François Ruffin en couverture des Inrockuptibles
Tapin ou crétin ?

François Ruffin a un vieux rêve : faire l’union des gauches. À cela près que son parcours de bourgeois altermondialiste (scolarité en établissement privé catholique, maîtrise de lettres à l’université, deux ans à l’université du Texas, diplôme du Centre de formation des journalistes puis journaliste, réalisateur et enfin député ; fils d’un cadre de Bonduelle [1], sœur PDG passée par l’ESSEC) l’empêche de penser la lutte des classes correctement : pour lui, les « gauches » ce sont les syndicats, les bobo-écolos, les « jeunes », les étudiants, les féministes, les « quartiers »...
En pleine révolte sociale des classes moyennes prolétarisées, le représentant de La France insoumise ne trouve donc rien d’autre à faire que d’agiter une soi-disant conscience de classe de catégories au mieux improductives, au pire expertes en parasitisme. Et pour couronner le tout de s’afficher en Une des Inrockuptibles, le « magazine culturel de gauche » appartenant au banquier d’affaires et oligarque médiatique Matthieu Pigasse [2].

Les maîtres à penser de Ruffin ? Serge Halimi, Pierre Bourdieu, Daniel Mermet, Michael Moore.
Ses faits d’armes ? Figure de proue du mouvement de branleurs aux revendications sociétales Nuit debout en 2016, réalisateur du documentaire Merci Patron ! récompensé du César du meilleur film documentaire à la 42e cérémonie des César en 2017 [3].
Son crédo ? La « convergence des luttes ». Soit le fantasme (ou l’arnaque) de la jonction « des classes éduquées et des classes populaires », comprendre des écolos et des opprimés, comprendre des bobos et des racailles.
Voilà pourquoi depuis un certain temps, celui qui a voté pour Emmanuel Macron au second tour des élections de 2017 (et fréquenté le même établissement scolaire privé jésuite que lui) s’échine à servir la soupe anti-populaire aux « quartiers », enfin à ceux qui s’en revendiquent. Ruffin ne connaît pas la banlieue, c’est un monde qui lui échappe, lui qui vient d’un milieu bourgeois de province [4]. De son point de vue, des Noirs et des Arabes qui appellent à lyncher les « Gilets jaunes fachos » représentent les classes populaires, puisqu’ils sont Noirs et Arabes !
Voir les interventions hystériques et haineuses des représentants du comité Adama Traoré de la 5ème à la 13ème minute :
Comme toujours avec les gauchistes, ces idiots utiles du grand capital, leurs rhétoriques n’aboutissent qu’à la division entre les travailleurs, comme le prouve le discours démagogique et mensonger de Ruffin sur l’ISF qui désigne la bourgeoisie entrepreneuriale comme l’ennemie à abattre pour masquer la prédation bancaire et le scandale de la dette. Empêcher la jonction révolutionnaire entre les petits patrons et les salariés, les classes moyennes et les prolétaires, voilà le rôle éternel de la gauche antisociale.
En promouvant les bien-pensants libertaires et les chasseurs antiracistes, en misant sur une hypocrite convergence avec les Gilets jaunes, qu’espère François Ruffin à part devenir le nouveau Olivier Besancenot ?
À moins que le calcul de l’homme politique picard qui a détrôné Maxime Gremetz dans sa circonscription de la Somme soit celui-ci : se positionner en porte-parole des « urbains », en canalisateur de la banlieue, en négociateur et interlocuteur privilégié avec le pouvoir d’aujourd’hui et de demain.
« C’est le mâle dominant à l’ego surdimensionné, au combat obsessionnel… Vous verrez, il finira patron. » (Un ex-ami de François Ruffin)
François Ruffin s’imagine certainement être appelé à de hautes responsabilités dans les prochains jours. Mais rendra-t-il des comptes sur sa responsabilité en cas de déferlement violent des banlieues racaillisées et des casseurs antifas sur la capitale ?
Représentant de gauche de la racialisation et de la communautarisation de la lutte des classes, donc parfait complément de la ligne Zemmour, Ruffin coiffera-t-il Mélenchon et Corbière sur le poteau de l’après-Macron ? Comme l’avait prédit Emmanuel Todd en 2017 : « François Ruffin, c’est la vraie alternative de gauche à Marine Le Pen. » Et demain le meilleur sparring-partner de la dictature militaire ?
Notes
[1] Jean-Claude Ruffin, responsable agronomique de Private Label, une filiale du groupe Bonduelle spécialisée dans la production de légumes en conserves : « Il y a une quinzaine d’années nous entretenions un rapport de force avec les agriculteurs. Aujourd’hui, nous sommes davantage dans la concertation. »
[2] Responsable mondial des fusions-acquisitions et du conseil aux gouvernements de la banque Lazard, dont il est directeur général délégué en France ainsi que propriétaire et président des Nouvelles Éditions indépendantes (qui contrôle le magazine Les Inrockuptibles et Radio Nova), et actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post.
[3] Un succès en salle qui lui assure une bonne rente.
[4] Comme son rival de cour d’école le président banquier Macron.
Pendant ce temps :
Hervé Ryssen en couverture de Paris-Match
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