Israël a attaqué des "cibles" en Syrie, qui a répondu par des tirs de missiles

Publié le : samedi 18 mars 2017
Modifié le : lundi 20 mars 2017
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Source : E&R
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On savait qu’Israël violait allègrement la souveraineté syrienne en attaquant des convois d’armement du Hezbollah, d’après la communication de l’armée israélienne. Des armes venues de l’Iran et soi-disant destinées au Liban. Les filières Iran-Syrie n’étant pas accessibles à la chasse de l’État hébreu, du fait de la présence russe, et d’un probable accord de non-agression avec les Russes.

 

Cependant, ce n’est pas la première fois que sous prétexte de s’en prendre au Hezbollah, les Israéliens visent des cibles militaires de l’armée syrienne. Cette fois-ci, les Syriens ont répondu par des tirs de missiles, arguant avoir descendu un chasseur israélien. Information démentie par Tel-Aviv. C’est pour cette raison que les Israéliens, à travers les Américains, ont tout fait pour empêcher l’arrivée des S-300 en Syrie, ce dispositif de sécurité anti-aérienne.

 

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Lancement d’un missile balistique Arrow 3

 

Gendarme... ou voleur régional

Lors de ces combats air-sol et sol-air qui ont eu lieu jeudi 16 mars 2017 dans la nuit, les Israéliens ont activé par crainte de représailles syriennes leur système de défense anti-missile Arrow, de fabrication américaine. Pour une fois, les observateurs internationaux n’ont pas eu droit aux sempiternels mensonges par silence ou omission des Israéliens. Mais si les missiles syriens ne sont pas de toute dernière génération, ce sont bien les missiles iraniens balistiques que les Israéliens craignent comme la peste. Des Iraniens qui ont pénétré loin en Irak et en Syrie depuis 2013, sanctionnant la politique israélo-américaine de déstabilisation de la région. Car aujourd’hui, malgré ses 180 à 200 têtes nucléaires, Israël, au vu de ses relations avec ses voisins arabes, ne peut pas tenir lieu de gendarme du Proche-Orient. C’est même plutôt le contraire : l’entité israélienne jouerait plutôt le rôle du voleur de la région...

 

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Cette carte datant de 2013 permet d’appréhender les forces qui s’exercent sur la Syrie

 

Pour info, Israël et la Syrie sont toujours en guerre depuis 1967, date à laquelle le Golan a été occupé par l’armée israélienne. C’est en 1981 que le plateau du Golan, ce secteur stratégique, sera occupé, coupant une partie de la Syrie de ses réserves en eau. Un an plus tard, la Syrie occupera le Liban. Coup pour coup.

Il y a la guerre visible et la guere invisible. La visible, ce sont les bombardements. L’invisible, ce sont les déstabilisations. Dans cette catégorie, les Israéliens sont champions, si l’on peut dire : au moindre pépin ils en appellent à la communauté internationale, avec battage médiatique mondial. Inversement, les sanctions de l’ONU sont sans effet quand Israël grignote des terres à ses voisins. Le Grand Israël est en marche, mais la logique de déstabilisation et de remodelage des frontières présente un danger certain. L’ex-président de la république islamique d’Iran Ahmadinejad avait raison quand il disait, le 22 mars 2007 sur France 2 à David Pujadas, à propos des Américains et d’Israël :

« Leur bombe les sauve-t-ils du bourbier irakien ? […] L’État d’Israël, qui a la bombe, a-t-il gagné au Liban ? […] Je sais qu’aux États-Unis aujourd’hui il y a des sages qui ne commettront pas cette folie. […] Où est l’Union Soviétique, elle a disparu, non ? […] Pour la Palestine nous avons une solution humaine, organiser un référendum pour mettre fin à 60 ans de guerre. »

Lors de sa visite à Moscou le 9 mars 2017, Netanyahou a demandé à Poutine de respecter la souveraineté israélienne sur le Golan, demande qui, de la part d’un voleur de territoires, a dû faire sourire le président russe. Seconde demande, ou message, le droit de bombarder les filières d’armements « sophistiqués » du Hezbollah destinés au Liban. Oui mais voilà : entre des armes iraniennes qui viennent renforcer l’arsenal des combattants du Hezbollah en première ligne à Palmyre ou Raqqa, et celles qui sont destinées au Liban, bien malin qui du ciel peut faire la différence.

« Quand on identifie des tentatives de transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et que nous avons des informations des services de renseignement à ce sujet, nous agissons pour les prévenir » (Netanyahou)

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Parade du Hezbollah en Syrie avec de l’armement lourd

 

En outre, les Israéliens ont cru que la guerre d’usure menée par les mercenaires du bloc arabo-israélo-américain – soit Daech – en Syrie allait épuiser les capacités militaires du Hezbollah, dont les combattants sont souvent en première ligne pour reprendre les villes aux djihadistes anti-Assad. Si le Hezbollah a perdu près de 1 500 combattants en Syrie (officiellement 1 200 début 2016) – les sites internet israéliens insistant de manière récurrente et grossière sur l’affaiblissement de ce corps de miliciens, qu’ils nomment « terroristes » – les pertes en hommes sont compensées par les troupes iraniennes et un armement de plus en plus lourd.

