Dans cette réponse à l’article de Laurent Guyénot, mon objectif n’est pas de défendre Dieu : Il peut faire parler des pierres si nécessaire. Mais il est juste de rappeler la vérité à ceux qui, par cynisme ou ignorance, confondent les dérives des Églises impériales avec l’Évangile. Guyénot affirme ne pas attaquer le christianisme, tout en insinuant que le paganisme en contenait déjà l’essence. C’est oublier que les cultes solaires et monothéismes inclusifs qu’il décrit appartiennent à un cadre historique déjà tardif, postérieur de plusieurs siècles aux patriarches et aux prophètes, et séparé de la naissance du christianisme par un abîme de sens et de révélation. Assimiler l’un à l’autre, c’est brouiller volontairement les repères.
Jésus-Christ a comparé le Royaume des cieux à un grain de moutarde (Matthieu 13:31-32). Dans la nature, cette graine ne devient pas un arbre immense ; si, dans la parabole, elle croît jusqu’à abriter les oiseaux, c’est l’image d’une croissance anormale où s’infiltrent la vanité et l’ennemi (Matthieu 13:4,19). Jésus ne donnait pas là une image de triomphe institutionnel, mais un avertissement : son Royaume reste humble, étranger aux grandeurs du monde.
L’histoire confirme cet avertissement : la foi née dans la simplicité a été gonflée par les honneurs et les ambitions humaines. C’est cet arbre déformé que Guyénot observe et juge, mais il ignore la semence vivante : le Christ, dont le Royaume « n’est pas de ce monde » (Jean 18:36).
Cette confusion sert aujourd’hui ceux qui, en croyant hâter par leurs œuvres l’avènement de l’Antéchrist, prétendent dicter le calendrier de Dieu. Mais « quant à ce jour et à cette heure, personne ne les connaît » (Matthieu 24:36). Déjà, la race de vipères qui crucifia Jésus pensait l’anéantir ; elle n’a fait qu’accomplir le plan de Dieu. De même, leurs manœuvres actuelles ne feront qu’amener le jour où le Christ écrasera la tête du serpent (Genèse 3:15).