Alain Badiou brut

Publié le : dimanche 8 juillet 2018
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Alain Badiou est cet intellectuel marxiste passé par le maoïsme qui ne s’est pas renié. C’est assez rare dans la classe intellectuelle française pour être souligné.

 

 

Un entretien complet avec Aude Lancelin en date du 28 mai 2018 :

La gauche qui ne fait pas semblant
est sur Kontre Kulture

Textes choisis -20%

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Le 8 juillet 2018 à 23:12 par kabouli
#2001518

C’est un vieux radoteur qui n’a rien compris à ce qui est arrivé en Mai 68. . Ce fut le dernier acte révolutionnaire des staliniens de refuser les usines aux étudiants. Les staliniens savaient bien que le ver subversif n’était pas hors des usines mais dans les usines elle-même au milieu des jeunes travailleurs qui allaient bientôt fuir ces usines ou pour le moins comprendre qu’elles n’étaient pas l’avenir du monde mais de simples prisons. La production fut donc envoyée en Chine. Ce mouvement "étudiant" et ses prétentions avaient déjà été dénoncés par les spectaculaires révolutionnaires situationnistes comme arrière garde du mouvement et les étudiants comme les êtres les plus méprisés après le flic et le curé, de la graine de militants. C’est à dire d’individus pour qui le moyen est devenu une fin.

Ce mot de révolution recouvre l’impatience de la force devant l’esprit. Les véritables transformations sont celles de l’esprit et les révolution des coups d’état politique. Mai 68 a sonné la fin de la politique c’est à dire la fin de l’état comme moyen de transformation du monde. Le christianisme fut récupéré par l’empire romain prototype du fascisme mai 68 avait conscience que il ne fallait rien attendre de bon de cet état vanté par le marxisme.

Le 9 juillet 2018 à 00:08 par Rusty James
#2001555

Maoiste et enseignant a la Sorbonne, quelle tartufferie, Il est autant philosophe que je suis sorcier inca. Des vrais philosophes, j’en ai rencontre, au sud de l’ile de Crete, des types qui vivaient en hermite dans des grottes (enfin chacun dans la sienne), ca c’est des travaux pratiques

Le 9 juillet 2018 à 12:53 par paramesh
#2001831

assez d’accord avec vous, la vraie philosophie, çà doit se pratiquer dans le concret. ras le bol des grands concepts qui ne font bander que les intellos. la vraie philosophie est morte avec Socrate et son autobranlette. Après lui on n’a plus qu’une longue suite de penseurs qui pondent idéologies et et systèmes clos (donnez moi un rapport logique, une passerelle entre Platon Marx et Nietzsche ou entre Senèque Liebniz et Cioran, je vous souhaite bien du courage)

Le 9 juillet 2018 à 23:15 par Robespierre
#2002286

Sans une idéologie le combat politique est perdu d’avance. On a le droit de choisir la voie de Siméon le Stylite en n’oubliant pas qu’un Hermite, même ermite, propose des idées pour interpréter la réalité. Mais si l’on retient cette option de retraite, il ne faut pas conspuer le monde en le blâmant d’être ce qu’il est.

Le 10 juillet 2018 à 12:25 par paramesh
#2002500

@Robespierre, la politique est une invention grecque, on a vecu plus longtemps sans politique qu’avec. le problème est la délégation du pouvoir. toutes les sociétés primitives refusent justement toute forme de pouvoir coercitif, le pouvoir ne doit être que symbolique. le vrai philosophe n’a aucun pouvoir réel mais il expose sa sagesse, on le respecte pour çà, MÊME SI ON FAIT LE CONTRAIRE. C’est le statut du chef traditionnel : il commente, il juge mais n’a aucun pouvoir de décision.

Le 9 juillet 2018 à 05:11 par Francois Desvignes
#2001626

La carrière ou le terrorisme. Ou une boussole

Badiou a raison.

Mais là où Badiou a tort c’est de dire que la jeunesse doit se fabriquer sa boussole.

D’abord, on ne fabrique pas sa boussole : on la retrouve. "fabriquer sa boussole" c’est typique du discours du matérialisme pseudo scientifique du XIX siècle et de ce point de vue, Comte et Marx ont le même logiciel. C’est la famille de l’Humanisme celle de" l’Homme dieu" où la Verité n’existe pas , où il y a seulement "des vérités" ce qui est une autre manière de dire que Dieu n’existe pas et en tout cas ne nous gouverne pas.

Ensuite, distinguer (pour opposer ?) jeunesse et vieillesse, est sacrilège : tant que nous sommes vivants notre responsabilité c’est de concourir à la pérennité et l’enrichissement du groupe. On ne forme qu’un seul corps composé de milliards de cellules uniques et solidaires.

