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Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

En 2008, lors d’une visite à Paris, Shimon Perez avait rallié la France à son projet qui devait relier la mer Rouge à la mer Morte. Les médias français avaient surtout retenu son initiative de « Vallée de la paix, » ou vallée d’Arava, territoire situé aux confins de la Cisjordanie, de la Jordanie et d’Israël, dont il prétendait faire un exemple de développement partagé avec l’idée que « l’économie peut être le bulldozer de la paix » [1]. Une idée tellement enthousiasmante qu’elle a fini par laisser croire aux colonisateurs et à leurs associés qu’il suffit de quelques poignées de dollars, pour que les Palestiniens abandonnent leur terre aux sionistes et jettent les clés de leurs foyers transmises de génération en génération. C’est aussi bien le cas des administrations occidentales que des administrateurs « de pays frères qualifiés de pays modérés et/ou normalisateurs », pour lesquels les miettes distribuées avec parcimonie sont des investissements pour encore plus de profits.

 

Et le comble du mépris a été atteint avec le choix du slogan « Gardien de la prospérité », pour une opération guerrière consistant à frapper les Yéménites dont les actions en mer rouge, en soutien aux Palestiniens, se résumaient manifestement à amener Israël à cesser d’affamer, d’assoiffer, de martyriser et de bombarder la population de Gaza, en dépit du fait qu’ils ont été eux-mêmes martyrisés et bombardés ces huit dernières années par une bonne partie des mêmes prédateurs.

La prospérité ! La prospérité de qui et à travers quels projets ? C’est ce que nous explique l’écrivain et analyste politique jordanien Mowaffaq Mohadin.

***

La géopolitique est un domaine scientifique qui a prospéré en Allemagne à la fin du XIXe siècle grâce surtout au géographe allemand Friedrich Ratzel et sa théorie du Lebensraum [2], ou la théorie de l’espace vital, (Théorie ayant justifié l’expansionnisme de l’État allemand pendant la Seconde Guerre mondiale ; NdT).

Ce domaine a ensuite été développé par le Britannique Halford Mackinder (le créateur de la théorie du Heartland) et d’autres, dont l’Américain Nicholas Spykman, avant que le cerveau de l’impérialisme mondial Zbigniew Brzeziński ne s’en inspire durant la Guerre froide pour se concentrer sur le heartland russe dans le cadre de son projet eurasien.

L’Égypte compte aussi des noms importants dans ce domaine, dont le président Gamal Abdel Nasser par la correspondance de l’idée de la nation avec celle de l’espace vital, Gamal Hamdan par son ouvrage intitulé La personnalité de l’Égypte, et Mohamed Hassanein Heikal : l’un des éditorialistes les plus connus du monde arabe.

L’Orient arabe et musulman est, en effet, un monde de géographie politique. D’une part, en raison de sa situation sensible sur la carte du commerce et des guerres vécues à travers l’histoire, lesquelles ont influé sur les transformations sociales et idéologiques, le mode de production, les alliances commerciales et militaires ; autant de sujets appréhendés par Victor Sahab et Samir Amin. D’autre part, en raison des projets politiques élaborés au XXe siècle, tels le projet panarabe de l’unification du Croissant Fertile et le projet de la Grande Syrie, jusqu’aux projets récents liés à la Guerre des ports et des routes historiques, telles les nouvelles routes de la soie initiées par la Chine (BRI) et le projet récent de corridor économique appelé Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) qui rejoindra l’Inde à l’Europe en passant par la Palestine occupée.

C’est pourquoi la guerre en cours nécessite une vision large de la région arabe englobant ses propres perceptions et ses projets stratégiques, notamment au niveau de l’arc Égypte-Syrie-Irak sur les terres duquel de grandes nations sont nées et ont disparu tout en restant étroitement liées à la géographie et donc, aux corridors terrestres et maritimes ; en l’occurrence, Bab al-Mandeb, Haïfa, Ashkelon et Gaza.

 

 

D’où l’intérêt sioniste et colonialiste à empêcher la constitution de cet arc régional, que ce soit à l’époque de Méhémet Ali (1760-1849) ou à l’époque de Gamal Abdel Nasser (1918-1970), par les Accords de Sykes-Picot (1916) et la Déclaration Balfour (1917) et, de nos jours, par la diabolisation de toute tentative de continuité entre la Syrie et l’Irak conformément au discours de l’axe de la Résistance. Une diabolisation accompagnée d’une incitation à la haine par sa réduction à un croissant chiite, alors qu’un croissant abrahamique se forme entre d’autres pays arabes et l’entité d’occupation israélienne.

