Les chars de Poutine aux portes de Paris
2 avril 09:21, par Lazeby
Éloge de la fuite, aurait dit Henri laborit qui s’y connaissait, la meilleure fuite étant dans l’imaginaire, puisqu’elle arrange tout le monde surtout les vainqueurs.
Les amérindiens par exemple ont imaginé toute sorte de dieux à plume, mi-homme mi-bête ("le chant du Silbaco" un livre qui a marqué mon adolescence), venant exerçer une vengeance terrible sur tous les visages pâles qui les exterminaient. La descendance de ceux qui ont survécu s’en souvient encore en buvant du coca.
Comme notre imagination décline avec le reste, aujourd’hui on en est à invoquer les dieux dans des vidéos célébrant le retour de l’ange exterminateur sympa (important, c’est le 1er avril) à plume et gilet jaune.
Moi, qui suit réaliste et ai toujours manqué d’humour, j’aurai fait une vidéo mêlant notre actualité et celle de l’Irlande après la première guerre mondiale, quand Michael Collins a compris qu’il ne servait à rien d’affronter la puissance de l’occupant et que mieux valait faire le vide autour de lui. Plusieurs milliers d’assassinat en quelques mois de tout ce qui de près ou de loin est au service de l’anglais, lequel finit par jeter l’éponge et accorder l’indépendance en moins de trois trimestres.
C’est vrai que quand j’entends les torrents de conneries proférées par mes compatriotes en terrasse, les mêmes qui n’en ont pas bougé depuis cinq ans, sur la dreyfusardisation de la mère Le Pen (il s’agit bien de ça, Dreyfus avait aussi un gros problème de dette), je me sens une âme de vieux sicaire.
Mais l’histoire ne fait pas le poids devant l’utopie, l’alibi des peuples humoristes à la ramasse. Quand je vous disais que je n’avais aucun humour.