En histoire,

l’année suivante est l’opposée de l’année précédente la décade suivante, l’opposé de la décade précédente le siècle présent l’opposé du siècle précédent la période s’ouvrant le contraire de la période précédente.

la Renaisssance a fermé le Moyen Age chrétien qui disait que l’Homme tirait sa gloire d’être Fils de Dieu pour ouvrir la modernité humaniste qui dit que l’Homme est son propre dieu et ne tire que de lui-même sa propre gloire.

Nous fermons la modernité, soit cinq siècles d’humanisme insurrectionnel contre Dieu.

La question est : Allons-nous retrouver notre boussole christique, tout reconstruire en Christ ? ( Pie XII)

Allons nous échapper au suicide de notre âme (la carrière) et au suicide de notre corps et de notre âme (le terrorisme) ?

Allons-nous redécouvrir la Signification de la Croix, notre Salut ?

Le 9 juillet 2018 à 06:03 par Godwin
#2001632

« Alain Badiou est cet intellectuel marxiste passé par le maoïsme qui ne s’est pas renié. » Rappelons qu’il a soutenu les Khmers rouges. Entre un quart et un tiers de la population du Cambodge exterminée (pour de vrai).

Le 10 juillet 2018 à 01:11 par bergamotte
#2002340

Merci Godwin pour ce rappel, en fait une information que beaucoup ne connaissaient pas ou avaient oubliée. Cela ne donne pas envie d’écouter ce qu’il dit aujourd’hui de mai 68. Le début de l’interview est d’ailleurs très ennuyeux. En revanche cela rend curieux sur ce qu’il pouvait dire du maoisme. Je ne me souviens pas s’il figurait dans la liste des thuriféraires français, et aussi européens d’ailleurs, du Grand Timonier dressée par le sinologue belge Simon Leys (Rycksmans de son vrai nom). L’occasion de relire une fois encore "Ombres chinoises" (1974) pour vérifier. C’est toujours un tel plaisir de se replonger dans ses livres.

Le 9 juillet 2018 à 09:45 par sev
#2001702

C’est toujours revigorant d’écouter des esprits affinés, cultivés et surtout qui savent analyser à l’aune du tri stratégique et opportuniste que toutes "révolution" génère. En l’occurrence, Badiou rejoint largement l’analyse pertinente de Francis Cousin sur le vrai fiasco 68tard. L’arrière-plan ouvrier, mouvement authentique original de la tentative de résister au nouvel ordre économique qui s’installait et qui embarquait les ouvriers vers une aliénation massive, est resté curieusement peu visible dans les médias de l’époque et même encore aujourd’hui.

C’est bien la ligne "étudiante" qui a été mise en avant et qui opère encore aujourd’hui, incontestablement. Les véritables agitateurs furent les bourgeois qui, comme en 1789, mirent les idiots utiles (les jeunes énervés) en 1ère ligne (Cohn Bendit, BHL, Goupil et toute la clique qu’on retrouve aujourd’hui, vieillie, embourgeoisée, libérale-libertaire) et ce sont bien eux qui ont permis aux ultra libéraux d’orienter la "révolution" vers ce qu’elle produit aujourd’hui : chaos social, inversion des valeurs universelles, cocufiage haute volée des ouvriers devenus les damnés de la modernitude.

Une phrase me résonne infiniment dans la tête : "Nous irons ensemble vers le Nouvel Ordre Mondial... et personne, vous entendez, personne ne pourra nous en ampêcher" (discours de Sarkozy la 1ère année de son mandat). Sarko et les petits présidents suivants depuis Giscard, sont les exécutants du chaos né de mai 68.

Le 9 juillet 2018 à 11:55 par Abraracourcix
#2001784

Après des siècles et des siècles de recherches ontologiques, Sartre (quoiqu’on en dise et quoiqu’on en pense) y a mis un terme dans "l’Etre et le Néant", et sa conclusion est indépassable : "Soit Dieu existe, soit l’Univers est un En-Soi".

Le 10 juillet 2018 à 01:46 par Nicolas
#2002350

L’univers est un en-soi veut dire qu’il est la seule entité (pas d’arrière-monde) parce qu’il n’est pas "assisté" de Dieu. Donc pour résumer c’est comme si Sartre avait écrit "Soit Dieu existe, soit Dieu n’existe pas". On aurait alors plutôt envie de dire que c’est sa piètre tautologie qui est indépassable.

Le 9 juillet 2018 à 16:41 par Etonné
#2001998

En le regardant, j’ai cru que Pierre Bellemare n’ était pas mort !

Le 9 juillet 2018 à 23:03 par adile111
#2002277

Très juste ! Surement un parent car il aime aussi raconter des histoires...peut-être moins extraordinaires..