De plus, abstraction faite des données et des répercussions notoirement connues de l’épopée de Gaza démarrée le 7 octobre 2023 et suivie par l’agression sioniste barbare contre les civils, la bataille des forces armées yéménites autour de la mer Rouge et de Bab al-Mandeb, comme la bataille de Gaza, sont au cœur de stratégies ennemies dangereuses pour la région, à savoir :

- Le projet israélien du Canal Ben Gourion,
- Le projet saoudien Neom,
- Le projet visant à transformer le port de Haïfa en port principal du Moyen-Orient.

I. Le canal Ben Gourion : une alternative israélienne au canal de Suez

 

Depuis l’inauguration du canal de Suez en 1869 et son impact sur les grands bouleversements maritimes à l’échelle mondiale en termes de commerce, de guerres et d’ingérences, de retentissement sur le cap de Bonne-Espérance et les routes terrestres d’Asie du Nord, il est au cœur de diverses approches stratégiques internationales ; la Déclaration Balfour en 1917 ayant été l’une de ses conséquences. Il est régi par un accord de droit maritime : la Convention de Constantinople de 1888 toujours en vigueur.

[...]

 

Finalement, le projet actuel consistant à creuser depuis le port d’Eilat au sud d’Israël jusqu’à la mer Méditerranée en sacrifiant Gaza, il n’est pas inutile de noter que les Ansar Allah yéménites n’utilisent que le nom historique « Umm Rashrash » pour parler d’Eilat dans leurs déclarations à la presse. Et cela afin de rappeler que cette ville n’a pas été attribuée à la partie hébraïque lors de l’adoption du Plan de partage de la Palestine par l’ONU en 1947 [ce que contredit Wikipedia et d’autres publications occidentales officielles ; NdT]. La ville a été occupée par des gangs sionistes et arrachée à la Jordanie en préparation de l’alternative au canal de Suez.

II. Le projet saoudien Neom

 

Le projet Neom a été annoncé en 2017 et un comité de gestion a été formé sous la présidence de Klaus Kleinfeld, l’un des piliers du Forum de Davos. Cinq cent milliards de dollars lui ont été alloués dans le cadre de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, à partir de fonds d’investissement public pour le développement d’un ensemble de secteurs industriels, technologiques, médiatiques, etc.

 

 

Le projet se situe sur la mer Rouge au nord du Hedjaz et s’étend d’Al-Bad’ jusqu’à l’ouest de Tabouk. Cette région est supposée être la partie sud du Pays de Madian, lequel s’étend dans sa partie nord jusqu’à la ville jordanienne d’Al-Karak englobant les montagnes d’Al-Sharat, Wadi Araba et Al-Aqaba. À noter que cette région jordanienne pourrait être incluse dans une deuxième phase du projet selon la déclaration de l’ancien commissaire d’Al-Aqaba, d’Al-Madina News le 27 octobre 2017 et du journal jordanien Al-Ghad le 25 mars 2018. Une inclusion qui serait en rapport avec l’initiative de Shimon Peres concernant la « Vallée de la Paix ».

D’ailleurs, nombre de données indiquent des approches politiques du projet liées au soi-disant « Nouveau Moyen-Orient », telles qu’elles apparaissent dans le livre de Shimon Peres et dans les Accords abrahamiques. D’où les remarques suivantes :

L‘appellation elle-même est l’objet d’interprétations différentes. Certains voient dans le mot « Neom » une relation avec le discours biblique (NO’AM ?) en rapport avec la grâce divine ayant permis l’installation du peuple d’Israël dans notre région. D’autres, dont les Saoudiens, disent que ce nom est tout simplement composé du préfixe « néo » et de la lettre initiale M du mot arabe Moustaqbal signifiant « avenir ».

Certaines études ont tenté de relier la zone occupée par le projet aux lieux mêmes où les juifs se sont installés après leur exode d’Égypte, allant jusqu’à changer les noms des régions et des montagnes. Ainsi le mont Al-Tûr s’est transformé en mont Al-Lowz, comme le montre l’étude du chercheur américain Ron White.

[...]

