toujours senti gêné par ce genre de littérature. J’ai tout de suite senti le mensonge. C’était du cinéma. Et tout le monde en rajoutait. C’était une espèce de compétition. Je pourrais citer des dizaines d’auteurs et autant de titres. Une véritable industrie.
Mais je n’avalais pas cette bouillie déportationiste, concentrationnaire, auschwitzienne, et pourtant il n’y avait en ces temps-là ni Internet ni même une "contre littérature" adéquate disponible. Le contrepoison est arrivé plus tard. Cela n’a fait que confirmer mes doutes (ou plutôt mes certitudes).
Voilà. Je me résistais à prendre tout ça pour argent comptant. J’ai toujours senti que ça puait, et très fort. Disons que la merde pue. Encore faut-il ne pas avoir le nez bouché pour s’en rendre compte.
Je répète : ce n’est pas une question (seulement) de culture, de livres lus, de données accumulées, d’informations disponibles, c’est simplement une question de bon sens, d´instinct et d´’intelligence (ça va ensemble), et d’esprit sain. Le mensonge n’entre pas facilement dans un esprit sain.
Je me souviens, il y a des années, un trou du cul qui me racontait "La liste de Schindler" les armes aux yeux. J’étais trop timide pour lui rire à la geule, le traiter de connard et l’envoyer chier, mais j’étais affreusement gêné de sa débilité mentale et fâché de ma propre pusilanimité. Je pensais : "Pourquoi le bon Dieu a donné un cerveau à des gens comme ça, une moëlle épinière leur suffirait. Ils arrivent au cimetière le cerveau complètement vierge, sans usage. Pourquoi le bon Dieu donne la vie à ces morceaux de lard ambulants ? Un simple préservatif sur la bite à son papa au bon moment aurait empêché cette catastrophe".