L’armée de Terre russe à Damas

Publié le : dimanche 4 mars 2018
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Source : voltairenet.org
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Tous les commentateurs ont souligné au cours des quatre dernières années l’impossibilité pour la Russie de déployer des troupes terrestres face aux jihadistes en Syrie au risque de revivre leur défaite d’Afghanistan. Mais ce qui est vrai si Moscou s’affronte par proxies interposés à Washington, est faux si les deux Grands s’accordent sur l’avenir non seulement de la Syrie, mais de la région. Thierry Meyssan a été le premier au monde à annoncer l’arrivée de l’armée russe en Syrie, en 2015. Il est aujourd’hui le premier à annoncer le déploiement de son infanterie.

 

 

Washington a décidé de reléguer le projet de destruction des États et des sociétés du Moyen-Orient élargi au second plan de ses préoccupations, et de concentrer ses forces pour s’opposer au projet chinois de route de la soie. C’est ce qui aurait été acté par le président Donald Trump et le Premier ministre australien (représentant les Britanniques) Malcolm Turnbull, le 24 février à la Maison-Blanche.

Il ne s’agit pas simplement du conflit traditionnel entre l’Empire maritime anglo-saxon d’une part et le projet commercial terrestre chinois d’autre part. Mais aussi du danger que fait courir l’industrie chinoise à celle de l’ensemble du monde développé. Pour faire vite, alors que dans l’Antiquité, les Européens étaient avides des soies chinoises, aujourd’hui tous les Occidentaux craignent la concurrence des voitures chinoises.

Beijing ayant renoncé à faire passer la route de la soie sur son tracé historique de Mossoul et de Palmyre, les États-Unis n’ont plus d’intérêt à sponsoriser des jihadistes pour créer un Califat à cheval sur l’Irak et la Syrie.

C’est également le 24 février que la Russie et les États-Unis ont présenté la résolution 2401 au Conseil de sécurité ; texte qui était déjà prêt depuis la veille et dont pas un mot n’a été changé tandis que l’on faisait mine de poursuivre des tractations.

Prétendument adoptée en réponse à la campagne médiatique française pour sauver la population de la Ghouta, cette résolution traite en réalité de la solution pour presque toute la Syrie.

Elle laisse en suspens la question du retrait des troupes turques et états-uniennes. Concernant ces dernières, il n’est pas impossible qu’elles rechignent à quitter l’extrême Nord-Est du pays. En effet, si la Chine décidait de faire passer la route de la soie par la Turquie, Washington soufflerait sur les braises pour créer un Kurdistan en territoire kurde (si l’on admet que l’Anatolie du Sud-Est n’est plus un territoire arménien depuis le génocide) et couper la route de Beijing.

Moscou a déplacé de nouveaux avions sur sa base d’Hmeimim, dont deux avions furtifs Su-57 ; des bijoux de technologie que le Pentagone n’imaginait pas opérationnels avant 2025.

Surtout, Moscou, qui jusqu’à présent limitait son engagement en Syrie à son armée de l’Air et à quelques Forces spéciales, a secrètement acheminé des troupes d’infanterie.

Le 25 février au matin, l’Armée de Terre russe est entrée aux côtés de l’Armée arabe syrienne dans la Ghouta orientale.

Il est désormais impossible, pour qui que ce soit, d’attaquer Damas ou de tenter de renverser la République arabe syrienne sans provoquer automatiquement de riposte militaire russe.

L’Arabie saoudite, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni, qui avaient secrètement constitué le « Petit Groupe », le 11 janvier, afin de saboter la paix de Sotchi, ne pourront plus rien entreprendre de décisif.

Les gesticulations des ministres britannique et français des Affaires étrangères, Boris Johnson et Jean-Yves Le Drian, ne peuvent masquer le nouvel accord entre la Maison-Blanche et le Kremlin ainsi que la légalité internationale de la présence militaire russe et son action en faveur des civils prisonniers des jihadistes.

Ils ne peuvent espérer remettre cet accord en question comme leurs pays respectifs le firent en juillet 2012, tant les situations sur le terrain et dans le monde ont changé.