Dans ses prochaines étapes, la zone du projet devrait rejoindre le canal Ben Gourion, d’une part ; les lignes ferroviaires et les intérêts des Pays Golfe, d’autre part. Nous savons aussi que le désert oriental de Jordanie est candidat à la construction de plusieurs villes pour l’installation de réfugiés palestiniens.

Le principal partenaire du projet est l’entreprise américaine polyvalente « Bechtel », laquelle fut le plus grand partenaire de Washington dans la plupart de ses invasions et pillages dans le monde, y compris la destruction de l’Irak. Nombre de ses représentants ont occupé des postes clés dans diverses administrations américaines, dont des membres de la famille Bush, le secrétaire à la défense Caspar Weinberger et le secrétaire d’État George P. Shultz.

Le projet Neom est donc le reflet des stratégies du capitalisme mondial en ce qui concerne le marché financier et sa place dans le système financier et monétaire du capitalisme anglo-saxon. En effet, après la récupération de Hong Kong par la Chine, les métropoles anglo-saxonnes ont inventé Singapour, puis Dubaï qui a conservé son importance au sein de ce système malgré les tentatives d’autres pays du Golfe comme le Bahreïn et le Koweït.

Quant à la guerre des ports, le projet Neom qui se situe de l’autre côté de la mer Rouge est déjà en compétition avec Dubaï et pourrait créer des dissensions au sein du Conseil de coopération du Golfe. Lequel conseil maintient difficilement sa cohésion au vu des divergences entre ses partis, qu’il s’agisse du Sultanat d’Oman, du Qatar ou du Koweït.

Par ailleurs, force est de constater que le contrôle exercé par les Ansar Allah sur la zone vitale de Bab al-Mandeb ne plaît pas à l’Arabie Saoudite qui y voit des implications stratégiques sur son projet Neom et aussi, sur la relance de la Route des Indes orientales annoncée par le président américain Joe Biden.

III. Le projet visant à transformer le port de Haïfa
en port principal du Moyen-Orient

 

 

Le projet du port de Haïfa, en tant que port majeur du Moyen-Orient, nécessite l’affaiblissement du rôle du canal de Suez et le torpillage du commerce international terrestre via la Syrie et le Liban. D’où les suspicions quant au rôle d’Israël dans les explosions du port de Beyrouth, le 4 août 2020, et dans la dégradation des relations à la frontière syro-jordanienne sous divers prétextes.

Il n’est donc pas insensé de lier le port de Haïfa à ce que l’on désigne désormais par « Abrahamisme politique », lequel est étroitement lié aux immenses projets de lignes ferroviaires et de routes terrestres entre les pays arabes normalisateurs du Golfe et la Palestine occupée.

En conclusion : comprendre les objectifs des projets ennemis aide à mieux saisir l’importance stratégique des batailles de Gaza et de Bab al-Mandeb.

Mowaffaq Mohadin

Lire l’article entier sur mondialisation.ca

 

Comme prévu, sur E&R :

 






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11 Commentaires

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  • #3308567
    Le 16 janvier à 19:34 par Franfran
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    Le projet NEOM The Line , est de très loin le plus flippant de tous les projets du WEF, déja il y en a un sur chaque continent. Ils sont tous dans des zones ou l’environnement est très agressif de base, et surtout la date de fin de la construction est en 2035, date que l’on retrouve pour pas mal de merde. On dirait une planque pour tous détruire et se cacher comme un rat, typique des dirigeants qui se mettent à l’abris du danger au moindre bruit suspect.

     

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  • #3308570
    Le 16 janvier à 19:44 par Elsa
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    Madrid a refusé de participer à une décision prise par les USA et le Royaume Uni contre les Houtis expliquant qu’ils n’ont aucun mandat international pour se lancer dans cette aventure , le chaos semé par Bush en Irak et ailleurs ne leur a pas suffit

     

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  • #3308579
    Le 16 janvier à 20:01 par Domino
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    Je croyais que les ultra riches voulaient la décroissance ? J’ai dû mal comprendre...
    A moins qu’il ne s’agisse d’une décroissance ciblée...

     

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    • #3309505
      Le 18 janvier à 12:50 par chockjo
      Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

      Oui le libéralisme est une arme pour mettre a genoux le peuple devant les pharaons multi-actionnaires.
      Mais bloqué les multinationales des pharaons n’est pas la même chose.

       
  • #3308583
    Le 16 janvier à 20:16 par tabouret1789
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    En tout cas, tsahal a l’ air de se débiner de gaza.....bibi inquiet pour sa personne ?...ce serait rigolo....