Israël se frottait les mains à l’idée d’assister à l’affaiblissement du Hezbollah au Liban du fait de son engagement en Syrie. Le pays de Netanyahou se retrouve avec la puissante force al-Qods iranienne aux portes...Il semble bien que le plan Grand Israël au Proche-Orient connaisse quelques ratés inquiétants.

Pour comprendre les enjeux géopolitiques du Proche-Orient,
lire chez Kontre Kulture :

Retour de flamme

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Voir aussi, sur E&R :

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Le 18 mars 2017 à 20:36 par Javert
#1686000

Le plus beau c’est que les médias ont l’air de dire que c’est la Syrie l’agresseur !

Le 18 mars 2017 à 20:40 par Saul
#1686003

Petite rectification : c’est depuis 1967 que le Golan est OCCUPE, et c’est en 1981 qu’il est ANNEXE par Israël .

Le 19 mars 2017 à 11:35 par SamWang
#1686250

En effet, il est écrit, c’est imprécis : « C’est en 1981 que ce secteur stratégique sera occupé, coupant une partie de la Syrie de ses réserves en eau ».

Correction : « C’est en 1981 que ce secteur stratégique sera annexé par Israël (condamné pour cela par la résolution 497 du Conseil de Sécurité), coupant une partie de la Syrie de ses réserves en eau ».

Le 18 mars 2017 à 20:56 par toto
#1686014

Je croyais que l’espace aérien syrien était inviolable depuis que les russes en assuraient le contrôle. Putin va devoir arrêter de finasser avec ces faux-culs d’amercano-sionistes et leur faire comprendre une bonne fois pour toute qui c’est Raoul. La Syrie seule est incapable de faire front fasse aux puissances régionales coalisées autour de usrael. En espérant que les chinois comprennent aussi que la solidité du verrou syrien est essentiel pour leur propre sécurité.

Le 18 mars 2017 à 21:08 par georges 4bitbol
#1686023

Les ratés du plan de nos copains sraéliens en Syrie ne peuvent que nous donner espoir pour les peuples d’orient. Curieuse république islamique d’Iran, dont les débuts après la chute du Shah s’annonçaient chaotiques et qui redresse lentement et magistralement une situation dévastatrice élaborée par " l’axe du bien" dans cette région stratégique en pétrole et en vision vétéro-testamentaire.

Le 18 mars 2017 à 22:03 par jojo l’affreux
#1686054

Qui a dessiné la carte ? Il n’y a ni légende ni source... les Syriens ?

Le 18 mars 2017 à 22:32 par Abdu
#1686068

La Judée et les Anglo-Saxons en méditerranée. Schmuel & Foley sur un arc de triomphe ou en Pharaon... MDR

« Quand on identifie des tentatives de transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et que nous avons des informations des services de renseignement à ce sujet, nous agissons pour les prévenir » (Netanyahou)

« Je », « nous », « on »,... omniscient, divin, qui sait lire l’avenir, et qui commande l’éther, l’eau, le feu, l’air et la terre.

Toujours aussi fous, ces gens.

Le 19 mars 2017 à 00:28 par Kinan
#1686110

Si certains des bombardements israéliens antérieurs avaient probablement pour raison de détruire du matériel destiné au Hezbollah, ce dernier bombardement sur Palmyre, loin du territoire libanais et israélien, ne semble pas du tout correspondre à cela. Palmyre, point le plus avancé à l’est en territoire tenu par Daech (hormis la partie de Deir az-Zour assiégée) paraît un point de passage peu crédible pour les armes iraniennes à destination du Hezbollah. D’autant que l’aéroport de Palmyre a tout juste été repris il y a quelques jours, début mars. On peut se demander plutôt si de la part d’Israël qui n’a pas obtenu le changement stratégique souhaité des Russes lors de la rencontre Poutine-Netanyahou (faire sortir l’Iran et le Hezbollah de Syrie) il n’y aurait pas là la tentative d’établir un précédent en rompant les règles d’engagement mises au point avec les Russes et de lanifester leur mécontentement devant la probabilité que la fin de la guerre en Syrie ne se réalise au profit du gouvernement central et de ses alliés qui auraient alors la liberté de mouvement sur le territoire de Damas. La réponse inhabituelle de l’armée syrienne (tirs de missiles sol-air) serait alors à interpréter comme le refus russe d’accepter de fermer les yeux sur les attaques israéliennes qui sortiraient du cadre stric du conflit avec le Hezbollah aux frontières israéliennes pour s’étendre à tout le territoire syrien, et comme un message à Bibi que non, les Russes n’affronteront pas les Iraniens pour les beaux yeux de l’Etat hébreu...

Le 19 mars 2017 à 04:39 par Pépé le Moko
#1686146

" Car aujourd’hui, malgré ses 180 à 200 têtes nucléaires, Israël "

ça m’ferait mal , parce que il y a 15 ans , ils en avaient déjà 800 ... des têtes nucléaires !!!

Le 19 mars 2017 à 11:37 par Algoche
#1686252

A moins qu’au moins 500 d’entre elles aient été testeés on ne sait où (et à quelles fins ?).