Si nécessaire, nous feindrons tous de ne pas savoir que les deux principales factions armées présentes dans la Ghouta orientale (la pro-saoudienne et la pro-qatarie) dépendaient d’Al-Qaïda. Elles seront discrètement exfiltrées. Les officiers du MI6 britannique et de la DGSE française (qui agissaient sous couvert de l’ONG Médecins sans frontières) seront rapatriés.

La guerre n’est pas terminée sur l’ensemble du territoire, mais elle l’est déjà à Damas.

Thierry Meyssan

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Le 4 mars 2018 à 22:31 par Abdu
#1912884

« Les officiers du MI6 britannique et de la DGSE française (qui agissaient sous couvert de l’ONG Médecins sans frontières) »

Pitoyable. Se déguiser en infirmière... On dirait le Mossad. - Famille Âalouch [pas méchant mais nullement flatteur] et Chippendales.

Le 5 mars 2018 à 09:48 par Hruodland
#1913031

« On dirait le Mossad. »

C’est pas les mêmes ?

Le 4 mars 2018 à 23:12 par Max
#1912906

Depuis quelques années la réalité sur les "ong" occidentales se dévoile au grand jour et on à l’impression de descendre dans un égout !! Entre celles qui emploient des pédophiles , celles composées de violeurs , celles servant de cache-sexe aux services secrets occidentaux et à leurs hordes de terroristes, celles chargées de la propagande d’état et celles qui détournent l’argent des donneurs, celles dont les agents sur le terrain, flinguent des policiers et des civils afin ,comme en Ukraine , de déclencher des coups- d’etats, certaines pratiquant tout ou partie de ces joyeusetés ..... bienvenue aux pays des droits de" patati et de patate " ! Mais la grande force de ce système terroriste est de faire financer ces (ses)officines par le benêt bénévole et le con-tribuable !!

Le 4 mars 2018 à 23:34 par Rémi O. Lobry
#1912923

La dernière fois qu’on a eu des troupes américaines et russes au sol en même temps dans le même pays ce fut à Berlin en 1945. Là ils sont d’accord pour détruire ISIS (DAECH). Mais c’est sans compter avec Bachar el-Assad qui continue à dévorer des chatons vivants et dont les troupes renversent des couveuses pour écraser des bébés à coups de talons/ Bientôt la petite fiole d’arme de destruction massive agitée à l’ONU.

Le 4 mars 2018 à 23:42 par Juju
#1912929

Très belle victoire de l’alliance Damas Moscou face aux terroristes et leurs sponsors. Dommage que l’armée US n’aille pas s’occuper des gangs qui ravagent le pays. Elle ferait pour une fois quelque chose d’utile.

Le 5 mars 2018 à 00:19 par Psj
#1912948

Merci ! Excellente synthèse.

Le 5 mars 2018 à 07:52 par daniel
#1912996

Thierry Messan semble croire que le terme vague et marketing de "route de la soie" represente un vrai route physique avec du bitume et des camions. il se moque de nous non ?

Le 5 mars 2018 à 10:39 par lapis lazuli
#1913048

Bien sur que cela représente aussi route physique et camion, et même voie ferré et trains.

Le 5 mars 2018 à 11:07 par Kalach
#1913060

C’est portant bien d’une route physique dont il est question. Une route virtuelle ne serait d’aucune utilité pratique. Le but est de relier Beijing a l’Europe occidentale par camion en 11 jours.

Le 5 mars 2018 à 12:55 par Antoine
#1913107

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce concept qu’est la "route de la soie" je les invite à consulter cette page de wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_route_de_la_soie

Le 5 mars 2018 à 20:28 par Mister X
#1913366

Voir le reportage d’Arte sur le sujet qui est presque impartial.

Le 5 mars 2018 à 21:10 par Syzygy
#1913386

Pour les nuls en logistique, il faut savoir qu’un bateau de type porte-containers met 3 semaines de Chine à Hambourg. Une voie ferrée est plus appréciable et moins polluante.

Le 5 mars 2018 à 22:15 par Rémi O. Lobry
#1913421

Ca valide le fait d’acheter chinois. On ne produit plus rien. Comme on ne produit plus on a du chômage en masse et des gens bientôt tous au revenu universel. Il nous faudra bien des merdes pas chères pour prolonger le fétichisme de la marchandise (dirait Francis Cousin).