     

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  • #3308687
    Le 17 janvier à 01:28 par adolfo
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    c’est le chaos partout , même à Londres Tzipi Hotovely est accusée d’utiliser un "langage génocidaire" par des pétitionnaires qui demande l’expulsion de l’ambassadrice d’Israël

     

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  • #3308825
    Le 17 janvier à 09:57 par anonyme
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    "Théorie ayant justifié l’expansionnisme de l’État allemand pendant la Seconde Guerre mondiale".
    Il n’y avait pas d’expansionnisme mais une récupération des régions allemandes, peuplées d’Allemands et volées à l’Allemagne en 1918 par le traité de Versailles (et dont les populations étaient persécutées) !

     

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  • #3308895
    Le 17 janvier à 11:37 par saltin
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    à l’appel de Macron , l’Etat major militaire Français a refusé de participer à l’attaque des Houtis réclamée par Londres et Washington _les Houtis qui veulent juste mettre à genoux ( comme dirait le Maire ) l’Economie d’Israël pour détruire les génocidaires qui ne respectent même pas les organisations qu’ils ont créer eux même !
    n’en déplaise à certains va t’en guerre ( proclamés spécialistes comme Martin-Genier et quelques autres ) , la France est bien le 3 ème pays ( après l’Ukraine et Israël ) que Lavrov , Medvedev et beaucoup d’autres maintenant affirment ne pas être dirigé par le Peuple Français mais moi je m’en doutais déjà depuis Sarkozy qui n’a pas respecté le vote des Français contre l’UE

     

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  • #3309088
    Le 17 janvier à 17:04 par frank
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    La Chine, qui traite un quart du transit mondial de conteneurs, a tout intéret à ce que que la situation se bloque, non seulement pour l’accès à Suez mais pour l’accès à Panama. Elle a en effet décider de by-passer ces deux canaux en s’en construisant un autre, réservé à son propre usage.

    Depuis des années avaient été considérée la construction d’un canal passant par un autre pays que Panama, par exemple par le sud du Mexique. La Chine a finalement fait un choix original : un canal terrestre depuis la cote du Pérou, à travers la sierra et l’amazonie, jusqu’à la cote du Brésil.

    Le raisonnement est simple : ces deux pays ont signé depuis logtemps des traités de libre commerce avec la Chine, et le second est le B de Brics. De plus leur littoral a la proffondeur nécessaire aux bateaux de plus de 18 000 conteneurs. Enfin la perte de deux jours pour le déchargement et le rechargement sont largement compensés par la plus grande vitesse des camions et des trains comparés aux bateaux, sur les 5000 km de cote à cote.

    Détail intéressant : la construction de l’autoroute et du chemin de fer trans-amazonique, pour 450 milliars d’euros, reviendrait au français Egis, tout récemment privatisé par Macron au profit de Tikhetau, et sera garantie par la France (donc par ses contribuables).

    Il n’est donc pas à exclure que la Chine ait intéret à une détérioration de la situation en mer rouge, quitte à financer les Houtis, et à de futurs problèmes autour de Panama, dès que son corridor trans-amazonique sera terminé, d’ici deux ans.

     

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  • #3309161
    Le 17 janvier à 18:57 par Figaro68
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    Les Rosbeefs n’arrivent plus à engager des marins. Les USA ont des manques de personnels militaires. Les Espagnols ne veulent pas heurter les musulmans présents dans le pays. Les autorités françaises se heurtent au NIET des soldats. Ca sent la merde pour le Deep State...

     

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  • #3309293
    Le 18 janvier à 00:47 par Mandale Roide
    Bab al-Mandeb, Gaza, et la géopolitique de la guerre

    Le porte conteneur Ever Green qui a bloqué durant des semaines
    le Canal de Suez, a bien été filmé entrain de commettre un viol
    de procédures entrainant l’échouage et donc l’ensablement de tout le
    navire, nécessitant d’être tracté hors de là.
    Hors, ce crime a été filmé, en détail, en honneur donc n’avons
    nous jamais assisté aux détails de ce crime.
    Habituellement quand ce n’est pas le système pourri lui même qui
    commet une opération, on a toujours un coupable qui est déniché.
    Là aucuns coupables, pas moyens de savoir les détails fumeux de
    ce vice de procédures ayant entraînée d’immenses répercussions.

     

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