Le 10 juillet 2018 à 14:59 par jean d’Artois
#2002579

A partir de mai 68 / le début de la désindustrialisation ( même avec une main d’oeuvre importée massivement pour la mettre en concurrence et affaiblir le pouvoir de celle des autochtones ) , le début du déclin des syndicats , le début de la destruction des acquis sociaux et toutes les organisations solidaires qui s’y rapportent , le début du chômage de masse ( en une décennie , on passe de quelques milliers à plus d’un million de chômeurs ) , ... pour en arriver , comme ce philosophe le dit , après la casse d’un système certes capitaliste encadré par des normes nationales à ce mondialisme de référence actuel . Disons que le processus fut plus ardu à mettre en place en France que dans d’autres pays européens , vu la combinaison historique d’un De gaulle plutôt despotique , ne portant pas trop les américains dans son coeur , (ces "vainqueurs" qui ont vassalisé les pays européens via la nouvelle structure européenne ),mais chrétien démocrate , allié aux communistes depuis 40 qui l’ont toujours aidé depuis son accession au pouvoir . ( pour faire très court ) . Quant aux "dégâts " sociétaux , l’éclatement de la cellule familiale , des valeurs morales , de l’éducation ,de l’anéantissement de la transmission des connaissances , d’une religion millénaire dévoyée par les mêmes " conquérants" mondialistes qui patiemment , tissent leur toile , pour abêtir ( au sens propre) tous les peuples passant sous leur domination : tout à fait normal puisque se réclamant eux , du "peuple élu" .

Le 10 juillet 2018 à 18:37 par Alan
#2002663

J’aime bien écouter Badiou, il a déjà débattu avec Onfray, (ce dernier est d’ailleurs ressorti en slip de l’entretien), il est très brillant, pense à beaucoup de choses, à tout ce qui concerne le monde matériel et son organisation.

Mais dès qu’on touche à l’origine profonde et spirituelle des problèmes, plouff, il coule comme une pierre au fond de l’eau, comme tous les athées.

Ainsi, il dit que le plus important dans les 3 mai 68 qu’il décrit (étudiant, ouvrier, des moeurs), c’est le côté étudiant et ouvrier. Et bien, non, c’est faux, car le mouvement estudiantin était une bouffonnerie de petits bourgeois, et la contestation ouvrière, plus sérieuse, était quand même une bouffonnerie matérialiste pas sérieusement et sincèrement solidaire, bouffonneries vite passées d’ailleurs, il a suffit d’un gros fake en la personne de Mitterrand, pour que tous ces gens montrent leur vrai visage individualiste, sans conviction profonde, et un retournement de veste de moineaux sans cervelle. Mitterrand n’était donc que le miroir parfait du peuple, un esprit à qui on ne peut pas faire confiance, une girouette hypocrite. Bravo au Divin de nous avoir envoyé ce que nous méritions, ce que nous étions : un traitre.

Intellectuellement, la sphère estudiantine de 68 est vide de sens, inutile. Politiquement, la sphère ouvrière n’a pas apporté de congés payés, ni de sécurité sociale, rien, elle n’a rien changé, elle était le dernier soubresaut des anciennes mentalités solidaires, mais de façon inauthentique, c’était déjà les individualistes d’aujourd’hui, mais juste avec encore une demi-couille pour gueuler.

Ce qui reste, c’est donc le plus important : le 68 des moeurs !! Contrairement à ce que croit Badiou, qui n’y voit que du bon naturel sans importance !! Ou comment avoir de la merde dans les yeux.

Le 68 des moeurs a mené au véritable impact durable :

- à l’IVG
- au massacre de la famille, divorces de masse
- obsession sexuelle avec permissivité universelle : pédophilie, porno, lgbt etc etc etc
- détraquage dans l’éducation des jeunes
- à l’acceptation passive de l’immigration de masse, à cause des idéologies mises en place à cette époque (avant, cela aurait été impossible)
- féminisation de la société
- promotion d’une immaturité galopante.

Bref, Badiou oublie le plus important, n’y voit que du bon, alors que c’est de la merde en barre.

Le vrai 68 était une inspiration Divine, mais tout le monde ayant détruit cet aspect, inutile d’en parler.

Le 12 juillet 2018 à 07:06 par Pitchou
#2003351

On peut ne pas être d’accord avec Badiou, il a pour lui deux vertus devenues rares chez les penseurs à la petite semaine, l’honnêteté intellectuelle et la cohérence avec lui même. Il est né au Maroc mais n’a pas la prétention de certaines lumières de la même origine de naissance, c’est un peu le Galabru(paix à son âme) mais de la pensée, né aussi au Maroc.